"Kovalchuk et Radulov ne devraient pas jouer ensemble"

Un premier match a eu lieu loin de la patinoire, ce samedi à Helsinki : le président de la fédération finlandaise Kalervo Kummola remettait sa place - qu'il détient depuis 17 ans - en jeu. Son challenger Mika Anttola l'avait accusé de ne se représenter que pour mieux viser la présidence de la fédération internationale, où il veut devenir calife à la place de Fasel. Après une campagne très courte, Kummola n'a été élu que par la plus petite des marges, 15 voix contre 14.

Il s'est ensuite rendu à la Hartwall Arena pour voir évoluer son équipe nationale, devant 11781 spectateurs, face à la Russie championne du monde. Celle-ci a retrouvé sa star Ilya Kovalchuk, laissée à disposition de son club jeudi, mais celui-ci n'est pas aligné avec son partenaire habituel en sélection. Oleg Znarok a en effet expliqué qu'il "croit que Kovalchuk et Radulov ne devraient pas jouer ensemble". Depuis la manche russe de l'Euro Hockey Tour en décembre 2012 où la ligne Kovalchuk-Datsyuk-Radulov avait été stratosphérique, le précédent sélectionneur Zinetula Bilyaletdinov avait fait des deux hommes les deux piliers de la première ligne, aux Mondiaux 2013 (sans Datsyuk) puis aux Jeux olympiques 2014 (avec Datsyuk). Dans l'ensemble, deux compétitions ratées, même s'ils étaient les meilleurs joueurs russes avec lmeur gros temps de jeu. Znarok n'avait pas parlé de cette idée de séparation jusqu'ici : c'est la première fois qu'il dispose de Kovalchuk et Radulov puisqu'ils avaient manqué les Mondiaux 2014 sur blessure.

KOVALCHUK Ilya-130504-250Ilya Kovalchuk partage donc le premier trio avec Egor Averin et Artemi Panarin, trois joueurs qui jouent tous à l'aile gauche en club. C'est un peu le problème de la Russie, en déficit de centres naturels et en abondance d'ailiers.

Au début du match, ces combinaisons semblent fonctionner. Le gardien Atte Engren arrête le tir du défenseur Aleksandr Kutuzov sur la première belle action russe à la quatrième minute. Radulov tente un tour de cage. Et sur une contre-attaque, la première ligne signe un but magnifique, avec une redirection d'Egor Averin dans l'axe pour translettre la passe de Kovalchuk vers Panarin à gauche (1-0). Un lancer de la ligne bleue de Chudinov dévié par Kovalchuk frappe même le poteau.

Mais à force d'attaquer, les ailiers russes en oublient de défendre. Une erreur du débutant Yaroslav Kosov oblige Koshechkin à repousser le tir d'Ohtamaa. L'anonyme Sergei Andronov - attaquant de quatrième ligne du CSKA - prend la première pénalité du match. Après un lancer non cadré de Hietanen, le défenseur de 20 ans Mironov lit mal la trajectoire, et le rebond arrive à Jarkko Immonen qui marque en cage ouverte (1-1). Les novices de l'équipe russe semblent donc déjà l'affaiblir...

La deuxième période commence par une diagonale virtuose du défenseur Evgeni Medvedev, un des trois champions du monde de l'effectif russe, pour Evgeni Kokarev dans le slot. Mais un ricochet malheureux du jeune défenseur Rukavishnikov provoque aussitôt l'égalisation finlandaise : sans angle, Jarkko Immonen ramène le palet à la cage vers Janne Pesonen (2-2).

La Russie, d'ordinaire réticente à l'intégration des jeunes, a fait le pari du renouvellement. Elle attendait ainsi avec fébrilité aujourd'hui les grands débuts des deux nouveaux supertalents de Magnitogorsk, le défenseur Viktor Antipin et surtout le centre Vladislav Kamenev, qui bat le record de précocité de Malkin (mais pas d'Ovechkin) pour sa première sélection. Mais c'est l'unique débutant de la... Finlande qui éclate dans ce match : le défenseur offensif Esa Lindell inscrit le but décisif. Un autre arrière, Kristian Näkyvä, marque dans la foulée, et finalement, c'est Kamenev qui laisse entrevoir des limites défensives sur le but de son coéquipier de club Oskar Osala (2-5). Après trois buts en huit minutes, Oleg Znarok demande son temps mort : la Sbornaïa rajeunie prend l'eau.

KIVISTO Tommi-140510-286En troisième période, les Finlandais s'appliquent à défendre et se reposent sur leur gardien. Teemu Hartikainen inscrit un but magistral en solitaire en passant en force sur l'aile droite, comme si l'étoile défensive présumée Viktor Antipin n'était qu'un fétu de paille, avant de tirer sous la barre transversale (2-6).

