God Save the Puck - rentrée 2014

De pertinentes nouveautés

L’Elite Ice Hockey League est de retour ! Pour sa douzième édition (une de plus que sa voisine, la Ligue Magnus), le championnat d’élite britannique ne connait pas de grands bouleversements.

Cette ligue fermée repart avec les dix mêmes clubs que la saison passée, et les incertitudes sur les reconductions de certaines équipes ont été levées (incertitudes qui n’auront sans doute pas été sans incidence sur les recrutements de quelques formations de Premier League, nous le verrons plus tard). La formule reste inchangée, de même que le sponsoring principal de la compétition (par le groupe d’assurance Rapid Solicitors), tandis que le contrat télévisé avec la chaine Premier Sports a été renouvelé.

EIHL LogoToutefois, deux éléments nouveaux sont à signaler. Tout d’abord, une modification des règles en vigueur pour ce qui est des contrats étrangers : dans les grandes lignes, les équipes d’EIHL se sont vues offrir une plus grande possibilité de renforcer leur effectif en joueurs extra-communautaires, ce qui ne manquait déjà pas dans le championnat. Ce sont ainsi des dizaines de joueurs nord-américains qui ont posé leurs valises dans le royaume, étoffant un peu plus une garnison déjà importante. 57,07% des joueurs de la ligue cette saison sont nord-américains, soit 117 sur 205 joueurs au total, bi-nationaux compris.

La deuxième nouveauté est l’instauration de l’EIHL Department of Player Safety (EIHL DOPS) : il s’agit d’une commission de discipline telle qu’il en existe partout ou presque, à ce détail près que cette organisation agit pratiquement « en instantané » : lors d’un week-end à deux matchs comme il est fréquent en Grande Bretagne, il n’est pas rare qu’un joueur fautif le samedi soit sanctionné le lendemain même d’une suspension si la commission prend cette décision le dimanche matin.

Mais la véritable force de cette nouvelle institution, c’est sa communication. Là où certains pourraient se réunir en vase clos et prendre des décisions « sur rapports », l’EIHL DOPS met automatiquement la main sur les vidéos du match (via Premier Sports ou les diffusions payantes proposées par les clubs mêmes), s’appuie sur ces images pour prendre la décision, puis enregistre à son tour une vidéo explicative de la décision prise, en montrant les images sous divers angles et ralentis, et en déclinant les lois du jeu correspondantes, concluant sur la nature de la sanction. Ces vidéos sont disponibles gratuitement sur le net, et reprises à la fois par le site de l’EIHL et par les clubs. Une excellente initiative, à la pédagogie rare dans le sens où tout est expliqué, y compris un classement « sans suite », évitant ainsi l’écueil d’une simple sentence de sanctions.

La Challenge Cup en entrée

steelers logo squareUne compétition qui a repris début septembre, avec 2 à 3 matchs en moyenne par semaine, mais qui en est seulement à ce jour, selon les équipes, à 7, 8 ou 10 matchs de championnat ? Avec l’EIHL c’est possible !

La raison tient au fait que la saison régulière débute très doucement en Grande Bretagne, et que les mois de septembre et octobre sont essentiellement dévolus à la Challenge Cup. Cette compétition parallèle se déroule initialement avec une phase de groupe (2 groupes de 5 équipes, des groupes différents des « conférences » du championnat), pour ensuite aboutir sur une phase aller-retour à partir de quarts de finale. Cette première phase étant pratiquement terminée, les premiers enseignements peuvent être tirés : Nottingham (8 points en 8 matchs), le tenant du titre et détenteur du record de succès dans cette coupe, occupe actuellement la 3e place du groupe B (Angleterre et Pays de Galles). Une performance modeste pour les Panthers qui voient en cette compétition un objectif majeur (rappelons qu’en Grande Bretagne, les 3 trophées [avec le titre de champion de saison régulière, et champion de play-offs] sont d’égale importance). Les Steelers de Sheffield (13 points en 8 matchs) occupent la tête du groupe devant les Devils de Cardiff (8 points), qui comptent pourtant deux matchs de retard sur les premiers cités. Le Blaze de Coventry et les Stingrays d’Hull (3 points en 5 matchs pour les deux équipes) sont un peu à la traine dans ce groupe. Dans l’autre poule « écossaise et nord-irlandaise », avantage aux Flyers de Fife (11 points en 7 matchs) devant le Clan de Braehead (un match en moins, et 10 points) et les Giants de Belfast (10 points pour 7 matchs). Les Stars de Dundee (6 points en 7 matchs) sont à la quatrième place, tandis qu’avec un point en sept rencontres, les Capitals d’Edimbourg sont déjà hors course.



