Épinal - Strasbourg (Ligue Magnus, 5e journée)

Pour qui la fin de série ?

Bien plus qu'un énième derby spinalo-strasbourgeois, c'est un véritable choc au sommet opposant deux des trois meilleures équipes de ce début de championnat. Une affiche tournant invariablement, depuis maintenant deux ans, à l'avantage des joueurs de la Cité des Images. Des Gamyo encore frustrés par la tournure qu'ont pris les événements, samedi dernier, au pied du Mont-Blanc (où une avalanche de pénalités causa leur perte à la fin du troisième tiers-temps), mais qui ont parfaitement rebondi, mardi soir, en battant l'Étoile noire (6-4, en Coupe de la Ligue)... pour la huitième fois d'affilée (toutes compétitions confondues, matchs amicaux inclus) !

KLOZ1Jamais pareille série n'avait aussi longtemps perduré dans l'histoire récente de ce derby. Mais ne nous y trompons pas. C'est en leaders invaincus du championnat que les Pardavý, Trudeau et autres Cibuľa viennent défier leurs "dauphins" spinaliens dans cette citadelle (imprenable ?) qu'est Poissompré. Une enceinte ayant vu Strasbourg lourdement s'y incliner (1-6) en Coupe de la Ligue le 9 septembre dernier... et dans laquelle l'ICE entretient, match après match, son invincibilité !

Vu comme ça, l'emporter sur les terres d'un tel adversaire serait un petit exploit. Mais n'oublions pas qu'en championnat, ces derbies sont souvent très serrés et bien plus âprement disputés qu'en Coupe de la Ligue, où Vladimír Hiadlovský n'est jamais titularisé. Un "détail" qui a son importance compte tenu des étincelantes performances d'un gardien contribuant activement à faire briller l'Étoile noire au sommet de la Ligue Magnus.

S'ils accusent deux points de retard au classement, les Gamyo sont eux dotés d'une plus grande profondeur de banc. Philippe Bozon, à qui l'on donne visiblement les moyens de ses ambitions, vient d'ailleurs d'étoffer son alignement en obtenant le prêt d'un jeune attaquant suisse capable d'évoluer derrière selon les besoins du moment (Nicolas Leonelli) tout en profitant de la réactivité de ses dirigeants, parvenus à s'attacher les services du "colosse" (1,90 m pour 109 kg) Vojtěch Kloz, pigiste tchèque venu prêter main forte à un secteur défensif sinistré par les absences prolongées de Martin Charpentier et Maxime Ouimet. Un renfort de poids pour l'arrière-garde spinalienne, qui accueille à bras ouverts ce solide gaillard rompu aux joutes de l'Extraliga (tchèque et slovaque), sacré champion de Pologne l'an passé... mais remercié, au début du mois, par le HK Nitra !

Pur produit du HC Energie Karlovy Vary (et ex-international junior dans son pays), Kloz a donc quitté l'élite slovaque pour découvrir le championnat français. Une Ligue Magnus ayant rouvert ses portes à l'ex-Spinalien Tarik Chipaux, passé de Mulhouse à Strasbourg le mois dernier après avoir saisi la perche tendue par un Daniel Bourdages désireux d'élargir son contingent de joueurs formés localement (JFL).

CHIPAUXL'emblématique technicien "alsaco-canadien", toujours privé de son buteur Preston Shupe (blessé à l'entraînement trois semaines auparavant), espérait voir sa défense prendre le pas sur la redoutable attaque spinalienne. Mais Bourdages verra surtout ses protégés étaler, durant l'ensemble du premier tiers temps, leur incapacité à créer du jeu et à se montrer dangereux, à l'exception d'un trio Pardavý-Cibuľa-Trudeau parvenant à construire quelques bonnes actions. Une récupération de Ján Cibuľa, sitôt le coup d'envoi donné, permet ainsi à Ján Pardavý d'expédier un bon lancer qu'Andrej Hočevar ne laisse pas échapper (00'14").

Les hostilités sont lancées, pense-t-on, mais ce coup de semonce restera sans effet. Les Gamyo prennent aussitôt le contrôle des opérations, attendus par des Alsaciens s'employant essentiellement à serrer les rangs défensivement (à défaut de se projeter vers l'avant).

L'envie de bien faire est là mais les enchaînements ne se font pas côté strasbourgeois (seulement deux tirs cadrés durant les vingt premières minutes de jeu !), où l'on s'en remet aux prouesses d'un Vladimír Hiadlovský soumis, lui, à un véritable feu nourri. Une relance mal assurée en zone défensive, déviée par le patin d'Élie Marcos, aurait ainsi pu profiter à Ken Ograjenšek, mais la tentative du Slovène est repoussée par le Slovaque (00'45"), qui va faire bonne garde jusqu'à cette incursion d'un Anže Kuralt venu l'affronter en un-contre-un. Le rapide ailier spinalien, en tentant de contourner le gardien, se voit déstabilisé... et obtient ainsi la toute première pénalité de la soirée (05'39").

