Rouen - Amiens (Ligue Magnus, 6e journée)

Coup double pour un rachat et une reprise en main !

Après ses défaites de la semaine dernière à Briançon et à domicile en coupe de la ligue, contre (déjà) leur meilleur ennemi, Amiens, le RHE76 doit se racheter face à un HCAS (sans Sopko !) en forme et qui revient sur l’île Lacroix, certes privé de son capitaine, Marc Bélanger, mais conforté par sa récente et probante victoire sur des locaux, ce soir au complet après une épidémie, même si Fabrice Lhenry est aligné devant la cage au détriment d’un Riopel convalescent.

CHAMPAGNEjoel20140906271Malheureusement, pour un match diffusé en prime-time sur une chaine de la TNT, toutes les conditions ne sont pas réunies pour faire de ce classique croustillant un match de haute volée. Il manque un ingrédient primordial : une glace digne de ce nom ! Les acteurs, entre chutes et mauvais contrôles, auront beaucoup de mérite à faire progresser le palet sur cette indigne « patigeoire ».

Heureusement, les deux équipes ont malgré tout des ambitions. Le match est physique. On veut faire passer un message de part et d’autre. La victoire ne sera pas sans souffrance. Rouen démarre mieux. Loïc Lampérier ne cadre pas une belle chance (1’31). Passé l’orage normand, Amiens réagit, mais Joël Champagne est trop juste pour dévier un tir-passe (3’47). Les Picards ont une longue possession du puck. Cependant, la quatrième ligne des Dragons parvient, tant bien que mal, à se sortir d’une affaire mal embarquée parce que Fabrice Lhenry attrape le disque de la mitaine (7’11). Encouragé par cette bonne présence, les Gothiques prennent l’ascendant et se font pressants. Soit en allant à la cage (Gannon 7’38), soit sur des tirs de loin de Bault et Coburn (10’06). Durant ces cinq minutes amiénoises, Léo Guillemain trouvera O'Keefe de la pointe (8’44).

Les Seino-Marins sont ensuite plus entreprenants, sans être dangereux. Mais ils sont toujours sur la brèche car il faut un retour de Dan Koudys pour éviter une chance picarde (11’12). Pourtant, cette petite réaction des hommes de Rodolphe Garnier leur permet de jouer un premier avantage numérique (sans réelle chance), pendant lequel, Marc-André Thinel dans l’enclave évite le pire lorsque l’escouade de Barry Smith aura un contre surnuméraire (15’24).

THINELmarcandre20140826134Un peu plus tard, c’est Wes Cunningham qui interdit un lancer à Champagne dans le slot (15’49). Puis, le duo Guillaume-Carpentier vendange un deux-contre-un (16’53). Rouen ne maîtrise pas son jeu et patine à côté de ses patins. Même le renommé Patrick Coulombe est surpris par un attaquant et l’accroche aux yeux de l’arbitre. Trois secondes, plus tard Jamie VanderVeeken ouvre la marque de la pointe sur le premier power-play amiénois (0-1 à 17’28). Logique, Rouen manque de sérénité.

Les locaux seront rapidement sauvés par leur capitaine. Marc-André Thinel accélère sur la droite, fait un tour de cage, retrouve la rondelle dans une défensive pour une fois laxiste et inattentive, enrhume un défenseur gauche et enfile à mi-hauteur (1-1 à 19’29). Vexés de cette égalisation rapide (imméritée), les blancs retournent à la cage. Dans la dernière seconde, David Bastien cafouille une belle opportunité (19’59). Rouen peut souffler.

Sans doute Rodolphe Garnier aura aussi soufflé dans les bronches de ses joueurs et sur le personnel des techniciens du centre Guy Boissière. Cela n’a aucun effet sur la qualité de la glace. Mais cela en aura un, tardif, sur les Dragons car les Gothiques sont plus agressifs pendant les cinq premières minutes de l’acte médian. Jusqu’au gros travail de Maxime Lacroix qui traverse toute la patinoire, se bat dans la bande, et joue, après un relais avec Charland, immédiatement en retrait pour Fabien Colotti qui, démarqué devant O'Keefe impuissant, reprend sans contrôle dans le filet et inscrit à 18 ans son premier but en ligue Magnus dans LE derby de la plaine (2-1 à 25’22).

COLOTTIfabien20140906197Amiens n’a peut-être pas conclu son moment fort, mais même abasourdi par la réussite des Noirs-et-Jaunes, le club du président Henno n’en reste pas moins combatif. Devin Gannon lance presque par dépit en trébuchant sur Guillemain. Sur le coup, Fabrice Lhenry est trop approximatif. Le caoutchouc échappe au gardien vétéran et franchit la ligne (2-2 à 26’03).

Même si ce but est regrettable et frustrant pour le RHE76, la parité au tableau de marque à ce moment du match semble a minima logique. Mais l’élan est définitivement pour les Normands. En supériorité, Patrick Coulombe fait preuve de maniabilité et d’enchaînement. En meneur chaloupé à la bleue, il prépare l’attaque à cinq qui permet dans un jeu direct, sans contrôle, à Daultan Léveillé de livrer une passe décisive en retrait pour Charland qui enfile à mi-hauteur (3-2 à 28’47).

Mitch O'Keefe maintiendra son équipe d’un exploit de la botte devant Thinel lors d’un débordement de Guillemain sur la gauche à trois-contre-deux (29’39). Le gardien réalisera deux nouveaux exploits. Le premier sur un lancer soudain de Coulombe (30’25). Le second, bien placé lors d’un tir de Lacroix (32’18). Sa défense le supplante en contrant un envoi de Léveillé bien lancé par Desrosiers (32’59). Par contre, le substitut de Sopko sera bien en retard dans sa prise de décision lorsque Loïc Lampérier, esseulé, enfile à ras la glace entre ses jambières (4-2 à 33’12).

