Épinal - Neuilly-sur-Marne (Coupe de France, 1/16e de finale)

Une simple formalité ?

S'ils rêvent depuis longtemps d'un retour gagnant à Bercy, les Spinaliens savent d'ores et déjà qu'ils ne verront pas l'écrin parisien le 25 janvier prochain. Aucun défaitisme à l'horizon... mais seulement la conséquence d'une exceptionnelle délocalisation ! L'indisponibilité prolongée du POPB a poussé la "Fédé" à déplacer, sur Marseille, le plus grand événement hockéyistique français du début d'année.

VALIER et KARACela ne change évidemment rien pour les Vosgiens, engagés sur tous les fronts et désireux d'aller le plus loin possible dans cette compétition qu'ils ont toujours abordé, ces huit dernières années, en affrontant l'un de leurs voisins alsaciens (Mulhouse ou Strasbourg). Une "fatalité" plus vraiment d'actualité puisqu'Épinal s'est vu désigner un adversaire francilien lui ayant causé bien des soucis dans un passé pas si lointain. Des Bisons plus d'une fois venus jouer les trouble-fêtes à Poissompré lorsqu'ils fréquentaient l'élite du hockey français (de 2008 à 2010, puis en 2011/12), portés par l'efficacité des T.J. Caig, Seth Leonard, Steven Cacciotti et autres Rane Carnegie.

Le Neuilly d'aujourd'hui, bien moins armé, ne devrait toutefois pas perturber les Gamyo, avides de se relancer après le camouflet subi ce samedi à l'Alp'Arena (4-5). Un revers plus frustrant qu'inquiétant pour les boys du Boz' (désormais cinquièmes au classement) qui, s'ils semblent rentrer dans le rang après leurs débuts fracassants, auront tout de même trouvé les ressources physiques et mentales pour remonter quatre buts aux Gapençais "briançonnisés" de Luciano Basile.

Une élimination surprise à Poissompré, face à la plus mauvaise défense de Division 1, plongerait néanmoins les Spinaliens dans un abîme de perplexité. Personne, ici, n'imagine que la logique hiérarchique puisse être bafouée par ces Bisons fortement remaniés cet été, qui ont longtemps manqué de repères, de cohésion et viennent, seulement, de remporter leur deuxième victoire de la saison. Un court, mais précieux succès ramené de Toulouse-Blagnac (5-4)... où le gardien slovaque Tomáš Pék, qui peine décidément à justifier les attentes placées en lui, s'est encore vu sorti en cours de partie par Frank Spinozzi !

En proie au doute, ce portier très élancé (1,93 m pour 78 kg) venu du championnat néerlandais sait pertinemment qu'une rude soirée l'attend à Poissompré, où chaque accélération, chaque combinaison peut mettre en difficulté les Bisons. Comme sur cet enchaînement Kara-Petrák prenant toute la défense de vitesse... et poussant rapidement Tomášek à la faute (00'22") !

CelBAAZZI 2a ne pouvait pas plus mal débuter pour les Séquano-dyonisiens, tout près d'être surpris par la déviation d'Anže Kuralt (00'42") mais suffisamment bien regroupés - autour de leur "tour de contrôle" Jozef Wagenhoffer et de leur capitaine québécois Maxime Dubuc - pour bloquer un maximum de lancers (comme ce tir du poignet d'Alain Goulet). Seulement voilà, le powerplay spinalien, à force de chercher la faille, finit par la trouver. Baazzi décale Petrák sur sa droite, qui a la possibilité de lancer mais feinte le slap pour trouver Plch, posté au premier poteau. Le vétéran, toujours aussi clairvoyant, remise aussitôt dans l'enclave, vers Peter Valier, qui rate le palet... contrairement à Aziz Baazzi, dont la reprise (qui s'enfile sous la barre) nettoie le haut du filet (1-0 à 02'03") !

Le premier but d'une longue série, pense-t-on, surtout qu'Alain Goulet, dans la foulée, s'engouffre dans une brèche et force Tomáš Pék à geler le palet (02'15"). Mais c'est sans compter sur l'abnégation de Bisons soignant leurs placements en zone neutre et ne négligeant aucun aspect du jeu sans palet. Un pressing constant, entretenu par l'abatage d'ailiers (et notamment Lukáš Pék) ne lésinant pas sur un échec-avant gênant indéniablement le déploiement de Spinaliens restant malgré tout menaçants.

