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NHL : le point au quart de la saison (2/2)

Ce début décembre marque la fin du premier quart de la saison en NHL. L'occasion d'effectuer un premier bilan et de dégager les premières tendances.

Tour d'horizon de la conférence Ouest, où Nashville et Calgary récoltent l'essentiel des gros titres...

Statistiques et classements après les matchs du lundi 1er décembre

L'équipe en forme : Nashville

Ellis Ryan FRACAN 140509 2Les Predators de Nashville sont la révélation de la saison. Armada défensive sous Barry Trotz depuis la création de la franchise en 1998, l'équipe a opéré une lente transformation avec l'arrivée de Peter Laviolette sur le banc, sans perdre de sa rigueur à l'arrière. Nashville n'a concédé que 46 buts en 23 matchs, ce qui en fait la meilleure défense de toute la NHL. Difficile d'écarter la responsabilité de Pekka Rinne, sans doute le meilleur gardien de la ligue sur ce premier quart de saison. Il est loin d'être seul, puisque sa défense réalise des prestations spectaculaires autour du capitaine Shea Weber (6 buts, 15 pts) et de la révélation défensive de la saison, Ryan Ellis (photo, 10 pts, +6 et un Corsi de 60).
C'est toute l'équipe qui contribue, avec beaucoup de discipline (seulement 62 pénalités concédées, n°1 de la NHL). Seuls points noirs ? Les équipes spéciales, avec le 27e jeu de puissance et le 24e jeu en infériorité. Nashville mène la division Centrale avec 34 pts en 23 matchs, renforcée par un bilan impérial à domicile (10 victoires, 1 défaite, 1 défaite après le temps réglementaire). Il est vrai que Pekka Rinne se montre absolument impérial : 16 victoires en 20 matchs, 1.82 buts encaissés, 93,3% d'arrêts et 2 blanchissages.
Nous reviendrons en détail sur les hommes forts de l'équipe dans les rubriques suivantes...

 

Mention honorable : Anaheim Ducks

Les Ducks mènent la conférence Ouest avec 35 pts en 26 matchs, grâce à la 4e attaque de l'Ouest. Mais ce qui impressionne le plus, ce sont les résultats obtenus avec une défense rajeunie. La blessure longue durée de Sheldon Souray (out pour la saison) a été suivie en novembre par celle de François Beauchemin (doigt cassé), alors que Bryan Allen était échangé à Montréal. Bruce Boudreau a du composer avec une défense U23 : Cam Fowler (13 pts), Sami Vatanen (20 pts), Hampus Lindholm (9 pts) ont pris la relève, alors que l'équipe-ferme était sollicitée pour compléter un effectif par ailleurs décimé par les oreillons (voir les anecdotes). Derrière ce trio fort, Chris Wagner, Clayton Stoner, Jesse Blacker, et Josh Manson ont bouché les trous. Anaheim a finalement envoyé un troisième choix de draft pour obtenir l'expérimenté Eric Brewer (Tampa Bay).
L'attaque n'a pas trop de souci, en revanche. Ryan Getzlaf (23 pts) et Corey Perry (14 buts, 20 pts) dynamitent les défenses, et l'acquisition de Ryan Kesler (18 pts) rapporte gros, surtout en terme de leadership pendant les pépins physiques de Perry. Mieux, la jeunesse commence à apporter : le sniper Matt Beleskey (12 buts, 14 pts), le passeur Jakob Silfverberg (1 but, 11 pts) et l'ailier fort Patrick Maroon (1 but, 10 pts) participent. Malgré tout, l'attaque repose essentiellement sur quatre attaquants, aucun autre ne dépassant les 4 buts.

 

