Dijon - Epinal (Ligue Magnus, 9e journée)

Entre les chants spinaliens et dijonnais, l'ambiance promet d'être sonore ce soir à Trimolet. Mais c'est sur la glace que réside la vraie interrogation quant à l'issue du combat - étant entendu que les vaillants Archiducs ne pourront faire grand-chose contre la marée orange et noire débarquée en Bourgogne.

Les deux équipes, autrefois habituées à se rencontrer cinq à six fois par saison, ne s'affrontent plus guère qu'en championnat. Dijon, bien qu'à domicile, n'est pas forcément favori avec les absences de Quessandier, Mielonen et Dame-Malka.

Le premier shoot est pourtant dijonnais, mais guère dangereux. Epinal dans la foulée n'inquiète pas beaucoup non plus Buysse, dont tous les Archiducs espèrent qu'il sera auteur d'un match aussi plein que contre Grenoble en Coupe de la Ligue l'avant-veille.

Le chrono s'écoule tranquillement dans un match propre en dépit de l'engagement physique, quand Épinal subit une première pénalité. Les Ducs, pas idiots dans la construction de leur powerplay, se montrent effroyablement maladroits dès qu'Épinal dégage dans leur zone, ne manquant pas d'inquiéter les supporters locaux.

Épinal en profite pour faire le plein de confiance, et au retour de pénalité, une équipe domine clairement pour la première fois de la partie. Dijon sait courber l'échine mais manque de peu le drame quand Le Blond, au demeurant très en vue depuis le début du match, s'échappe en break. Heureusement pour les locaux, la mitaine de Buysse est sûre.

De fait, Dijon s'est repris, en dépit d'un coup de chaud sur un rebond hasardeux de leur gardien qui, quelques secondes plus tard, signe un "faire trébucher" logiquement sanctionné. Il s'agit de la première infériorité dijonnaise. Le powerplay spinalien s'avère plus efficace que celui des locaux, provocant l'explosion de joie des nombreux supporters vosgiens présents (0-1, 16'38").

Les locaux ont rapidement l'occasion de se rattraper, sur une pénalité peut-être un peu sévère contre Épinal. Hocevar répond présent, et le tiers se termine sur un petit score, pour deux équipes pourtant réputées offensives.

Au retour de la pause, les Dijonnais sont décidés à faire mieux, c'est manifeste. Hocevar ne leur fait pourtant aucun cadeau, et sur un contre, Épinal se permet même d'alourdir la note. Les visiteurs sont en confiance, et le but a été rondement amené (0-2, 20'50").

Les Gamyos tuent d'ailleurs la pénalité suivante avec une confiance désarmante, s'offrant presque plus d'opportunités que les locaux surnuméraires. Il y a quelque chose dans cet Épinal 2015 qui ne manque pas de rappeler les Ducs en 2012. Les Gamyos essaient tout, et réussissent beaucoup. Buysse, moins serein qu'au premier tiers, ne peut guère que retarder l'échéance quand Bergin, en retard sur le jeu, offre une nouvelle supériorité à l'adversaire (0-3, 32'22").

Dijon, en face, n'est pas ridicule, mais accuse peut-être le coup d'un match contre Grenoble dur à digérer. Tout semble un peu moins précis ce soir. Dans ce contexte, une faute bête de Rech n'est pas la bienvenue. C'est pourtant un drôle de scenario qui va se produire. Dijon, en infériorité, dégage. Cacciotti suit le palet sans trop y croire. Hocevar commet alors sa première erreur de la soirée ; derrière sa cage, il relance dans la palette de l'ex-Spinalien, qui n'a qu'à centrer pour Gauthier, alors que la cage est toujours vide. Ce n'est, certes, pas le but du siècle, mais il a le mérite de redonner du baume au coeur des locaux (1-3, 37'10").

Le dernier tiers est plus propice à Dijon. Les joueurs sont mieux en place, les passes plus ajustées et, globalement, le jeu est plus convaincant. On se serait volontiers pris à rêver d'une victoire, mais quand les Gamyos se présentent à deux devant Buysse, qui fait l'arrêt dans un premier temps avant de céder face à un troisième opposant, on se dit que la réussite est orange, ce soir (1-4, 45'28").

Dijon ne baisse pourtant pas la tête, maintenant son engagement dans ce match décidément plaisant à tous points de vue. La fatigue de fin de rencontre, qui permet à tous de souffler - sauf peut-être les supporters des deux équipes qui se répondent toujours - ne vient pas diminuer l'intérêt de cet affrontement. Le plus beau qu'on ait vu à Trimolet cette saison, incontestablement. Montenoise, conservant depuis septembre un niveau qu'on n'aurait pas attendu de lui pour sa première plongée en Magnus, tente bien un dernier shoot, mais le score en restera là.

En dépit de la défaite, Dijon n'a guère à s'inquiéter, les absences en défense faussant le niveau de l'équipe. À Épinal, équipe attendue en début de saison tant pour les changements extra-sportifs que pour son recrutement, force est de constater que les Gamyos ont tout pour réussir une excellente saison - leur meilleure peut-être ?

Réactions d'après-match :

Quentin Mahier (défenseur, DHC) : "On n'a pas mal joué, mais on n'arrive pas à concrétiser nos occasions. Il faut qu'on soit plus fort devant la cage des deux côtés, en défense on n'a pas été irréprochables ce soir, il y a des buts qu'on peut éviter. Il nous manque un petit truc, il faut que ça revienne. On ne marque pas assez et en défense on est un peu trop ... pas mou, mais trop soft"

Arthur Montenoise (défenseur, DHC) : "On n'était pas assez "méchant" à certains moments, devant notre cage ou la leur. On n'a pas sorti le même match que contre Grenoble, on n'était pas assez agressif dans nos duels. On pouvait gagner ce match, il était à notre portée. On s'est pris des buts un peu cons, et on n'a pas mis nos occasions dedans."

 

Dijon - Épinal 1-4 (0-1, 1-2, 0-1)

Vendredi 14 novembre 2014 à la patinoire Trimolet. 972 spectateurs.

Arbitrage de Laurent Garbay assisté de Pierre Dehaen et Gwilherm Margry.

Pénalités : Dijon 10' (5x2'), Épinal 6' (3x2').

Évolution du score :

0-1 à 16'38" : Petrak assisté de Plch (sup. num.)
0-2 à 20'50" : Moisand assisté de Kuralt et Plch
0-3 à 32'22" : Plch assisté de Kuralt et Petrak (sup. num.)
1-3 à 37'10" : Gauthier assisté de Cacciotti (inf. num.)
1-4 à 45'28" : Beron assisté de Leonelli et Ograjensek