Épinal - Rouen (Ligue Magnus, 3e journée)

Mais jusqu'où iront-ils ?

L'attaque de feu des Dragons refroidira-t-elle l'ambiance surchauffée d'une patinoire pleine à craquer ? Cette alléchante affiche promet, en tout cas, des débats enflammés entre les deux meilleures offensives du championnat, qui s'étaient déjà croisées en Coupe de la Ligue sur l'Île-Lacroix.

DESROSIERSSous l'effet des pénalités (et d'un prolifique powerplay), la balance avait penché du côté rouennais (6-4), attisant bien des regrets chez les coéquipiers d'Alain Goulet, qui ont toutefois rapidement surmonté cette déception en repartant victorieux d'Angers (4-3 a.p.), puis en battant les Gothiques d'Amiens (5-4 a.p.). Deux bons résultats démontrant qu'aucune armada ne semble invincible pour ces Gamyo-là, plus que jamais appelés à jouer les trouble-fêtes cette année (voire plus si affinités).

Qu'il paraît loin le temps où Rouen, l'ogre insatiable du hockey français, venait la fleur au fusil à Poissompré (et s'y imposait, généralement, sans avoir à véritablement forcer son talent). Désormais, la plus grande méfiance règne dans les rangs normands au moment d'affronter ces Spinaliens réputés si difficiles à manœuvrer. Des Vosgiens en pleine confiance... mais défensivement diminués par l'absence de Martin Charpentier !

Forts de l'apport de quelques-unes des plus fines gâchettes du championnat (les Thinel, Guénette, Charland, Léveillé et Desrosiers), les Dragons espèrent bien en profiter. Mais tout confiants qu'ils soient en leurs possibilités, les hommes de Rodolphe Garnier savent que ce potentiel offensif ne suffit pas à les immuniser. Ni à masquer les carences d'une défense plutôt solide sur le papier, mais n'assurant visiblement pas la meilleure des gardes rapprochées à Nicola Riopel, le nouvel homme masqué débusqué cet été par le manager Guy Fournier.

RIOPELAncien gardien vedette des Wildcats de Moncton (LHJMQ), ce Canadien de 25 ans (passé par l'AHL, l'ECHL, l'élite britannique et le championnat danois après avoir brillé dans le junior majeur québécois) dit apprendre énormément aux côtés de Fabrice Lhenry, illustre vétéran désormais consigné sur le banc des remplaçants (c'est du moins le cas en championnat).

Mais tout talentueux qu'il soit, Riopel a encore tout à prouver au plus haut niveau français, dans cette Ligue Magnus actuellement dominée par des Spinaliens totalement décomplexés. Et dangereux d'entrée sur cette récupération de Vincent Kara permettant à Maxime Moisand de prendre un premier lancer repoussé par le portier rouennais (00'19"). Sur cette action, Wes Cunningham se rend coupable d'un accrocher (00'29").

S'appuyant sur le fameux lancer balayé d'Alain Goulet, le jeu de puissance vosgien cherche la faille sans la trouver, non sans déceler quelques faiblesses dans la cuirasse rouennaise. Mais encore faut-il pouvoir exploiter ces rebonds trop souvent accordés par "Nick" Riopel, tout près d'être surpris par une déviation (non cadrée) de Matthieu Le Blond (suite à une montée rageuse de Kara, 02'52").

Puni d'une crosse haute (04'07"), Peter Slovák laisse ses coéquipiers affronter le redoutable powerplay rouennais. Mais Philippe Bozon, qui n'a pas manqué d'insister, cette semaine, sur la nécessité de rester discipliné pour éviter les pénalités, se satisfera de ce premier box-play. Ses troupes, bien regroupées devant un solide Hočevar, se défendent plutôt bien en concédant très peu de lancers, bien aidées il est vrai par cette fâcheuse tendance qu'ont les Normands à chercher le jeu parfait.

GOULET 1Les Dragons, extrêmement prudents et bien peu entreprenants en ce début de partie, craignent visiblement de se faire piéger par un adversaire excellant tout particulièrement dans l'art de se projeter rapidement vers l'avant, fort d'individualités tranchantes capables, à tout moment, de combiner pour accélérer le jeu. Et de s'engouffrer dans les plus petites brèches, sans pour autant déroger à leurs impératifs défensifs. Démonstration sur cette action du remuant Grégory Beron, qui passe en revue toute la défense adverse, rate sa passe en retrait pour Maxime Ouimet... et se replie à vitesse grand V pour empêcher Marc-André Thinel de servir Loïc Lampérier (08'10") !

Défendant plus qu'ils n'attaquent vraiment, les visiteurs ne se découvrent pas d'un fil, laissant les boys du Boz' s'enhardir et prendre le contrôle des opérations. Sérieux et appliqués, les défenseurs spinaliens serrent il est vrai parfaitement les rangs devant leur gardien (à l'image d'un précieux Maxime Moisand), contenant parfaitement les (timides) assauts normands pour aller de l'avant.