La surprise

Hudler Jiri SVKCZE 140509Parmi les équipes canadiennes, seul Montréal avait la faveur des pronostiqueurs en début de saison. Les Calgary Flames en ont décidé autrement et, sous la direction de Bob Hartley, Calgary se cramponne à la troisième place de la division Pacifique, avec la meilleure attaque de l'Ouest (78 buts) ! Une performance, avec une fin novembre de feu (7 victoires, 3 défaite) et un superbe bilan en déplacement (9 victoires, 5 défaites). Ce qui frappe, c'est l'éthique de travail et la vitesse de jeu, grâce à deux défenseurs-relanceurs. Mark Giordano confirme sa saison exceptionnelle de l'an dernier en frappant à la porte du trophée Norris (6 buts, 25 pts, +14), accompagné du sous-estimé TJ Brodie (6 buts, 21 pts, +16). Les deux hommes sont premier et deuxième de la NHL en points par les défenseurs. L'attaque explosive compte un finisseur, Jiri Hudler (photo, 11 buts, 23 pts) mais aussi une pléiade de seconds couteaux, du deuxième année Sean Monahan (8 buts, 16 pts) au rookie Johnny Gaudreau (4 buts, 17 pts), en passant par le vétéran Curtis Glencross (14 pts), et le lutin Paul Byron (10 pts). La jeunesse de l'équipe n'est pas un handicap, loin de là : l'équipe n'a toujours pas perdu deux matchs de suite cette saison et reste sur dix victoires en quatorze matchs. Mais la discipline et le travail ne suffiraient peut-être pas sans un excellent gardien. L'acquisition de Jonas Hiller (2.49 buts encaissés, 91,3% d'arrêt en 15 matchs) et les bonnes prestations de Karri Ramo (2.28, 91,9% en 10 matchs) sont pour beaucoup dans le parcours des Flames.

Mention honorable : Vancouver Canucks

Les Canucks de Vancouver n'étaient pas beaucoup plus attendus parmi les équipes canadiennes. Pourtant, sous l'impulsion du nouveau coach Willie Desjardins, l'équipe a retrouvé des couleurs. Vancouver est pour l'heure deuxième de la division Pacifique avec 33 pts, un très bon bilan en déplacement (9 victoires, 4 défaites) comme à domicile (7 victoires, 4 défaites). L'attaque est la deuxième de l'Ouest (75), avec des frères Sedin retrouvés. Henrik compte 6 buts et 22 pts, Daniel 4 buts et 21 pts, loin de traîner leur peine comme sous les ordres de John Tortorella... Les jumeaux ont tout de suite trouvé l'alchimie avec leur nouvel ailier, Radim Vrbata menant l'équipe avec 10 buts (18 pts). Mais la franchise de Colombie Britannique a surtout découvert une profondeur de banc. Nick Bonino, acquis dans le deal Kesler, s'est parfaitement adapté (7 buts, 19 pts, +10). Chris Higgins joue comme à ses meilleures années (5 buts, 15 pts, +10) et Alex Burrows, transparent l'an dernier, revient à son niveau (6 buts, 11 pts). Le rookie Linden Vey, barré à Los Angeles, s'est bien imposé également (6 buts, 12 pts). Bref, si la défense pouvait remonter un peu la pente, les chances de playoffs s'en verrait sérieusement améliorées. Pour l'instant, Ryan Miller tient la baraque (15 victoires, 2.42 buts encaissés, 91,1%).

 

La déception : San Jose Sharks

On ne sait pas trop que penser des Sharks de San Jose, actuellement 5e de la division Pacifique avec 26 pts, une fiche à 50% de victoires et une défense friable (70 buts encaissés). L'équipe reste dans le coup grâce au 4e jeu de puissance de la ligue, mais ne domine plus à 5 contre 5 comme les saisons précédentes. Les Sharks font figure d'élève moyen, et on se demande si les vétérans n'en gardent pas sous le pied. Le fiasco du premier tour l'an dernier face aux Kings n'a pas été digéré et les joueurs ont pris conscience que seules les phases finales comptent. Malgré tout, il va falloir commencer à gagner en constance pour remonter au classement et se qualifier : il est vrai que disputer 16 des 21 premiers matchs à l'extérieur ne facilite pas la tâche... Les hommes forts contribuent, ce qui est déjà ça. Logan Couture (10 buts, 21 pts), Joe Thornton (7 buts, 21 pts), Joe Pavelski (10 buts, 20 pts) et Patrick Marleau (6 buts, 20 pts) produisent, aidés par un Brent Burns spectaculaire pour son replacement en défense (7 buts, 19 pts). Tommy Wingels et ses 15 pts apportent un peu de profondeur...
Mais c'est tout. Le gros souci de Sharks, c'est que les 3e et 4e lignes produisent trop peu. La défense, pour sa part, peine à relayer Marc-Edouard Vlasic, dont le ratio de +12 tranche singulièrement avec ses coéquipiers (Matt Irwin est à -8 par exemple). Si Justin Braun s'en sort plutôt bien, le rookie Mirco Mueller a encore un peu de mal. Le staff a décidé de chercher un défenseur droitier et a échangé Jason Demers contre Brenden Dillon (Dallas), plus physique. L'arrière a débuté par un ratio de -5 en trois matchs... Pour couronner le tout, les gardiens sont à la peine. Antti Niemi (2.57, 91,4%) n'a pas pu être relayé par Alex Stalock, blessé. Le jeune Troy Grosenick a été rappelé et a réussi deux bons matchs, mais cela reste encore fragile dans ce secteur. San José avait pris l'habitude de démarrer fort et de craquer en playoffs. À voir si le schéma va s'inverser après ce départ poussif !

