Bilan de la saison NHL 2013-2014 (3/3)

La saison 2013-2014 s'est achevée en juin par la victoire des Kings de Los Angeles face aux Rangers de New York. Une nouvelle saison remplie de spectacle et de suspense, entrecoupée par les Jeux olympiques de Sochi.

Hockey Archives vous présente le bilan équipe par équipe de cette saison de National Hockey League. Dernier volet : les équipes classées de 1re à 10e.

 

10e - St. Louis Blues

Bilan : 2e de la division Centrale, 111 pts - éliminé au tour 1 par Chicago (4 victoires à 2 : 4-3 ap. 3OT, 4-3 ap., 0-2, 3-4ap., 3-2 ap., 1-5)
52 victoires, 23 défaites, 7 défaites après prolongations ou fusillade
248 buts marqués, 191 buts encaissés

Bilan mitigé pour les Blues de St. Louis, battus dès le premier tour des playoffs malgré une avance de deux victoires à deux contre Chicago. Une série qui ne s'est pas jouée à grand chose, quatre des six rencontres s'étant jouées durant les prolongations.

La saison débute très bien. Jaroslav Halak signe un blanchissage dès le premier match, lançant une saison rigoureuse défensivement. En attaque, Alex Steen part tambour battant. Joueur du mois d'octobre, il compile 16 pts en dix matchs, atteignant les 14 buts en 14 matchs et le 20e dès la fin novembre. Une performance qui lui vaut une extension de contrat de trois ans en décembre... une semaine avant de subir une commotion le 28 décembre, qui lui fera manquer 11 matchs. Cette fin décembre apparait comme le point le plus haut de l'équipe, qui bat Chicago 6-5 en fusillade pour compter six points d'avance sur les Hawks avec quatre matchs de moins. La fiche de 29 victoires, 7 défaites est excellente à mi-saison. Au retour des jeux olympiques où plusieurs "Blues" s'illustrent - notamment TJ Oshie, dans une séance de fusillade mythique face à la Russie - St. Louis joue les premiers rôles dans la ligue et tente un coup en envoyant Jaroslav Halak, Chris Stewart, deux choix de draft et un jeune de ligue mineure (William Carrier) contre les expérimentés Ryan Miller et Steve Ott de Buffalo. Miller est vu comme l'élément décisif pour faire franchir un cap à l'équipe en playoffs. A la mi-mars, les Blues mènent la NHL avec quatre points d'avance mais perdent Vladimir Tarasenko, touché à la main. Une blessure qui en appelle d'autres et St. Louis peine à finir la saison sur une bonne note : Oshie, Backes, Sobotka, Roy, Morrow manquent le dernier match de la saison, une fin marquée par cinq défaites de suite.

Malgré le retour d'une bonne partie des blessés pour les phases finales, St. Louis cède donc en six manches. Si Alex Steen et Barret Jackman offrent les deux premiers matchs à leur camp après prolongations, la blessure de David Backes, victime d'une mauvaise charge de Brent Seabrook au deuxième match, coûte cher. Chicago enchaîne par un blanchissage puis deux succès en prolongations signés Kane et Toews. Les Blues explosent dans le dernier tiers du match six, terminant leur saison.

Les Blues apparaissent comme une équipe en devenir, avec une moyenne d'âge assez basse. L'équipe s'est appuyée avant tout sur une assise défensive assez exceptionnelle, symbolisée par une deuxième place en infériorité et la troisième défense. Alex Pietrangelo (51 pts), Kevin Shattenkirk (45 pts) ont mené les lignes arrières, avec l'expérience de Jay Bouwmeester (37 pts) et Barret Jackman en relais. La dernière paire défensive a beaucoup bougé en revanche, la faute aux pépins physiques. On aura vu Roman Polak associé aux vétérans Jordan Leopold et Carlo Colaicovo, ou au jeune Ian Cole, plutôt séduisant (46 matchs, 11 pts et +15).

L'attaque a produit, avec cinq joueurs au delà des vingt buts, le cinquième jeu de puissance et la sixième attaque. Alex Steen, malgré sa commotion, réalise la meilleure saison de sa carrière (33 buts, 62 pts), talonné par TJ Oshie (21 buts, 60 pts) et David Backes (27 buts, 57 pts). Le jeune Jaden Schwartz a franchi un palier pour sa deuxième saison, signant 25 pts et 56 pts et s'imposant comme un solide joueur de deuxième ligne. Vladimir Tarasenko a également confirmé (21 buts, 43 pts). En revanche, on attendait sans doute plus de Patrik Berglund (14 buts, 32 pts). Les vétérans, Derek Roy ou Brenden Morrow, ont apporté leur expérience et une petite contribution en troisième ligne, sans être réélement décisifs. Ces deux hommes n'ont pas vraiment apporté et mettent en lumière le manque de profondeur d'effectif, où, sorti du top-6, seul Vladimir Sobotka s'est réellement montré utile. Enfin, Magnus Paajarvi a globalement déçu, avec une modeste fiche de 6 buts et 12 pts qui n'efface pas vraiment David Perron. Le top-6 a donc été productif, mais la quatrième ligne s'est cherchée toute la saison. Ce manque de profondeur a probablement coûté la série contre Chicago. Les pépins physiques des meilleurs joueurs n'ont pas pu être compensés face à un effectif au potentiel plus varié.

Ken Hitchcock est un entraîneur d'expérience, qui devrait trouver les clés pour passer l'épaule dans les phases finales. L'acquisition de Paul Stastny en attaque, l'arrivée de Jori Lehterä de la KHL - remplacement de Vladimir Sobotka, qui fait le voyage inverse - apportent encore de la profondeur. Reste à voir si le duo Brian Elliott - Jake Allen sera la solution dans les cages, puisque Ryan Miller est parti à Vancouver.