Reposant sur d'aussi solides fondations, les Gamyo prennent ainsi l'ascendant, portés par l'incessante activité d'attaquants omniprésents. Vincent Kara, au four et au moulin, bien lancé dans la profondeur par Matthieu Le Blond, bute sur un Nicola Riopel (08'35") qui rattrapera, ensuite, un dégagement raté de Patrick Coulombe. Le virevoltant défenseur canadien voit son puck flippé atterrir dans la palette d'Alain Goulet, qui remet aussitôt dans la course de Grégory Béron (12'13")... sans que l'international français ne puisse en profiter !

Malmenés par la vitesse de patinage et d'exécution des Gamyo, les Dragons courbent l'échine. Mais qu'en serait-il advenu si Francis Charland n'avait pas été stoppé dans sa progression par Maxime Ouimet (15'17") ? Et si François-Pierre Guénette, bien servi devant la cage par Marc-André Thinel, n'avait pas raté la cible à bout portant (15'44") ? Le RHE 76 aurait également pu marquer contre le cours du jeu si ce slap décoché par Cunningham, tout près d'être dévié... avait trompé la vigilance d'un Hočevar lâchant décidément très peu de rebonds (16'09") !

BAAZZiMais tout bascule sur une action, un temps fort des Gamyo durant lequel Slovák, monté aux avant-postes, décale Kara. Le Chamoniard, très bien placé devant la cage, se voit illicitement repris par Loïc Lampérier, aussitôt puni d'un accrocher (16'36"). Une pénalité amenant directement le tout premier but de la soirée. Vincent Kara parvient à se dépatouiller de la gêne occasionnée, le long de la bande, par un arbitre mal placé pour servir Ján Plch ligne de fond. Le maître à jouer, avec sa vision du jeu éclairée, ressort le palet sur Aziz Baazzi, tout en haut de l'enclave, qui reprend sèchement pour tromper Riopel d'un puissant tir rasant (1-0 à 17'15").

Comme dans un rêve...

Épinal prend les devants, ce qui est loin d'être usurpé au vu de la physionomie d'un premier tiers temps marqué par l'étonnant attentisme de Normands cultivant, décidément, l'art de se mettre en difficulté. Une charge aussi brutale qu'inutile (sur Kara) vaut, à Léo Guillemain, une pénalité (19'05") nullement anecdotique puisqu'elle permettra au Gamyo de doubler la mise au retour des vestiaires. Pierre-Charles Hordelalay, déchaîné, passe la surmultipliée côté gauche avant de forcer le passage vers la cage, histoire de servir Anže Kuralt, parvenu à se faire oublier dans l'axe. Le Slovène, servi en bout de course face au gardien, jaillit pour dévier la rondelle entre les bottes de Riopel (2-0 à 20'24").

Loin de les couler, cette réalisation semble, paradoxalement, remettre les Dragons d'aplomb. Aussi Charland, parvenu à s'infiltrer, trouve-t-il le montant (20'37"). Mais dans leur malheur, les visiteurs ont le bonheur de voir Michal Petrák, mis sur orbite par Peter Valier, expédier son tir du poignet sur la barre d'un "Nick" Riopel resté pantois (21'18"). Une bonne occasion de ratée, pense-t-on, surtout que le "contreur" spinalien finit par se faire contrer. Thinel lance Guénette côté droit, dont la fulgurante accélération débouche sur un centre imparablement coupé par Lampérier (2-1 à 23'51").

HOCEVAR ROUEN2Ravivant la flamme vacillante des Dragons, ce but redonne des ailes aux ouailles de Marc-André Thinel, qui tentent de se faire plus pressantes. Mais à trop se découvrir, les patineurs des bords de Seine se font contrer, piégés par une longue ouverture d'Ouimet à destination de Hordelalay, qui se retrouve échappé, avec un bon deux-contre-un à jouer. Une bonne situation parfaitement exploitée par l'attaquant spinalien, qui évite l'interception de Cunningham pour lancer Kuralt vers un duel singulier. Un face-à-face magistralement remporté par l'international slovène, parvenu à éviter le poke-check du gardien canadien pour mieux le dribbler... et ainsi glisser la rondelle hors de sa portée (3-1 à 28'03") !

Le piège se referme, lentement mais sûrement, sur les Normands dont l'arrière-garde éprouve toujours les pires difficultés quand le jeu tend à s'accélérer. Il faut dire que la vitesse n'est assurément pas la première des qualités de leurs défenseurs, à l'exception d'un Patrick Coulombe plein de vivacité (et que l'on sait capable des plus folles chevauchées).

