Rouen - Amiens (Coupe de la ligue, 5e journée, poule B)

Inutile, la victoire n'en est que plus belle !

Ce succès a été acquis au terme d'un très bon match dans le cadre de la cinquième journée de la première phase de la coupe de la ligue.

Rapide et spectaculaire, avec un arbitre, aidé par un bon scénario, qui n'aura pas pu (totalement) le gâcher. Donc, nous ne lui reprocherons rien. Amiens (sans O'Keefe, Leclerc et Thomas), qui n'avait rien à perdre, est sans doute venu sur l'île Lacroix avec des ambitions à la hausse. Mais le HCAS a surtout su saisir sa chance en connaissant un match presque parfait qui, associé à des vertus défensives remarquables de combativité et de dévouement, ainsi qu'à des qualités dans les jeux spéciaux décisifs ce soir, lui ont permis de l'emporter dans une fin de match tactique, oppressante, où il fallait avoir des nerfs d'acier, après avoir résisté à la pression rouennaise.

THINELmarcandre20140916500Des Normands (sans Julien Desrosiers) souvent contrés, parfois maladroits et un tout petit peu malchanceux lorsqu'ils disposaient exceptionnellement d'une bonne position dans le slot. Néanmoins, ils étaient toujours terriblement gênés par l'adversaire dans leur exécution et leur spontanéité. Ce qui a aussi permis à Ramon Sopko de faire son boulot efficacement.

Rouen démarre pourtant bien. Ramon Sopko est solide devant le duo Thinel-Lampérier (1'17) et Manavian dans le haut du slot place le palet juste au-dessus de la barre du remplaçant du gardien joker-médical, O'Keefe (4'07). Deux actions sans répondant offensif adverse qui tend à prouver que le RHE76 a plutôt le match en crosse.

Puis, tout bascule lorsque Jonathan Janil est expulsé pour un coup de coude porté au visage martyrisé, aux yeux de l'arbitre, d'un adversaire. Un renvoi qui contraint les hommes du duo Garnier-Salo de jouer 5 minutes en infériorité. C'est une véritable aubaine pour les Picards doués en attaque à cinq. Marc Bélanger trouve la faille en quarante secondes, d'un lancer des poignets adressé en haut du slot dans la lucarne droite (0-1 à 8'12). Il reste encore aux Amiénois plus de quatre minutes à jouer en Power-play ! Ils remettent donc le couvert via Shawn Stuart en attaque placée moins de trois minutes après l'ouverture du score (0-2 à 10'31). Une cage déplacée (11'03) et Nicola Riopel devant Stockton sauvent les Dragons de la douche froide (11'57) lors de la fin de la pénalité majeure.

Les locaux sont KO. Ils ne se remettent pas des deux buts encaissés. Ils sont encore sauvés lorsqu'un attaquant adverse perd le contrôle de la rondelle dans une bonne situation (14'18). Plus tard, ils soufflent en voyant le lancer de Marc Bélanger ne pas toucher la mire (14'33). Ensuite, ils font jeu égal avec les visiteurs, mais les deux équipes ne sont pas dangereuses avant de rentrer au vestiaire.

Les Normands reviennent sur la glace déterminés mais ils sont rapidement contraints à jouer à un homme de moins. Cette fois, ils sont efficaces en killing-play. Nicola Riopel, bien protégé, peut faire son travail face aux tirs d'en face. Ensuite, les Seino-Marins prennent le contrôle du puck mais les défenseurs samariens sont accrocheurs, vifs, bloquant les crosses et les lancers des coéquipiers de Marc-André Thinel. Ramon Sopko est tout de même chanceux de voir son arrêt incomplet d'un tir de Guillemain être dégagé dans son dos par sa défensive (24'41). Sous pression, cette dernière est mise à la faute. Mais les unités spéciales normandes sont un peu lentes pour surprendre les quatre véloces et combatifs défenseurs picards.

C'est à parité de joueurs que Rouen se créera sa plus belle occasion. Sur un des mouvements offensifs de RHE76, Ramon Sopko n'est plus devant sa cage, lorsque Charland délivre une superbe passe à Lacroix face à la cage grande ouverte béante, plutôt qu'à Colotti qui se recentrait sur elle. Mais les deux compères, se retrouvant l'un derrière l'autre, se gênent et incroyablement le lancer du joueur de centre ne trouve pas les filets (30'05).