OGRAJENSEKForcé de composer, durant deux minutes, sans son défenseur américain Matt Bruneteau (tout particulièrement réputé pour son abnégation et sa propension à bloquer les lancers), le box-play strasbourgeois fait le dos rond, laissant les Vosgiens faire tourner le palet sans vraiment parvenir à tirer. Et lorsque la boîte se retrouve prise à défaut, comme sur cette ouverture de Moisand lançant parfaitement Valier, Stříž est là pour se coucher (07'55"). Une aide précieuse pour Hiadlovský, qui sauve la mise de ses coéquipiers en lançant ses bottes, dans un réflexe acrobatique, pour enrayer l'échappée d'un Ograjenšek venu le défier du revers (après s'être enfilé dans le dos de la défense, 08'30").

L'inépuisable Vincent Kara s'y reprend à deux fois (09'19" et 09'21"), imité par un Maxime Martin reprenant, à bout portant (10'10"), à la suite d'un tour de cage entrepris par un Anthony Rapenne très... entreprenant ! Il faut dire que les attaquants spinaliens travaillent fort pour garder le contrôle du puck en zone offensive, ne lésinant ni sur le patinage, ni sur l'échec-avant. Une activité permettant aux Gamyo de récupérer nombre de palets, comme sur cette accélération d'un Kuralt remisant sur Martin, pour un "one timer" repoussé par l'homme masqué (14'54"). L'ultime rempart s'érige en muraille infranchissable devant son filet, bien secondé par Pierre Bougé, auteur d'un poke-check salvateur sur Ken Ograjenšek, qui avait pourtant fait la différence après avoir été lancé dans le dos de la défense par Goulet (15'25").

Dangereux lorsqu'ils parviennent à combiner pour accélérer le jeu, les Spinaliens cherchent la faille sans la trouver. C'est d'autant plus vrai lors des situations de supériorité numérique. Valier, en embuscade devant la cage, manque pourtant de dévier la passe de Petrák au fond des filets (16'38") laissant Beron (décidément pas à court de munitions) "vider son chargeur" sur un Hiadlovský maintenant le navire à flot, non sans se faire quelques frayeurs. Comme sur ce tir d'Anže Kuralt, transformé en rebond aérien par une mitaine insuffisamment ferme... et manquant de retomber en terre promise (18'28") !

TRUDEAULa persévérance et l'obstination des hommes de Philippe Bozon finissent toutefois par payer. Vladimír Hiadlovský, qui a longtemps retardé l'échéance, s'avoue vaincu devant Vincent Kara, bien placé au second poteau pour dévier le centre d'un Yannick Offret parti en débordement sur le flanc gauche (1-0 à 19'21").

Un avantage au score amplement mérité, mais incitant Daniel Bourdages à procéder au rééquilibrage d'une attaque apparue totalement inoffensive durant ce premier tiers-temps. Aussi Valentin Michel remplace-t-il Sébastien Trudeau sur l'aile droite du premier trio, laissant le talentueux Québécois prendre place aux côtés d'Élie Marcos et Peter Bourgaut.

Stupeur et tremblements

Il fallait bien ça pour requinquer les Strasbourgeois, qui retrouvent leur allant et se font plus menaçants au retour des vestiaires. Plusieurs alertes devant la cage d'Hočevar confirment le réveil d'une Étoile noire finissant par arracher l'égalisation sur un but très opportuniste de Sébastien Trudeau. L'ailier canadien, en embuscade dans l'enclave, reprend un tir contré de Goldberg (1-1 à 26'29"). Un lancer pourtant très anodin du défenseur offensif américain, qui avait tenté sa chance de loin.

Voilà les compteurs remis à zéro, ce qui n'arrange pas les affaires de Gamyo éprouvant les pires difficultés à se dépêtrer de la toile tissée par un ensemble strasbourgeois suffisamment bien déployé pour restreindre les espaces et les empêcher de développer leur jeu (qui n'a pas son habituelle fluidité). Les attaquants lorrains sont pourtant bien plus rapides que les défenseurs alsaciens. Mais rien n'y fait. Hiadlovský, désespérément avare de rebonds, stoppe tous les lancers. Le portier slovaque a pourtant bien failli être surpris par ce centre-tir de l'imposant Vojtěch Kloz (28'14") qui aura, tout au long de la soirée, laissé entrevoir de belles qualités techniques et d'excellentes possibilités dans la protection et la conservation du palet.

