Dijon - Strasbourg (Ligue Magnus, 7e journée)

Ce n'est rien moins que la première place au classement qui se joue ce samedi soir à Trimolet, et le public va vite s'en rendre compte : les deux équipes ne tiennent pas plus de 11 secondes avant de se chercher autour de la cage de Hiadlovsky. Le ton est donné.

Dijon, incisif, occupe la zone strasbourgeoise, mais on sent chez l'ennemi d'un soir une toute autre énergie que le faux rythme des années passées. Les contres seront à prendre au sérieux par des Dijonnais à peine favoris, petite glace aidant.

En supériorité, Dijon shoote dès les premières secondes, mais peine ensuite à retourner en zone strasbourgeoise quand les jaunes et noirs évacuent le palet. On n'a plus le temps de s'ennuyer avec ces Strasbourgeois-là. Il faut d'ailleurs un excellent travail de Mahier pour stopper le contre de la fin de l'infériorité des visiteurs. Le powerplay strasbourgeois avait été très bon en amical, et ce n'est pas sans une certaine inquiétude que le public voit ses favoris pénalisés. Dijon se révèle néanmoins d'une solidité à toute épreuve, Buysse faisant ensuite le job entre autre à dix minutes de jeu, quand sa cage se transforme en Fort Alamo. Derrière, la réplique de Cacciotti est imparable. Dijon inscrit le premier but de cette rencontre au sommet (1-0, 10'21").

Le rythme est enlevé des deux côtés, ça bataille dur mais propre ; un vrai plaisir. On sent toutefois les Dijonnais un peu plus en maîtrise. Sur une relâche de la défense dijonnaise, Strasbourg s'échappe néanmoins en 2 contre 1. Chipaux n'a aucun scrupule à crucifier Buysse (1-1, 13'33"). On vous l'avait dit, les contres seront mortels.

Dijon subit deux pénalités d'affilée, quatre minutes à quatre sans encaisser de but. Une performance pour le moins séduisante. Le tiers se termine alors que Dijon est à nouveau en infériorité ; c'est tout de même beaucoup d'énergie gaspillée, dont on espère qu'elle ne manquera pas en fin de match.

"Riton" est assailli dès la reprise, mais une pénalité contre Strasbourg remet les équipes à égalité de forces. Une grosse patate de Roussel n'est pas cadrée ; celle de Dame-Malka, en revanche, l'est, et finit droit au fond du filet. Net et sans bavure (2-1, 21'38").

Strasbourg n'est pas abattu pour autant ; les deux équipes enchaînent les séquences de jeu, même si le nombre de shoots reste, proportionnellement, assez faible. Dijon est un peu plus convaincant que l'Etoile Noire, mais le relâchement n'est permis ni d'un côté ni d'un autre. D'ailleurs, les Ducs en supériorité peinent à créer une situation vraiment dangereuse. En contre, en revanche, Rech, pourtant pas dans son meilleur match, fait des merveilles, parfaitement servi il faut bien le dire par Gascon (3-1, 34'33").

Les Alsaciens manquent de peu la correctionnelle, à nouveau par Cacciotti, mais la seconde jeunesse de Hiadlovsky fait des merveilles. Le deuxième tiers se termine sur une petite avance dijonnaise.

Le troisième tiers d'ouvre en zone dijonnaise. Strasbourg est aux abois, mais Dijon, avec une défense à nouveau au complet, ne s'en laisse pas conter. Le rythme est à peine plus lent, mais significatif pour les habitués de Trimolet ; c'est l'allure ducale. Les locaux ont complètement repris le match à leur compte. C'est également le rythme de Dijon qui réussit, à l'image de Kevorkian du revers de la crosse. Hiadlovsky manque de chance : le palet rebondit sur sa crosse et se loge droit dans la lucarne. Le public se lève, presque surpris (4-1, 44'00").

Les visiteurs sont pénalisés dans la foulée ; si Dijon marque, un pas énorme vers la victoire sera franchi. Les locaux le savent, à l'image de Gauthier qui ne laisse pas passer sa chance (5-1, 45'17").

Dijon, pénalisé, gère le début de son infériorité impérialement, mais se fait peur dans la deuxième moitié de la pénalité. C'est néanmoins insuffisant pour Strasbourg. Le chronomètre s'écoule en faveur des locaux, mais les situations dangereuses se multiplient devant la cage de Buysse qui accomplit un travail impeccable. La défense dijonnaise semble commencer à fatiguer, mais dans un match intense pour les deux équipes, l'attaque alsacienne est dans le dur également. Jusqu'à ce shoot de Bougé, parfaite réplique de celui de Dame-Malka au deuxième tiers. Tout aussi net (5-2, 51'20"). L'Etoile Noire pose son empreinte sur le match, alors qu'un clair manque de lucidité défensive amène deux visiteurs devant la cage de Buysse, laissé seul. Heureusement, le shoot est léger et l'arrêt simple.

Il reste moins de sept minutes, Dijon doit tenir. Une supériorité bienvenue les y aide grandement ; il s'en faut de peu pour que Dijon reprenne un quatrième but d'avance, mais le powerplay sera cette fois stérile. Trois minutes de jeu, Dijon tient le bon bout, mais en hockey tout est permis. Il faut s'arracher des deux côtés, Strasbourg semblant tout de même un poil plus en forme. Autant dire que la pénalité strasbourgeoise - cherchée par Dijon, il faut l'avouer - est un soulagement. Buysse est encore sollicité en un contre un, mais reste impérial.

Plus que quelques secondes, et ça y est : Dijon est premier. Les Strasbourgeois, quant à eux, n'ont ni à rougir ni à s'inquiéter. Leur jeu est infiniment plus séduisant que les années passées, et largement au niveau d'un Chamonix, autre pensionnaire du top 3.

Réactions d'après-match :

Sebastien Gauthier (attaquant, DHC) : "C'est une victoire qui fait plaisir, qui donne de la confiance à tout le monde. C'est satisfaisant, surtout après la contre-performance de mardi à Lyon. C'est une bonne performance collective de tout le monde."

 

Dijon - Strasbourg 5-2 (1-1, 2-0, 2-1)

Samedi 25 octobre 2014 à la patinoire Trimolet. 867 spectateurs.

Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Sebastien Geoffroy et Yann Furet.

Pénalités : Dijon 12' (6x2'), Strasbourg 22' (6x2', 1x10').

Évolution du score :

0-1 à 10'21" : Cacciotti assisté de Gutierrez et Gauthier
1-1 à 13'33" : Chipaux assisté de Goncalves et Burgert
2-1 à 21'38" : Dame-Malka assisté de Quessandier et de Buysse (sup. num.)
3-1 à 34'33" : Rech assisté de Gascon et Salmivirta
4-1 à 44'00" : Kevorkian assisté de Quessandier et Mulle
5-1 à 45'17" : Gauthier assisté de Salmivirta et Cacciotti (sup. num.)
5-2 à 51'20" : Bougé assisté de Bourgaut et Trudeau