NHL : le point au quart de la saison (1/2)

Ce début décembre marque la fin du premier quart de la saison en NHL. L’occasion d’effectuer un premier bilan et de dégager les premières tendances.

Le point sur la conférence Est, où Montréal fait la course en tête.

Statistiques et classement après les matchs du lundi 1er décembre.

L’équipe en forme

 

Le Canadien de Montréal mène la NHL avec 36 pts, après 26 matchs. Un bilan remarquable, porté par une très belle réussite à domicile (9 victoires, 3 défaites). Malgré tout, le CH a fait preuve d’une certaine inconstance et son jeu de puissance déçoit (24e de la ligue). Le début de saison a été marqué par quelques victoires acquises grâce à des renversements de situations improbables. L’équipe est capable de dominer son sujet en marquant plus de 4 buts à huit reprises, mais Montréal a aussi explosé en vol plusieurs fois (défaite 7-1 contre Tampa Bay le 13 octobre, 6-2 contre Calgary le 2 novembre, 5-0 contre Chicago le 4 novembre puis les Rangers le 23 novembre) et termine le mois avec deux défaites face aux Sabres...
Au final, Montréal présente une différence de buts de seulement +3, l’une des plus basses de la conférence Est. Une situation qui a poussé Marc Bergevin à acquérir du renfort en défense, avec les arrivées de Sergei Gonchar et Bryan Allen. L’expérience des deux hommes vise à remplacer les jeunes Jared Tinordi et Nathan Beaulieu, qui ont montré leurs limites. Bergevin a réussi dans l’opération à se débarrasser de poids morts sur la masse salariale, Travis Moen et René Bourque. Sur le plan offensif, Max Pacioretty mène le CH avec 12 buts et 20 pts, talonné par Tomas Plekanec (8 buts, 18 pts). Montréal a été plutôt épargné par les blessures puisque onze joueurs a pu disputer les 26 premiers matchs cette saison.

 

Mention honorable : Tampa Bay Lightning

L’adversaire du CH au premier tour des derniers playoffs était Tampa Bay. Les deux équipes vont encore se livrer un joli duel cette saison, puisque le Lightning soutient la comparaison avec Montréal (36 pts). Le spectacle est au rendez-vous du côté de Tampa, avec la bagatelle de 91 buts marqués en 25 matchs (3,60 par match). Le Lightning a déjà marqué sept buts lors de trois rencontres (Montréal le 13 octobre, Arizona le 28 octobre, Columbus le 8 novembre). L’Amalie Arena est devenue une forteresse (10 victoires, 3 défaites dont une après le temps réglementaire), grâce à un jeu de puissance prolifique (3e de la ligue).
Difficile de passer à côté de Steven Stamkos (15 buts, 29 pts) mais aussi du deuxième année Tyler Johnson (8 buts, 26 pts). L’ancien capitaine des Rangers Ryan Callahan n’a jamais été aussi efficace (11 buts, 21 pts en 20 matchs), au point de figurer parmi les joueurs de novembre, et les jeunes pousses de Tampa confirment : Nikita Kucherov (21 pts), Ondrej Palat (17 pts), les rookies Jonathan Drouin (1 but, 9 pts en 18 matchs), Vladislav Namestnikov (7 pts) et Cédric Paquette (5 buts) jouent bien leur rôle. Seul point noir, la blessure du meilleur défenseur de l’équipe, Victor Hedman. Le Suédois, auteur de 7 pts en 5 matchs, s’est blessé à un doigt et a manqué tout le mois de novembre. Tampa a su gagner sans lui : son retour début décembre devrait donc encore plus martyriser les défenses adverses...