Un leader inattendu


kyle jones braeheadEn championnat, le classement est dominé par une équipe surprise : le Clan de Braehead (15 points, 9 matchs). La formation de Glasgow ne semblait pas s’être clairement renforcée durant l’intersaison, pourtant la mayonnaise prend bien du côté de la Purple Army. Malgré un effectif quantitativement limité, la force offensive est indéniable (5 joueurs parmi les 20 meilleurs marqueurs de la saison) et les arrières sont assurés par le portier canadien Kyle Jones, qui joue sa deuxième saison pour le club et qui affiche à ce jour un pourcentage d’arrêt qu’il n’avait jamais atteint en équipe majeure (91,7%). Par-dessus tout, il est sur les bases d’un record en ayant été l’auteur de 4 blanchissages sur 14 rencontres. Braehead est aujourd’hui sur une série de 5 victoires (7 sur les 10 derniers matchs), toutes compétitions et matchs hybrides (rencontre qui compte à la fois pour le championnat et la coupe) confondus.

belfastDerrière Braehead, on retrouve le futur adversaire des Ducs d’Angers en Continental Cup, les Giants de Belfast (14 points, 9 matchs). Les Nord-Irlandais viennent d’aller chercher ce week-end leur qualification pour la suite de la compétition européenne, en prenant la deuxième place du groupe de Bremerhaven, profitant ainsi de la défection bien compréhensible de Kiev. Dans la ligue, les Giants font parler l’expérience du tenant du titre. Toutefois, l’équipe est loin d’être aussi dominante que la saison passée du fait entre autres qu’elle ne soit plus aussi souveraine dans son antre de l’Odyssey Arena. Seulement on peut imaginer une montée en puissance progressive pour cette formation à l’effectif bien fourni, et il faudra compter sur eux dans les semaines à venir en championnat comme ailleurs. Les Angevins sont prévenus !

Le Blaze de Coventry complète à ce jour le podium (14 points, 10 matchs). Et ce n’est guère une surprise puisqu’après une saison en demi-teinte, la formation anglaise a réalisé de très gros coups en matière de recrutement. Avec le talentueux gardien Brian Stewart en remplacement de Mike Zacharias, des défenseurs reconnus comme Craig Cescon, Rory Rawlyk ou l’ancien drafté de Tampa Bay Mike Egener, et une attaque comme savant mélange de joueurs passés par la NHL (Steven Goertzen, Ryan O’Marra), de leaders dans la ligue depuis plusieurs années (Russell Cowley, Ashley Tait, Jereme Tendler…), et de joueurs qui ont très vite pris leurs marques à ce niveau (Kyle Bochek, Ben Arnt), en somme l’effectif de Coventry est tout simplement impressionnant, et le Blaze part à la conquête de titres.