LACROIXmaxime20140904085Moins d'une minute plus tard, les Dragons ont une nouvelle attaque à cinq et concrétisent leur ascendant. En vingt-cinq secondes, après plusieurs rebonds laissés libres, François-Pierre Guénette réduit le score en ajustant le haut des filets des poignets (1-2 à 31'27).

Dans la continuité de leur domination, même si les Gothiques sortent le bout de leurs crosses, et avant de faire une seconde pause dans les vestiaires, les joueurs des bords de Seine ont deux occasions (33'19 & 37'40), dont la dernière sera l'œuvre de Loïc Lampérier. Toutes seront repoussées par un brillant Ramon Sopko.

À la reprise, les Noirs-et-Jaunes poussent. M.Barbez grimpe sur le but amiénois pour mieux voir si la rondelle, que Daultan Léveillé s'apprête à enfiler après un tour de cage, passe la ligne derrière un troupeau de joueurs. Mais, emporté par un élan trop généreux et trop démonstratif (n'est pas Jimmy Bergamelli qui veut), le directeur de jeu la déplace avant que le lancer de l'ailier ne soit opérant (40'16) !

Ce qu'il s'excuse, l'arbitre ne le tolère pas à Ramon Sopko quelques instants plus tard pendant lesquelles Greg Coburn est au four et au moulin (devant et derrière). Après un lancer, à côté, de Guénette en bonne position (41'33) la cage bouge et c'est le gardien qui est désigné coupable. La meilleure chance des unités spéciales rouennaises sera l'œuvre de Dan Koudys frustré par Sopko (42'52).

Amiens s'est à peine sorti du pétrin qu'il y retourne lorsque Romain Bault, dos au jeu, envoi de volée le caoutchouc directement en tribune. Sur ce nouveau power-play, François-Pierre Guénette touche l'équerre droite d'un Sopko qui semblait battu (45'16). La défensive des blancs est en partie épuisée par des minutes de sollicitude. Devin Gannon rejoint Bault en prison pour une crosse haute au faciès de Charland. Le trio VanderVeeken-Champagne-Stuart doit résister à vingt secondes de double infériorité. Trop statiques, ils ne pourront résister qu'à onze. Maxime Lacroix démarqué reprend sans contrôle la passe de Thinel et égalise en logeant le disque dans le haut des filets (2-2 à 46'43).

Si Romain Bault sort de la cellule, Gannon, lui, y reste. Il faut toujours à Amiens nuire aux attaques à cinq des Normands. Il y parvient grâce à un Ramon Sopko salvateur devant le duo Thinel-Guénette (47'12). Mieux, plus vivants que morts, ardents, les Gothiques s'offrent une opportunité avec Quentin Fauchon qui prend le meilleur sur Manavian et inquiète Riopel qui stoppe l'envoi du jeune centre de la quatrième ligne (47'55). Après la remise en jeu consécutive à cette action, Nicola Riopel se retrouve vulnérable et n'a pas d'autre choix que de faire trébucher Bruijsten (48'03). La boite à quatre rouennaise a pris définitivement la mesure du power-play d'Amiens. Même lorsqu'elle se remet aussitôt en place quand c'est au tour Wes Cunningham d'être pris par la patrouille pour un cinglage sur Bastien (49'58).

De retour à parité de joueurs sur la glace, les Normands sont incisifs à défaut d'être lucides. Maxime Lacroix tire mais oublie peut-être un peu vite Loup Benoit mieux placé (52'13). Patrick Coulombe est renversant, tourne derrière la cage, mais Guénette est trop proche de Sopko pour transformer la préparation éclatante de l'arrière-recrue (53'36). Malgré un léger manque de clairvoyance, les Dragons sont dans le bon sens jusqu'à un repli défensif et une obstruction, évitable semble-t-il, sur Marc Bélanger, remarquée par M.Barbez au détriment de Manavian (56'14).