 

La surprise

Nelson Brock USASUI 140510Les Islanders de New York sont en feu en novembre, avec une fiche de 11 victoires et 2 défaites sur leurs treize derniers matchs. De quoi donner tous les espoirs à leurs supporters, qui n’ont connu les playoffs qu’une seule fois au cours des sept dernières saisons. Les bons choix réalisés cet été rapportent gros. L’acquisition de Jaroslav Halak a stabilisé le poste de gardien, et les arrivées en fin de camp de Johnny Boychuk et Nick Leddy se sont révélées décisives. Les deux hommes figurent dans le top-10 des statistiques de possession de palet (Corsi : différence entre les présences sur la glace lorsque l’équipe tire au but ou concède un tir).
John Tavares mène logiquement l’équipe (10 buts, 23 pts) et bénéficie de solides contributions de Brock Nelson (photo - 10 buts, 20 pts) et Kyle Okposo (21 pts). Le deuxième année Ryan Strome progresse à vue d’oeil (17 pts). La profondeur n’est peut-être pas aussi dense que pour d’autres formations, ceci dit. En attendant, un retour en phases finales semble en bonne voie. Il faudra malgré tout améliorer le principal point faible : les Islanders sont 29e de la ligue en infériorité numérique.

 

Mention honorable : Detroit Red Wings

Nyquist Gustav SWENOR 140513La mythique franchise du Michigan a connu une saison 2013-2014 difficile, avec 421 matchs cumulés manqués sur blessure (2e de la ligue). Detroit s’était quand même qualifié en playoffs, lançant dans le grand bain plusieurs jeunes, avec réussite. La bonne nouvelle de cette nouvelle saison ? Les Red Wings sont en santé ! Onze joueurs ont disputé les 24 premiers matchs de la saison. Les vétérans sont de retour à l’image de Zetterberg (23 pts), même si les pépins physiques sont toujours là. Datsyuk n’a disputé que 13 matchs (15 pts) et Franzen 18 (15 pts), mais fort heureusement, un an de plus a renforcé la relève.
Gustav Nyquist confirme (photo - 11 buts, 15 pts) de même que Tomas Tatar (9 buts, 14 pts), Riley Sheahan (12 pts) et Tomas Jurco (9 pts). Au total, dix joueurs ont franchi les 10 pts cette saison. Une performance collective, d’autant que la défense résiste plutôt bien devant Jimmy Howard (61 buts encaissés, 3e défense de l’Est). Malgré tout, le staff semble à l’affût d’un défenseur droit d’expérience. La rumeur Tyler Myers s’est faite insistante, mais pour l’instant, confiance est donnée à Xavier Ouellet, qui débute plutôt bien. Autre souci à gérer : Mike Babcock est en fin de contrat et les médias scrutent la situation avec attention...

 

La déception

Columbus a retrouvé les playoffs la saison dernière et décroché ses premières victoires en phases finales, poussant Pittsburgh dans ses retranchements. Les observateurs s’accordaient à placer les Blue Jackets en playoffs en fin de saison, pariant sur une progression constante d’un effectif très jeune. C’était sans compter les blessures. Seuls quatre joueurs ont disputé les 24 premiers matchs de la saison et l’infirmerie ne désemplit pas. Brandon Dubinsky, Boone Jenner, Mark Letestu, Matt Calvert, sans parler de Nathan Horton - dont la carrière est compromise - en attaque, Ryan Murray, Fedor Tyutin en défense, et Sergei Bobrovsky dans les cages ont manqué des matchs, coulant un mois d’octobre correct. La blessure du portier russe fut la plus décisive, Columbus concédant neuf défaites de rang entre le 24 octobre et le 14 novembre.
Le retour de Bobrovsky n’a pas suffi et l’équipe a encore concédé six défaites de suite fin novembre. Le retard parait déjà bien trop important au quart de la saison avec une dernière place à l’Est, à égalité avec Buffalo… Parmi les rares rayons de soleil, la contribution de Ryan Johansen. Le jeune centre avait manqué le camp d'entraînement pour un conflit sur son nouveau contrat, mais ne connaît aucunement de contrecoup. Il signe 9 buts et 25 pts en 24 matchs, bien aidé par une belle surprise. Nick Foligno n’a jamais été à pareille fête, avec 10 buts et 22 pts au compteur.

