L'équipe-type de Ligue Magnus de septembre 2014

Après les départs à l'étranger de Hardy et Quemener, la domination des gardiens français sur la Ligue Magnus allait-elle se poursuivre ? On attendait pour cela que Clément Fouquerel et Henri-Corentin Buysse, déjà élus une fois dans l'équipe-type l'an passé, et ils ne déçoivent pas pour l'instant. Avec ses 96,5% d'arrêts, Fouquerel a réussi un mois de septembre exceptionnel : il a blanchi Grenoble et a été le principal artisan des victoires à Dijon et à Brest, qui font de Chamonix un étonnant co-leader de la Ligue Magnus.

Plus étonnante encore, la présence en tête de Strasbourg, une équipe homogène où peu d'individualités se distinguent. Il est cependant difficile de passer outre un tel début de saison. Dans cette formation un peu limitée en puissance physique, le petit ailier droit Sébastien Trudeau, rapide dans ses prises de décisions et son patinage, est le leader offensif, qui bénéficie du travail et de l'entente du duo expérimenté Cibula-Paradvy.

Mais on savait que la saison alsacienne dépendrait surtout de l'adaptation de ses recrues universitaires en défense. Elle se passe plutôt bien, avec une mention à l'ex-attaquant Jake Goldberg. Son atout n'est pas spécialement physique non plus, il est calme et privilégie le placement à la fougue même si son attaquant lui échappe. En défense, il a toujours un deuxième effet kiss-cool dans sa besace. En possession du palet, il recherche toujours une solution offensive intéressante. C'est-à-dire qu'il ne se débarrasse pas du palet et joue juste sans prendre de risque, même en relance rapide.

KARAvincent20140916455Reste évidemment Épinal, où l'on ne s'attendait pas à voir autant d'individualités afficher, simultanément, un degré de compétitivité aussi élevé... Mais au fond, est-ce bien étonnant de voir les hommes de Philippe Bozon faire si forte impression ? Fort d'un collectif bien rodé, Épinal peut en effet tourner à quatre lignes, sur l'ensemble d'un match et contre n'importe quel adversaire. Idéal lorsqu'on applique un système de jeu nécessitant autant de patinage, d'implication et d'engagement. Mais surtout, le poids de l'attaque ne repose plus seulement sur deux "grosses" lignes : il s'étale désormais sur trois trios.

Cette diversité offensive a favorisé l'émergence du combatif Vincent Kara, notre élu sur l'aile gauche. Cet infatigable travailleur optimise actuellement ses qualités de buteur sur la troisième ligne (aux côtés du défensif Matthieu Le Blond et de Peter Valier, qui réussit lui aussi un excellent début de saison) et sur le premier bloc du powerplay, auprès d'un Michal Petrak n'ayant rien perdu de ses talents de passeur. Le centre tchèque, qui sent toujours aussi bien le jeu, reste le parfait complément de l'éternel Jan Plch (toujours aussi décisif et performant à 40 ans), mais laisse régulièrement la vedette à ses coéquipiers.

Parmi eux, Alain Goulet, la force tranquille, la tour de contrôle d'une arrière-garde clairement renforcée cet été. Mais l'impact du solide défenseur canadien, que l'on sent très serein dans ses interventions, ne se limite pas à l'arrière. Comme Aziz Baazzi (capable de rapidement se projeter vers l'avant et doté d'un slap précis et puissant), Alain Goulet dispose d'un potentiel offensif certain. Si Baazzi lui est préféré comme défenseur offensif numéro un, l'ex-AHLer n'a pas manqué de faire parler son lancer lointain (qu'il préfère visiblement balayé à frappé) et a su se montrer décisif au Haras, le 20 septembre dernier, en marquant le but fatal aux Ducs d'Angers. Une performance qui a changé le statut des Gamyo.

L'équipe-type de septembre 2014 : Clément Fouquerel (Chamonix) ; Jake Goldberg (Strasbourg) - Alain Goulet (Épinal) ; Vincent Kara (Épinal) - Michal Petrak (Épinal) - Sébastien Trudeau (Strasbourg).

GOULETalain20140916387