BRUIJSTENkevin20140906205Barry Smith prend son temps mort et organise son power-play qui saura ouvrir la cage pour Kevin Bruijsten. Mais le Néerlandais est terriblement maladroit (56'24). Les Amiénois poussent et la cage se trouve déplacée. Nicola Riopel est puni du fait. Les Dragons se retrouvent à trois pour défendre face à cinq adversaires. C'est au tour de Rodolphe Garnier de parler à ses joueurs. Nicola Riopel repousse un premier lancer de Champagne. Mais le gardien ne peut rien lorsque Bruijsten dévie devant lui celui de Bélanger à la pointe (2-3 à 58'13).

Bien sûr, Rouen remplacera son gardien par un attaquant supplémentaire dès qu'il le pourra mais il est trop tard. Surtout que la dernière possibilité de tir (Charland avait armé son lancer frappé) des Normands est suspendue par le coup de sifflet trop empressé de l'arbitre qui sanctionne une faute… amiénoise, finalement !

Même en cas de victoire à Rouen (qui était déjà qualifié), Amiens n'avait que peu de chance de se qualifier pour le prochain tour de coupe Magnus. Avec la victoire d'Epinal à Strasbourg, les Gothiques n'en ont plus du tout. Il est donc tout à l'honneur des Gothiques d'avoir livré une si belle prestation face à un adversaire rouennais qui ne leur aura pas laissé grand-chose. Mais ce peu (5 minutes et 32 secondes) a suffi au HCAS pour conquérir un succès aussi inutile à la fin du match que valeureux, dans un match qui pourrait lui servir de référence dans les Crunches « picardo-normands » à venir. Par exemple, dans une semaine et demie, sur la même glace, pour le compte de la ligue Magnus.

   

Rouen - Amiens 2-3 (0-2, 1-0, 1-1)
Mardi 7 octobre 2014 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs.
Arbitres : M. Barbez assisté de MM. Matthieu Loos et Thomas Caillot.
Pénalités : Rouen 35' (5+20', 2', 8'), Amiens 12' (0', 4',8')
Supériorités : Rouen 2/6, Amiens 3/6
Tirs : Rouen 33 (5, 12, 16), Amiens 24 (8, 7, 9)
Chances : Rouen 8 (1, 2, 5) ; Amiens 5 (2, 0, 3)

Évolution du score :
0-1 à 08'12" : Bélanger (sup.num.)
0-2 à 10'31" : Stuart assisté de Guillaume (sup.num.)
1-2 à 31'27" : Guénette assisté de Koudys et Manavian (sup.num)
2-2 à 46'43" : Lacroix assisté de Thinel et Coulombe (double sup.num.)
2-3 à 48'13" : Bruijsten assisté de Bélanger et VanderVeeken (double sup.num.)

Rouen

Gardien: Nicolas Riopel (21 arrêts) sorti de 59'05 à 59'34 puis de 59'44 à 60'00.

Arrières: Léo Guillemain - Wes Cunningham ; Patrick Coulombe - Antonin Manavian ; Raphael Faure - Jonathan Janil ; Aurélien Dorey.

Attaquants : Dan Koudys - Loup Benoit - Daultan Déveillé ; Loïc Lampérier - François-Pierre Guénette - Marc-André Thinel (C) ; Fabien Colotti [puis Saint-André à 40'00] - Maxime Lacroix (A) - Francis Charland ; Antoine Mony - Alexandre Lubin - Johan Saint-André.

Remplaçants: Fabrice Lhenry (G), Théo Lanvers. Absent : Julien Desrosiers (blessé au bas du corps).

Amiens

Gardien : Ramon Sopko (31 arrêts).

Arrières : Romain Bault - Jamie VanderVeeken ; Greg Coburn - Kevin Dusseau (A) ; Shawn Stuart - Fabien Bourgeois.

Attaquants : David Bastien - Shayne Stockton - Kevin Bruijsten ; Fabien Kazarine - Joël Champagne - Marc Bélanger (C); Marius Serer - Julien Guillaume - Romain Carpentier ; Devin Gannon - Quentin Fauchon - Axel Rioux.

Remplaçants : Guillaume Duquenne (G), Antoine Buriez. Absents : Mitch O'Keefe (G), Nicolas Leclerc et Rémi Thomas (?).