 

Mention honorable : Washington Capitals

L’arrivée de Barry Trotz n’a pas encore payé du côté de la capitale américaine. Washington a certes un peu verrouillé sa cage (65 but encaissés) mais peine à trouver le fond des filets : seulement 65 buts marqués. Un bilan mi-figue, mi-raisin, une fiche à environ 50% de victoire mais malgré tout, une quatrième place dans une division Métropolitaine très ouverte, où toutes les équipes se valent derrière Pittsburgh et les Islanders. Les Capitals sont encore menés par les habituels Nicklas Backstrom (24 pts) et Alex Ovechkin (12 buts, 21 pts), mais on attendait sans doute plus d’impact défensif de la part de Brooks Orpik (ratio de -4) et Matt Niskanen (-3). Washington est surtout dans le coup grâce à un jeu de puissance efficace, le 2e de la ligue (28,8 %). C’est à cinq-contre-cinq que les Capitals peinent, avec le 21e bilan de la ligue.

 

Joueur du ¼

Jakub Voracek surnage dans une équipe de Philadelphie en perdition. L’attaquant tchèque joue les premiers rôles de la ligue, talonnant Sidney Crosby au classement des meilleurs marqueurs. L’ancien ailier de Columbus compte 9 buts et 32 pts en 23 matchs, avec une entente parfaite avec Claude Giroux (7 buts, 27 pts). Le gros problème, c’est que les deux hommes ne sont pas suffisamment bien entourés. Wayne Simmonds et Brayden Schenn produisent un peu (15 pts et 17 pts) mais derrière, c’est un désert. Pierre-Edouard Bellemare connaît des débuts difficiles (3 buts, 1 passe en 22 matchs) mais n’était de toute façon pas recruté pour marquer but sur but. Il a cependant été laissé de côté face aux Rangers le 29 novembre, Craig Berube souhaitant plus d’audace offensive de sa part. Son rôle défensif reste peu critiqué, mais c’est toute l’équipe qui peine.
Les Flyers connaissent l’un des pires bilans à l’extérieur, cumulant notamment sept défaites consécutives en déplacement fin novembre. La franchise de Pennsylvanie a déjà encaissé 74 buts en 23 matchs… En cause, le jeu catastrophique en infériorité numérique. La discipline n’est pourtant pas le problème (13e de la ligue avec 80 infériorités), mais les Flyers n’ont tué que 73,8% de ces situations, 30e de la ligue. Le manager général Ron Hextall perd patience, les joueurs tentent des réunions internes à huis clos, et le coach Craig Berube critique l’effort général de ses joueurs. L’ancien “enforcer” est le favori des pronostics pour être le premier limogé cette saison...

 

Mention honorable : Rick Nash (New York Rangers)

L’international canadien avait reçu son lot de critiques lors du parcours en playoffs l’an dernier, malgré la qualification en finale. Rick Nash répond sur la glace cette saison en inscrivant déjà 16 buts en 24 matchs, pour 26 pts au total. Une performance remarquée, qui permet à son équipe de surnager. New York bataille avec Washington et New Jersey pour la troisième place de la division Métropolitaine, malgré une différence de buts de seulement +1. Nash reçoit une aide précieuse de Martin St. Louis (10 buts, 20 pts), qui a marqué le 1000e point de sa carrière face aux Flyers fin novembre, et a reçu une ovation pour son retour à Tampa Bay. Plus étonnant, Derrick Brassard compte lui aussi 20 pts et parait avoir franchi un cap.
Les Rangers sont dans le dur, avec un jeu en infériorité décevant (80%, 17e) et un jeu de puissance peu percutant (17,3%, 19e). Avec seulement cinq joueurs au delà des 13 pts, New York va devoir retrouver un peu de profondeur, celle-ci ayant été bien trop testée à cause de blessures… Les retours de Derek Stepan, limité à 12 matchs (13 pts), du défenseur expérimenté Dan Boyle (8 matchs) et, mi-décembre, du défenseur vedette Ryan McDonagh seront-t-ils les pièces manquantes ? L’absence du capitaine s’est cruellement faite sentir en défense, où le manque de ressources à contraint Alain Vigneault à sur-utiliser Girardi et Staal, faute de profondeur.