Les Gamyo, c'est bien connu, ne sont jamais aussi dangereux que lorsqu'ils exploitent les espaces et parviennent à accélérer le jeu. Ce qu'a parfaitement compris Nicolas Leonelli, seulement rattrapé, sur son côté gauche, par un retour aussi désespéré qu'illicite de Loïc Sadoun (06'07"). Une pénalité lourde de conséquence puisqu'elle permettra aux Spinaliens de doubler la mise. Non pas sur ce slap à mi-hauteur d'Alain Goulet (capté d'une belle mitaine, 06'12")... mais sur un jeu collectif très instinctif ! Michal Petrák, sitôt servi dans le slot par Aziz Baazzi (qui œuvre à la pointe), prend Tomáš Pék à contre-pied en décalant imparablement Ján Plch au second poteau (2-0 à 07'57"). Un classique du genre...

C'est encore une fois allé très vite. Trop vite pour ces Nocéens faisant chou blanc à leur première supériorité (malgré plusieurs tentatives de Tomášek et Wagenhoffer, qu'Hočevar aura paré sans sourciller) et craquant, une troisième fois, sur un deux-contre-un rondement mené. Nathan Ganz, pourtant mis sous pression devant le banc francilien, parvient à conserver le palet, puis à servir Michal Petrák, qui ne manque pas de décaler Vincent Kara à l'opposé. Le Chamoniard, qui prend une nouvelle dimension cette saison (et se voit désormais préféré à Grégory Beron sur le premier trio spinalien), n'a plus qu'à lever la rondelle par-dessus la mitaine gardien (3-0 à 12'48")...

Le match est PEKdéjà plié, sans qu'Épinal ait véritablement forcé son talent. Beron, en récupération, trouve la botte de Pék (13'00") tandis qu'Ograjenšek, à la conclusion d'une belle combinaison, voit sa reprise rasante tutoyer le montant (16'09"). Autant d'actions qui auraient pu corser une addition déjà salée pour les Bisons, nullement découragés par la tournure des événements. Ils ne se résignent pourtant pas et continuent à se battre sur tous les palets. Une combativité matérialisée par ce débordement d'Hugo Vinatier, l'ex-international junior (et meilleur compteur nocéen en D1), dont le centre-tir très excentré manque de surprendre Andrej Hočevar (16'34").

Cet élan est toutefois freiné par l'incarcération de Martin Tomášek, sanctionné d'un faire trébucher sur Alain Goulet en poursuivant le Canadien derrière sa cage (18'00"). Le vétéran tchèque, qui participe lui-aussi activement à l'échec-avant, laissant ses partenaires affronter un jeu de puissance "ronronnant", mais tout près d'arriver à ses fins sur un décalage d'Ograjenšek que n'aura pu reprendre Moisand (19'55").

Leonelli y va de son tour de cage (21'05") au retour des vestiaires, rapidement imité par un Ograjenšek déshabillant Dubuc, mais pas Tomášek (22e). Sur une nouvelle démonstration de jeu rapide à la spinalienne, Maxime Moisand va ensuite relayer une très longue ouverture d'Alain Goulet en direction de Nicolas Leonelli, qui va finalement buter sur le gardien nocéen (22'13"). Une action valant au jeune attaquant helvète, prêté par Genève-Servette, deux minutes de pénalité pour un cinglage. Cette sanction débouche directement sur la réduction du score, provoquée par un débordement côté gauche de Joonas Karvonen. Le défenseur suédVINATIERo-finlandais voit son centre dévié, de près, par Hugo Vinatier (3-1 à 22'38").

Ce petit moment de flottement est aussitôt suivi d'un gros temps fort, sous l'impulsion d'un Anže Kuralt décalant Ken Ograjenšek, dont la reprise est non cadrée (24'24"). L'international slovène récupère aussitôt le palet et le refile à Kuralt, bien replacé au second poteau mais Wagenhoffer dégage en catastrophe (24'27"). Le danger, à peine écarté, revient sous la forme d'un boulet de canon expédié par Alain Goulet (24'46"). Un slap surpuissant s'écrase sur le montant gauche d'un Tomáš Pék déviant ensuite, du bout de la mitaine, une nouvelle tentative du Canadien. Un tir croisé tout aussi précis, mais moins puissant, retombe sur l'arête de la cage (24'55"). Le 4-1 n'était vraiment pas loin...