nottingham panthersLes Steelers de Sheffield (10 points, 6 matchs) et les Panthers de Nottingham (10 points, 7 matchs) sont en milieu de tableau. Si les vainqueurs des derniers play-offs que sont Sheffield comptent un certain nombre de matchs de retard sur le haut du tableau, des matchs qui pourraient les placer en position de force en cas de victoires, les Panthers ont démarré assez modestement, et le parallèle peut être fait avec la situation des Diables Rouges de Briançon, puisque Nottingham était le représentant britannique en CHL. Avec un effectif important (26 joueurs), volonté de la direction pour figurer au mieux à l’échelle européenne, certains contrats courts ont été renouvelés et après un beau succès d’estime dans la nouvelle « Champions League » (une victoire face à Hambourg et une superbe vitrine pour l’EIHL grâce à la ferveur des supporters anglais), l’équipe veut absolument éviter la saison blanche.
Edinburgh-CapitalsLes Devils de Cardiff (9 points, 9 matchs) sont dans les clous pour ne pas vivre la même mésaventure que la saison passée, où ils avaient raté les play-offs. Le club doyen de Flyers de Fife les talonnent (8 points, 10 matchs), tandis que l’équipe au fort accent « championnat de France » des Stingrays d’Hull se donne du mal dans un environnement inconfortable (7 points, 9 matchs).

Ce propos serait encore un euphémisme pour la neuvième équipe de la ligue, les Capitals d’Edimbourg. Considérée depuis plusieurs saisons comme la formation la plus faible d’EIHL, la capitale écossaise veut se donner les moyens d’être autre chose qu’un sparring partner. Et le tout au forceps, pour une équipe loin d’être épargnée par les blessures : dimanche dernier, Edimbourg a inspiré le respect de toute la ligue en ne s’inclinant qu’aux tirs au but sur la glace de Coventry (2-3 TAB), en alignant 11 joueurs de champ. Une mémorable séance de tirs au but d’ailleurs, puisqu’il aura fallu 18 tentatives pour que finalement Jereme Tendler trompe Hiadlovsky.

En queue de classement, les Stars de Dundee ont bien du mal en ce début de compétition. L’équipe compte 3 petits points, en ayant pour sa part déjà joué 10 matchs.



Focus sur les anciens pensionnaires du championnat de France 


hudsonLe ciel est au beau fixe pour l’ancien Morzinois Evan Cheverie. Le canadien est le top-scorer (en Grande Bretagne les relevés se font toutes compétitions confondues) de son équipe des Giants de Belfast avec 16 points en 12 matchs (11e marqueur de la ligue). Un classement individuel qu’il dominait il y a quelques semaines. Son coéquipier Colin Shields (ex Morzine également) est lui un joueur au service du collectif, il est pour la deuxième saison consécutive assistant capitaine.

Parmi les scoreurs évoqués chez le leader du Braehead Clan, on retrouve l’ancien villardien Derek Roehl (14 points pour 14 matchs, 15e marqueur d’EIHL). Pour sa deuxième saison en Grande Bretagne (il évoluait à Fife l’an dernier), le joueur est extrêmement apprécié dans la ligue, notamment pour ses célébrations de but de plus en plus originales…

Cardiff peut toujours compter sur l’ancien amiénois Jake Morissette. Deuxième saison au club, l’ex Gothique a très bien démarré sa saison (même total que Derek Roehl). Coup dur en revanche pour son coéquipier et Pingouin de la saison dernière Carl Hudson. Il s’est blessé à la main ce week-end lors d’une rencontre face aux Steelers de Sheffield. On a craint l’opération, il devrait toutefois l’éviter, mais son indisponibilité s’élève à un mois environ. Notons que Carl Hudson est lui déjà passé devant l’EIHL DOPS cité en début d’article (classé sans suite).

Il est passé furtivement du côté des Vipers de Montpellier, Cale Tanaka poursuit son bonhomme de chemin à Coventry. Avec le recrutement de luxe cité auparavant, il a perdu du temps de jeu, mais à l’instar de Cheverie il a vu son frère (Cory, un temps annoncé en France) le rejoindre dans la ligue.

Shane Lust (ex Morzine) a changé de club sans changer de pays (transféré de Braehead vers Dundee). Dans sa nouvelle équipe qui est à la peine cette saison, Lust surnage comme il peut mais peut se consoler en tenant l’un des meilleurs temps de jeu de sa formation.