COULOMBEMais Rouen ne serait pas Rouen sans le talent de ses meilleurs éléments, qui ont tout gagné ces dernières années et n'entendent pas rendre les armes si facilement. Julien Desrosiers sonne d'ailleurs la charge en prenant le meilleur sur Gašper Sušanj (qui tient sa place malgré son doigt endolori) pour centrer à destination d'un Francis Charland servi trop près du gardien (30'19"). Puis c'est Marc-André Thinel qui s'échappe, esquivant le duel avec Maxime Ouimet en tirant sèchement, sans déjouer la vigilance d'Andrej Hočevar (31'41").

Julien Desrosiers, en se faisant sanctionner d'une charge inappropriée sur une situation de pénalité différée (33'24"), n'empêche toutefois pas ses coéquipiers de bénéficier d'un nouveau powerplay (Peter Valier ayant été, lui, doublement puni). Les nuages noirs vont ainsi s'amonceler devant la cage de Hočevar, sans que l'orage ne fasse véritablement rage. La boîte spinalienne, bien en place, est seulement prise à défaut par une subtile déviation (non cadrée) de Lampérier (35e) et un slap puissant de Manavian capté d'une mitaine on ne peut plus ferme (35e). Reste qu'à force de plier, le "roseau Gamyo" finit par rompre sous l'insistance d'un Marc-André Thinel profitant d'un cafouillage (qu'il aura lui-même contribué à provoquer) pour trouver Loïc Lampérier, à l'affût devant la cage (3-2 à 36'02").

Loin de se laisser abattre, les boys du Boz' tentent d'en remettre une couche sous l'impulsion d'un Anže Kuralt si menaçant qu'il souffle un petit vent de panique sur la cage des Rouennais, pénalisés d'un retard de jeu (36'18") quand Raphaël Faure, aux abois, se couche sur sa ligne (déplaçant légèrement sa cage au passage). Le jeu de puissance spinalien, toujours en d'aussi bonnes mains, ne manque pas de faire circuler le palet. Mais à trop faire de passes, Ján Plch et Michal Petrák en oublient de tirer, ratant ainsi une bonne occasion de se mettre à l'abri. D'autant plus rageant que François-Pierre Guénette, en embuscade devant la cage (sur un ultime temps fort normand), égalise à la stupeur générale en logeant, à bout portant, la rondelle sous la barre de Hočevar (3-3 à 39'55")...

PETRAKTout est à refaire pour les Gamyo à l'entame d'un troisième tiers virant rapidement au bras de fer. Les Dragons, qui prennent le jeu à leur compte (et cherchent de plus en plus à jouer long avec des attaquants recherchant la profondeur), sont tout près d'y arriver sur une lointaine relance réceptionnée par Lampérier qui remet aussitôt sur Thinel, dont le tir est détourné par Hočevar (41'23"). Un gardien solide et avare de rebonds, contrairement à Riopel, néanmoins très réactif devant Ján Plch, parvenu à combiner avec Michal Petrák pour se retrouver si bien placé (46'10").

Exposés aux soubresauts de Gamyo décidés à vendre chèrement leur peau, les Rouennais ont la possession du palet. Mais pas les occasions, qui restent essentiellement spinaliennes dans cette fin de partie si oppressante, si passionnée, qu'un air de K-O flottera longtemps dans les travées bondées de Poissompré.

Riopel, bien plus sollicité que son alter ego, sort sa mitaine sur un tir excentré de Hordelalay (47'56") et repousse, de la botte, la tentative de Kuralt, bien placé dans le slot (49'30"). Le gardien canadien retarde ainsi l'échéance, réfrénant même les ardeurs d'Anže Kuralt (lancé sur les rails d'un breakaway par Goulet suite à une excellente récupération de Hordelalay) en s'imposant de la mitaine (52'14")... avant de voir sa barre transversale le suppléer sur un tir frappé de Grégory Beron (52'54").

Une délivrance !

Il ne manque assurément pas grand-chose aux hommes de Philippe Bozon, tout près, sur ces précédentes actions, de forcer la décision. Et si Goulet stoppe l'incursion de Guillemain sur jeu placé (54'30"), c'est une passe en retrait mal ajustée de Thinel qui précipite la chute des Rouennais. Antonin Manavian, pris à contre-pied à la ligne bleue, laissant filer un palet immédiatemment exploité par Ken Ograjenšek. L'ailier slovène, bien plus rapide que l'international français, parvient à s'échapper, poussant l'imposant Manavian à la faute (55'38"). Cette pénalité permet au jeu de puissance de s'installer et à Michal Petrák de trouver Peter Valier, bien placé devant la cage, qui ne se fera pas prier pour expédier la rondelle dans le haut du filet, par-dessus l'épaule de Nicola Riopel (4-3 à 56'02").