Haché par les pénalités, ce match n'atteint pas des sommets d'intensité. Les absences d'Ouimet et Charpentier se font sentir derrière et les Bisons se créent quelques occasions en supériorité, s'appuyant sur les lourds lancers de Jozef Wagenhoffer et l'opportunisme d'Hugo Vinatier (28e). Mais Hočevar veille au grain, au grand dam de Nocéens privés, pour de longues minutes, d'un Stephen Sanza sorti groggy après avoir violemment percuté un défenseur spinalien. L'ailier canadien, lancé à pleine vitesse dans le couloir gauche, patine, il est vrai, la tête dans le guidon (29e). Tout l'inverse d'Anže Kuralt, parvenu à récupérer le palet en zone offensive, puis à passer toute la défense en revue. Le talentueux slovène couche même l'homme masqué... sans toutefois parvenir à lever la rondelle, dans un angle fermé, par-dessus les grands compas du gardien formé au Slovan Bratislava (30'04") !

KURALT au rebondLes Spinaliens ayant le match en main, Philippe Bozon saisit l'occasion de donner un peu d'action à Pierre Mauffrey, qui entre en jeu pour la toute première fois cette saison (30'08").

Une idée dont aurait pu s'inspirer Spinozzi après les deux buts successivement encaissés par ses Bisons, vaillants mais limités. Et de nouveau battus, en infériorité. Ograjenšek, servi au cercle d'engagement gauche, faisant parler ses poignets. S'ensuit un rebond disputé par Kuralt, à l'affût devant la cage, mais finalement exploité par Beron (4-1 à 33'24"). L'ex-Amiénois, opportuniste, répercute le palet au fond de filets tremblant à nouveau dans la foulée. Michal Petrák, lancé dans la profondeur par Ján Plch, fixant Karvonen pour ajuster Pék, l'infortuné portier visiteur, d'un superbe tir du poignet côté plaque, à mi-hauteur (5-1 à 33'52")...

En manque flagrant d'efficacité, Grégory Beron a le 6-1 au bout de la crosse mais dévie, à côté, l'offrande de Nicolas Leonelli. Une action mal terminée, mais pourtant bien amorcée par Moisand, parvenu à remonter le palet et à le transmettre dans la course de Le Blond, qui aura à son tour décalé Leonelli (35'00"). Épinal va ensuite bénéficier d'une double supériorité mal négociée. Une mauvaise passe en retrait de Peter Valier a permis à Hugo Vinatier d'éloigner le danger. Pas de quoi remonter le moral (visiblement très bas) d'un Tomáš Pék traînant son fardeau jusqu'au retour aux vestiaires, moment choisi par Frank Spinozzi pour abréger son calvaire.

LEONELLIUn cadeau empoisonné pour sa doublure Rémi Husson, jeté dans la "fosse aux lions" et soumis au feu nourri de Spinaliens évoluant, de nouveau, en double supériorité (40'19"). Petrák, sur jeu placé, remisant dans l'axe sur un Beron faisant parler la poudre, d'une reprise s'enfilant sous la barre (6-1 à 40'34").

Les Bisons, loin d'abdiquer, voient leurs efforts récompensés suite à un slap non cadré de Rémi Colotti. Lukáš Pék, gratteur impénitent, s'empare du rebond derrière la cage pour tenter sa chance en angle fermé. Un acharnement permettant à Tomášek de réduire, l'espace de quelques secondes (6-2 à 42'51"), un écart finalement stabilisé par Hordelalay. L'ancien nocéen, mis sur orbite par Kloz, se faufile dans la défense en parachevant son échappée côté gauche d'un superbe revers plein de sang froid (7-2 à 43'06").

Pierre Mauffrey, bien moins inspiré, est lui surpris par un tir croisé très excentré de Jozef Wagenhoffer, qu'il laisse malencontreusement passer en ratant totalement son intervention du bouclier (7-3 à 46'33"). Un but très largement évitable pour le back-up spinalien, il est vrai masqué au départ du lancer...

Les attaquants spinaliens, qui ont de plus en plus de mal à lâcher le palet (à l'image d'un Valier jouant trop souvent les individualistes forcenés),WAGENHOFFER veulent tous y aller de leur petit but durant cette fin de partie réduite à un enchaînement de pénalités. Un dernier quart d'heure totalement dénué intérêt : les Gamyo ayant tué le match d'entrée, la qualification d'Épinal est depuis longtemps assurée. Il n'y a donc plus grand-chose à se mettre sous la dent.