 

9e - Colorado Avalanche

Bilan : 1er de la division Centrale, 112 pts - éliminé au tour 1 par Minnesota (4 victoires à 3 : 5-4 ap., 4-2, 0-1 ap., 1-2, 4-3 ap., 2-5, 4-5 ap.)
52 victoires, 22 défaites, 8 défaites après prolongations ou fusillade
250 buts marqués, 220 buts encaissés

MacKinnon Nathan CANFRA 140509Première réussie pour Patrick Roy. L'ancien gardien mythique de la NHL s'est transformé en coach de l'année, renversant complètement la franchise. Après une saison 2012-2013 dans les profondeurs du classement - 32 pts seulement, au point de drafter en première position Nathan MacKinnon (photo) - et trois saisons sans playoffs, Colorado s'est non seulement qualifié, mais avec son deuxième total de points (112), en tant que 3e de la NHL, remportant la division Centrale devant St. Louis et Chicago ! Une performance inattendue réalisée avec un effectif très jeune.
Pour autant, la fin de saison laisse de nombreux regrets. Le premier tour se jouait face à un adversaire à la portée de la franchise de Denver, le Wild. Colorado débutait bien par deux succès, et se retrouvait à un but d'une avance majeure. La défaite au match 3 en prolongation sur un but de Mikael Granlund renverse la série, d'autant que le défenseur Tyson Barrie se blesse au genou dans un contact avec Matt Cooke, qui sera suspendu sept matchs. Colorado résiste et mène trois victoires à deux lorsque MacKinnon marque en overtime au cinquième match. Minnesota gagne le sixième et accroche Colorado au septième, rendant but pour but. Après avoir mené quatre fois au score, l'Avalanche cède à 2'30" de la fin le but du 4-4, puis perd en prolongation sur un but de Niederreiter.

Le bilan reste globalement positif malgré ce coup de massue. L'Avalanche a enthousiasmé offensivement (5e attaque de la ligue, 5e power-play), portée par un quatuor rajeuni. Matt Duchene (23 buts, 70 pts, 23 ans), Gabriel Landeskog (26 buts, 65 pts, 22 ans), Ryan O'Reilly (28 buts, 64 pts, 23 ans) et le rookie de l'année Nathan MacKinnon (24 buts, 63 pts, 18 ans) ont impressionné. MacKinnon s'est aussi montré décisif en fin de saison avec 39 pts sur les 42 matchs, ainsi qu'en playoffs, avec 10 pts marqués. Un quatuor brillant, complété par un joueur d'expérience, Paul Stastny. Le centre a marqué 25 buts et 60 pts, franchissant un cap en playoffs (5 buts, 10 pts). Stastny, en fin de contrat, ne sera cependant plus là la saison prochaine, puisqu'il est parti à St. Louis en agent libre. Deux premières lignes efficaces donc, mais des secondes couteaux qui n'ont pas été en reste. On a ainsi vu Jamie McGinn (19 buts, 38 pts) à son avantage. Pierre-Alexandre Parenteau a déçu en revanche. On attendait mieux de l'ex-Islanders que 14 buts et 33 pts compte tenu de son contrat. Le Québécois a été libéré à l'intersaison et est parti à Montréal. Les troisième et quatrième lignes ont en revanche beaucoup tourné, avec un succès mitigé, autour d'un John Mitchell intéressant (11 buts, 32 pts). Maxime Talbot a su jouer son rôle de peste et Patrick Bordeleau celui de bagarreur, mais le reste fut assez limité.

La contribution offensive est aussi venue des lignes arrières. Patrick Roy a prôné un jeu rapide vers l'avant, qui a mis en lumière les qualités de Tyson Barrie, 23 ans (13 buts, 38 pts) et relancé Erik Johnson. L'ancien n°1 de la draft 2006 signe une excellente saison (9 buts, 39 pts). Le vétéran de ligue mineure Andre Benoit a confirmé sa bonne saison d'Ottawa (7 buts, 28 pts) et Nick Holden a agréablement surpris avec 25 pts et 10 buts en 54 matchs, marquant par ailleurs trois fois en playoffs. Le staff a toutefois du procéder à beaucoup d'essais pour quelques matchs, cherchant une profondeur d'effectif à cause de quelques blessures. Le vétéran Alex Tanguay a par exemple été limité à 16 matchs, pour 11 pts.

Ce support défensif a parfaitement protégé les deux gardiens. Semyon Varlamov s'est taillé la part du lion, réalisant une saison exceptionnelle. 92,7% d'arrêts et 41 victoires, l'ancien premier choix des Capitals a mérité sa nomination au trophée Vezina. Le vétéran Jean-Sébastien Giguère a assuré un intérim convenable, prenant sa retraite à la fin de la saison. L'avenir appartient au Suisse Reto Berra, acquis de Calgary à la date limite des transactions. Malgré tout, Colorado a concédé énormément de lancers, ce qui pourrait poser de gros problèmes si les gardiens connaissent une saison plus difficile.

Au final, une saison mémorable pour la franchise de Denver, ponctuée de plusieurs trophées. Il faudra toutefois confirmer. Pas toujours simple avec un effectif jeune.

 

8e - Minnesota Wild

Bilan : 4e de la division Centrale, 98 pts - éliminé au tour 2 par Chicago (4 victoires à 2 : 2-5, 1-4, 4-0, 4-2, 1-2, 1-2 ap.)
46 victoires, 21 défaites, 15 défaites après prolongations ou fusillade
207 buts marqués, 206 buts encaissés

L'un des petits poucets de ces phases finales a réussi l'une des meilleures saisons de l'histoire de la franchise. Le Wild du Minnesota a terminé avec 98 pts, soit le deuxième total de l'histoire du club. Mieux, le Wild s'est sorti d'un duel au couteau face à Colorado, avant d'accrocher Chicago au deuxième tour. Patrick Kane qualifie finalement les Hawks en exploitant un rebond bizarre depuis la balustrade pour tromper Bryzgalov en prolongations du match 6.

