Brest - Gap (Ligue Magnus, 9e journée)

Vent enfin favorable pour Brest 

Tandis que Gap a obtenu le droit de poursuivre l’aventure en Coupe de la Ligue mercredi dernier, les Albatros de Brest ont terminé leur beau parcours dans cette compétition sur la glace rouennaise. De quoi alléger un peu le calendrier pour les Bretons qui étaient jusqu’à cette semaine présents dans toutes les compétitions, ce qui est toujours le cas des Hauts-Alpins.

Cinq matchs au programme en onze jours pour les deux équipes, c’est un véritable marathon envers les organismes. On comprend que Luciano Basile opte pour le déplacement en avion pour se rendre jusqu’à la pointe bretonne afin de ne pas faire trop souffrir ses troupes qui vont être sollicitées dans les jours à venir.

Alors que Brest alternent souvent les victoires en coupe la semaine avec défaites en championnat le week-end, le revers subi à l’Île Lacroix mardi serait-il annonciateur d’une inversion ? Elle serait la bienvenue car la quête du maintien en Ligue Magnus passe par le championnat et non par ces compétitions annexes.

« Su-Pard-man » returns 

Le petit plus de cette rencontre est le retour de l’ancienne vedette brestoise Nicholas Pard sur le glaçon brestois. Ce dernier avouera après la rencontre avoir ressenti des sentiments étranges en foulant une glace qu’il connaît si bien avec le maillot de l’équipe adverse cette fois. Pas question pour autant de laisser l’émotion altérer son talent.

L’an passé la rencontre entre ces deux même équipes avait démarré tambour battant avec pas moins de six buts inscrits dans les dix premières minutes. Sans atteindre ce score, le jeu est au galop dès le coup d’envoi. Pas étonnant au vu des intentions résolument offensives affichées des deux côtés. Le capitaine Jaroslav Prosvic profite d’un caviar d’Alexandre Quesnel pour mystifier la défense de la bande à Basile (1-0 à 1’13’’). La réaction adverse est quasi instantanée avec une déviation victorieuse de Matt Carter sur un lancer de… Nicholas Pard (1-1 à 1’50’’).

Coupable d’une obstruction, Tim Hartung est sanctionné à 3’26’’. De quoi vérifier si l’équipe s’est améliorée dans ce domaine pointé du doigt par le coach Sébastien Oprandi dans la presse quotidienne régionale. Il y a visiblement encore une marge de progression puisque le jeu de puissance gapençais fait mouche sur un tir de Bostjan Golicic dévié sous la barre de Léo Bertein par Nicholas Pard, encore lui ! (1-2 à 4’15’’). « Su-Pard-man » est donc de retour et il fait mal à son ancienne équipe.

Les Albatros ne sont eux, comme trop souvent, pas aussi efficaces sur leur premier jeu de puissance (6’26’’). En dépit de bonnes intentions et une bonne circulation du palet plus vive qu’à l’accoutumée, le powerplay local ne trouve pas la faille malgré un bon tir de Vladimir Holik arrêté proprement par Charles Lavigne (7’49’’).

Les Rapaces se montrent plus tranchants en zone offensive et affole régulièrement les lignes défensives adverses. Bostjan Golicic, Karel Richter puis Radim Valchar ne sont pas loin de déjouer Bertein (10’). Puis Paul Schmidt et Nicolas Arrossamena se retrouvent successivement esseulés face au but (12’22’’), ce qui est révélateur d’un manque de rigueur défensive chez les Bretons.

C’est donc un petit miracle de voir les Albatros revenir au score au vu de la domination adverse. Ben Breault profite d’un loupé de Brett Bartman pour s’introduire dangereusement en zone adverse. Matt Carter parvient à le stopper mais de manière irrégulière et est sanctionné d’un tir de pénalité. L’attaquant canadien conteste et écope d’une méconduite. Breault s’élance pour son tir de pénalité, il ralentit sa course à l’approche du but et ajuste le gardien côté bouclier (2-2 à 12’38’’). Furieux, Lavigne bouscule l'arbitre assistant qui tentait sans doute de récupérer le palet et écope d'une méconduite.

Le gardien visiteur sera plus heureux sur la dernière grosse occasion du tiers. Une action d’anthologie d’Alexandre Quesnel qui manque de peu un peu but splendide après avoir éliminé la totalité des joueurs de champ adverses en effectuant trois fois la même feinte (15’01’’). Son tir bute néanmoins sur la jambière de Lavigne qui s’était couché. La pénalité de Romand à 16’47’’ ne change rien à la marque de cette première période.

