Dunkerque - Mont-Blanc (Division 1, 4e journée)

La défaite à Courbevoie a quelque peu tempéré l’enthousiasme du Mont-Blanc, vainqueur à deux reprises pour inaugurer la saison, à l’heure d’aborder un déplacement qui ne lui réussit guère depuis la remontée des Corsaires en 2011.

La tâche des hommes de Carl Michaelson sera de confirmer cette tendance pour enfin lancer leur saison. Si la défense a fait preuve d’une certaine solidité en dépit de plusieurs absences, l’attaque et le jeu de puissance, perfectibles, ont handicapé les Dunkerquois. Conséquence, le Suédois Nilsson a déjà fait ses valises, l’ancien Morzinois Kadic et le Canado-Italien Parisella étant appelés en renfort.

La soirée inaugure l’opération ‘Octobre Rose’, dédiée à la lutte contre la maladie. Pour la troisième année de suite, c’est munis d’un chandail rose que les locaux pénètrent sur la glace. Et comme il y a un an moins un jour, ils sont cueillis à froid par les hommes d’Alain Boisson. Valentin Moreau adresse une longue passe vers Arthur Coulon, dont le lancer sous la barre s’avère imparable (0-1 à 01'19"). Auparavant en difficulté face à Richard Aimonetto, les Corsaires souffrent face au premier trio adverse, mené de main de maître par la paire McIntosh-Draper, mais le troisième larron Julien Laplace manque le palet échu suite au travail de ses deux compères.

Peut-être le meilleur Nordiste de la jeune saison, Toni Kluuskeri sème le trouble dans une défense incapable de le déposséder de la rondelle en fond de zone. Le Finlandais donne à Brachet l’occasion de tester un Charton encore là face à un deuxième assaut excentré venu de Kristin. Sur une faute du même Kluuskeri, les Yétis, incapables d’installer leur jeu de puissance, ne peuvent creuser l’écart et voient leurs adversaires monter en puissance. À l’issue d’attaques incisives, les lancers, comme celui de Young, sont souvent hors-cadre, jusqu’à une faute de Draper sur Miroslav Kristin. Courte séquence à cinq contre quatre car Kluuskeri manque son contrôle devant sa ligne bleue, pressé par Ranzoni qu’il accroche.

Occasion de voir le Mont-Blanc lancer pour la première fois en près de dix minutes, par un coup de semonce de Tubelis repoussé par la botte de Martel. Sur le jeu à quatre contre quatre, nettement plus ouvert, Clément Thomas lance la contre-attaque et expédie le palet au fond. Le rebond contre le plexiglas trompe Tom Charton et toute la défense, le palet revenu devant l’enclave étant repris par le même Thomas, arrivé en force (1-1 à 12'03"). La marque n’évolue pas avant la pause, du fait d’un jeu de puissance dunkerquois totalement amorphe et d'un retour salvateur de Toni Kluuskeri sur Aimonetto, auteur d’une feinte quasi-décisive face à Martel.

Le défenseur letton Tubelis, arrivé cet été d’Eindhoven, a parefois souffert sur les débordements de Miroslav Kristin, mais est plus en vue à la reprise. Sa montée occasionne du grabuge et la faute de Lionel Simon. En supériorité, les Yétis sont convaincants, mais c’est à égalité que Valerian Croz, derrière la cage, offre le deuxième but à Ranzoni, précis dans le dernier geste (1-2 à 25'32"). Puis Jordan Draper met le feu dans une arrière-garde maritime incapable de se donner de l’air. Le tableau n’est guère plus enthousiasmant devant, où la succession de hors-jeu facilite la tâche de Tom Charton, à peine mis à contribution par des tirs peu dangereux.

Nettement plus employé, Marc-André Martel préserve le score face à Aimonetto, oublié devant le but, et une montée de Kalvis Ozols, écartée du gant. L’absence momentanée de Jordan Draper et de son casque jaune, puni pour méconduite, ne se fait pas trop ressentir, et la cage est à nouveau prise d’assaut par son compère McIntosh, au lancer dangereux repoussé de la botte.

Une fin de tiers-temps très animée réveille un public circonspect face à la piètre prestation collective de ses protégés. La faute de Valentin Moreau derrière son but est exploitée en six secondes, une passe du coin de Cyr prenant de court Ozols pour parvenir jusqu’au défenseur Heavey, arrivé en soutien (2-2 à 37'50"). Les travées retrouvent des couleurs mais sentent vite poindre leur courroux car Parisella est sanctionné, sa crosse ayant heurté Henri Pepin, un moment étendu sur la glace. Arthur Coulon, à la passe de l’arrière de la cage, et Ranzoni, dans le slot, en profitent pour refaire le coup du deuxième but (2-3 à 39'00"). Les invectives à l’encontre du trio arbitral sont toutefois tempérées en à peine seize secondes, temps qu’il faut aux Dunkerquois pour égaliser, sur un centre côté droit de Thomas vers Destoop, qui contrôle et ajuste Tom Charton (3-3 à 39'16").