La clé de ce succès s'avère incontestablement les signatures à l'été 2012 de deux joueurs majeurs, Ryan Suter et Zach Parise. Parise s'est mué en leader moral, apportant sa combativité de tous les instants et son travail défensif. Il termine avec 29 buts et 56 pts en seulement 67 matchs, brillant encore plus en playoffs (14 pts en 13 matchs). Parise a bénéficié de très bons compères. Jason Pominville a mené l'équipe avec 30 buts et 60 pts, pour sa première saison complète après son départ de Buffalo. Le capitaine Mikko Koivu a connu des pépins physiques, mais sa qualité de passe a fait merveille. Avec 11 buts et 43 passes en 65 matchs, il a de loin mené l'équipe en assistances. Ce trio d'expérience a assisté à l'émergence de la relève. Mikael Granlund (22 ans) en meneur de jeu (33 assists, 41 pts) et Nino Niederreiter (22 ans) en finisseur (14 buts, 36 pts) se sont enfin installés en NHL après quelques saisons incertaines. L'ancien premier choix Charlie Coyle (22 ans) a fait de même avec 12 buts et 30 pts. Le trio a tout aussi bien joué en playoffs, Niederreiter se montrant par exemple décisif en prolongations du match 7 face à l'Avalanche. Le vétéran de ligue mineure Justin Fontaine, 27 ans, a lui aussi gagné sa place et marqué 13 buts pour sa première saison en NHL. Plus décevants, les expérimentés Matt Cooke, toujours trop souvent suspendu (10 buts, 28 pts) et l'ex-sniper Dany Heatley (12 buts, 28 pts mais ratio de -18). Enfin, autre révélation, le Finlandais Erik Haula, 23 ans, fort de ses 15 pts en 46 matchs, a effectué une présence remarquée en phases finales (4 buts, 7 pts). Le Wild a tenté un coup avec l'acquisition de Matt Moulson. L'ex-Islanders a marqué 13 pts en 20 matchs, mais n'a pas suffi à franchir l'obstacle Chicago. Cooke et Kyle Brodziak (24 pts) ont joué un rôle important sur les lignes d'échec.

L'offensive a donc été variée, à défaut d'être percutante. C'est surtout la défense qui a fait le travail. L'autre acquisition 2012, Ruan Suter, a tout simplement mené la ligue en temps de jeu (29'24" par match) et porté sur ses épaules les lignes arrières, marquant même 8 buts et 43 pts. Il a reçu de l'aide de plusieurs jeunes, tels Jared Spurgeon (25 ans), Jonas Brodin (21 ans) ou Marco Scandella (24 ans), auteurs de prestations prometteuses et sous-estimées. L'équipe manque un peu de profondeur après cela malgré tout, le jeune Matthew Dumba, 20 ans, n'ayant participé qu'à 13 matchs avant d'être renvoyé en junior.

La clé de cette défense de fer est aussi venu du poste de gardien. Paradoxalement, c'est sans doute celui qui pose le plus questions. L'expérimenté Niklas Backstrom n'a pu disputer que 21 rencontres. Le Finlandais décline et est bien trop souvent blessé (89,9% d'arrêts, 3.02 buts encaissés). Josh Harding s'est montré exceptionnel (1.65, 93,3%). Mais après 29 matchs, Harding a du mettre un terme à sa saison, bataillant une sclérose en plaques. Le Wild a donc lancé Darcy Kuemper, aux performances correctes (2.43, 91,5% en 26 matchs) avant de relancer le controversé Ilya Bryzgalov (2.12, 91,1% en 12 matchs). Le duo a fait ce qu'il a pu en phases finales.

Le staff de Minnesota peut envisager l'avenir avec sérénité en attaque comme en défense. Pour le poste de gardien en revanche, tout reste à faire.

 

7e - Pittsburgh Penguins

Bilan : 1er de la division Métropolitaine, 109 pts - éliminé au tour 2 par les New York Rangers (4 victoires à 3 : 2-3 ap., 3-0, 2-0, 4-2, 1-5, 1-3, 1-2)
51 victoires, 24 défaites, 7 défaites après prolongations ou fusillade
249 buts marqués, 207 buts encaissés

On a beaucoup parlé de l'écroulement des Sharks en playoffs. Mais celui des Pittsburgh Penguins n'est pas mal non plus. La franchise de Pennsylvanie maîtrisait sa série face aux Rangers au deuxième tour, après une saison tout à fait remarquable (109 pts, 2e à l'Est). Après des blanchissages aux matchs 2 et 3, les Penguins prennent une avance de trois victoires à une. Pittsburgh reste sur quatre qualifications face aux Rangers, mais s'écroule. New York ferme la porte et les stars offensives des Penguins sont muselées. Un petit but marqué par match pour trois défaites...

Marquer plus de 100 pts en saison regulière ne suffit pas et Pittsburgh échoue depuis son titre 2009 à obtenir le moindre résultat en phases finales. Le manager général Ray Shero et l'entraîneur Dan Bylsma en ont fait les frais, débarqués en fin de saison. Après une longue consultation, l'ex-Hurricane Jim Rutherford prend le poste de GM, et le coach Mike Johnston arrive depuis l'équipe junior de Portland (WHL).

L'attaque explosive de Pittsburgh a donc fait "pchit" en playoffs. Sidney Crosby a certes terminé meilleur marqueur de la NHL avec 36 buts et 104 pts, rassurant tout le monde en disputant 80 matchs. Mais le capitaine a déçu en phases finales, avec un seul but et 9 pts en 13 matchs. A contrario, Evgeni Malkin - avec 23 buts et 72 pts en 60 matchs - a lui répondu présent en playoffs, signant 6 buts et 14 pts en 13 parties. Le duo a produit, comme attendu. Le soutien existait, avec Chris Kunitz (35 buts, 68 pts), James Neal (27 buts, 61 pts) et Jussi Jokinen (21 buts, 57 pts, et 7 buts en playoffs). En revanche, la profondeur de banc a été testée toute l'année. Pascal Dupuis a été limité à 39 matchs (20 pts), ce qui a contraint Dan Bylsma à jongler avec de nombreux débutants. Brian Gibbons (41 matchs, 17 pts) ou Beau Bennett (21 matchs, 7 pts) ont bénéficié de postes sur les deux premières lignes à l'occasion. Sur les lignes d'échec, Brandon Sutter (26 pts) a sans doute le niveau pour faire mieux. Les combattifs Joe Vitale (1 but) et Tanner Glass (4 buts) ont joué les utilités et pas apporté grand chose. Ce manque de profondeur a entraîné l'acquisition de Lee Stempniak, et l'ex-Flame a compté 11 pts en 21 matchs, sans briller en playoffs (2 buts, 3 pts). De même, Marcel Goc, débarqué de Floride, devait apporter un plus, mais il n'a pas marqué le moindre but.

