Dijon - Grenoble (Ligue Magnus, 10e journée)

Quatre jours seulement après la douloureuse élimination de Coupe de la Ligue, Dijon retrouve Grenoble en championnat. Un hasard de calendrier qui pourrait fortement influer sur la physionomie du match.

Première constatation : l'attaque dijonnaise a changé. Un manque de productivité notable dernièrement a entraîné une remise en cause de l'alignement, et Kevorkian, Rech et Gauthier se retrouvent ensemble dès le premier engagement. Ajouté à la qualification de Sedlak, l'espoir est de mise.

Le jeu est enlevé, et s'il faut quelques minutes à Dijon pour dévoiler pleinement ses ambitions, on pressent que Zajkowski n'aura pas la vie facile. Le portier grenoblois semble d'ailleurs moins serein que mercredi. Dijon, pour l'essentiel, fait le jeu, les Brûleurs de Loups se contentant de contres. Le premier but dijonnais n'est pas une surprise ; le voir inscrit par Rech, très en retrait dernièrement, est en revanche un véritable soulagement (1-0, 7'14").

Côté grenoblois, le message est passé : il ne sera pas possible de vivre sur des acquis. Le jeu s'accélère de façon singulière, les Brûleurs voulant eux aussi mener la danse. Dijon ne se laisse pas démonter, et met le physique où il le faut. Il s'agit de ne pas se faire remonter trop vite au score, comme ce fut le cas en Coupe de la Ligue. La première supériorité est grenobloise. Les visiteurs mettent la pression, mais Buysse est concentré pour arrêter ce que ses défenseurs ne repoussent pas. Le premier tiers se termine, Dijon mène. On n'aura pas eu le temps de s'ennuyer une seconde.

À la reprise, le jeu est toujours dijonnais. Le deuxième but ne tarde d'ailleurs pas. Le public savoure, et Grenoble demande son temps mort. L'esprit de revanche qui souffle sur Trimolet est presque tangible (2-0, 21'06").

Il s'en faut d'ailleurs de peu pour qu'une passe de Gascon, déjà buteur, ne permette peu après à Cacciotti d'augmenter l'avance des siens. Les visiteurs peuvent remercier leur gardien sur ce coup ! L'équipe de ce soir semble une pâle copie de celle de mercredi, tant la pression locale est forte. Le moindre palet est âprement disputé, et les Ducs tirent fièrement leur épingle du jeu. Les nouveaux alignements se révèlent, il faut le reconnaître, assez probants, bien que certains ajustements soient perceptibles.

En milieu de match, Dijon connaît pourtant une période difficile où Grenoble, sans forcément parvenir à s'installer en zone dijonnaise, se procure le maximum d'occasions. Le jeu se rééquilibre en fin de tiers, et Dijon bénéficie de sa première supériorité. Depuis le début du match, le jeu très propre n'aura que peu sollicité d'interventions arbitrales. Le power-play local n'est toujours pas convaincant, et permet aux visiteurs de réduire la marque. Une tendance qu'il faudra rapidement corriger (2-1, 38'57"). La période se termine néanmoins toujours avec une avance des Ducs, et les locaux peuvent rejoindre leur vestiaire avec le sentiment du devoir accompli.

Les Brûleurs de Loups sont aux commandes au début du troisième tiers, quand Dijon est sanctionné pour un surnombre sur lequel l'arbitre est obligé de faire de la pédagogie. Dijon accepte finalement la sanction et, quasi immédiatement, Buysse doit faire des miracles, se jetant même dans sa cage. Il faut espérer que l'énergie dépensée pendant les premières minutes ne sera pas payée cash. La pénalité, elle, est tuée quoi qu'il en soit, quand une nouvelle faute sifflée contre Dijon provoque la colère du public. Dijon presse très haut pour empêcher Grenoble d'attaquer, technique qui s'avère payante.

