Norvège - France (EIHC, tournoi de Stavanger)

L'équipe de France aborde sa saison internationale dans des circonstances tragiques, quatre jours après le décès du petit Hugo, mort accidentellement du contact d'un palet dans les tribunes de la patinoire de Dunkerque. Les joueurs ont respecté une minute de silence et portent un brassard noir à leur bras gauche.

TRYGG Mats-140517-076Cela faisait des années que les Norvégiens était passés devant l'équipe de France au classement international et qu'ils la battaient avec une régularité frustrante pour les hockeyeurs tricolores. La saison dernière a mis un terme à la série, et le succès aux tirs au but obtenu au championnat du monde a inversé la tendance.

Ce soir, l'équipe scandinave ressemble beaucoup à celle vue aux derniers Mondiaux. L'absence du défenseur Holøs est compensé par le retour du capitaine Tollefsen (qui était blessé au genou). En attaque, s'il n'y a pas Mathis Olimb, on recense les trois vedettes norvégiennes des Oilers de Stavanger, vainqueurs de la Coupe Continentale mais habituellement boudés par l'équipe nationale : le vétéran Christian Dahl Andersen, promu en première ligne à 34 ans, le rugueux Tommy Kristiansen, qui reste réserviste, et le débutant Matthias Trettenes. La présence de ses trois chouchous doit aider à mobiliser le public de Stavanger.

Tout comme son homologue Roy Johansen, le duo Henderson/Pousse s'inscrit toujours dans la continuité dans ses sélections, avec également un seul novice, Jordan Perret. Il choisit en revanche à l'automne de se priver de ses cadres, le capitaine Meunier et bien sûr le nouveau super-trio qui fait désormais les joies de la NHL et de la KHL. Seule la moitié des expatriés convoqués est venue : Damien Fleury, Charles Bertrand et Sacha Treille ont déclaré forfait, de même que Yohann Auvitu en défense. L'équipe française a donc une très forte coloration de Ligue Magnus.

Outre quelques "Finlandais" et le capitaine "suisse" Kevin Hecquefeuille, le néo-Munichois Florian Hardy est de la partie. Il est actuellement en pleine bagarre pour le poste de titulaire à Munich, avec des hauts mais aussi des bas : vendredi dernier, il s'est fait sortir en cours de match pour la première fois de la saison, et la concurrence reprendra à plein à son retour. Hardy réalise un premier arrêt décisif à la quatrième minute face à l'idole locale Christian Dahl Andersen. Sur l'action suivante, les Bleus profitent d'un changement de lignes pour relancer vers Nicolas Arrossamena à l'aile opposée. Il centre entre les jambes d'Ødegaard pour Teddy Da Costa, qui est parti avec un temps d'avance sur le vieux Mats Trygg et envoie le palet sous le bras de Steffen Søberg.

BESCH Nicolas-130505-109Le gardien norvégien est ensuite masqué par le travail d'Anthony Rech et anticipe mal le lancer de la ligne bleue de Nicolas Besch qui le trompe côté mitaine. La France mène donc 2-0, mais les locaux poussent pour revenir. Le débutant de 20 ans Mathias Trettenes démontre alors ses qualités de vitesse, en prenant de vitesse Besch sur l'aile droite, puis la qualité de son tir du revers, le plus difficile à gérer pour un gardien : malgré l'angle fermé, Hardy est piégé au niveau de son bras gauche.

L'équipe de France a près de quatre minutes quasi-consécutives de supériorité numérique en début de deuxième période, mais elle ne parvient pas à concrétiser. La Norvège augmente son intensité de jeu au fur et à mesure. Daniel Sørvik est tout près de l'égalisation sur une passe de Niklas Roest. Plus près même qu'il ne croit : trois secondes, juste le temps de réengager. Kristian Forsberg gagne la mise au jeu face à Nicolas Ritz, et le tir de la bleue de Nicolai Bryhnisveen, masqué par Steffen Thoresen que Moisand n'a pas su écarter, passe entre les bottes de Hardy.