À voir Etienne Croz, suspendu, haranguer ses troupes à la sortie du vestiaire, on comprend que les Yétis ne lâcheront pas prise facilement. Tom Charton perd un temps ses appuis sur un tir de Clément Thomas. Aimonetto puis Draper, à la renverse, inaugurent sitôt un dernier acte à sens unique. Reconstituée, la paire Draper-McIntosh crée le danger devant le but de Martel, nullement secouru par des partenaires incapables de dégager le palet. Kalvis Ozols s’en saisit et l’expédie dans le trafic, d’où Jordan Draper, positionné entre les deux cercles, prend le temps de contrôler pour mieux trouver la faille (3-4 à 47'51").

Dominé, Dunkerque croit pourtant revenir quand Victor Cocar perd la rondelle en zone neutre et voit Mathieu Cyr sur le point de partir défier Charton. Le Canadien ne parvient pas à maîtriser la course de la rondelle et termine contre le but. Une échauffourée s’en suit, à l’issue de laquelle Kristin et Boisson sont invités à gagner le banc de la prison. Ce deuxième jeu à quatre contre quatre tourne cette fois à l’avantage des Yétis. Dès l’engagement, Artur Coulon s’échappe et contraint Lionel Simon à commettre la faute, synonyme de tir de pénalité. Exercice dans lequel le numéro 29, honoré à l’issue de la rencontre, se montre à l’aise, car il ajuste Martel à ras glace (3-5 à 49'25").

En manque de solutions, Carl Michaelson fait plusieurs fois monter Kluuskeri sur le premier trio, à la place de Denis Kadic, discret. L’autre recrue Nicholas Parisella est plus en vue en fin de rencontre et déborde Henri Pepin, envoyé en prison (50'18"). Cyr, servi à droite par Heavey se heurte à la botte de Charton., puis le même Ryan Heavey voit Clément Thomas bien placé, mais la passe ne trouve que le patin de l’attaquant… La dernière faute du Mont-Blanc, un cinglage de Valerian Croz, ne procure pas plus de tracas à Charton : Cyr donne le palet à Arthur Coulon, Martel relance directement sur Draper et les rares efforts solitaires dunkerquois ne sont pas d’un plus grand secours pour les roses.

Valerian Croz accentue l’écart dans la cage vide (3-6 à 58'42"), sous le regard d’un public depuis de longues minutes réduit au silence. Calme que viendront juste tempérer un "On s’ennuie" et des sifflets à l’encontre d’une formation qui devra revoir sa copie pour redresser la barre. Comme un symbole, la dernière action est l’œuvre d’un Richard Aimonetto remarquable et parfaitement accompagné par Coulon.

Désignés meilleurs joueurs : Arthur Coulon pour le Mont-Blanc et Adam Young pour Dunkerque



Dunkerque – Mont-Blanc 3-6 (1-1, 2-2, 0-3)
Samedi 4 octobre 2014 à 18h30 à la patinoire Michel-Raffoux. 750 spectateurs.
Arbitrage d’Adrien Ernecq assisté de Sueva Torribio et Jérémie Collin.
Pénalités : Dunkerque 8' (4’, 2’, 2’), Mont-Blanc 22' (4’, 2'+10’, 6’).
Tirs : Dunkerque 41 (10, 12, 19), Mont-Blanc 36 (9, 16, 11).

Évolution du score :
0-1 à 01'19" : Coulon assisté de Moreau et Aimonetto
1-1 à 12'03" : Thomas assisté d’Öhberg et Belov
1-2 à 25'32" : Ranzoni assisté de Croz et Mugnier
2-2 à 37'50" : Heavey assisté de Cyr et Young (sup. num.)
2-3 à 39'00" : Ranzoni assisté de Coulon et Aimonetto (sup. num.)
3-3 à 39'16" : Destoop assisté de Thomas et Moretti
3-4 à 47'51" : Draper assisté d’Ozols et McIntosh
3-5 à 49'25" : Coulon (tir de pénalité)
3-6 à 58'42" : Croz assisté de Draper et McIntosh (cage vide)


Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel (sorti de 58'30" à 58'42").

Défenseurs : Kai Öhberg (A) - Lionel Simon ; Ryan Heavey - Adam Young ; Maxim Belov.

Attaquants : Denis Kadic - Mathieu Cyr (C) - Miroslav Kristin ; Nicholas Parisella - Toni Kluuskeri - Maxime Brachet ; Clément Thomas - Loïc Destoop - François Moretti ; César Joffre.

Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Benjamin Bataille, Victor Théry. Absents : Niels-Erik Ravn, Brendan Martial (blessés), Francis Ballet (poignet).

Mont-Blanc

Gardien : Tom Charton.

Défenseurs : Raimunds Tubelis - Henri Pepin ; Victor Cocar - Kalvis Ozols ; Quentin Boisson - Daniel Jeanbourquin ; Sacha Jean à 40'00".

Attaquants : Jordan Draper (puis Adrien Gleveau de 29'30" à 39'30") – Julien Laplace - Colin McIntosh ; Valentin Moreau - Richard Aimonetto (C) - Arthur Coulon (A) ; Valerian Croz - Jordan Mugnier - Raphaël Ranzoni.

Remplaçants : Jérémy Rava (G), Armand Jayat, Romain Portier, Grégory Dufour. Absent : Étienne Croz (suspendu).