La perte de Dupuis a coûté cher, tant son rôle sur la première ligne - autant offensif que défensif, face aux meilleurs trios adverses - est important. Une perte qui a coûté aussi cher que la blessure de Paul Martin. L'arrière n'a pu jouer que 39 matchs (15 pts), forçant le reste de la brigade défensive à surjouer. Matt Niskanen en a profité (10 buts, 46 pts), de même que le tout jeune Olli Maatta (20 ans), auteur de 9 buts et 29 pts. Un rôle accru aussi par les ennuis de santé de Kris Letang (37 matchs, 22 pts) : blessure au genou en octobre, infection au coude en décembre, et inquiétante attaque cardiaque (!) en fin de saison. De quoi forcer Bylsma à s'appuyer sur Brooks Orpik, assez solide mais pas décisif, ou des défenseurs de seconde zone, tels Deryl Engelland et Robert Bortuzzo, ou le jeune Simon Despres (23 ans), qui peine encore à s'imposer. C'est bien cette ligne d'arrières qui n'a pas fait la différence dans ces playoffs.

Le blâme est comme d'habitude retombé sur Marc-André Fleury, pourtant le gardien Québécois n'a pas démérité (2.37, 91,5%), notamment en playoffs (2.40, 91,5%). Son remplaçant Jeff Zatkoff a été convenable, sans être exceptionnel (2.6, 91,2%). Le poste de gardien doit mieux faire pour prétendre au titre, mais cela passera par une amélioration sensible du jeu défensif. Le nouveau staff aura fort à faire, d'autant que le ménage a été fait. Exit Neal, Niskanen, Orpik, Engelland, Gibbons, Jokinen, Glass et Vitale. La moitié de l'équipe est à reconstruire, avec en nouveaux arrivants Ehrhoff, Downie, Hornqvist ou Comeau...


6e - Boston Bruins

Bilan : 1er de la division Atlantique, 117 pts - éliminé au tour 2 par Montréal (4 victoires à 3 : 3-4 ap2, 5-3, 2-4, 1-0 ap., 4-2, 0-4, 1-3).
54 victoires, 19 défaites, 9 défaites après prolongations ou fusillade
261 buts marqués, 177 buts encaissés

Après avoir terminé en tête de la conférence Est, les Bruins de Boston étaient considérés comme les grands favoris pour affronter en finale les grosses écuries de la conférence Ouest. Mais Boston a reçu le pire tirage qui soit : le grand rival de Montréal, au deuxième tour. Le CH, porté par ses partisans, s'est transcendé face à son "ennemi", survolté par les commentaires racistes de pseudo-supporters des Bruins, à l'encontre de PK Subban. Boston avait pourtant la série en mains, menant trois victoires à deux. La franchise du Massachussets n'a pas existé au sixième, perdu 4-0, avant de craquer dans son antre 3-1 au dernier match.

Une triste fin pour des Bruins, ponctuant une saison pourtant remarquable, avec le meilleur total de son histoire depuis 1972. Boston a dominé sa conférence et même remporté le trophée du Président de meilleure équipe de la saison régulière. Le tout grâce à une attaque de feu (3e) et une défense de fer (2e). C'est fort logiquement que le gardien Tuukka Rask a reçu le trophée Vezina de gardien de l'année (2.04, 93%). Premier en blanchissages (7) et 2e en pourcentage d'arrêts, le Finlandais est apparu à 58 reprises, pour 36 victoires (5e), terminant la saison en feu (11 victoires, 4 défaites). Son remplaçant Chad Johnson a lui aussi réussi une très bonne saison, avec 27 apparitions (2.10, 92,5%).

Les performances des gardiens ont été aidées par une défense bien en place. Claude Julien s'est appuyé sur l'inévitable Zdeno Chara. Le capitaine slovaque a encore sorti une saison spectaculaire dans les deux sens du jeu (17 buts, 40 pts, +25). Le rookie Torey Krug l'a bien relayé en attaque (14 buts, 40 pts), même s'il a reçu un temps de jeu assez protégé, principalement dans des phases de jeu offensives, face à des lignes plus modestes ou en supériorité. Krug termine toutefois meilleur marqueur des Bruins en playoffs (10 pts), prouvant sa valeur. Les tâches purement défensives ont échues à Dennis Seidenberg et Johnny Boychuk. L'Allemand a cependant manqué une bonne partie de la saison, touché au genou (34 matchs disputés), ce qui a coûté cher en playoffs, et ouvert la porte à Matt Bartkowski, solide dans sa zone sans apporter devant (0 but). Adam McQuaid a lui aussi joué le travailleur de l'ombre, alors que le jeune Douggie Hamilton obtenait un rôle plus offensif (7 buts, 25 pts). L'acquisition d'Andrej Meszaros en fin de saison a répondu à ce manque de profondeur. Le Slovaque s'est blessé durant les playoff, forçant le staff à utiliser Kevan Miller (47 apparitions dans la saison), qui a souffert face au CH. La défense a donc été équilibrée entre apport offensif et arrières purement défensifs en couverture. Cela a bien fonctionné durant la saison régulière, mais les cadres ont montré leurs limites en playoffs, peinant à suivre la vitesse des attaquants montréalais.

L'attaque explosive n'a pas vraiment placé de joueurs parmi les meilleurs marqueurs. Mais lorsque neuf joueurs dépassent les 40 pts, cela donne une équipe diffilement maîtrisable. Patrice Bergeron a réussi une saison prodigieuse. Son jeu dans les deux sens de la patinoire a impressionné tout le monde, et il a logiquement reçu le trophée Selke de meilleur attaquant défensif. Ses statistiques de possession de palet, face aux meilleurs trios adverses et son utilisation dans les moments clés pour les mises au jeu en défense le justifiaient amplement. Il termine avec 30 buts et 62 pts, ajoutant à ce curriculum un tempérament de guerrier. Bergeron a disputé les playoffs avec une côte cassée et une épaule démise, signant 3 buts et 9 pts ! Bergeron a bien été entouré par le teigneux Brad Marchand (25 buts, 53 pts) et le novice Reilly Smith (20 buts, 51 pts), acquis de Dallas dans le transfert Seguin. Smith a su profiter de la blessure de Loui Eriksson (61 matchs, 37 pts) pour s'imposer dans l'effectif et paraître par moments comme le meilleur joueur de l'échange côté Bruins. L'autre ligne offensive a tout autant contribué, avec David Krejci en meilleur pointeur (19 buts, 69 pts), accompagné du vétéran Jarome Iginla (30 buts, 61 pts) et du grand gabarit de Milan Lucic (24 buts, 59 pts). En troisième ligne, le Suédois Carl Soderberg a discrètement ajouté une contribution de valeur (16 buts, 48 pts). Enfin, le travail défensif et en infériorité a parfaitement été assuré par Greg Campbell (21 pts) et Daniel Paille (18 pts), aux côtés de Chris Kelly (18 pts).