Avec deux buts d’avance, les Dragons se relâchent un peu. Heureusement, à l’expérience, Fabrice Lhenry se reprend bien de sa bévue précédente devant le même Gannon (34’10). Mais la fin du vingt médian est en faveur des joueurs du président Chaix parce que Guillaume est envoyé en prison. La plus belle chance de Rouen en avantage d’un homme est pour Léo Guillemain qui, bien placé, est contrarié par un arrière amiénois dévoué. Allongé de tout son long sur la glace, O'Keefe fait (bien) le reste (37’26).

STOCKTONshayne20140826357Toujours joué sur une glace en mode décongélation, le troisième tiers est moins cadencé, plus ennuyeux. Rouen gère et s’endort. Amiens sans accélérer, installe un faux rythme, et parvient dans le slot dans son unique moment fort de la dernière période. Shayne Stockton y ajuste Lhenry côté mitaine (4-3 à 51’51).

La réduction du score relance l’intérêt du match. Surtout quand Raphaël Faure est écroué pour une charge à la tête sur Gannon. Mais Amiens, sans Bélanger, n’a plus la clef du killing-play rouennais. C’est même celui-ci qui se sacrifie pour s’accorder un deux-contre-un. Mais le Tic-Tac-Toe entre Thinel et Lacroix est un peu téléphoné et bien lu par OKeefe, qui préserve le suspense (55’26).

Le gardien ne renouvellera pas sa prouesse en duel devant Francis Charland parti en échappée lancé par Desrosiers. Le meilleur buteur du championnat inscrit son second but de la soirée d’une belle feinte du revers exécuté de sang-froid après un contrôle magistral de dosage et d’orientation sur une glace altérée (5-3 à 57’13).

Bien sûr, Barry Smith remplacera son gardien par un attaquant supplémentaire puis prendra son temps-mort, mais en vain. Rouen restera imperméable aux ficelles picardes.

Rouen avait à cœur de se racheter du match de coupe de la ligue perdu contre les Gothiques et aussi de se reprendre d’un mauvais début, à l’extérieur, de championnat. Certes la victoire est là, grâce au talent (Thinel) et au travail (Lacroix) ou aux deux (Charland), et le RHE76 se rassure comptablement, mais les trous d’air entrevus ce soir apportent encore des éléments à régler, à défauts néanmoins de trop gros soucis, avant d’aller jouer dans une semaine à Pôle sud, un Grenoble qui semble rodé et en vitesse de croisière.

Pour Amiens, la série de victoires en ligue Magnus s’arrête à Rouen avant de recevoir le favori, Angers, au Coliseum. Un match après un petit coup au moral qui montrera ce que le HCAS peut faire dans la difficulté. Nul doute qu’on peut compter sur ces Gothiques, pas que dangereux en power-play, pour toujours lutter quel que soit l’adversité.

Étoiles du match : Francis Charland *** (Rouen), Loïc Lampérier ** (Rouen), Kevin Bruijsten * (Amiens).

 

Rouen – Amiens 5-3 (1-1, 3-1, 1-1)
Samedi 18 octobre 2014 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs.
Arbitres : M. Damien Bliek assisté de MM. Matthieu Loos et David Courgeon.
Pénalités : Rouen 14' (2', 0', 2+10'), Amiens 6' (2', 4',0')
Tirs : Rouen 40 (14, 20, 6), Amiens 26 (9, 11, 6)
Chances : Rouen 7 (1, 5, 1) ; Amiens 5 (4, 1, 0)

Évolution du score :
0-1 à 17'28 VanderVeeken assisté de Bruijsten et Champagne (sup.num.)
1-1 à 19'29 Thinel assisté de Guénette et Manavian
2-1 à 25'22 Colotti assisté de Lacroix et Charland
2-2 à 26'03 Gannon assisté de Champagne et Kazarine
3-2 à 28’47 Charland assisté de Léveillé et Lampérier (sup.num.)
4-2 à 33’12 Lampérier assisté de Desrosiers et Léveillé
4-3 à 51’51 Stockton assisté de Bastien et Bruijsten
5-3 à 57’13 Charland assisté de Desrosiers et Janil
 

Rouen

Gardien : Fabrice Lhenry (23 arrêts).

Arrières : Patrick Coulombe (A) – Antonin Manavian ; Raphaël Faure – Jonathan Janil ; Léo Guillemain – Wes Cunningham.

Attaquants : Dan Koudys – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel (C) ; Julien Desrosiers – Loïc Lampérier – Daultan Léveillé ; Fabien Colotti – Maxime Lacroix – Francis Charland ; Alexandre Lubin – Loup Benoit – Johan Saint-André.

Remplaçants : Nicolas Riopel (G), Aurélien Dorey et Théo Lanvers.

Amiens

Gardien : Mitch OKeefe (35 arrêts) sorti de 58'23 à 60'00.

Arrières : Romain Bault – Jamie VanderVeeken ; Greg Coburn – Kevin Dusseau(C) ; Shawn Stuart - Fabien Bourgeois.

Attaquants : Fabien Kazarine – Joël Champagne – Devin Gannon ; David Bastien – Shayne Stockton – Kevin Bruijsten(A) ; Marius Serer(A) – Julien Guillaume – Romain Carpentier ; Axel Rioux – [Champagne] – Quentin Fauchon.

Remplaçants : Guillaume Duquenne (G), Adrien Josse et Antoine Buriez. Absents : Marc Bélanger, Nicolas Leclerc et Rémi Thomas (blessés), Ramon Sopko (?).