 

 

Rookie du 1/4

 

Personne n’attendait Damon Severson dans l’alignement des Devils du New Jersey dès cette saison. Drafté au deuxième tour en 2012, l’arrière formé au Kelowna Rockets ne semblait avoir que des chances infimes de percer un groupe de défenseurs déjà bien garni. Mais Severson, 20 ans, a forcé la porte. Renvoyant le vétéran Peter Harrold en AHL, le rookie a gagné sa place, et sur la première paire aux côtés d’Andy Greene, rien que ça ! Severson tourne à près de 23 minutes par match, et compte 4 buts et 10 pts en 24 rencontres, jouant beaucoup en supériorité et un peu en infériorité, face aux meilleurs trios adverses. Il fait partie de cette relève défensive des Devils, aux côtés d’un Adam Larsson transformé en monstre défensif pur. Le jeune Suédois, ancien n°4 de draft, voit son temps de jeu exploser avec la blessure du capitaine Bryce Salvador, notamment en infériorité, devenant plus physique et plus décisif au bloc. Jon Merrill et Eric Gelinas complètent un groupe de jeunes prometteurs en défense, pour protéger un Cory Schneider sur-utilisé. Le portier a battu le record de Martin Brodeur en démarrant les 20 premiers matchs de la saison, alternant les performances mémorables et quelques ratés.
Globalement, cette équipe des Devils déçoit. Si elle a mis fin à sa série noire aux tirs au but en battant Winnipeg le 30 octobre, la franchise à l’attaque vieillissante - Jagr, 42 ans, mène l’équipe avec 15 pts - peine à trouver le chemin des filets (58 buts, 12e attaque à l’Est), concède bien plus de tirs que d’habitude (30 par match, contre 26 pour), se montre plus indisciplinée (95 infériorités, 29e de la ligue) et a connu une série calamiteuse à un de moins, encaissant 21 buts dans les quinze premiers matchs. Etrangement, la blessure de Salvador a changé la donne : en l’absence du capitaine, New Jersey a tué une vingtaine de pénalités consécutives et quitté la dernière place dans ce secteur. Spécialistes pour gâcher des matchs où ils mènent au score, les Devils sont pour l’heure hors des playoffs, mais encore en course… Sauf que les blessures commencent à tomber : Ryan Clowe (4e commotion), Zajac, Henrique, Cammalleri ont tous connu des pépins physiques et Lou Lamoriello a du se résoudre à mettre sous contrat Scott Gomez. Le vétéran, invité au camp, restait avec l’équipe dans l’attente d’un contrat, et a été signé le 2 décembre pour compléter une ligne de centres affaiblie. Aveu d’impuissance d’un système au potentiel offensif anémique.

 

Mention honorable : Mike Hoffman (Ottawa)

Si Anthony Duclair a fait beaucoup parler en gagnant une place chez les Rangers à 19 ans (1 but, 7 pts en 18 matchs), l’un des rookies les plus efficaces à l’Est est cependant le méconnu Mike Hoffman, qui compte 7 buts et 10 pts en 20 rencontres chez les Senators. Un rookie un peu particulier puisqu’à 25 ans, il est déjà apparu en NHL lors des trois dernières saisons… Capitaine de Binghamton la saison dernière en AHL, l’ancien sniper de la ligue du Québec travaille fort, apporte sa vitesse et se montre enfin efficace dans la grande ligue, tout comme l’autre rookie d’Ottawa, Mark Stone (5 buts, 10 pts en 22 matchs).
Ottawa est à la bagarre pour une place en playoffs, pour l’heure juste en dehors (24 pts). Si la défense n’est pas catastrophique grâce à une grosse saison de Craig Anderson, l’attaque a plus de mal à conclure (61 buts, 10e à l’Est). Ce n’est donc pas étonnant de voir le défenseur Erik Karlsson mener l’équipe avec 17 pts, devant Clarke MacArthur (8 buts, 15 pts), Kyle Turris (15 pts) et Bobby Ryan (13 pts). Ottawa a toutefois peiné à finir novembre avec seulement 3 victoires en 11 matchs, rentrant dans le rang.