Boston, équipe physique et agressive, va devoir gagner en vitesse pour mieux faire face à des équipes comme Montréal ou Tampa Bay. Les Bruins ont par ailleurs des choix importants à effectuer. La masse salariale approche du plafond, même avec le départ de Jarome Iginla. La concurrence et l'émergence de jeunes (Matt Fraser, Ryan Spooner...) va sans doute forcer la décision du manager général Peter Chiarelli.

 

5e - Anaheim Ducks

Bilan : 1er de la division Pacifique, 116 pts - éliminé au tour 2 par Los Angeles (4 victoires à 3 : 2-3 ap., 1-3, 3-2, 2-0, 4-3, 1-2, 2-6)
54 victoires, 20 défaites, 8 défaites après prolongations ou fusillade
266 buts marqués, 209 buts encaissés

Une saison brillante des Ducks d'Anaheim aura conduit les Californiens à la première place à l'Ouest et au titre en division Pacifique. Malheureusement pour les hommes de Bruce Boudreau, mener 3 victoires à 2 contre Los Angeles n'a pas suffi à franchir le deuxième tour.

Globalement, la saison reste un succès. Les deux meneurs de l'équipe ont joué leur rôle. Ryan Getzlaf (31 buts, 87 pts) et Corey Perry (43 buts, 82 pts) ont terminé parmi les meilleurs marqueurs de la ligue, en plus d'obtenir l'or olympique. Le duo a fait très mal et porté l'attaque à la deuxième place de la NHL, à un petit but de Chicago. Derrière ce duo majeur, aucun joueur n'a franchi le plateau des 50 pts. Cependant, une douzaine de joueurs se sont montrés productifs aux environs des 30 pts, rendant les Ducks dangereux à chaque ligne. Nick Bonino (49 pts) et Andrew Cogliano (42 pts) ont inscrit 22 buts chacun, apportant beaucoup en deuxième ligne. Mathieu Perreault a terminé avec 43 pts. Derrière, ce sont les jeunes qui ont commencé à s'installer. Kyle Palmieri, 23 ans, signe 14 buts et 31 pts, démontrant pourquoi il avait été drafté au premier tour en 2009. L'ancien espoir de Philadelphie Patrick Maroon s'est lui aussi installé, signant 11 buts, 29 pts et 101 minutes de prison dans un rôle de power-forward très utile. Il a été tout aussi important en playoffs, avec 7 pts. Les seconds couteaux, comme Daniel Winnik et Matt Beleskey, ont bien complété l'offre offensive. Plusieurs rookies ont aussi débuté, tels Jakob Silfverberg ou Emerson Etem, avec beaucoup de promesses. Un rajeunissement qui a contraint les expérimentés Saku Koivu et Teemu Selanne à des miettes. Loin de leurs meilleures années, les deux Finlandais ont pris leur retraite, après des saisons de 29 pts et 27 pts respectivement, avec une soixantaine de matchs.

Attaque variée, défense variée et offensive, elle aussi sérieusement rajeunie. Le vétéran François Beauchemin a fait figure de "papy" aux côtés de Cam Fowler (23 ans, 36 pts), Hampus Lindholm (20 ans, 30 pts) et Sami Vatanen (23 ans, 21 pts en 48 matchs seulement). Bryan Allen et Ben Lovejoy ont joué le rôle de défenseurs purs, protégeant leurs jeunes coéquipiers portés vers l'attaque.

Finalement, la seule interrogation de l'équipe a concerné le poste de gardien. Jonas Hiller n'a pas paru suffisamment costaud cette saison (2.48, 91,1% d'arrêts) et le staff a semblé perdre confiance en lui. Il a progressivement été supplanté par le Danois Frederik Andersen (2.29, 92,3%), qui s'est vu confié le rôle de titulaire pour 2014-2015, Hiller, en fin de contrat, étant laissé libre de signer à Calgary. Andersen a été titularisé en playoffs mais s'est blessé au match 3. Hiller n'obtient même pas le poste de titulaire pour la suite, doublé par John Gibson. Le prodige américain, champion du monde junior et médaillé de bronze au mondial senior en 2013, a obtenu trois victoires en trois matchs pour ses débuts en saison régulière (95,4% d'arrêts) avant de gagner le match 4 (blanchissage 2-0) et le cinquième avec 39 arrêts. Le jeune portier craque au moment de conclure, commettant une grossière erreur au match 6 sur un tir lointain de Trevor Lewis (défaite 2-1), avant d'encaisser trois buts en dix minutes au septième match et d'être remplacé par Hiller.

Un effectif encore perfectible et jeune laisse toutefois présager d'une grosse saison des Ducks d'Anaheim la saison prochaine. L'acquisition de Ryan Kesler et la signature de Dany Heatley apporteront expérience et complèteront une armada offensive impressionnante.