L'imposant Vojtěch Kloz, sur la ligne médiane, envoie pourtant valdinguer Marc Slupski qui, n'ayant pas levé la tête, n'avait forcément pas vu le "train" tchèque arriver (51e). Petrák, à bout portant, expédiant quant à lui son tir sur la barre d'Husson (51'13") lors d'une action envoyant Guimbard cirer le banc des pénalités (51'16"). Une infériorité numérique défendue bec et ongles par les Bisons qui, déterminés à ne rien lâcher, parviennent à se dégager.

Cette envie de bien faire n'empêchera toutefois pas Gašper Sušanj de marquer. Le défenseur slovène ratant le puck sur son premier lancer avant de décocher un shoot puissant, à mi-hauteur, côté bouclier (8-2 à 54'21"). Le buteur se transformant en passeur en toute fin de partie, lors d'une double supériorité sanctionnée d'une ultime réalisation spinalienne. Sušanj, à l'issue d'une longue phase de circulation du palet, décalant Ograjenšek, en embuscade sur la droite du gardien (9-3 à 59'11")...

Contrat rempli, mission accomplie

Il n'y a, comme prévu, pas eu photo entre les Bisons et les Gamyo, qualifiés sans trembler pour le tour suivant. Les banlieusards parisiens n'ont pourtant pas démérité. Mais s'ils montrèrent beaucoup de caractère et de combativité, ils auront toutefois creusé leur propre tombe en donnant autant de munitions aux hommes de Philippe Bozon, qui ont rapidement su capitaliser en supériorité...

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin)

Philippe Bozon (entraîneur d'Épinal) : "On est qualifié et on n'a pas de blessé. C'est tout ce que je vais retenir de ce match. Il n'y a pas grand-chose à dire d'autre. Ce n'est pas le genre de match que j'aime voir, ni jouer. J'espère que nous n'allons pas prendre de mauvaises habitudes."

 

Épinal - Neuilly-sur-Marne 9-3 (3-0, 2-1, 4-2)
Mardi 21 octobre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 100 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de David Courgeon et Jérémie Collin.
Pénalités : Épinal 12' (2', 6', 4') ; Neuilly-sur-Marne 24' (6', 6', 12').
Tirs : Épinal 38 (13, 13, 12) ; Neuilly-sur-Marne 25 (12, 7, 6).

Évolution du score :
1-0 à 02'03" : Baazzi assisté de Plch et Petrák (sup. num.)
2-0 à 07'57" : Plch assisté de Petrák et Baazzi (sup. num.)
3-0 à 12'48" : Kara assisté de Petrák et Ganz
3-1 à 22'38" : Vinatier assisté de Karvonen (sup. num.)
4-1 à 33'24" : Beron assisté de Kuralt et Ograjenšek (sup. num.)
5-1 à 33'52" : Petrák assisté de Plch et Goulet
6-1 à 40'34" : Beron assisté de Petrák et Baazzi (double sup. num.)
6-2 à 42'51" : Tomášek assisté de L. Pék
7-2 à 43'06" : Hordelalay assisté de Kloz
7-3 à 46'31" : Wagenhoffer
8-3 à 54'21" : Sušanj assisté de Plch et Valier
9-3 à 59'11" : Ograjenšek assisté de Sušanj et Petrák (double sup. num.)

 

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar puis Pierre Mauffrey à 30'08".

Défenseurs : Vojtěch Kloz - Maxime Moisand ; Aziz Baazzi - Gašper Sušanj ; Peter Slovák - Alain Goulet ; Nathan Ganz.

Attaquants : Vincent Kara - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Grégory Beron - Matthieu Le Blond - Nicolas Leonelli ; Anže Kuralt - Ken Ograjenšek - Peter Valier ; Pierre-Charles Hordelalay - Yannick Offret (C) - Anthony Rapenne.

Absents : Martin Charpentier (commotion), Maxime Ouimet (déchirure à la cuisse), Maxime Martin (coccyx).

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Tomáš Pék puis Rémi Husson 40'00".

Défenseurs : Jozef Wagenhoffer (A) - Maxime Dubuc (C) ; Rémi Colotti - Joonas Karvonen ; Arthur Cuzin ; Jérémy Fritsch.

Attaquants : Lukáš Pék - Martin Tomášek - Stephen Sanza ; Július Šinkovič - Hugo Vinatier (A) - Marc Slupski ; Loïc Sadoun - Zachary Vit - Nathan Bernier [ou Kevin Guimbard] ; Alan Dana.