JANIL RIOPELL'exploit prend forme, façonné par cette réalisation symbolique d'un Peter Valier toujours toujours désireux de briller face à ses anciens coéquipiers rouennais. Mais les Dragons, sentant le match leur échapper, jettent leurs dernières forces dans la bataille. Leur chance est passée, comme en témoigne ce tir de Cunningham, légèrement dévié, qui heurte la base du montant (57'46"). Vincent Kara, après avoir récupéré le palet en zone neutre, assène le coup de grâce en s'appuyant sur Peter Valier pour s'en aller marquer du revers et prendre le portier à contre-pied (5-3 à 59'02")... dans l'ambiance indescriptible que vous imaginez !

Restait à savourer, sans modération, cette victoire spinalienne ne souffrant d'aucune contestation. Un succès amplement mérité démontrant, à qui en doutait encore, l'alchimie régnant au sein d'un contingent mêlant qualités de cœur, rigueur, profondeur de banc (avec quatre blocs très homogènes) et abondance de talents. Les Plch, Petrák et autres Kuralt, mais pas seulement. Nombre de joueurs de l'ombre éclatant en pleine lumière, comme Vincent Kara ou Peter Valier (pour ne citer qu'eux), qui apportent leur pierre à l'édifice, tant offensif que défensif. Qu'on se le dise : Philippe Bozon dirige un groupe de battants au tempérament de gagnants, qui sera maintenant attendu avec tous les égards dûs à son nouveau rang...

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin et Paris-Normandie) :

Marc-André Thinel (attaquant de Rouen) : "On a regardé Épinal au premier tiers qui patinait pas mal mais on savait que cela ne serait pas simple avec notre journée de voyage. On s'en est quand même bien sorti même si on a pris des pénalités qui ont fait mal. Après, nous avons repris le tempo. On aurait pu faire mieux mais il faut donner du crédit à Epinal qui a fait un très match. Nous avons une équipe jeune et encore beaucoup de travail à faire sur le plan défensif. Tout le monde peut donner un peu plus."

Philippe Bozon (entraîneur d'Épinal) : "On a fait un bon match et le début a démontré que les équipes vont maintenant nous respecter parce que Rouen soit tout de suite agressif. Ils ont beaucoup reculé et ils nous ont attendus. C'était un bon match où cela allait des deux côtés. On s'est un peu désorganisé à 3-1 et on a ouvert un peu le centre de la glace et le jeu. L'important a été de se remobiliser. On a repris nos esprits et on a arraché la victoire."

 

Épinal - Rouen 5-3 (1-0, 2-3, 2-0).
Samedi 27 septembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1500 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Jérémy Metais et Gwilherm Margry.
Pénalités : Épinal 6' (2', 4', 0') : Rouen 12' (6', 4', 2').
Tirs : Épinal 29 (9, 10, 10) ; Rouen 28 (8, 16, 4).

Évolution du score :
1-0 à 17'15" : Baazzi assisté de Plch et Kara (sup. num.)
2-0 à 20'24" : Kuralt assisté d'Hordelalay et Ograjenšek (sup. num.)
2-1 à 23'51" : Lampérier assisté de Guénette et Thinel
3-1 à 28'03" : Kuralt assisté d'Hordelalay et Ouimet
3-2 à 36'02" : Lampérier assisté de Thinel et Guénette
3-3 à 39'55" : Guénette assisté de Lampérier et Thinel
4-3 à 56'02" : Valier assisté de Petrák et Baazzi (sup. num.)
5-3 à 59'02" : Kara assisté de Valier et Le Blond

 

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Maxime Ouimet (C) - Maxime Moisand ; Aziz Baazzi - Gašper Sušanj ; Peter Slovák - Alain Goulet.

Attaquants : Vincent Kara - Matthieu Le Blond - Peter Valier ; Grégory Beron - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Anže Kuralt - Pierre-Charles Hordelalay - Ken Ograjenšek ; Anthony Rapenne - Yannick Offret (A) - Maxime Martin.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Nathan Ganz. Absent : Martin Charpentier (commotion cérébrale, trois semaines d'arrêt).

Rouen

Gardien : Nicola Riopel.

Arrières : Léo Guillemain - Wes Cunningham ; Patrick Coulombe - Antonin Manavian (A) ; Raphaël Faure - Jonathan Janil.

Attaquants : Julien Desrosiers - Maxime Lacroix (A) - Francis Charland ; Loïc Lampérier - François-Pierre Guénette - Marc-André Thinel (C) ; Daultan Léveillé - Loup Benoit - Dan Koudys ; Fabien Colotti - Alexandre Lubin - Johan Saint-André.

Remplaçants : Fabrice Lhenry (G), Aurélien Dorey.

HOCEVAR ROUEN 3