Échouant immanquablement sur un très solide Hiadlovský, les boys du Boz' tombent sur un os. Et comme dominer n'est pas gagner, ils se font contrer. Un boulevard s'ouvre devant Ben Danford, parvenu à remonter le palet depuis son camp pour se hisser aux avant-postes, sans être jamais inquiété. Le défenseur canadien arrivant lancé pour contourner le filet et servir Peter Bourgaut, oublié devant la cage, qui ne se fait pas prier pour loger, du revers, la rondelle dans le haut du filet (1-2 à 33'41"). Stupeur à Poissompré...

PARDAVY

Comme il y a cinq ans, le piège alsacien se referme lentement mais sûrement sur les Vosgiens, régulièrement contrés et incapables de venir à bout d'un Hiadlovský rattrapant son rebond devant Beron (33'49") avant de parer, du bouclier, le tir du poignet d'Alain Goulet (37'48"). Et si Baazzi s'est bien replié pour "court-circuiter" le deux-contre-un mené par Goldberg et Pardavý (37'45"), Ján Plch, pris de vitesse, se voit sanctionné d'un faire trébucher (39'11"). Une pénalité "aggravée" par l'incarcération de Sušanj (coupable d'avoir percuté Hiadlovský... qui en a peut-être rajouté !), ce qui permet à l'Étoile noire d'amorcer le troisième tiers en double supériorité numérique.

Assurément un tournant dans ce derby empreint d'intensité, qui peut d'ores et déjà basculer définitivement du côté strasbourgeois. Il est donc crucial que les trois joueurs choisis par Philippe Bozon (Goulet, Le Blond et Kloz, si bien intégré qu'il est déjà utilisé dans tous les moments-clés) fassent preuve d'une infinie concentration et déploient des trésors d'abnégation pour s'extirper d'une situation nécessitant un total dévouement. Une mission accomplie au détriment d'un jeu de puissance alsacien pourtant en d'excellentes mains (celles, expertes de Cibuľa et Pardavý, au service des défenseurs Peroff, Danford et Goldberg, l'attaquant reconverti durant son cursus universitaire). Le retour de Ján Plch permettant d'écarter totalement le danger.

ChaPLCH4que minute qui s'égrène rapproche désormais l'Étoile noire d'un court, mais précieux succès. Et c'est d'autant plus vrai qu'Épinal, en dépit d'une envie jamais démentie, peine à se montrer dangereux. Une faute de Ján Cibuľa (46'20") reste ainsi inexploitée par le jeu de puissance vosgien, que l'on a connu bien plus inspiré (à l'image d'un Petrák bien décevant ou d'un Beron pesant trop peu sur le jeu). De petites étincelles jaillissent toutefois, provoquées par un Anthony Rapenne autrement plus mordant (sur un quatrième trio très saignant) ou un Vincent Kara omniprésent. Mais ils se démènent vainement : la victoire semble avoir choisi son camp comme en témoigne cette grosse occasion d'Anže Kuralt, qui rate la cible à bout portant (55'40")...

Puni d'une obstruction sur Anthony Goncalves (55'49"), Michal Petrák complique un peu plus la tâche de ses coéquipiers, qui auraient pu totalement perdre pied sans la vista d'un Andrej Hočevar se détendant parfaitement pour fermer la porte au nez de Ján Cibuľa (pourtant bien décalé par Pardavý, 55'59"). L'international slovène, bien présent sur la subtile déviation de Pardavý (56'09"), détourne également la reprise de Burgert (57'11") avant de frustrer Stříž à bout portant (57'41").

Un but gag... pour un final haletant !

Les Alsaciens, tout proches de vaincre le signe indien, ont la victoire à portée de main. Mais une incursion d'Anže Kuralt (que Jimmy Bergamelli aura estimé illicitement stoppée par Ján Pardavý, 58'21") génère une ultime supériorité. Celle de la dernière chance pour les Gamyo, qui rappellent Hočevar sur le banc pour jouer leur va-tout. Et contre toute attente, Petrák marque sur un "tir" lointain, qui s'apparentait plus à une passe au gardien... et qui n'aurait donc jamais dû rentrer ! Un étonnant ricochet du palet surprend Hiadlovský pour filer dans un trou de souris ! Une égalisation aussi méritée qu'inespérée (2-2 à 58'55").

La logique rétablie, place maintenant aux prolongations. L'enjeu ne tuant pas le jeu, les occasions y sont légion. Hiadlovský, remis de ses émotions, repousse (on ne sait comment) la reprise de Moisand (60'33") suite à un excellent travail préparatoire de Kloz (parvenu à temporiser pour garder le contrôle du palet en zone offensive). Hočevar, sollicité par Michel, rattrape avec brio son rebond devant Bruneteau (61'20") avant que Valier, mis sur orbite par Kara, ne s'en aille buter sur un Hiadlovský de gala (62'35").