Mention honorable : Colorado Avalanche

MacKinnon Nathan CANFRA 140509Après une saison 2012-2013 catastrophique, Colorado avait reçu le premier choix de draft, Nathan MacKinnon (photo). Le résultat avait été spectaculaire. Sous l'impulsion de Patrick Roy, l'équipe a joué les premiers rôles dans sa division et retrouvé les playoffs. Mais les montagnes russes redescendent... Avec 23 pts en 25 matchs, l'Avalanche ne fait plus peur. Et on ne peut pas vraiment dire que cela soit si surprenant. L'an dernier, l'équipe a été portée par une efficacité au tir atypique et un gardien, Semyon Varlamov, en état de grâce. Colorado concédait bien trop de tirs et les observateurs avaient donc accueilli avec mesure le succès 2013-2014. Pour cette nouvelle saison, Varlamov est loin de son meilleur niveau (2.95, 91,8%) ce qui coûte de nombreux points. Le Russe n'a récolté que 4 succès en 13 départs avant de se blesser, laissant sa place à l'espoir Calvin Pickard. L'ancien portier de WHL débute plutôt bien pour relancer l'équipe (2.49, 92,2% en quatre départs) mais il reste du chemin à parcourir.
En cause donc, une défense friable dans laquelle Tyson Barrie (3 buts, 19 pts, +2) surnage. Même le centre défensif Ryan O'Reilly n'est qu'une ombre (4 buts, 13 pts, -11), et en attaque, peu de joueurs sortent du lot. Matt Duchesne (8 buts, 17 pts) et Nathan MacKinnon (5 buts, 18 pts) produisent un peu, avec l'aide des vétérans Alex Tanguay (8buts, 16 pts) et Jarome Iginla (4 buts, 15 pts) dont on attendait plus. Le capitaine Gabriel Landeskog n'est guère plus efficace (7 buts, 14 pts). La profondeur de banc est quasi inexistante et le style spectaculaire prôné par Patrick Roy ne fonctionne plus trop. Colorado risque de se faire décrocher si la réaction tarde.

 

Joueur du ¼ : Vladimir Tarasenko (St. Louis)

Les Blues de St. Louis séduisent, bataillant Nashville pour la première place de la division Centrale avec 34 pts. La principale cause de ce succès ? L'explosion de l'ailier russe Vladimir Tarasenko, sans doute le joueur le plus spectaculaire de la saison. Avec 14 buts (dont ce bijou face aux Rangers) et 26 pts, pour un ratio de +17, Tarasenko écoeure les défenses adverses et a trouvé une entente parfaite avec Jaden Schwartz (8 buts, 21 pts) et surtout, Jori Lehtera (7 buts, 21 pts), l'un des joueurs les plus en vue en novembre. Le centre finlandais était peut-être la pièce manquante chez les Blues. Outre cette première ligne, les hommes de Ken Hitchcock disposent d'autres arguments, comme Alex Steen (15 pts), David Backes (11 pts) et Paul Stastny, limité à 16 matchs (7 pts). On attendait plus de TJ Oshie (6 pts), en revanche. La profondeur offensive n'est pas aussi importante qu'ailleurs, mais qu'importe. La défense, autour d'Alex Pietrangelo (13 pts) et Kevin Shattenkirk (18 pts), reste très solide. Avec 51 buts encaissés, c'est la troisième de la conférence Ouest. Une performance due aussi au bon jeu dans les cages de Brian Elliott (1.82, 93,1%) et du rookie Jake Allen, auteur de 8 victoires en 10 départs (2.16 buts encaissés, 91,8%). Elliott blessé, St. Louis a choisi le vétéran Martin Brodeur pour un essai. La légende des Devils du New Jersey s'entrainait sans club depuis le début de saison, attendant son heure, et pourrait être mis sous contrat si la blessure d'Elliott durait trop longtemps.