La pression scandinave s'accentue encore dans les dix dernières minutes. Pendant une pénalité de Manavian, le duo expérimenté Dahl-Andersen - Bastiansen trouve de bons automatismes en jeu de puissance. Hardy s'interpose, comme ensuite face à Trettenes. Mais il s'incline face un autre joueur de DEL, l'homme en forme Andreas Martinsen (déjà 12 buts en deux mois avec Düsseldorf aux côtés de son équipier et passeur Ken Andre Olimb). L'adepte des buts de raccroc vient récupérer un - mauvais ? - rebond au nez et à la barbe de Besch pour donner la victoire à la Norvège. La France s'incline donc, sans trop démériter face à un adversaire bien plus proche de sa composition-type.

Désignés joueurs du match : Ken André Olimb pour la Norvège et Julien Desrosiers pour la France.

Commentaires d'après-match

Roy Johansen (entraîneur de la Norvège) : "Nous avons encaissé deux buts rapides. Søberg a connu un mauvais départ, mais a montré du caractère et a bien joué ensuite. Andreas Martinsen a utilisé sa force, c'était un géant sur la glace aujourd'hui. Il est bien meilleur cette saison qu'auparavant. Mathias Trattenes fait un bon début. Il a une bonne vitesse, il est bien entraîné, et son moteur tient à ce niveau. J'avais eu un bon feedback à son sujet du coach des Oilers, Petter Thoresen. L'important pour nous est qu'il soit entièrement dévoué à sa tâche et joue à 100% avec la bonne attitude."

Christian Dahl Andersen (attaquant de la Norvège) : "Je pense que je me suis exprimé comme je le voulais. J'ai fait ce à quoi je suis bon : mettre l'adversaire sous pression. J'aurais bien sûr préféré un résultat sur la feuille de match, mais dans le jeu c'était bien. J'avais joué avec Anders Bastiansen dans ma jeunesse à Frisk. Nous sommes tous deux grands et forts, et nous n'avons pas oublié, même si c'était il y a longtemps."

 

Norvège - France 3-2 (1-2, 1-0, 1-0)
Jeudi 6 novembre 2014 à 19h00 à la DNB Arena. 1575 spectateurs.
Arbitrage de Manuel Nikolic (AUT) et Roy Stian Hansen (NOR) assistés de Claus Hansen et Alexander Waldejer (NOR).
Pénalités : Norvège 4' (2', 2', 0'), France 6' (4', 0', 2').
Tirs : Norvège 36 (12, 13, 11), France 27 (6, 13, 8).

Évolution du score :
0-1 à 03'45" : T. Da Costa assisté d'Arrossamena et Manavian
0-2 à 09'23" : Besch
1-2 à 11'59" : Trettenes assisté de Bastiansen
2-2 à 33'27" : Bryhnisveen assisté de Røymark et Forsberg
3-2 à 54'34" : Martinsen assisté de Sørvik et K.A. Olimb


France
 
Attaquants :
Julien Desrosiers (A, -1) - Teddy Da Costa - Nicolas Arrossamena
Anthony Guttig - Nicolas Ritz (-1) - Anthony Rech (2')
Valentin Claireaux (2') - Brian Henderson - Damien Raux (A)
Grégory Béron (-1) - Loïc Lampérier (-1) - Jordann Perret (-1)
Robin Gaborit (+2)
 
Défenseurs :
Kévin Hecquefeuille (C, -1) - Nicolas Besch (-1)
Jonathan Janil (+1) - Antonin Manavian (+1, 2')
Aziz Baazzi (-1) - Maxime Moisand (-1)
Florian Chakiachvili

Gardien :
Florian Hardy
 
Remplaçant :
Ronan Quemener (G).
 
Norvège

Attaquants :
Christian Dahl Andersen (-1) - Anders Bastiansen (A, -1) - Jonas Djupvik Løvlie (-1)
Ken Andre Olimb (+1) - Mathias Trettenes (+2) - Andreas Martinsen (+1)
Niklas Roest - Morten Ask (A, -1) - Robin Dahlstrøm
Martin Røymark (+1) - Steffen Thoresen (+1, 2') - Kristian Forsberg (+1)

Défenseurs :
Ole-Kristian Tollefsen (C) - Nicolai Bryhnisveen
Mats Trygg (+1, 2') - Henrik Ødegaard
Daniel Sørvik (+1) - Alexander Bonsaksen
Stefan Espeland - Dennis Sveum
 
Gardien :
Steffen Søberg
 
Remplaçant :
Ruben Smith (G).