 

 

Défenseur du ¼

 

Comme évoqué un peu plus haut, Nick Leddy apparait comme le défenseur du début de saison dans la conférence Est. Solide dans sa zone, l’ex-Blackhawk a par ailleurs marqué 5 buts et 10 pts cette saison.

 

Mention Honorable : Anton Stralman (Tampa Bay) et Dennis Seidenberg (Boston)

Stralman a su compenser la blessure de Victor Hedman en prenant un rôle majeur au Lightning. Finaliste de la dernière coupe Stanley avec les Rangers, Stralman s’y était révélé et confirme cette saison. Il compte déjà 2 buts, 13 pts et le meilleur ratio de son équipe (+17, 3e de la ligue).

Seidenberg, pour sa part, doit compenser la blessure au genou du capitaine Zdeno Chara après neuf matchs. L’Allemand est le 2e défenseur le plus utilisé à l’Est derrière Karlsson (Ottawa) (457 minutes en 25 matchs) avec des statistiques de possession positives et sept points au compteur. Boston déçoit globalement, avec pour l’heure la quatrième place de la division Atlantique. Si Patrice Bergeron continue d’être un monstre défensif comme offensif (5 buts, 16 pts) et si Carl Soderberg surprend (5 buts, 17 pts), l’équipe attend bien plus de ses leaders habituels. Milan Lucic (5 buts, 12 pts), Brad Marchand (6 buts, 12 pts) ne sont pas vraiment à leur aise cette saison, peinant à rester disciplinés. La blessure de David Krejci, limité à 11 matchs (10 pts) n’a certes pas aidé. Boston a démarré la saison avec quatre défaites en six matchs, avant de se replacer, remportant 5 succès de rang début novembre. L’inconstance devra disparaître, surtout devant l’ennemi juré : Montréal a remporté les trois duels de la saison (6-4, 5-1, 2-0).

 

Gardien du ¼

Le gardien de ce premier quart de la saison à l’Est est sans doute Roberto Luongo. Le double champion olympique est revenu sur les terres de sa jeunesse et porte littéralement sur ses épaules une étonnante équipe des Panthers de Floride. Avec 55 buts encaissés en 22 matchs, Florida est tout simplement la 1ère défense de la conférence ex-aequo avec Pittsburgh. Une performance inattendue tant Florida a rajeuni le secteur, lançant notamment Aaron Ekblad, 18 ans. Le n°1 de la dernière draft impressionne. Meilleur marqueur de son équipe (3 buts, 12 pts en 22 matchs et 22 minutes par match), Ekblad a effectué une transition incroyablement facile depuis les rangs juniors. De quoi soulager un Luongo en état de grâce cette saison (2.33 buts encaissés, 92,7% d’arrêts). La blessure du portier fin novembre inquiète donc.
Mieux, les autres jeunes, tels Dmitry Kulikov ou Erik Gudbranson, ont eux aussi gagné en solidité. L’offensive est en revanche plus à la peine : 46 buts marqués, le 29e total de la ligue ! Il faut dire que les jeunes peinent. Si Nick Bjugstad mène l’équipe avec 8 buts et 12 pts, secondé par un Jussi Jokinen plutôt passeur (2 buts, 10 passes), les autres n’ont pas trop marqué. Jonathan Huberdeau ne compte que 2 buts (8 pts), Alex Barkov est invisible (2 buts, 4 pts) et les vétérans surpayés ne produisent pas. Sean Bergenheim (5 pts), Tomas Kopecky (0 but, 3 pts) et Tomas Fleischmann (1 but, 3 pts) sont officiellement sur le marché des transferts, afin de libérer la place pour les jeunes pousses, comme Vincent Trocheck (8 pts), Brandon Pirri (3 buts), Rocco Grimaldi et Quinton Howden.