 

4e - Montréal Canadiens

Bilan : 3e de la division Atlantique, 100 pts - éliminé en finale de conférence par les New York Rangers (4 victoires à 2 : 2-7, 1-3, 3-2 ap., 2-3 ap., 7-4, 0-1)
46 victoires, 28 défaites, 8 défaites après prolongations ou fusillade
215 buts marqués, 204 buts encaissés

Le Canadien de Montréal a brillé sur cette saison 2013-2014. Seul club canadien qualifié en playoffs, le CH a terminé troisième de sa division, 8e défense, 4e jeu en infériorité. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du succès, qui auront vu Montréal étriller Tampa Bay dès le premier tour (4-0). Les joueurs de Marc Bergevin ont patienté pour connaître leur adversaire du deuxième tour. Affronter Boston était la cerise sur le gâteau : surmotivés, les Canadiens ont réussi à éliminer leur ennemi intime. Ils y ont peut-être laissé trop d'influx nerveux et la finale de conférence contre les Rangers s'est révélée difficile. Ceci dit, une bonne partie de la série s'est joué dès le premier match. Chris Kreider percutait alors violemment Carey Price. La sortie du gardien titulaire, exceptionnel toute la saison (2.32 buts encaissés, 92,7%) et médaillé d'or à Sochi, a fait basculer la série. Montréal prenait une volée au premier match (7-2) et devait batailler ferme. Le jeune Dustin Tokarski, qui a tout gagné dans sa carrière (Mondial U20, Mémorial Cup, Calder cup en AHL) volait la place de Peter Budaj et assurait un intérim tout à fait convenable, résistant au match 2 (perdu 3-1), gagnant le troisième en prolongation (but de Galchenyuk), perdant le quatrième (but de St. Louis en prolongations), avant une large victoire au cinquième. Le sixième match est un héroïque duel de gardien et Tokarski laisse une chance à son équipe, ne s'inclinant que devant Dominic Moore en fin de deuxième tiers (1-0).

Ce qui a coûté cher au CH en playoffs, c'est son jeu de puissance, classé 19e en saison régulière, et incapable de profiter des nombreuses fautes des Rangers en finale de conférence. L'indiscipline de New York n'a pas été exploitée, dans une série à l'ambiance délétère - suspension de Prust pour un coup au visage de Derek Stepan, suspension de Carcillo pour une charge sur Prust, outre la charge de Kreider sur Price.

Difficile cependant de dire que la saison est un échec. Marc Bergevin a assurément trouvé les clés du succès, écartant de mauvais contrats et réalisant des acquisitions discrètes mais efficaces.

Le joueur clé de l'équipe reste PK Subban. Le défenseur offensif, spectaculaire, est devenu une sorte d'icône pour le public. Avec 10 buts, 53 pts, le vainqueur du trophée Norris 2013 a beaucoup apporté à son camp. Sa performance en playoffs (5 buts, 14 pts en 17 matchs) a été tout autant décisive. Andrei Markov a lui aussi connu une bonne saison, disputant 81 matchs. Sa fragilité des années précédentes semble oubliée, et il a signé 7 buts et 43 pts. Le duo s'est chargé des tâches offensives, protégés par des arrières au rôle plus modeste, comme Alexei Emelin et Josh Gorges, puis de nombreux défenseurs testés au gré des blessures (Raphael Diaz avant d'être échangé, Francis Bouillon, les jeunes Nathan Beaulieu et Jared Tinordi). Une profondeur qui a poussé Bergevin à acquérir le petit Mike Weaver de Florida, dont les prestations ont beaucoup apporté face aux meilleurs trios adverses.

La défense a donc encore du potentiel. Mais que dire de l'attaque ? Max Pacioretty a franchi un palier, avec un total de 39 buts et 60 pts qui le situent parmi les meilleurs finisseurs de la ligue. Il a été alimenté en caviars par David Desharnais, au début de saison poussif mais qui a bien fini (52 pts). Tomas Plekanec est le seul autre joueur au delà des 20 buts (43 pts) : Montréal a marqué en groupe. Brendan Gallagher, Alex Galchenyuk, Lars Eller et les vétérans Brian Gionta et Daniel Brière ont signé entre 13 et 19 buts. L'acquisition de Thomas Vanek avant la date limite des échanges devait répondre à ce déficit offensif, mais l'Autrichien n'a pas convaincu. Il a certes marqué 15 pts en 18 matchs, et 10 en 17 de playoffs, sans jamais paraître suffisamment concerné. Son départ pour le Minnesota au 1er juillet n'a surpris personne. Montréal s'est aussi appuyé sur des lignes d'échec combatives. À ce titre, Dale Weise, acquis de Vancouver, aura agréablement surpris. Il a beaucoup apporté, surtout en playoffs (7 pts en 16 matchs). Le rookie Michael Bournival, ancien vainqueur de la coupe Mémorial avec Val-d'Or, s'est pour sa part installé en NHL (60 matchs, 14 pts).

Montréal a réussi sa deuxième saison à 100 pts depuis 1993 et parait pouvoir prétendre à mieux. Malgré tout, l'équipe a survécu principalement grâce à la performance de Carey Price. Son absence en playoffs a démontré les limites de cette stratégie. Michel Therrien va devoir trouver les clés pour mieux maîtriser le palet et trouver plus d'offensive.

 

3e - Chicago Blackhawks

Bilan : 3e de la division Centrale, 107 pts - éliminé en finale de conférence par Los Angeles (4 victoires à 3 : 3-1, 2-6, 3-4, 2-5, 5-4 ap2., 4-3, 4-5 a.)
46 victoires, 21 défaites, 15 défaites après prolongations ou fusillade
267 buts marqués, 220 buts encaissés

Si près du but... Les Blackhawks de Chicago n'étaient pas loin d'atteindre la finale pour la deuxième année de suite. Ils ont du s'incliner face aux Kings de Los Angeles durant la prolongation du septième match sur un but d'Alec Martinez, après une série d'anthologie où les Hawks ont remonté un handicap de trois victoires à une. Chicago, meilleure attaque de la saison régulière, a offert dans cette finale de conférence un visage séduisant. Offensif, technique, rapide... Un visage auquel il n'a manqué qu'un petit rien. Peut-être le poste de centre n°2, que le staff recherche depuis plusieurs saisons ? La colonne vertébrale des Kings a en tout cas dominé aux mises au jeu.

Les stars ont répondu présent durant les phases finales, avec Kane à 20 pts en 19 matchs et Toews à 17 (respectivement 8 et 9 buts). Plutôt de bon augure...

