Brest - Épinal (Ligue Magnus, 11e journée)

« Merci Léo ! »

Le déclic espéré après la victoire sur Gap a été finalement suivi par deux claques. La plus grosse est la défaite 4-3 dans le match pourtant à ne pas perdre face à la lanterne rouge caennaise jusqu'alors bredouille. Usés physiquement par un marathon de matchs, les Albatros n’ont ensuite pas fait respecter la hiérarchie en Coupe de France sur la glace de Cholet en s’inclinant sur le même score. Comme l’an passé, c’est donc une équipe de Division 1 qui sort les Bretons de cette compétition.

Les Albatros sont donc libres de se concentrer totalement sur le championnat. Malgré les multiples défaites, ils n’y sont pas totalement détachés. On les trouve à un coup de patin (ou un point si vous préférez) du HCMAG. Malgré des incertitudes avant le coup d’envoi, David Hennebert effectue son retour au jeu après une sévère blessure à un œil qui l’a écarté des glaces pendant de longues semaines.

Toutes les forces sont les bienvenues, car vaincre le Gamyo d’Épinal au grand complet ne sera pas une tâche facile. Impressionnant depuis le début de saison et encore présent sur tous les fronts, les Vosgiens ont pourtant récemment baissé pavillon face aux champions briançonnais (6-2) et ont eu toutes les peines du monde à s’extirper du piège tendu par les Drakkars (victoire 3-2 après tirs au but) en Coupe de France.

Des résultats indiquant un ralentissement de la dynamique spinalienne ? Le Gamyo ne le montre pas en tout cas sur ce tiers-temps initial, où Brest courbe l’échine face à la grosse domination adverse. Léo Bertein s’emploie à merveille face aux coups de boutoirs adverses. Après une première tempête essuyée en infériorité numérique sur une prison de Breault (3’34’’), le gardien brestois annihile un bon lancer d’Anthony Rapenne sur une passe déviée magnifique de Yannick Offret provoquant une entrée de zone fulgurante (5’49’’).

Jan Plch, toujours aussi dangereux malgré l’accumulation des ans, est lui débouté d’une splendide mitaine sur un tir puissant à bout portant (7’45’’). Se donnant sans doute trop face à son ancienne équipe, Benjamin Breault est sanctionné une seconde fois (9’45’’) mais le jeu de puissance visiteur ne fait toujours pas mouche malgré un poteau de Ongrajensek (10’35’’).

Cherchant essentiellement les contres par de longues passes, Brest obtiendra tout de même une belle occasion sur une échappée de Michal Dian qui ne parvient pas à cadrer (15’45’’). Et c’est bien tout ce que les supporters locaux ont à se mettre sous la dent. Ces derniers accueillent la pause soulagés de ce 0-0 qui tient d’un miracle dénommé Bertein. Les courageux supporters spinaliens ayant fait la longue route jusqu’à la cité du ponant sont eux sans doute nettement moins satisfaits des occasions gâchées par leurs protégés.

L’ex-gardien amiénois se remet tout de suite dans le bain à l’entame du tiers médian par un arrêt réflexe sur un revers du Slovène Ograjensek (21’35’’). Le réalisme fait toujours défaut aux visiteurs et cela se confirme sur un pénalty obtenu mais non transformé par Pierre-Charles Hordelalay après une faute d’Aurélien Gréverend commise suite à une erreur de Jonathan Avenel (23’06’’). Encore une fois, le banc brestois peut dire « merci Léo ».

Malgré deux belles occasions à mettre au crédit de la ligne Dian-Prosvic-Quesnel (22’10’’ et 24’30’’), les Brestois concèdent logiquement l’ouverture du score face à l’autre très belle ligne Plch-Petrak-Kuralt. Une passe millimétrée du centre slovaque pour son compatriote qui dévie le palet ras glace et trompe cette fois la muraille Bertein (0-1 à 25’59’’).

L’égalisation aurait pu venir d’une nouvelle échappée (26’55) de Michal Dian, peu précis dans son dernier geste (pour l’instant), ou d’un jeu de puissance qui voit les tirs brestois frôler dangereusement les montants d’Hocevar enfin sérieusement mis à contribution (32’25’’). Il n’en est rien malgré les modifications de lignes et de style de jeu prodiguées par Sébastien Oprandi. Bertein continue son show et maintient à flot son équipe en annihilant l’échappée d’Ondrajensek (36’04’’). Sans aucun doute l’estocade aurait été plus importante sans un gardien en état de grâce d’autant plus que son équipe est plutôt indisciplinée ce soir (6’ de pénalité au deuxième tiers).

Le Gamyo, malgré pléthore d’occasions, n’a pas pu creuser un écart suffisamment important pour se mettre à distance confortable d’une mauvaise surprise. Le match tombe peu à peu dans la torpeur. Brest, insuffisamment dangereux sur une supériorité numérique provoquée par Maxime Ouimet, semble mal embarqué pour retourner la situation. Coup de frayeur ensuite après un choc entre Graham Avenel et Michal Petrak qui laisse le Slovaque au sol. Ce dernier finit par se relever après quelques minutes nécessaires pour reprendre ses esprits (49’10’’).