En prévision des nombreuses échéances à venir, chaque coach donne du temps de jeu à ses quatre lignes. L’absence de Quentin Berthon permet à William L’Arvor de disputer son premier match en Ligue Magnus. Notons aussi que le vide laissé par la blessure du précieux David Hennebert est parfaitement comblée par Gaëtan Cannizzo sur le troisième bloc breton. Le jeune défenseur affirme sa présence sur cette rencontre.

Tandis que Nicholas Pard trouve le montant de Bertein après avoir frôlé le hors-jeu (23’58’’), To Landry perd son duel face à Lavigne qui bouge sa cage en se couchant (25’40’’). Le jeu offensif des deux côtés ne laisse que peu de temps mort et pas une seconde d’ennui aux 726 spectateurs brestois et aux 6 courageux Gapençais ayant fait le déplacement.

La paire Dian-Quesnel s’entend comme larrons en foire et écarte intelligemment le jeu par de longues passes latérales (27’). L’attaquant slovaque, pourtant en tête à tête avec Lavigne, n’ajuste pas suffisamment la mire (29’40’’). Brest pousse y compris en jeu de puissance après un mauvais coup donné par Arrossamena à Quesnel (31’47’’).

Alors que Brest semble peu à peu prendre le dessus, Nicholas Pard passe la vitesse supérieure et inscrit un but meurtrier sur un contre assassin où il fonce à toute allure sur le but de Bertein. La défense brestoise est totalement prise de vitesse et ne peut qu’assister impuissante, à quelques mètres derrière, au doublé de Pard sur un palet glissé du revers sous la jambière de Bertein (2-3 à 32’56’’). La pénalité de Crossman peu après n’arrange pas les choses puisque sur un palet contré qui met hors position Bertein, Matt Wahl à l’affût hérite du disque de manière un peu heureuse et donne deux buts d’avance aux Rapaces (2-4 à 35’01’’).

Comme face à Grenoble il y a moins d’une semaine, les Albatros sont en train de laisser échapper la rencontre en peu de temps. Rentrant aux vestiaires avec ce retard de deux buts, le scénario qui avait profité de justesse aux Brûleurs de Loup semble se répéter.

Le vent tourne 

Le troisième tiers débute par deux avertissements sans frais pour les locaux. Matt Carter trouve la barre transversale (40’45’’) et Pard récolte son deuxième poteau de la rencontre (43’23’’). Deux actions provoquées par des oublis défensifs énormes des Albatros et qui sont tout sauf rassurants s’ils veulent croire à un retournement de situation.

Et pourtant en une action, mais quelle action, les cartes sont rebattues. Quesnel, l’attaquant qui était justement censé remplacé Pard lors du recrutement d’intersaison, est mis sur orbite par To Landry. Malgré la présence d’un défenseur sur ses basques qui va jusqu’à se coucher pour déstabiliser son adversaire, Quesnel est solide comme un roc sur ses patins et tient bon avant de parvenir à feinter Lavigne (3-4 à 47’36’’).

Un but magnifique qui remet subitement Brest à portée de crosse de ses adversaires. Pour la deuxième fois du match Lavigne désocle sa cage sur une action chaude brestoise. Le corps arbitral y voit un geste volontaire et le sanctionne (52’). Tant de fois depuis le début de saison les Albatros ont bénéficié de jeux de puissance à des moments aussi cruciaux sans parvenir à en profiter.

Le vent tourne en leur faveur cette fois. La passe de Tim Hartung en retrait trouve un Jérémy Romand en pleine course après avoir quitté son poste habituel (en supériorité numérique) à la bleue. L’ex-Caennais ne se pose pas de question et reprend le palet de volée et transperce Lavigne (4-4 à 53’46’’).

Les Gapençais sont plus que jamais fébriles à l’image de leur gardien dont l’indiscipline coûte très cher  en cette fin de match complètement folle. Brest s’engouffre dans les brèches laissées par la défense visiteuse. Ainsi To Landry bénéficie d’une échappée interrompue par une sortie kamikaze de Lavigne.  Le gardien percute de plein fouet le rapide attaquant canadien qui part en vol plané. Heureusement pour ce dernier il parvient à mettre ses bras au-dessus de sa tête au moment ou il retombe lourdement sur la glace (56’17’’).