Mention honorable : Tyler Seguin (Dallas)

Rarement une équipe aura été autant dépendante de sa première ligne. Tyler Seguin s'installe comme troisième marqueur de la NHL avec 18 buts et 31 pts, formant un duo inarrétable à Dallas avec Jamie Benn (8 buts, 23 pts) quelquefois épaulés par un très bon Jason Spezza (4 buts, 19 pts), lequel a prolongé son contrat de quatre ans, ou récemment par Cody Eakin qui ne cesse de progresser dans le jeu. Seguin mène donc la ligue en buts, avec deux unités d'avance sur Rick Nash. Mais cela ne suffit pas à sortir les Stars des bas-fonds du classement. La faute à une défense passoire, qui a concédé 84 buts en 24 matchs - seul Edmonton fait pire (87). Il n'y a pas grand chose qui fonctionne au Texas, en fait. Le manque de profondeur de banc a été mis en évidence, puisque le 4e attaquant en points est Antoine Roussel (5 buts, 12 pts), habituel pilier de la troisième ligne, occasionnellement porté en première ligne par Lindy Ruff qui cherche la meilleure combinaison. L'arrivée d'Ales Hemsky (1 but, 6 pts, -10) ne fonctionne pas du tout au niveau du scoring, même si dans le jeu il est très présent, et aucun autre attaquant ne parvient à prendre la relève en deuxième ligne.
Comme la défense est à la peine, le staff a déjà procédé à des évolutions. La blessure du rookie Patrick Nemeth après 5 matchs a profité à son compatriote John Klingberg, aux débuts tonitruants (3 buts, 8 pts et +6 en 10 matchs, dont ce but). Sergei Gonchar a été échangé à Montréal contre l'ailier fort Travis Moen. Trevor Daley est sur-utilisé et peine à tenir ses minutes (12 pts, -13), cependant l'arrivée de Jason Demers devrait lui permettre de souffler un peu. Onze défenseurs ont déjà été utilisés, et Kari Lehtonen est plus ou moins livré à lui même, avec des statistiques très décevantes (3.03 buts encaissés, 90,5%). Son remplaçant, Anders Lindback, n'a pas gagné le moindre match en cinq apparitions.

 

Rookie du ¼

Le joueur du quart, rookie du quart, candidat au trophée Selke, et révélation de la saison ? Filip Forsberg bien sûr ! Le Suédois a connu un mois de novembre incroyable, menant la ligue avec un ratio de +20, et les rookies avec 10 buts et 23 pts en 23 matchs. Il compte en outre 3 buts gagnants, multipliant les gestes décisifs. Rarement un rookie aura autant impressionné que Forsberg avec Nashville cette saison. Bien secondé par James Neal (9 buts, 14 pts), Mike Ribeiro (6 buts, 18 pts) et Craig Smith (7 buts, 14 pts), Forsberg fait passer le manager général David Poile pour un génie. Poile a en effet acquis Forsberg, ancien n°11 de draft par Washington, contre Martin Erat à la date limite des transactions 2013. Un échange qui était déjà à l'époque difficilement compréhensible. Depuis, Forsberg a dominé le mondial junior (12 pts en 7 matchs, MVP), découvert la NHL l'an dernier et explose cette saison, alors que Erat n'est plus dans l'effectif des Capitals. Il ne leur reste que le 4e ligne Michael Latta...

Gaudreau Johnny USASUI 140510Mention honorable : Johnny Gaudreau (Calgary)

Johnny "Hockey" (photo) a débuté la saison doucement, avant de prendre son rythme de croisière. Le petit ailier américain compte 4 buts et 17 pts en 24 matchs, avec un joli ratio de +9. Sa vitesse et sa qualité technique complètent très bien le style travailleur prôné par Bob Hartley. Son compère rookie, Josh Jooris (5 buts, 9 pts) en profite plutôt bien également.