KARABien malin qui peut alors dire de quel côté la pièce va tomber. Les deux gardiens, décidés à ne rien laisser passer, entretiennent le suspens et multiplient les interventions. Du moins jusqu'à cette récupération d'Alain Goulet lançant Vincent Kara plein axe,  dont le tir (69'33"), détourné, pousse le défenseur canadien à travailler dans le coin. Le palet ressort en faveur d'Ograjenšek, qui contourne la cage et tire au premier poteau. Le rebond est exploité, en deux temps, par ce diable de Kara, qui s'arrache pour délivrer Poissompré, dans l'ambiance indescriptible que vous imaginez (3-2 à 69'52") ! Il restait très exactement sept secondes et six centièmes à jouer...

La victoire d'Épinal n'est aucunement volée, surtout que les boys du Boz', bien plus entreprenants, ont déclenché deux fois plus de lancers (!) sur l'ensemble de la soirée. Pour autant, tout porte à croire que les dieux du hockey ne voulaient pas voir l'Étoile noire être la première à faire tomber les Gamyo à Poissompré. Vladimír Hiadlovský, qui a bien failli "voler" le match (mais se sera "troué" au plus mauvais moment), n'a donc pas fini d'enrager en repensant au dénouement (forcément frustrant) de ce derby aux relents "hitchcockiens", finalement remporté par des Spinaliens apparus bien moins flamboyants que face à Rouen. Mais revenus de très loin...

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin et les Dernières Nouvelles d'Alsace)

Vladimír Hiadlovský (gardien de Strasbourg, à propos du but chanceux de Petrák) : "Je voulais le repousser vers le côté où il y avait un défenseur, mais au dernier moment le palet a plongé sous mon bouclier."

Philippe Bozon (entraîneur d'Épinal) : " L'équipe a mis beaucoup de rythme et a travaillé très fort. On a eu un petit trou en fin de deuxième tiers car on a voulu revenir trop vite au score. On finit avec beaucoup plus de shoots à la cage. Je n'ai rien à reprocher aux joueurs qui ont montré beaucoup de caractère pour arracher une victoire méritée. Les joueurs ont été la chercher en équipe."

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "On a joué en infériorité numérique dans les deux dernières minutes pour aucune raison. Je ne veux pas discuter chaque détail mais il y a un hors-jeu sur le dernier but. C'est frustrant et c'est dur mais Épinal est une bonne équipe. Je ne l'ai jamais vue aussi bien structurée cette saison. Il n'y a pas beaucoup d'équipes qui prendront des points ici. On retiendra la manière avec laquelle on a inversé le cours du match."

 

Épinal - Strasbourg 3-2 après prolongation (1-0, 0-2, 1-0, 1-0).
Samedi 11 octobre à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli, assisté d'Anne-Sophie Boniface et Matthieu Loos.
Pénalités : Épinal 8' (0', 4', 4', 0') ; Strasbourg 10' (4', 0', 6', 0').
Tirs : Épinal 49 (19, 13, 7, 10) ; Strasbourg 24 (2, 10, 8, 4).

Évolution du score :
1-0 à 19'21" : Kara assisté d'Offret et Moisand
1-1 à 06'29" : Trudeau assisté de Goldberg et Bourgaut
1-2 à 33'41" : Bourgaut assisté de Danford et Marcos
2-2 à 58'55" : Petrák assisté de Goulet et Hočevar (sup. num.)
3-2 à 69'52" : Kara assisté de Goulet et Ograjenšek

 

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Vojtěch Kloz - Maxime Moisand ; Aziz Baazzi - Gašper Sušanj ; Peter Slovák - Alain Goulet.

Attaquants : Vincent Kara - Matthieu Le Blond - Peter Valier ; Anže Kuralt - Pierre-Charles Hordelalay - Ken Ograjenšek Grégory Beron - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Yannick Offret (C) - Maxime Martin.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Nathan Ganz. Absents : Martin Charpentier (commotion), Maxime Ouimet (déchirure à la cuisse), Nicolas Leonelli (en attente de qualification).

Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs : Ken Peroff - David Stříž ; Matt Bruneteau - Ben Danford ; Jake Goldberg - Pierre Bougé.

Attaquants : Ján Pardavý (A) - Ján Cibuľa (A) - Sébastien Trudeau [puis Michel à 20'] ; Peter Bourgaut - Élie Marcos (C) - Julien Burgert [puis Trudeau à 20'] ; Valentin Michel [puis Burgert à 20'] - Anthony Goncalves - Tarik Chipaux.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Julien Baeumlin, Jordy Anglés, Pierrick Hoehe. Absent : Preston Shupe (épaule).