Pour la Russie, c'est un désastre. Tous les nouveaux talents qu'elle se hâtait de découvrir ont failli à un moment ou à un autre. Et pour ne rien arranger, le défenseur Maksim Chudinov a été victime d'une fracture de la pommette et ne pourra reprendre le hockey que dans quatre à six semaines...

Commentaires d'après-match

Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : "Je n'ai pas de reproches à faire sur le dévouement des joueurs. Ce n'est pas la KHL, la vitesse est plus élevée et la prise de décision aussi. Après le match, j'ai dit aux joueurs que s'ils veulent jouer en équipe nationale, jouer à ce niveau, il faut qu'ils s'y préparent. Le score ne reflète pas le match, nous avons été un peu malchanceux."

Kari Jalonen (entraîneur de la Finlande) : "La deuxième période était une marque de réussite. Nous avons défendu et attaqué de manière dure et agressive. Ce courage et cet engagement physique, c'est ce qu'il faut en match international. Aujourd'hui, nous étions mentalement prêts. [...] J'ai reçu de bons rapports de Pekka Rautakallio [entraîneur des Ässät] sur Esa Lindell. Son avenir est prometteur. Je prends des jeunes si on en trouve. Ils doivent évidemment me convaincre qu'ils méritent d'être choisis. Et ensuite, ils doivent se montrer capables de jouer à ce niveau. Le niveau de Lindell était ahurissant."

Esa Lindell (défenseur de la Finlande) : "J'étais fébrile au début, le palet brûlait un peu la palette, mais après deux bonnes présences, cela devient plus facile. Il y avait une grande ambiance dans la Hartwall Arena et c'était une sensation agréable. Tout va plus vite qu'en championnat. Je garderai longtemps en mémoire ce but devant mon public et dans ma patinoire [il a été formé aux Jokerit Helsinki]."

 

Russie - Finlande 2-6 (1-1, 1-4, 0-1)
Samedi 8 novembre 2014 à 16h00 à la Hartwall Arena de Helsinki. 11781 spectateurs.
Arbitrage de Tobias Björk et Linus Öhlund (SUE) assistés de Markus Hägerström et Iikka Kiilunen (FIN).
Pénalités : Russie 6' (2', 2', 2'), Finlande 8' (0', 6', 2').
Tirs : Russie 30 (9, 10, 11), Finlande 25 (7, 13, 15).

Évolution du score :
1-0 à 10'45" : Panarin assisté d'Averin et Kovalchuk
1-1 à 19'36" : Immonen assisté de Hietanen et Koistinen (sup. num.)
2-1 à 20'30" : Kokarev assisté de Medvedev et Radulov
2-2 à 23'05" : J. Pesonen assisté d'Immonen
2-3 à 28'55" : Lindell assisté de Petrell
2-4 à 30'03" : Näkyvä assisté de Hartikainen et Ohtamaa
2-5 à 31'10" : Osala assisté de Kivistö et I. Filppula
2-6 à 51'54" : Hartikainen assisté de Hytönen et Ohtamaa


Russie

Attaquants :
Denis Kokarev (-1) - Ilya Zubov (-1) - Aleksandr Radulov
Ilya Kovalchuk (-1, 2') - Egor Averin (+1) - Artemi Panarin
Anton Slepyshev (-1) - Sergei Kalinin (-2) - Dmitri Kugryshev (-1)
Yaroslav Kosov (-1) - Vladislav Kamenev (-1) - Sergei Andronov (-1, 2')
Kirill Petrov

Défenseurs :
Maksim Chudinov - Evgeni Medvedev
Viktor Antipin (-2) - Aleksandr Kutuzov (-1)
Andrei Mironov - Nikita Pivtsakin
Roman Rukavishnikov (-2) - Ivan Vishnevski (-1, 2')

Gardien :
Vassili Koshechkin

Remplaçant : Ilya Sorokin (G).
En réserve : Stanislav Galimov (G), Daniil Apalkov, Nikolai Zherdev, Pavel Buchnevich.

Finlande (2' pour surnombre)

Attaquants :
Antti Pihlström - Jarkko Immonen - Janne Pesonen
Teemu Hartikainen (+1) - Juha-Pekka Hytönen (+2) - Tuomas Kiiskinen (2')
Lennart Petrell (+1) - Petteri Wirtanen (+1, 4') - Harri Pesonen (+2)
Oskar Osala (+2) - Ilari Filppula - Olli Palola

Défenseurs :
Ville Koistinen - Juuso Hietanen
Kristian Näkyvä - Atte Ohtamaa
Esa Lindell (+2) - Tommi Kivistö (+2)
Tuukka Mäntylä (+1) - Mikko Kousa (+1)

Gardien :
Atte Engren

Remplaçant : Juha Metsola (G).
En réserve : Ville Lajunen, Jyri Marttinen, Julius Junttila, Joonas Kemppainen, Jani Tuppurainen.