Brest – Briançon (Ligue Magnus, 2e journée)

Brest s’offre le champion.

Affluence très décevante de 823 spectateurs seulement. Autant on pouvait comprendre les chiffres très moyens face à Anglet (match amical) et Bordeaux (match en semaine), mais là il s’agit de l’accueil d’une équipe majeure du championnat : le champion en titre Briançon. Majeure certes, mais en difficulté et à la relance après son récent succès face à Grenoble qui venait de battre les Albatros en ouverture du championnat (4-1).
 
Les Bretons ne partent pas favoris face à des Diables Rouges bien décidés à effacer de leurs mémoires la fête des 80 ans du club gâchée par un surprenant succès 2-1 de Brest à René-Froger la saison passée. Le dernier arrivé Vikhael To-Landry est présent avec deux jours d’entrainement seulement dans les jambes. Sébastien Oprandi compte sur un effectif au complet mais souhaite limiter les présences de son nouvel attaquant pas encore en mesure de disputer la totalité de la rencontre selon lui. 
 
Les jeux de puissance avaient été déterminants dans le succès des Hauts-Alpins lors de leur dernière venue à la pointe bretonne. Comme un mauvais remake l’histoire semble se répéter puisqu’à la première pénalité locale attribuée à Alexandre Quesnel (9’15’’) les champions prennent les devants.
 
L’inévitable Dave Labrecque, d’une belle passe en largeur, trouve le « joueur de franchise » et capitaine Marc-André Bernier qui trompe Arnaud Goetz (0-1 à 11’09’’) d’un tir laser. Le portier brestois, élu homme du match à Grenoble, ne peut pas grand chose mais cela ne vient pas gâcher son excellente entame de match.  
 
N’ayant toujours pas retenu la leçon, Brest prend deux pénalités évitables avant la fin de la période initiale : une par Prosvic pour un retard de jeu assez flagrant en se couchant sur le palet (15’58’’), et une méconduite de Graham Avenel (17’41’’) pour des mots trop prononcés à l’encontre du corps arbitral. Il faut dire qu’il venait de voir une belle opportunité d’échapper à la défense adverse s’envoler, la faute à un accrochage ferme. Preuve en est que même derrière à la marque au bout de vingt minutes les Albatros ont du répondant ce soir.
 
Ils le confirment au cours d’un solide deuxième tiers. Le premier bloc briançonnais a des facilités à pénétrer en zone offensive mais cela peut s’avérer être un piège face à une équipe cherchant le contre meurtrier. La passe de Ben Breault pour To Landry les prend à revers. Esseulé, l’ex attaquant lyonnais ne laisse pas passer l’occasion et dribble Bonvalot (1-1 à 24’20’’).
 
Profitant du momentum, Michal Dian part en break, mais ni Jérémie Romand ni Bryce Reddick ne profitent de la brèche créée par le Slovaque du fait d'un bon sacrifice de la défense haut-alpine (26’32’’). L’international Florian Chiakachvili est sanctionné sur l’action. La rencontre s’emballe un peu plus avec un poteau de Quesnel (26’46’’) auquel répond Di Dio Balsamo par une barre transversale (27’03’’).
 
Malgré un jeu de puissance breton abominablement mou et lent une fois installé, Bonvalot ne peut rien sur la déviation astucieuse du capitaine Jaroslav Prosvic après un tir de Dian (2-1 à 28’14’’). Soucieux de remettre les choses en ordre, Labrecque (29’09’’) et Jensen (29’38’’) sont les fers de lance de la réaction immédiate des champions mais Arnaud Goetz est imperturbable y compris en infériorité numérique après la pénalité de Vladimir Holik (30’37’’). 
 
Il y a des brèches des deux côtés mais les inattendues pertes de palet répétées des Diables Rouges au niveau de leur propre ligne bleue offrent des occasions dangereuses aux noirs et gris. Bien décidé à égaliser, Briançon démarre le dernier tiers tambour battant. Jonathan Avenel est au cachot pour faire trébucher (43’) mais l’adversaire n’en profite pas. Arnaud Goetz sort l’arrêt du match sur Dave Labrecque grâce à un déplacement latéral rapide. 
 
Le siège est en place et la muraille cède à égalité numérique après une frappe de Cédric Custosse déviée entre les jambes du gardien breton par Di Dio Balsamo (2-2 à 45’39’’). Le jeune attaquant a très bien joué le coup en faisant écran sur l’action. Il faut au moins ça pour franchir un Arnaud Goetz de gala.
 
L’ordre logique des choses serait-il en train de reprendre ses droits ? Pas vraiment même si Brest est plus timoré et perd plusieurs palets. Il n’empêche que la marque ne bouge pas alors que les minutes défilent. Rien ne va pour les Diables Rouges, même l’expérimenté Viktor Szelig se fait prendre à retenir un adversaire (55’). Heureusement pour lui, le powerplay de Brest est plutôt avare en tir. L’occasion était pourtant belle de repasser devant.
 
Szelig fini de purger sa peine mais Edo Terglav n’en a pas fini d’être déçu par ses cadres. Dave Labrecque tombe les yeux fermés dans le jeu de provocation du malicieux Bryce Reddick en répondant par des coups sous les yeux des arbitres. Incroyable de voir le « Top Scorer » briançonnais en Ligue des champions se faire piéger de la sorte. Il peut méditer sur le banc des pénalités pour dureté excessive pour au moins deux minutes (57’04’’). 
 
