Brest - Grenoble (Ligue Magnus, 15e journée, match avancé)

Le leader malmené

Après le drame de Dunkerque la semaine passée, le contexte dans lequel se tient cette rencontre décalée de Ligue Magnus est chargé en émotion. En cercle au centre de la glace, les deux équipes se mêlent les bras sur les épaules avec derrière eux les arbitres pour rendre hommage à Hugo par une minute de silence avant le coup d’envoi.

Après cet émouvant hommage, le sport reprend ses droits. On ne donne guère de chance aux Albatros, toujours avant-derniers, face aux leaders du championnat. Pourtant l’entraîneur Sébastien Oprandi est confiant dans la capacité de son équipe à accrocher son adversaire du soir. Des propos auxquels ont peut donner du crédit vu les récents matchs face à un Rouen en crise (une victoire, une défaite) après avoir touché le fond à domicile contre Lyon.

Pour espérer l’emporter, Brest doit absolument être discipliné et mettre à profit ses supériorités numériques, chose ô combien laborieuse ces temps-ci. Tout part donc plutôt mal quand le capitaine Jaroslav Prosvic se rend au cachot. Vingt secondes plus tard à peine, et le box-play brestois cède sur un tir en angle fermé de Mitja Sivic qui trompe un Arnaud Goetz pas tout blanc sur l’action (0-1 à 2’43’’).

Un jeu de puissance, un but : voilà un modèle à suivre. Les Brûleurs de Loups continuent à se procurer de bonnes occasions par Toby Lafrance et Hampus Gustafsson (5’) mais les Albatros sortent peu à peu de leur torpeur. Déjà le duo Breault-To Landry avait alerté le portier Zajkowski (4’49’’). Un premier avertissement suivi d’une sanction à la faveur d’une remise clairvoyante de Michal Dian en retrait pour Alexandre Quesnel qui fait mouche d’un tir en hauteur (1-1 à 6’20’’).

Après un début de saison poussif malgré des statistiques correctes, l’attaquant canadien Quesnel semble peu à peu prendre ses marques. Son changement de ligne aux côtés du duo slovaque Prosvic-Dian lui fait le plus grand bien puisqu’il signe son troisième but en deux rencontres. Son égalisation remet en selle ses partenaires qui patinent beaucoup et pressent sans relâche leurs adversaires.

Les frères Avenel et Nicolas Motreff sont terriblement efficaces dans leur forecheck. Les Isérois ne s’attendaient sans doute pas à être autant malmenés. Restant sporadiquement dangereux par des contres des rapides Lafrance et Bouchard, ils subissent le jeu. Roberts et Baylacq sont poussés à la faute à six secondes d’intervalle. De quoi permettre aux Bretons de prendre les commandes. Mais Zajkowski dit non en sortant deux belles parades à chaque fois au second poteau sur des tirs de volée de Quesnel (13’59’’) et Hartung (14’24’’). Ses coéquipiers lui doivent une fière chandelle car ses arrêts réflexes annihilent le 5 contre 3 des Albatros.

Le portier grenoblois a un peu trop la bougeotte et finit par être pénalisé après avoir déplacé à trois reprises sa cage en quelques minutes (15’44’’). Et le moins que l’on puisse dire est qu’il en assume parfaitement la responsabilité en étant encore une fois décisif en infériorité numérique en déboutant To Landry (16’46’’). Une fois encore, les unités spéciales brestoises repartent bredouilles à trop chercher la passe, le spot et le jeu parfait.

Le tiers se termine à égalité alors que les Albatros auraient pu être devant par au moins deux buts en étant réalistes et en ne butant pas sur un gardien particulièrement efficace. Le retour sur la glace des Grenoblois au deuxième tiers est armé de meilleures intentions, illustrées par un bon pressing d’entrée de jeu. Stéphane Gervais voit son tir dévié juste au-dessus de la cage de Goetz (21’30’’). Quesnel lui répond d’un bon lancer en angle fermé qui trouve l’épaule de Zajkowski (23’02’’).

Un nouveau jeu de puissance breton totalement inefficace après une prison de Tartari (26’19’’), un Zajkowski autoritaire sur To Landry et Romand (29’12’’) et Stéphane Gervais qui se couche pour contrer un tir extrêmement dangereux de Quesnel maintiennent les Brûleurs de Loups dans la course.

La différence en 24 secondes chrono 

Le troisième bloc brestois continue son travail de sape ce qui ne plait guère à Gustafsson qui échange quelques frictions avec Graham Avenel. Les arbitres leur indiquent le chemin des prisons pour les calmer laissant les deux équipes réduites à quatre contre quatre (32’35’’). Une situation de jeu qui profite clairement aux Grenoblois.