Outre l'absence de but grenoblois, la possession de palet par les locaux a permis de limiter la fatigue. Dijon est moins fringant, encore qu'un Salmivirta ou un Cacciotti semblent infatigables. Buysse, lui, est presque extraterrestre ; les supporters locaux manquent de peu la crise cardiaque. Zajkowski, en face, n'est pas mal non plus. Dijon ne parvient pas à augmenter son avance, et c'est finalement Bouchard qui crucifie Buysse d'un shoot dans la lucarne (2-2, 52'08").

Tout est à refaire ; une phrase qui sonne comme un leitmotiv pour Dijon face aux Brûleurs de Loups. Il conviendrait de ne pas gâcher la dernière supériorité. Malheureusement, le power-play est toujours bancal, et la fatigue dijonnaise, visible, n'aide pas. Que de stress dans cette fin de match où plus personne ne domine, mais où personne ne veut lâcher !

Le public est debout, la sonnerie retentit. Dijon ne repartira pas les mains vides, on peut presque considérer que l'essentiel est fait. C'est l'heure de la prolongation.

Dijon s'empare immédiatement du palet, et s'arrange pour le conserver le plus longtemps possible en zone grenobloise. Les Ducs ont repris le jeu à leur compte, ce qui semble plutôt une bonne nouvelle ; ils ne sont jamais aussi forts que comme ça.

Buysse est présent sur les attaques des visiteurs ; il ne reste plus qu'à trouver la lucidité nécessaire pour pousser le palet au fond de la cage adverse. Le chrono s'écoule, imperturbable. On sentait les Ducs si proches de la victoire, et pourtant. Ce sera tirs au buts.

Gascon s'élance le premier. Le shoot n'est pas idiot, mais Zajkowski s'interpose. Treille joue ses premières et uniques secondes de jeu pour aller tromper Buysse. Salmivirta échoue, Buysse stoppe Grenoble. Rech s'élance et Zajkowski, en confiance, repousse la palet loin devant sa cage. Dijon échoue encore face à Grenoble.

Réactions d'après-match :

Anthony Rech (attaquant, DHC) : "On prend un point, ça fait du bien au moral. Après, c'est trois défaites cette semaine. On a encore bien joué, on arrive à bien jouer contre Grenoble, on arrive à bien les contenir, c'est toujours des matchs très serrés. Mais on n'a pas réussi à faire la différence, même à 2-0. C'est un petit point qu'il va falloir qu'on règle. Quand on mène, on se fait ramener au score. Mais en tout cas, je pense qu'on peut être contents de notre performance. après c'est sur des détails, comme d'habitude. On prend des buts stupides qu'on ne doit pas prendre."

Martin Gascon (attaquant et capitaine, DHC) : "C'est la même chose que toute la semaine, il nous manque un centimètre pour gagner. Ce soir, on est allé un peu plus loin que les deux matchs précédents, on y a cru un peu plus longtemps, mais... Cette semaine, on a joué les deux équipes du moment dans notre ligue. C'est la grosse différence entre une équipe confiante, qui sait qu'elle peut gagner à chaque match, et nous qui sommes un peu dans le doute dans les moments-clés, après quelques défaites de suite. La différence est là ce soir, parce que je pense que le problème n'est pas au niveau du jeu. On est une équipe différente de Grenoble, beaucoup moins expérimentée. Cela s'est vu cette semaine. Il nous manque vraiment un centimètre pour être une équipe de ce niveau-là."

 

Dijon - Grenoble 2-3 (1-0, 1-1, 0-1, 0-0)

Dimanche 16 novembre 2014 à la patinoire Trimolet. 615 spectateurs.

Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Sebastien Geoffroy et Jérémy Metais.

Pénalités : Dijon 6' (3x2'), Grenoble 4' (2x2').

Évolution du score :

1-0 à 07'14" : Rech assisté de Kevorkian et Gauthier
2-0 à 21'06" : Gascon assisté de Salmivirta et Cacciotti
2-1 à 38'57" : Bouchard assisté de Lafrance et Roberts (inf. num.)
2-2 à 52'08" : Bouchard assisté de Perret et Gervais
Tir au but vainqueur : Treille