L'éternel powerplay finlandais

Bien que la KHL ne s'arrête plus pendant les trêves internationales, ses dirigeants ont promis de libérer les joueurs pour les différentes équipes nationales. Les règlements de l'IIHF seront ainsi respectés, en façade. On est toutefois en droit de se demander si d'amicales pressions n'auront pas lieu en coulisses pour suggérer aux joueurs de rester dans leurs clubs, surtout les étrangers.

Les Finlandais se doivent d'aligner une équipe digne de ce nom devant leur public, pas si nombreux ce jeudi soir. Ils ne se sont donc pas gênés pour appeler neuf joueurs de KHL, dont seulement deux, les défenseurs Lajunen et Ohtamaa, appartiennent aux Jokerit (qui, eux, ne jouent pas le week-end pour ne pas concurrencer ce tournoi Karjala).

PALOLA Olli-140518-159En revanche, les Tchèques ont été beaucoup plus pusillanimes, en ne sélectionnant pour le moment aucun joueur de KHL. On ne se fâche ainsi avec personne. Mais le fait est que l'équipe est inexpérimentée : le plus capé, Jakub Krejcik, ne compte que 33 sélections, et la moyenne d'âge est de 24 ans. Le "local" Radek Smolenak a encore été nommé capitaine (il joue en Finlande au TPS Turku), comme en avril dernier alors qu'il débutait. Quatre nouveaux joueurs font leur apparition sous le maillot tchèque : Kempný, Planek, Kubalík et Lev.

Cette jeunesse doit en tout cas changer un peu le visage d'une équipe tchèque souvent vieillissante : elle espère plus de patinage et de mobilité des cinq joueurs. Le sélectionneur Vladimir Ružicka a cité un point-clé avant le match : "Nous devons faire attention aux pénalités. Même nous n'encaissons pas, nous sommes sous pression et le but vient ensuite. L'infériorité numérique nous prend de l'énergie, c'est notre problème."

Ružicka pourrait peut-être faire une seconde carrière dans la voyance et la prémonition. Hormis un oubli défensif qui laisse Junttila seul face au but à la deuxième minute (le gardien Francouz est vigilant sur ce premier arrêt), son équipe joue bien à 5 contre 5. Elle montre l'activité attendue, y compris dans le patinage. Mais elle n'arrive pas à s'empêcher de faire trébucher ses adversaires. Si la faute de Petr Pohl, présent en avril et encore appelé après des débuts très remarqués en DEL, est sans conséquence, celle de Krejcik est fatale. Le lancer de la ligne bleue de Jarkko Immonen est parfaitement masqué par Antti Pihlström (1-0).

En deuxième période, la République Tchèque revient dans le match. Le débutant Tomas Kubalik gagne le palet dans la bande et le sort vers son capitaine Smolenak qui se débarrasse du défenseur Kousa et égalise (1-1). Mais voilà que l'autre novice de l'attaque Jakub Lev prend la troisième pénalité, toujours pour faire trébucher : Olli Palola, auteur de trois buts en supériorité numérique lors des derniers championnats du monde (dont un en quart de finale et un en finale), reprend le travail là où il l'avait laissé, avec un beau tir du cercle droit (2-1). Ce tiers-temps s'achève, sur la sirène, par une pénalité en zone offensive du débutant Kempný pour... faire trébucher.

Les Finlandais, qui s'appuient sur cinq vice-champions du monde 2014 dans leurs lignes arrières, cadenassent leur défense pendant les vingt dernières minutes. Le gardien Juha Metsola arrête les tirs les plus dangereux de Vitásek, de Lev et de Pohl. L'équipe locale s'est donc imposée sur son expérience, mais aussi sur son jeu de puissance, toujours aussi efficace qu'aux Mondiaux.

Commentaires d'après-match

Vladimir Ružicka (entraîneur de la République Tchèque) : "Nous avons bien patiné, nous étions prêts pour la vitesse finlandaise. Nous avons eu de l'engagement, je pense que les joueurs ont fait leur maximum. En zone offensive, il nous a manqué la capacité à attendre la deuxième vague, ou à nous mouvoir des bandes vers l'enclave. Comme nous le craignions, nous avons perdu sur les pénalités. Nos fautes étaient certainement inutiles, nous avons un problème de longue date avcec celles en zone offensive."

 

Finlande - République Tchèque 2-1 (1-0, 1-1, 0-0)
Jeudi 6 novembre 2014 à 18h30 à la Hartwall Arena de Helsinki. 7026 spectateurs.
Arbitrage de Tobias Björk et Linus Öhlund (SUE) assistés de Jani Pesonen et Sakari Suominen (FIN).
Pénalités : Finlande 4' (0', 2', 2'), République Tchèque 10' (4', 4', 2').
Tirs : Finlande 23 (8, 10, 5), République Tchèque 29 (13, 8, 8).

Évolution du score :
1-0 à 16'15" : Immonen assisté de Pesonen et Koistinen (sup. num.)
1-1 à 24'24" : Smolenak assisté de Kubalik
2-1 à 31'27" : Palola assisté de I. Filppula et Kousa (sup. num.)


Finlande (2' pour surnombre)

Attaquants :
Antti Pihlström - Jarkko Immonen - Janne Pesonen
Teemu Hartikainen - Juha-Pekka Hytönen - Tuomas Kiiskinen
Oskar Osala (-1) - Ilari Filppula (-1) - Olli Palola (-1)
Julius Junttila - Joonas Kemppainen - Jaani Tuppurainen

Défenseurs :
Ville Koistinen - Juuso Hietanen
Kristian Näkyvä - Ville Lajunen
Tuukka Mäntylä (-1) - Mikko Kousa (-1)
Jyri Marttinen (2') - Atte Ohtamaa

Gardien :
Juha Metsola.

Remplaçant : Atte Engren (G).

République Tchèque

Attaquants :
Vladimír Svačina - Ondrej Roman - Petr Pohl (2')
Jakub Orsava - Tomáš Zohorna - Lukáš Radil
Radek Smoleňák (+1) - Michal Birner (+1) - Tomáš Kubalík (+1)
Jakub Lev (2') - Tomáš Filippi - Jakub Valský

Défenseurs :
Jakub Krejčík (2') - Petr Zámorský
Ondřej Vitásek - Vladimír Roth (2')
Bohumil Jank (+1) - Vojtech Mozik (+1)
Michal Kempný (2') - Martin Pláněk

Gardien :
Pavel Francouz

Remplaçant : Simon Hrubec (G).