Défenseur du ¼

Le défenseur du quart serait sans doute Mark Giordano, évoqué dans le succès de Calgary. Ou Ryan Ellis, qui a franchi un palier sous les couleurs de Nashville... Pour équilibrer un peu et parler de toutes les équipes, le défenseur du quart sera cependant Ryan Suter. Pilier du Wild de Minnesota, Suter mène la ligue en temps de jeu avec 480 minutes en 23 matchs, soit 29'19" par match. Suter ne compte qu'un but et 13 pts, mais, au sein d'une défense assez jeune, son impact sur la saison du Wild est considérable. Son partenaire habituel, Jonas Brodin, s'est montré extrêmement solide, mais n'a pu disputer que 14 matchs. Aucun autre arrière n'a en effet joué les 23 matchs. Marco Scandella (8 pt, 22 minutes) et Jared Spurgeon (8 pts 24 minutes) suivent en temps de jeu, les autres arrières ne dépassant pas les 14 minutes. Ryan Suter est sans aucun doute le défenseur le plus important d'une équipe NHL.
Qualifié en playoffs l'an dernier et sorti au deuxième tour, le Wild est cette saison à la lutte avec une cinquième place dans la division Centrale au quart de la saison. La défense est très solide (55 buts encaissés), l'attaque moins prolifique (65 buts). Zach Parise mène l'équipe (9 buts, 18 pts) devant le vétéran Jason Pominville (15 pts) et le Suisse Nino Niederreiter, qui parait franchir un cap (11 buts, 14 pts). On attendait sans doute bien plus de Thomas Vanek, en revanche. La star autrichienne ne compte que 2 buts et 14 pts en 23 matchs. Jason Zucker a pour sa part inscrit 9 buts : Parise, Zucker et Niederreiter sont les seuls joueurs au delà des 5 réalisations cette saison. Il faut dire que le jeu de puissance du Wild est pathétique avec 9,6% de réussite (29e).

Mention honorable : Drew Doughty (Los Angeles)

Drew Doughty compte déjà 485 minutes de jeu en 24 matchs, soit 29 minutes par match. Et le défenseur all-star des Kings continue à peser dans le jeu (13 pts). Des minutes décisives car la défense des Kings s'est trouvée décimée par les blessures et les suspensions. Jake Muzzin n'a disputé que 18 matchs, Alec Martinez 17, Robyn Regehr 21. Et bien sûr, Slava Voynov a été suspendu après seulement 6 rencontres dans une sombre affaire de violence conjugale (voir les anecdotes). Cette suspension par la NHL n'étant pas une suspension de salaire, les Kings ont donc été contraints de continuer à compter le salaire de Voynov dans le plafond salarial. Cela a très sérieusement gêné aux entournures le staff, qui a parfois du aligner un effectif réduit faute de pouvoir effectuer un rappel de joueur. En l'absence de Voynov, l'ancien Sabre Brayden McNabb a gagné sa place dans un rôle strictement défensif. Jamie McBain, rejeté par Buffalo, a lui aussi gagné une place et disputé 9 matchs, cherchant à relancer sa carrière. Au final, Doughty est bien peu entouré et continue à produire dans les deux sens du jeu.
Des Kings portés en début de saison par la "ligne 70", Toffoli (19 pts) - Carter (18 pts) - Pearson (12 pts). Les trois attaquants mènent l'équipe en buts et points, faute de contribution régulière de la première ligne. Anze Kopitar ne compte que 10 pts, Marian Gaborik, gêné par des blessures, 8 (15 matchs seulement), Justin Williams 11 et Dustin Brown 7. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du début poussif de Los Angeles, 4e de la division Pacifique. Mais tout le monde sait bien que c'est en playoffs que les Kings deviennent une machine à gagner. En attendant, Jonathan Quick réalise des prouesses dans les cages.