Chicago a bénéficié d'une profondeur offensive quasi inégalée dans la ligue. Patrick Sharp a mené l'équipe en points et buts (34 buts, 78 pts), mais pas moins de quatre autres joueurs ont passé le plateau des 60 pts : Patrick Kane (29 buts, 69 pts), Jonathan Toews (28 buts, 68 pts) et Marian Hossa (30 buts, 60 pts), ainsi que le défenseur Duncan Keith (6 buts, 61 pts), auréolé du trophée Norris de meilleur défenseur de la saison. Beaucoup d'équipes n'avaient même pas un joueur à ce plateau ! Ajoutons à cela des valeurs montantes, comme Brandon Saad (19 buts, 47 pts et 16 pts en playoffs) et la peste Andrew Shaw, combattif en tant qu'écran devant les gardiens (20 buts, 39 pts, 8 pts en playoffs) et on s'aperçoit vite que les quatre lignes peuvent produire. Certes, les expérimentés Michal Handzus (4 buts, 16 pts) et Kris Versteeg (10 buts, 29 pts) ont déçu, certes Bryan Bickell n'a pas confirmé (11 buts, 15 pts) mais cela reste diablement prolifique. Chicago a même pu s'appuyer sur une quatrième ligne défensive très utile, avec Marcus Kruger (28 pts) et Ben Smith (14 buts, 26 pts) en fers de lance. Ce n'est qu'une question de temps avant de voir certains jeunes percer, tels Jérémy Morin (11 pts en 24 matchs), Matt Carey ou Teuvo Teravainen, aperçu en fin de saison après un an en Finlande.

La profondeur offensive n'a d'égale que le talent défensif. Outre Keith, Brent Seabrook a contribué à l'attaque (41 pts), de même que le benjamin à l'arrière, Nick Leddy (31 pts). Ces défenseurs mobiles et relayeurs bénéficiaient de la couverture de défenseurs purs, Niklas Hjalmarsson, Johnny Oduya et Michal Roszival. Ce dernier a manqué la moitié de la saison, laissant Sheldon Brookbank assurer son rôle de défenseur n°7.

Le groupe a plutôt bien protégé Corey Crawford (2.26, 91,7%) et le débutant Antti Raanta, moins convaincant.

L'équipe a globalement été épargnée par les blessures. Il faudra voir si la profondeur de banc sera suffisante en cas de coup dur. Dans tous les cas, Chicago restera prétendant au titre l'an prochain : Kane et Toews ont prolongé de 10 ans pour des contrats records identiques (84 millions de dollars chacun). Le staff devra toutefois faire des choix car la masse salariale dépasse le plafond. Il y aura du mouvement avant la nouvelle saison... Avec à l'arrivée, un nouveau duel avec Los Angeles ? Les deux équipes ont gagné quatre des cinq dernières coupes.

 

2e - New York Rangers

Bilan : 2e de la division Métropolitaine, 96 pts - battu en finale par Los Angeles (4 victoires à 1 : 2-3 ap., 4-5 ap2., 0-3, 2-1, 2-3 ap2.)
45 victoires, 31 défaites, 6 défaites après prolongations ou fusillade
218 buts marqués, 193 buts encaissés

Le changement d'entraineur a fait un bien fou aux Rangers de New York. Alain Vigneault a certes perdu sa deuxième finale après celle de 2010 avec Vancouver, mais il a apporté une attitude positive et un peu plus d'allant offensif à une équipe qui, ces dernières années, s'appuyait uniquement sur sa défense.

Ces lignes arrières ont assuré le rendement habituel : 4e défense, les Rangers ont parfaitement protégé Henrik Lundqvist (2.36, 92%). Le Suédois a été à son meilleur dans les phases finales et ne peut pas grand chose face aux Kings. Malheureusement pour lui, cette saison 2013-2014 sera celle des deuxièmes places (argent à Sochi). Lundqvist a disputé 63 matchs, et son remplaçant Cam Talbot a plutôt séduit (1.64, 94,1%). Une bonne surprise.

La défense a plutôt brillé, mais elle a montré ses limites en terme de profondeur. Dan Girardi (24 pts) et Ryan McDonagh (14 buts, 43 pts) en sont les meneurs, face aux meilleurs trios adverses. Les deux hommes ont reçu un temps de jeu considérable et assez peu de soutien.Le jeune John Moore a certes progressé, Marc Staal joué le rôle de protecteur, et la contribution inattendue d'Anton Stralman a fait un bien fou, surtout en playoffs. Mais aucun de ces défenseurs n'a vraiment le sens de la relance et n'a apporté offensivement. La moindre blessure ou absence a pesé lourdement. New York a cherché la bonne combinaison sur la troisième paire défensive, libérant un Michael Del Zotto décevant, acquérant Raphael Diaz et Kevin Klein. Ce dernier semble avoir gagné la place en playoffs.

L'attaque en revanche, n'a pas vraiment brillé, la faute à un jeu de puissance en difficulté (18e de la ligue). Ce secteur a encore moins produit en playoffs, ce qui a coûté très cher en finale. A l'arrivée, seuls deux joueurs ont passé le palier des 20 buts. Brad Richards (20 buts, 51 pts) a joué le rôle de bouc-émissaire de tous les soucis de l'équipe aux yeux de la presse et les Rangers ont racheté son contrat à peine la finale terminée. Rick Nash n'a disputé que 65 matchs et sa fiche de 26 buts, 39 pts reste très décevante compte tenu de son tarif. La surprise est venue deMats Zuccarello. Le petit Norvégien a trouvé une entente parfaite avec Derick Brassard (18 buts, 45 pts) pour terminer meilleur marqueur de l'équipe (19 buts, 59 pts). Zuccarello avait pourtant commencé la saison en tribunes... À leurs côtés, Benoit Pouliot (15 buts, 36 pts) a beaucoup apporté défensivement, travaillant fort dans les bandes et jouant les écrans devant le gardien. Cette troisième ligne est souvent devenue la plus productive, ce qui pose tout de même un problème. Derek Stepan (17 buts, 57 pts) a réalisé une excellente saison, le rapide Chris Kreider (17 buts, 37 pts) s'est bien installé, Carl Hagelin a plutôt séduit (17 buts, 33 pts et 7 buts en playoffs), mais l'offensive reste mince. Et l'indiscipline chronique de l'équipe, à l'image de joueurs comme Derek Dorsett ou Daniel Carcillo, a souvent mis l'équipe en difficulté.