Daniel Naslund n’était pas le joueur le plus rapide de Ligue Magnus la saison passée (Villard de Lans), il ne l’est guère plus à Edimbourg où il n’a toujours pas inscrit le moindre but. 3 petites assistances viennent ouvrir son compteur statistique.

Cette saison, l’équipe qui compte le plus d’anciens représentants du championnat de France est celle d’Hull. C’est tout sauf un hasard avec un duo d’anciens chamoniards aux commandes : Omar Pacha joue le rôle d’entraîneur-joueur. Lui-même blessé après 3 rencontres, il tient donc son rôle directement sur le banc. Son relais sur la glace est Carl Lauzon, toujours capable de buts magnifiques comme celui inscrit à Dundee après quelques secondes de jeu le 14 septembre.

Yann Turcotte a trouvé dans la ligue une manière d’exprimer l’une des « facettes » de son jeu, plus facilement qu’à Strasbourg ! Il a déjà fait tomber les gants à plusieurs reprises. Quant à l’ancien bison Zach Hervato, il a la pleine confiance de son coach qui en fait les louanges fréquemment, et devrait monter en puissance.

Du côté de Sheffield, Jay Latulippe (ex-Chamonix) a retrouvé avec plaisir un championnat qu’il avait déjà fréquenté pendant 3 saisons. Il n’a pas un temps de jeu renversant, mais il rend encore de fiers services. Et récemment, le club a fait appel à l’Anglais Ben O’Connor (ex-Morzine), qui fait ainsi son retour dans la ligue après 3 saisons (et le début d’une quatrième) passées au Kazakhstan. L’international fut contacté suite à plusieurs blessures du côté des Steelers.

Enfin citons le gardien vétéran Greg Blais (un ancien de Gap, Morzine et Meudon) qui est toujours sous contrat avec les Flyers de Fife, mais il apparaît comme le « troisième gardien » de l’effectif, et doit certainement jouer un rôle dans le staff plus qu’autre chose.



The Premier League Zone


teltigersLa hiérarchie dans cette ligue anglaise est bien souvent respectée scrupuleusement : généralement c’est assez simple, Manchester, Guildford, Basingstoke et Milton Keynes se partagent les quatre premières places, et toutes les autres équipes suivent derrière.

Mais en ce début de saison, « l’ordre établi » est bafoué. La faute notamment à l’équipe des Tigers de Telford, qui occupe la tête pour le moment. Mais ce n’est pas vraiment une surprise depuis l’intersaison. En effet, Telford avait guetté un possible désistement en EIHL et comptait le cas échéant postuler à la succession. Cela s’est traduit par un recrutement en or massif pour ce niveau, composé de nombreux anciens dominants en EIHL. C’est également là bas que Peter Szabo (ex Villard et Morzine) a posé ses valises. Il compte déjà 20 points en 10 matchs.

Derrière eux, les Bisons de Basingstoke et les Flames de Guildford sont des valeurs sures, mais le carré est complété par de surprenants Phantoms de Peterborough, qui comptent certes plus de matchs joués que quiconque. Cette équipe du Cambridgeshire compte notamment dans ses rangs Edgars Apelis (passé par Mont Blanc), James Hutchinson (Morzine) ou Milan Baranyk (Neuilly en passage express).

Les « nouveaux amis » des Dunkerquois, les Steeldogs de Sheffield surprennent à la cinquième place, mais poursuivent surtout la domination totale en terme de minutes de pénalité (475 après 11 matchs). Il faut bien que certaines « valeurs » ne se perdent pas ! Les Phoenix de Manchester déçoivent à la sixième place, mais que dire du Lightning de Milton Keynes, en avant dernière position avec 6 points, derrière les Wildcats de Swindon, qui avaient brillé lors des derniers play-offs. Les Bracknell Bees ferment la marche avec 4 points, mais comptent un match en retard sur Milton Keynes.