Les arbitres n’hésitent pas une seconde et accordent un nouveau tir de pénalité aux Albatros. Quelques instants sont laissés à To Landry pour reprendre ses esprits après ce choc terrible. Il finit par s’élancer devant une patinoire entièrement debout et déjoue Lavigne d’une superbe feinte (5-4 à 56’17’’).

Abasourdi par ce retournement de situation, les Rapaces se lancent à l’assaut pour obtenir à minima l’égalisation. Faisant face à des Brestois recroquevillés, ils trouvent difficilement des espaces. La sortie de Lavigne (58’50’’) et la mauvaise prison, quoiqu’un peu sévère, sifflée à l’encontre de Breault (59’06’’) donnent aux visiteurs plus d’espaces. Bertein est mis sur le grill sur des tentatives des intenables Pard et Carter (59’30’’) mais le fort brestois tient bon pour une première victoire en championnat depuis le 20 septembre dernier face à l’autre équipe des Hautes-Alpes de ce championnat : Briançon.

Un final époustouflant qui récompense enfin des Albatros après plusieurs prestations encourageantes de leur part entrecoupées d’autres qui l’étaient nettement moins. Tout ne fut pas parfait loin de la, mais le gros point positif fut le jeu de puissance qui a enfin fonctionné au moment opportun. La rencontre très importante face à Caen le surlendemain sera un bon moyen de savoir si ce succès est un déclic ou bien un feu de paille.

Pour Gap, la pilule est difficile à avaler après avoir eu les choses en main jusqu’à la 47e minute. Emmené par un époustouflant Nicholas Pard, Gap s’est montré affûté offensivement. Cependant cela se fait au détriment de la défense où les Rapaces apparaissent fébriles. Ils ont été victimes d’un incroyable retournement de situation dans lequel le gardien Charles Lavigne n’est pas tout blanc (12’ de pénalité). En écopant d’une pénalité et provoquant un lancer de pénalité, il a amené l’égalisation puis le but vainqueur breton. Décidément le Rïnkla ne réussit pas aux portiers gapençais puisque Mike Garman n’avait pas franchement été à son avantage l’an passé au même endroit.

Brest – Gap 5-4 (2-2, 0-2, 3-0)
Vendredi 14 novembre 2014 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 730 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Charles-Édouard Salmon et Jérémie Douchy.
Pénalités : Brest 8' (4’, 2’, 2’), Gap 26' (2’+20’, 2’, 2’).
Tirs : Brest 35 (11, 14, 10) Gap 43 (15, 12, 16)

Évolution du score :
1-0 à 01’13’’ : Prosvic assisté de Quesnel et Dian
1-1 à 01’50’’ : Carter assisté de Pard et Langlais
1-2 à 04’15’’ : Pard assisté de Golicic (sup. num)
2-2 à 12’39’’ : Breault (tir de pénalité)
2-3 à 32’56’’ : Pard assisté de Golicic et Langlais
2-4 à 35’01’’ : Wahl assisté de Bartman et Arrossamena
3-4 à 47’36’’ : Quesnel assisté de To Landry et Hartung
4-4 à 53’46’’ : Romand assisté de Hartung et Breault
5-4 à 56’17’’ : To Landry (tir de pénalité)

Brest

Gardien : Léo Bertein.

Défenseurs : Jason Crossman – Tim Hartung ; Vladimir Holik – Bryce Reddick ; Aurélien Gréverend (A) – Gaëtan Cannizzo.

Attaquants : Jérémie Romand – Benjamin Breault – Vikhael To Landry ; Alexandre Quesnel (A) – Jaroslav Prosvic (C) – Michal Dian ; Jonathan Avenel – Nicolas Motreff – Graham Avenel ; William L’Arvor – Sébastien Delemps – Dimitri Motreff.

Remplaçant : Arnaud Goetz. Absents : David Hennebert (œil), Quentin Berthon.

Gap

Gardien : Charles Lavigne (sorti à partir de 58’50’’).

Défenseurs : Brett Bartman – Chad Langlais ; Jérémy Baridon – Matt Wahl ; Alexandre Cornaire – Teddy Trabichet (C).

Attaquants : Matt Carter – Bostjan Golicic – Nicholas Pard ; Radim Valchar – Roman Vondracek – Karl Richter ; Paul Schmidt – Sébastien Rohat – Nicolas Arrossamena ; Loïc Chapelier – Kevin Da Costa – Rémy Repeto.

Remplaçants : Aurélien Bertrand (G), Etienne Chiappino, Ryan Ruikka. Absents : Mickaël Perez, Matthieu Frecon.