 

Mention honorable : Marc-André Fleury (Pittsburgh)

Avec 2.19 buts encaissés, 92,4% d’arrêts et 13 victoires en 18 matchs, “The Flower” réalise un excellent début de saison, n’étant devancé que par Pekka Rinne et Ryan Miller en victoires. Pourtant, la saison des Pittsburgh Penguins n’est pas de tout repos. Les contributions extra-terrestres de Sidney Crosby (9 buts, 33 pts en 23 matchs) et Evgeni Malkin (11 buts, 29 pts) étaient plus ou moins attendues, et l’explosion du nouvel arrivant Patric Hornqvist (11 buts, 25 pts) ne surprend pas trop. Mais Pittsburgh a connu beaucoup d’adversité déjà, perdant notamment Pascal Dupuis, victime d’un caillot dans la jambe. L’ailier est un travailleur de l’ombre, précieux dans toutes les situations, et manquera grandement aux Penguins.
Le fragile Beau Bennett est lui aussi sur le flanc, limitant encore les options sur les ailes. Globalement, Pittsburgh tourne bien, avec la meilleure défense à l’Est et le meilleur jeu de puissance de la ligue, porté par Kris Letang (18 pts dont 11 en supériorité) et Chris Kunitz (20 pts) en soutien des deux meneurs offensifs. Les Penguins sont à la lutte pour la première place de la conférence et de la division, au sein d’un quatuor détaché : Montréal, Tampa Bay et les Islanders.

 

Anecdotes du quart

Toronto et ses fans, une affaire d’Etat

Kadri Nazem NORCAN 140520Les Maple Leafs de Toronto ne sont pas une franchise comme les autres. La passion qui anime tous les supporters de l’Ontario est sans commune mesure avec les autres équipes. Lorsque l’on fait des effets d’annonce et que l’on n’a pas gagné la coupe depuis 1967, que l’on est la risée de la ligue en échouant à atteindre les playoffs lors de huit des neuf dernières saisons, le moindre faux-pas fait forcément les gros titres. Les joueurs en ont fait les frais en novembre. Après une défaite embarrassante contre Buffalo 6-2, puis une déroute 9-2 contre Nashville (18 novembre), les sifflets du public et quelques objets sur la glace ont agacé les joueurs.
Ceux-ci ont répondu en s’abstenant de saluer le public deux jours plus tard, lors d’un succès 5-2 contre Tampa Bay. Un choix pas forcément très adapté et qui a fait les gros titres au Canada. En attendant, les joueurs ont répondu sur la glace et se classent pour l’instant 8e de la conférence, portés par leur première ligne, Phil Kessel (11 buts, 25 pts), Tyler Bozak (11 buts, 22 pts) et James van Riemdsyk (9 buts, 19 pts). Nazem Kadri (photo) déçoit un peu, en revanche (11 pts). On notera aussi la solide contribution de Leo Komarov pour son retour outre-Atlantique (16 pts) et l’explosion de Cody Franson. Le défenseur compte déjà 15 pts et un ratio de +7, aux côtés du capitaine Dion Phaneuf, toujours critiqué mais auteur d’une saison solide (11 pts, +10).

 

“Tank for McDavid”

L’un des duels les plus attendus de la saison concernait… le bas de tableau ! La draft 2015 accueille en effet deux véritables prodiges générationnels, le Canadien Connor McDavid et l’Américain Jack Eichel. McDavid est considéré comme le “nouveau Crosby” - voir ici le reportage vidéo sur son garage, qui deviendra aussi mythique que la machine à laver de Crosby - et compte déjà 16 buts, 51 points en… 18 matchs. Il s’est en effet blessé mi-novembre dans une bagarre (!) et a manqué le challenge Canada-Russie U20. Cette fracture de la main ne devrait pas le priver du Mondial junior. Quant à Eichel, il mène la NCAA avec déjà 21 pts en 13 matchs, dont 8 buts, pour sa première saison…

 