Franchement à la peine depuis la cinquième minute, le leader de Magnus fait preuve d’opportunisme pour obtenir une issue favorable à une rencontre accrochée. Sur une mise en jeu emportée par Grenoble en zone offensive, Arnaud Goetz capte le tir de Sam Roberts. Du moins c’est ce qu’il pense en restant en position de papillon dans l’attente du coup de sifflet de l’arbitre. Il ne réalise pas que le palet est encore libre à quelques centimètres de ses bottes. Dans la course pour le pousser au fond, ou le dégager, Toby Lafrance est le plus rapide et fait basculer son équipe en tête (1-2 à 33’22’’).

Fragilisé par ce but un peu gag, les Albatros ne se re-concentrent pas assez vite et perdent en vingt-quatres secondes le fil d’une rencontre jusque là prometteuse. Reparti à l’assaut de la cage bretonne, le buteur Lafrance se mute en passeur pour une mine imparable de Bouchard (1-3 à 33’46’’).

Sébastien Oprandi souhaite provoquer un electro-choc pour son équipe en remplaçant Goetz par Bertein (34’33’’) et en modifiant ses lignes : Nicolas Motreff passe en défense sur le 3e bloc et Berthon le remplace au centre tandis que la présence du 4e bloc est diminuée.

Des mesures qui s’avèrent veines dans un dernier tiers où le jeu va d’un côté à l’autre. Dian s’offre la plus grosse opportunité de la période en break mais il est stoppé irrégulièrement par Roberts. L’arbitre n’accorde qu’une pénalité, pas plus exploitée que les autres (55’24’’). Les Albatros sont résignés et Bertein ne tentera même pas de créer un surnombre en quittant sa cage.

Victoire difficile mais victoire tout de même du leader en terre lointaine malgré un match très poussif de leur part au vu de leur effectif. Les hommes du capitaine et ex-NHLer Eric Chouinard peuvent s’estimer heureux d’avoir pu compter sur un gardien qui a fait la différence ce soir et un jeu de puissance adverse particulièrement inefficace. Il est tout de même alarmant de se faire dominer 39 tirs à 24 contre l’avant-dernier du championnat.

Nouvelle défaite brestoise malgré une bonne prestation de leur part gâchée par les éléments clés que sont les unités spéciales. 0% de réussite en supériorité malgré des situations très favorables qui devraient suffire à les faire basculer en tête, 50 % seulement de pénalités tuées et deux buts évitables, voilà les raisons de l’échec de ce soir. En améliorant significativement ces domaines, les Albatros peuvent espérer bien mieux car les changements de ligne opérés portent leurs fruits à l’image d’Alexandre Quesnel qui signe son meilleur match à domicile depuis son arrivée à Brest. Il y a urgence à engranger des points en championnat.



Brest – Grenoble 1-3 (1-1, 0-2, 0-0)
Samedi 8 novembre 2014 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 885 spectateurs
Arbitrage de Alexandre Hauchart assisté de Pierre Dehaen et Charles-Edouard Salmon.
Pénalités : Brest 8' (2', 2', 4'), Grenoble 14' (6', 4', 4').
Tirs : Brest 39 (16, 12, 11) Grenoble 24 (7, 9, 8)

Évolution du score :
0-1 à 02'43" : Sivic assisté de Petit et Chouinard (Sup. num)
1-1 à 06'20" : Quesnel assisté de Dian et Prosvic
1-2 à 33'22" : Lafrance assisté de Roberts et Lessard
1-3 à 33'46" : Bouchard assisté de Lafrance et Lessard

Brest

Gardiens : Arnaud Goetz puis Léo Bertein à 34'33".

Défenseurs : Vladimir Holik – Tim Hartung ; Jason Crossman – Bryce Reddick ; Aurélien Gréverend (A) – Gaëtan Cannizzo ; Nicolas Motreff (alternance avec l’attaque à partir de 34’)
 
Attaquants : Alexandre Quesnel (A) – Jaroslav Prosvic (C) – Michal Dian ; Jérémie Romand – Benjamin Breault – Vikhael To Landry ; Jonathan Avenel – Nicolas Motreff – Graham Avenel ; Sébastien Delemps – Quentin Berthon – Dimitri Motreff.

Absent : David Hennebert (oeil).

Grenoble

Gardien : Michal Zajkowski.

Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Sam Roberts ; Stéphane Gervais – Dominic Jalbert ; Pierre-Antoine Simonneau – Nicolas Favarin.

Attaquants : Mitja Sivic – Felix Petit – Éric Chouinard (C) ; Hampus Gustafsson – Toby Lafrance – Danick Bouchard ; Julien Baylacq (A) – Christophe Tartari (A) – Aubin Lamirault.

Remplaçants : Jimmy Darier (G), Quentin Scolari, Arnaud Faure, Victor Orset, Romain Fine, Quentin Rodriguez. Absents : Yorick Treille (genou), Jordan Perret (équipe de France), Romain Chapuis (équipe de France U20).