Le rythme s'emballe subitement après cet arrêt de jeu. De manière improbable, Brest égalise par To Landry sur un tir venant de l’aile gauche (1-1 à 49’27’’) et réveille des Spinaliens piqués au vif.

De manière assez stupide, les Albatros concèdent un surnombre alors que la rencontre entre tout doucement dans le « money-time » (51’59’’). Petrak en profite après une situation chaude qui force Bertein à effectuer une sortie loin de son but. L’attaquant slovaque hérite du palet devant une cage désertée par son gardien mais peuplée d’au moins trois Albatros qui parviennent à bloquer le tir de Petrak. Pas suffisamment cependant puisque le disque a franchi entièrement la ligne de but (1-2 à 52’59’’).

Les choses semblent donc rentrer dans l’ordre pour Épinal qui reprend l’avantage mais reste vulnérable. Sans doute masqué, Andrej Hocevar concède le but égalisateur sur un lancer de Prosvic (dévié par Quesnel ?) à quelques minutes du terme de la partie (2-2 à 56’50’’). La fin de partie est marquée par le KO de Jérémie Romand (59’18’’) resté sans sanction de la part du corps arbitral. L’ancien Caennais sort sur civière.

Comme face à Gap, les Albatros n’ont jamais lâché et sont revenus en fin de partie. La prolongation tient du miracle au vu de la physionomie de la rencontre. Ils vont y décrocher en très peu de temps un bonus inespéré. Sur la première véritable incursion offensive brestoise, la défense visiteuse laisse du champ à Michal Dian qui en profite pour virevolter un peu, repiquer dans l’axe et décocher un lancer pleine lucarne qui mystifie Hocevar. 3-2 Gamy’over (60’26’’).

Autant un sentiment amer pesait sur certaines rencontres où les Albatros avaient du mérite mais pas de point, autant la victoire glanée ce soir est inespérée. Les Spinaliens ont fait preuve d’un énorme manque de réalisme face à un Léo Bertein en pleine confiance. En ne se mettant pas à l’abri, ils ont laissé les Albatros y croire tout au long du match. Le Gamyo décroche tout de même un point et ne repart donc pas complètement bredouille, mais c’est un moindre mal. Brest sort de manière un peu heureuse de la zone de relégation (avec un match en plus) après les défaites de Morzine-Avoriaz-Les Gets et de Caen, mais la marge d’erreur est très faible.

Commentaires d’après match (Ouest France)

Sébastien Oprandi (entraineur de Brest) : « On n’a jamais autant subi sur notre glace cette saison, et pris autant de lancers sur notre cage. Je n’aurai donc qu’un commentaire, merci Léo (Bertein). Il faut savoir le dire parfois. »

Philippe Bozon (entraineur d’Épinal) : « Quand on se détache pas au tableau d’affichage, alors qu’on se procure autant d’occasions de marquer, on n’est jamais à l’abri d’un retour de l’adversaire. »

 
 
Brest – Épinal 3-2 a.p (0-0, 0-1, 2-1, 1-0)
Samedi 22 novembre 2014 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1011 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Jérémie Douchy et Pierre Dehaen.
Pénalités : Brest 12' (4’, 6’, 2’), Épinal 4' (0’, 2’, 2‘).
Tirs : Brest 21 (7, 6, 7, 1), Épinal 39 (17, 14, 8, 0)
 
Évolution du score :
0-1 à 25'59" : Plch assisté de Petrak et Kuralt  
1-1 à 50'27" : To Landry 
1-2 à 52'59" : Petrak (sup. num)
2-2 à 56'50" : Prosvic assisté de Hartung et Crossman
3-2 à 60'26" : Dian assisté de Prosvic et Hartung 
 
 
Brest
 
Gardien : Léo Bertein.
 
Défenseurs : Jason Crossman – Tim Hartung ; Vladimir Holik – Bryce Reddick ; Aurélien Gréverend (A) – David Hennebert (A) ; Gaëtan Cannizzo. 
 
Attaquants : Graham Avenel – Benjamin Breault – Vikhael To Landry ; Michal Dian – Jaroslav Prosvic (C) – Alexandre Quesnel ; Jonathan Avenel – Nicolas Motreff – Jérémie Romand ; Sébastien Delemps – Quentin Berthon – Dimitri Motreff.
 
Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Sacha Grimshaw. 
 
Épinal
 
Gardien : Andrej Hocevar.
 
Défenseurs : Maxime Ouimet (C) – Alain Goulet ; Vojtech Kloz – Maxime Moisand ; Gasper Susanj – Aziz Baazi ; Martin Charpentier.
 
Attaquants : Vincent Kara – Matthieu Le Blond – Peter Valier ; Ken Ongrajensek – Gregory Beron – Nicolas Leonelli ; Jan Plch (A) – Michal Petrak – Anze Kuralt ; Anthony Rapenne – Yannick Offret (A) – Pierre-Charles Hordelalay.
 
Remplaçant : Pierre Mauffrey (G).