 

Gardien du ¼


Pekka Rinne (Nashville) mène la ligue avec 16 victoires, devant Ben Bishop (Tampa Bay) et Ryan Miller (Vancouver). Mais que dire de la prestation de Corey Crawford ? Le portier des Hawks compte 12 succès en 18 matchs, et une moyenne de 1.87 but encaissé, pour 92,9% d'arrêts. Chicago n'a encaissé que 48 buts en 24 matchs, ce qui en fait la 2e meilleure défense de toute la NHL. Une défense qui a su compenser le départ de Nick Leddy par l'émergence de Trevor van Riemsdyk, petit frère de l'ailier de Toronto, qui aligne d'excellentes statistiques de possession en 18 apparitions. Derrière les habitués (Keith, Seabrook, Oduya, Hjalmarsson), les Blackhawks commencent à lancer leur relève, avec des apparitions prometteuses d'Adam Clendening, David Rundblad et donc van Riemsdyk. Crawford n'a pas trop de soutien, en revanche. Le poste de backup d'Antti Raanta semble échapper au Finlandais, au profit de l'inattendu Scott Darling (voir les anecdotes ci-dessous). Chicago a débuté doucement, mais fini novembre en feu, avec 8 victoires sur les 10 derniers matchs. Les deux stars de l'équipe répondent présent : Patrick Kane compte 10 buts et 23 pts, Jonathan Toews 10 buts et 19 pts. Chicago propose le meilleur différentiel attaque/défense de la ligue, ce qui est plutôt bon signe...

Mention honorable : Ondrej Pavelec et Michael Hutchinson (Winnipeg)

Le portier tchèque des Winnipeg Jets, Ondrej Pavelec, est certes assez bas au classement des gardiens (8 victoires, 2.23 buts encaissés et 91,9% d'arrêts), mais sa prestation cette saison joue un grand rôle dans le début intéressant de son équipe. La concurrence de Michael Hutchinson, finaliste AHL l'an dernier, jouerait-elle ? Hutchinson compte 4 victoires en 7 matchs et 94,7% d'arrêts. Winnipeg devance trois équipes qui ont participé aux derniers playoffs dans la division Centrale et accroche pour l'instant une place dans les 8. Certes, les statistiques du Tchèque souffrent de la comparaison avec Rinne (Nashville), Kuemper (Minnesota), Miller (Vancouver) ou Quick (Los Angeles, 93,2% d'arrêts), mais comme Pavelec n'était pas attendu, autant valoriser sa prestation ! Car Winnipeg n'a concédé que 56 buts en 25 matchs, soit la cinquième défense de l'Ouest. Lorsque l'on compare à l'attaque (52 buts, 15e à l'Ouest), c'est dire à quel point les deux gardiens des Jets manquent de support offensif. Trois joueurs mènent l'équipe avec 8 buts : Andrew Ladd et Blake Wheeler (16 pts), et Bryan Little (15). Michael Frolik et Mark Scheifele (10 pts) sont les seuls autres joueurs au delà des dix points...

Le doublé inattendu
Terminons ce tout d'horizon à l'Ouest par les Arizona Coyotes. Sixièmes de la division Pacifique avec 23 pts, les Coyotes sont l'archétype de l'équipe pour laquelle il n'y a rien à commenter. C'est donc sur le fil, le 2 décembre, qu'une anecdote permet de mettre en avant les hommes de Dave Tippett. L'Allemand Tobias Rieder brille en seconde période face à Edmonton en s'offrant un doublé... en infériorité numérique. Le rookie s'offre ainsi un record NHL avec ces deux buts en 58 secondes à un de moins. Inédit pour un première année, même si le record est de 12 secondes en 1988 (Esa Tikanen).
Une défense friable (76 buts encaissés), une attaque anémique (62 buts en 25 matchs), la franchise du désert concède 30 tirs par match (24e de la ligue) et Mike Smith connait une saison médiocre (3.19 buts encaissés, 89,4%) dans les cages, au point de voir Devan Dubnyk le dépasser (5 victoires en 7 départs, 2.43, 92,2%). L'attaque ne produit guère : Antoine Vermette (6 buts, 17 pts) mène l'équipe devant Mikkel Boedker (8 buts, 16 pts) et le défenseur Keith Yandle (17 pts) est de plus en plus annoncé partant par les rumeurs de transferts. L'équipe ne produit guère de spectacle et ses chances de se qualifier en playoffs paraissent infimes...

Anecdotes du mois

La boule à zéro
Alex Pietrangelo, le défenseur des Blues de St Louis, a choisi une démarche symbolique pour soutenir la nièce de 5 ans de sa compagne : se raser le crâne. La petite Ellie est victime d'une tumeur cancéreuse de Wilm, qui s'attaque à ses reins. Pour la soutenir pendant le traitement, le défenseur all-star lui a confié un rasoir - prudemment. Un geste fort, droit dans la ligne de"Hockey Fight Cancer", l'opération annuelle qui avait lieu cette année du 20 octobre au 17 novembre.
L'histoire est à retrouver sur NHL.com.