Girgensons Zemgus FINLET 140510Difficile de ne pas viser l’un de ces deux joueurs. Pour s’assurer de piocher premier, il faudra donc finir 30e et dernier de la NHL et espérer que les 20% de chance de gagner la loterie suffisent. C’est donc un curieux duel qui s’est lancé entre Carolina et Buffalo. Les Sabres sont en opération reconstruction depuis deux ans et continuent à faire confiance à leurs jeunes, dirigés par Ted Nolan. La frustration de l’ancien sélectionneur de la Lettonie a plusieurs fois alimenté la presse, face au manque d’efforts de cette bande de gamins, qui n’a marqué que 43 buts en 24 matchs et encaissé 76 buts. Il n’y a pas grand monde à sauver du naufrage - Rasmus Ristolainen, Nikita Zadorov n’ont que 20 ans, de même que Zemgus Girgensons (photo), 2e marqueur de l’équipe avec 7 buts et 13 pts. Les joueurs plus expérimentés produisent assez peu : Brian Gionta ne compte que 2 buts et 8 pts, Matt Moulson 4 et 11 pts. Tyler Ennis (7 buts, 16 pts) et Drew Stafford (12 pts) mènent l’équipe, mais cela ne va pas chercher bien loin.

Avec 8 victoires cette saison, il y a bien peu d’espoirs, même si l’équipe a redressé la barre avec cinq victoires sur les six derniers matchs. Mais le public aura apprécié la venue des Erie Otters, l’équipe OHL de McDavid, le 22 octobre. Le prodige a marqué un but et trois passes dans une victoire 8-4 contre Niagara, devant un public qui espère le revoir dès l’année prochaine sous l’uniforme de Buffalo. Plus qu’à gagner la loterie côté Sabres...

 

 

… sauf que dans ce championnat à l‘envers, Carolina n’est pas en reste. Les Hurricanes ne comptent eux que 7 victoires, n’ont marqué que 54 buts et sont menés en points par Nash. Pas Rick, mais Riley ! L’ancien premier choix des Oilers réalise un début de saison inattendu, avec 4 buts et 15 pts en 23 matchs, ex-aequo avec Eric Staal. Entre les soucis de commotion de Jeff Skinner, la grave blessure de Jordan Staal et l’invisibilité des 7 millions de dollars annuels d’Alexander Semin (0 but, 5 passes en 18 matchs), rien ne tourne dans cette équipe.

 

La concurrence du duo viendra également de Columbus (7 victoires, dernier à l’Est), décimé par les blessures, et d’Edmonton (6 victoires)...

 

Pas un rat en Floride !

Le 13 octobre, pour le deuxième match à domicile de la saison, les Panthers de Floride reçoivent les Senators d’Ottawa et affichent alors un triste record : 7311 billets vendus pour une patinoire de 19000 places. Face à une équipe canadienne, un tel fiasco a forcément fait les choux gras de la presse à la feuille d’érable, prompte à réclamer le déménagement de la franchise vers le Québec, arguant que le hockey n’a pas sa place sous les palmiers. Mais cet échec n’a-t-il pas plutôt pour cause des résultats calamiteux ? Depuis la création de l’équipe, Florida n’a atteint les playoffs qu’à trois reprises : en 1996, pour une finale mémorable de coupe Stanley perdue face à Colorado (un rat avait été repéré dans le vestiaire et est devenue une icone du club au même titre que le poulpe de Detroit), puis en 2000 et en 2012. De quoi frustrer même le plus mordu de hockey, lorsque son équipe locale est engluée dans les profondeurs du classement depuis vingt ans, accumulant les choix de draft ratés et les transferts douteux…

Autre explication, la fin des tickets généreusement offerts ces dernières années.

Le succès du Lightning de Tampa Bay et la progression spectaculaire des catégories de jeunes - les natifs de Floride Jakob Chychrun et les frères Pastujov font partie des top-prospects 2016 et 2017 - démontrent pourtant que le hockey a sa place.

Une chose est sûre : financièrement, la franchise va avoir bien du mal à survivre si cette situation se prolonge…

Plus d’informations dans cet article du Miami Herald.

 

Jaromir Jagr est-il un alien ?

Jagr Jaromir CZEITA 140514La légende tchèque Jaromir Jagr est un excellent client des médias et n’a pas vraiment l’intention de raccrocher les patins. A 42 ans, le meilleur marqueur des Devils (!) continue à distiller des bons mots lors des interviews, estimant qu’il serait tout à fait capable de jouer au delà de 50 ans. Après 23 saisons NHL, il continue à grimper au classement des meilleurs marqueurs de tous les temps : 6e pointeur (1770 pts), à une unité de Marcel Dionne pour la cinquième place, Jagr est aussi 6e buteur (709 buts), dépassant cette saison Mike Gartner et visant désormais Phil Esposito pour la 5e place (717). Ce qui fait dire à certains fans que Jagr, décidément, est un alien.