Il n’en fait au final qu’un peu plus de la moitié car l’autre assistant capitaine, Damien Raux, dévie involontairement une passe de Romand vers son but et offre le doublé à Prosvic avec 1’45’’ à jouer en temps réglementaire (3-2 à 58’15’’). Logiquement Edo Terglav prend son temps mort et fait sortir Bonvalot peu après (58’46’’). Ca chauffe sérieusement sur le but brestois mais les Albatros courbent l’échine et Reddick manque de peu la cage vide (59’34’’). Le champion est au tapis et repart une deuxième fois bredouille en championnat.
 
Les fidèles présents ont pu apprécier l’inattendu succès breton face au champion en titre. Grâce à une belle preuve d’abnégation et un esprit de sacrifice les Albatros empochent deux points surprenants mais mérités. La rotation à quatre blocs homogènes permet à Brest de tenir davantage la route physiquement que l’an passé à la même période où les avances au score avaient tendance à échapper aux bretons. 
 
Chaque ligne à vocation plus offensive ou défensive a parfaitement tenu sa place. En témoigne l’absence des frères Avenel, Motreff, les quasi-jumeaux Delemps et Berthon de la table des pointeurs qui n’en demeurent pas moins tous très précieux dans le travail défensif avec un pressing infatigable sur l’adversaire. 
 
Coup de chapeau à Vikhael To Landry qui soigne son entrée avec un but et une performance remarquée étant donné le contexte de sa récente arrivée. Même son coach n’a pu s’empêcher de l’utiliser tout le match contrairement à ce qui était prévu initialement. Prometteur pour la suite lorsque le Canadien sera au top de sa forme. Impossible de passer sous silence également la splendide performance d’Arnaud Goetz dans les cages. Il est l’homme du match côté brestois et a une nouvelle fois répondu présent.
 
La saison passée, l’exploit brestois à René-Froger avait quelque peu été amoindri par une autre surprise : la victoire caennaise contre son puissant voisin rouennais. Le hasard a voulu que ce soir ces deux équipes se rencontrent également mais avec une issue largement différente (déroute des Drakkars 10-0).
 
Le champion est dans une passe difficile. Présente sur de trop nombreux tableaux, l’équipe ne semble pas en mesure de suivre le rythme des différentes compétitions. Ils repartent bredouilles de ce long déplacement. Dur à encaisser mais assez logique. L’équipe a commis trop de revirements et de bévues impardonnables à ce niveau. Les deux pénalités successives dans les cinq dernières minutes ont de quoi déclencher l’ire de leur coach. 
 
La satisfaction vient du duo Bernier-Labrecque qui a bien fonctionné tandis que Ian McDonald est toujours en manque de réussite. Espérons pour eux que la rencontre de mercredi en Suède soit le théâtre d’une remobilisation qui serait la bienvenue pour le moral des troupes.
 
Commentaires d’après match (source Ouest France) :
 
Sébastien Oprandi (entraîneur de Brest) : « On prend là deux gros points, mais il ne faut pas s’enflammer. On n’est pas champion non plus ! Ce samedi, on a manqué d’automatisme offensif, par contre on est en avance dans notre faculté à faire le dos rond quand l’adversaire pousse. Pour gagner, les gars ont dû se sacrifier pour arriver à bloquer les tirs. Ils ont bataillé sur les rebonds et ça a payé. »
 
Edo Terglav (entraîneur de Briançon) : « On savait que ce serait dur ici et de fait le match a été serré. Ça ne s’est pas joué à grand chose et leur gardien (Goetz) a fait une grosse partie. Peut-être sommes nous un peu émoussés ? Nous disputons quatre compétitions en même temps, et l’équipe est jeune. C’est usant moralement. »
 
 
Brest – Briançon 3-2 (0-1, 2-0, 1-1)
Samedi 22 septembre 2014 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 823 spectateurs
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Charles-Edouard Salmon et Matthieu Loos.
Pénalités : Brest 28' (4’+10’, 2’, 2’), Briançon 10' (4’, 2’, 4‘).
Tirs : Brest 30 (12, 6, 12), Briançon 37 (14, 12, 11)
 
Évolution du score :
0-1 à 11’09’’ : Bernier assisté de Labrecque et McDonald (sup. num)
1-1 à 24’20’’ : To Landry assisté de Breault et Quesnel 
2-1 à 28’14’’ : Prosvic assisté de Hartung et Dian (sup.num)
2-2 à 45’39’’ : Di Dio Balsamo assisté de Custosse et Abramov
3-2 à 30’04’’ : Prosvic assisté de Romand (sup. num)
 
Brest
 
Gardien : Arnaud Goetz.
 
Défenseurs : Vladimir Holik – Bryce Reddick ; Jason Crossman – Tim Hartung ; Aurélien Gréverend (A) – David Hennebert (A); Gaëtan Cannizzo.
 
Attaquants : Michal Dian – Jaroslav Prosvic (C) – Jérémie Romand ; Alexandre Quesnel – Benjamin Breault – Vikhael To Landry ; Jonathan Avenel – Nicolas Motreff – Graham Avenel ; Sébastien Delemps – Quentin Berthon – Dimitri Motreff.
 
Remplaçant : Léo Bertein (G). 
 
Briançon
 
Gardiens : Antoine Bonvalot (sorti à 58’46’’).
 
Défenseurs : Florian Chakiachvili – Cory Pritz ; Kevin Igier – Andreas Frisk ; Viktor Szelig – Cédric Custosse ; Gasper Cerkovnik.
 
Attaquants : Marc-André Bernier (C) – Dave Labrecque (A) – Ian McDonald ; Jaka Ankerst –Damien Raux (A) – Jimmy Jensen ; Cédric Di Dio Balsamo– Pierre-Antoine Devin – Norbert Abramov ; Guilaume Michelon ; Thibault Farina.
 
Remplaçants : Shane Malodora (G), Vincent Colomer, Loïc Farnier. Absent : Mathieu Gagnon (poignet).