Les Rangers ont donc atteint la finale, à la surprise générale. Et après ce bilan délicat, comment l'expliquer ? Un seul joueur : Martin St. Louis. L'ex-capitaine de Tampa Bay a demandé un échange après la pause olympique et a donc débarqué à New York. Si sa contribution sur la glace n'est pas considérable en saison régulière (1 but en 19 matchs), St. Louis a complètement explosé en playoffs. Marqué par le décès de sa mère, il signe 8 buts et 15 pts, soit autant que Stepan (et deux de moins que McDonagh), menant son équipe. St. Louis a joué le rôle de leader moral et toute l'équipe s'est soudée autour de la tragédie frappant sa famille. C'est sans doute l'une des causes du parcours étonnant de New York dans ces playoffs. L'équipe restait cependant bien trop friable pour gêner les Kings, qui ont parfaitement exploité les énormes erreurs défensives, avec des relances approximatives - par exemple sur le but de Justin Williams en prolongations du match 1. New York n'est pas passé si loin (trois défaites en prolongations), mais il y a encore du travail.


1er - Los Angeles Kings

Bilan : 3e de la division Pacifique, 100 pts - Champion
46 victoires, 28 défaites, 8 défaites après prolongations ou fusillade
206 buts marqués, 174 buts encaissés

Le vieil adage "l'attaque gagne des matchs, la défense gagne des titres" n'a jamais autant si bien été mis en pratique que par les Kings de Los Angeles. Les Californiens sont champions pour la deuxième fois en trois ans, et cela n'a pas vraiment surpris les observateurs. 3e de leur division derrière leurs voisins de San Jose et Anaheim, les Kings faisaient figure d'épouvantails en phase finale. Vainqueurs en 2012, finalistes de conférence en 2013, les joueurs disposaient de l'expérience nécessaire et avaient conservé la détermination, la marque de fabrique des hommes de Darryl Sutter. Effacer un handicap de trois victoires à zéro contre les Sharks, remonter contre les Ducks et les Hawks pour gagne trois séries en sept manches prouve assez bien la force mentale dégagée par cette équipe de Los Angeles. Après un tel parcours, peu de monde pariait sur les Rangers en finale. Celle-ci a été un peu plus disputée que prévue, mais finalement assez courte.

La force des Kings, c'est avant tout un axe fort. Les quatre centres titulaires sont dominants dans leur secteur. Anze Kopitar, meilleur marqueur (29 buts, 70 pts et 26 pts en playoffs) mène la première ligne, avec un rôle défensif important, qui lui a valu une nomination au trophée Selke. Jeff Carter (27 buts, 50 pts) est tout aussi dominant en troisième ligne. Jarret Stoll est un pur spécialiste en troisième ligne, dominant au cercle et apportant un slap ravageur en supériorité. Les Kings ont pu se permettre le luxe d'aligner Mike Richards (11 buts, 41 pts) en quatrième ligne à l'occasion ! Quatre centres dominants, qui permettent à l'équipe de dominer en possession. Et du coup, à former quatre lignes effectives. Kopitar a brillé avec le capitaine Dustin Brown (15 buts, 27 pts) pour l'aspect physique, avant de trouver une entente royale avec Marian Gaborik, arrivé à l'intersaison. Le Slovaque a compté 16 pts en 19 matchs, avant d'exploser en playoffs (14 buts, 22 pts en 26 matchs). Une performance et une entente qui ont poussé le staff à lui offrir un contrat de sept ans à peine la coupe soulevée... En deuxième ligne, Carter (27 buts, 50 pts et 10 buts, 25 pts en playoffs) s'est éclaté avec les deux jeunes, Tyler Toffoli (12 buts, 29 pts) et Tanner Pearson (7 pts en 25 matchs de saison régulière, puis 12 pts en 24 matchs de playoffs). Le trio devrait confirmer et exploser la saison prochaine. Ce qui a repoussé Justin Williams en troisième ligne (19 buts, 43 pts). Le spécialiste des matchs 7, auteur de 9 buts et 25 pts en playoffs, a logiquement reçu le trophée Conn Smythe. La profondeur de banc existe, puisque Trevor Lewis, Jordan Nolan ou Kyle Clifford ont pu assurer leur part du travail dès que nécessaire.

Les chiffres offensifs ne sont pas exceptionnels : les Kings terminent avec la 26e attaque de la ligue. Pour autant, la variété de l'équipe a permis à tout le monde de contribuer. Et tous les attaquants ont élevé leur niveau de jeu en phases finales, comme si la saison régulière ne les concernaient pas. Cette équipe vit et respire playoffs, et n'est jamais aussi forte qu'à ce moment de l'année.

Pour accéder aux phases finales, Los Angeles s'est donc appuyé sur ses arrières, menés par Drew Doughty (10 buts, 37 pts et 18 pts en playoffs). Mobile et spectaculaire, Doughty est peut être le meilleur défenseur de la NHL à l'heure actuelle. Il a reçu un très bon soutien de Slava Voynov (34 pts) et assisté à l'émergence de Jake Muzzin (24 pts) et Alec Martinez (22 pts). Ce dernier a inscrit 11 buts, avant d'être décisif en playoffs. Martinez élimine Chicago en prolongations du match 7, et offre ensuite le titre face aux Rangers en prolongations du match 5. Décisif... Derrière ce solide top-4, les vétérans Willie Mitchell et Robyn Regehr ont eu plus de mal à exister. Cantonnés à des tâches défensives, ils ont parfois souffert en possession. Mitchell a manqué la fin de saison et le début des playoffs, et ne sera pas de l'effectif 2014-2015. Regehr n'a disputé pour sa part que 8 matchs de phases finales. Matt Greene, spécialiste pour bloquer les tirs, a lui aussi été gêné par des blessures.

Bien sûr, rien n'aurait été possible sans des gardiens au sommet. Jonathan Quick (2.07, 91,5%) a sasn doute été moins bon que pour le titre 2012, mais il a trouvé une bonne relève. L'émergence de Martin Jones (1.81, 93,4% en 19 matchs) a permis d'échanger Ben Scrivens, aux statistiques équivalentes.

Globalement, l'équipe a échappé à l'infirmerie. Quatre joueurs ont disputé tous les matchs, et quatorze plus de 70. Les Kings n'ont pas trop puisé dans leur équipe-ferme. Les quelques départs de l'intersaison ne devraient pour autant pas trop peser. La mentalité de l'équipe permet d'éviter de se relâcher. Les Kings veulent un autre trophée...