D’autres supporters ont choisi une autre méthode pour lui rendre hommage : les “Traveling Jagr’s” sont apparus cette saison fin novembre lors d’un match à Calgary, après avoir été aperçus la saison dernière.

Ce qui a valu ce bon mot de la légende tchèque : “Ils savent qui est le patron… et ils comprennent le bon hockey, aussi.”

Les hommages ne s’arrêtent pas là. Jagr dispose désormais en République Tchèque de sa statue en… massepain.

 

 

La triste histoire de Jack Johnson

Le défenseur de Columbus Jack Johnson a brillé sur la glace depuis son plus jeune âge et a déjà reçu 18 millions de dollars en neuf ans de carrière. Pourtant, il a déclaré faillite début octobre. Des milliers de dollars de dette, ou plutôt des millions : peut-être 15 millions de déficit, conséquence d’une confiance mal accordée. En cause ? Nuls autres que ses propres parents ! En 2008, le joueur arrête son partenariat avec l’agent Pat Brisson et confie les rênes à sa famille. Le contrat record signé avec Los Angeles en 2011 (7 ans, 30 millions) devient alors une véritable vache à lait pour ses parents, qui multiplient les investissements douteux, claquant des millions pour une maison à Manhattan Beach en Californie, des voitures, etc. Des achats anticipant sur les futurs revenus de leur fils avec des taux d’intérêts exorbitants. Le joueur se concentre sur le hockey et semble totalement ignorant de ces dépenses. Il tombe de haut en 2013 et coupe les ponts avec ses parents, engage une batterie d’avocats qui tentent de résoudre la situation. De son côté, Jack Johnson est connu pour avoir une vie modeste, l’achat d’une Ferrari étant sa seule grosse dépense en neuf ans…

Ce phénomène est loin d’être un cas isolé dans le sport de haut niveau. De nombreux joueurs professionnels ont été victimes d’abus de la part de proches et des séminaires mettant en garde les joueurs sont régulièrement lancés lors des drafts ou des camps d’été.

Plus d’informations dans ce très bon article d’Aaron Portzline, du Columbus Dispatch.

 

L’ancien n°1 de draft, le défenseur Brian Berard, milite auprès des jeunes joueurs pour les avertir des risques. Son point de vue est également très intéressant. Berard a connu une fin brutale de carrière suite à une grave blessure à l’oeil.

 

Un peu de légéreté…

Les Tweets du mois de novembre...

 

 

Hommage à Pat Quinn

Terminons ce bilan avec un hommage à l’un des plus grands entraîneurs canadiens de l’histoire, Pat Quinn, décédé le 23 novembre. Après une carrière de défenseur en NHL (606 matchs), notamment sous les couleurs des Atlanta Flames, Pat Quinn devient assistant coach aux Flyers de Philadelphie en 1977, avant d’en devenir le coach principal un an plus tard. Pour sa deuxième saison, il mène les Flyers à la finale de coupe Stanley 1980, perdue contre les Islanders de New York. Quatre saisons en Pennsylvanie, puis trois à Los Angeles, puis cinq à Vancouver, qu’il mène à la finale de coupe Stanley 1994 face aux Rangers de New York. Il sera par la suite entraîneur-chef de Toronto pendant sept ans, avant de terminer par une saison à Edmonton en 2009-2010. Pat Quinn était par ailleurs l’entraîneur du Canada lors des Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, où il remporta la médaille d’or. En 2008-2009, il mène les juniors à la médaille d’or au mondial U20. Il fut enfin nommé deux fois entraîneur de l’année (trophée Jack Adams), en 1980 et 1992.

Propriétaire des Vancouver Giants (WHL) depuis 2001, Pat Quinn nous a quitté à 71 ans des suites d’une longue maladie.

 

 

Nicolas Leborgne (@Belizarius_) et Adrien Rocher (@Alveio)