Slava Voynov dans de sales draps
L'affaire Voynov fait partie des histoires dont on ne veut pas entendre parler dans le monde du sport. À l'instar de l'affaire Ray Rice en NFL, ou de Semyon Varlamov la saison précédente, le défenseur des Los Angeles Kings a été arrêté quelques jours après la reprise de la saison pour des violences conjugales. Le 20 octobre, la NHL l'a suspendu indéfiniment en attendant le verdict de son procès, qui s'est ouvert le lundi 1er décembre. Le joueur russe de 24 ans a plaidé non coupable, mais est passible d'expulsion du territoire en cas de condamnation. L'audience préliminaire se déroulera le 15 décembre. Curiosité : la cour supérieure du comté de Los Angeles n'a pas accordé d'ordonnance de protection pour l'épouse de Voynov, qui habite toujours avec lui...

Edmonton règle ses problèmes... ?
Edmonton va très mal. Les Oilers, derniers de la ligue (à égalité avec Columbus), n'arrivent toujours pas à décoller du fond du classement. Avec la 25e attaque, la pire défense et un jeu qui ne surprend personne, difficile d'imaginer les joueurs d'Eakins aller se mêler à la lutte pour les playoffs. La direction a donc pris une décision radicale et a viré un membre de son staff, le coach... des gardiens ! Le pauvre Frédéric Chabot n'avait rien vu venir, et il paie les pots cassés de la gestion calamiteuse d'une équipe pourtant pleine de talent. Depuis son licenciement, survenu le 25 novembre, les Oilers ont enchaîné quatre défaites en quatre matches, en récoltant deux points sur huit possibles.
Difficile de sortir des joueurs du lot dans cette formation d'Edmonton. Taylor Hall (8 buts, 16 pts en 19 matchs) voire Ryan Nugent-Hopkins et Jordan Eberle (5 buts, 16 pts)... Mais l'équipe manque de profondeur, toujours en quête d'un centre n°2. Leon Draisaitl, le rookie de 18 ans, aurait sans doute été bien plus protégé en junior (2 buts, 6 pts). La défense, elle, se montre pathétique. Seul Mark Fayne surnage, les autres défenseurs alternant pour commettre les pires boulettes. On ne parlera pas des prestations en dents de scie de Ben Scrivens ou de Viktor Fasth - on vous renvoie à la vidéo du but de John Klingberg un peu plus haut...

Les fans l'ont bien compris. Lors d'un match San Jose - Calgary, quelques spectateurs étaient vêtus d'un maillot des Oilers floqué au nom de Connor McDavid... Chambrage de supporters des Flames, ou dépit de supporters d'Edmonton ?

"Game of Hockey"
Le service marketing de l'Avalanche du Colorado remporte la palme de la vidéo promotionnelle avec cette présentation de la saison, façon "Game of Thrones".
Chapeau !

Les Ducks décimés par... les oreillons
Le virus des oreillons a choisi le vestiaire des Ducks d'Anaheim pour faire parler de lui en ce mois de novembre. Corey Perry et François Beauchemin furent les premiers frappés. Le diagnostic établi, toute l'équipe et le staff ont reçu une vaccination, mais le virus traîne encore. Fin novembre, Clayton Stoner était touché à son tour. La maladie a clairement eu un effet sur l'équipe, dont le bilan est de 4 victoires, 2 défaites et 5 défaites après le temps réglementaire depuis le diagnostic et les premières absences. Perry, qui restait sur 11 buts en 13 matchs, ne compte que 2 pts en 6 parties depuis son retour et ne parait pas encore à 100%...

La rédemption de Scott Darling
A 25 ans, le gardien natif de l'Illinois a fait ses débuts NHL cette saison, sous les couleurs des Chicago Blackhawks. Un grand moment pour n'importe quel joueur, mais d'autant plus mémorable pour Darling, dont la carrière tournait bien mal il y a quelques années. Drafté au 6e tour par Phoenix en 2007, Darling brillait dans les catégories de jeunes, mais sa carrière universitaire a tourné court. Une fois atteint l'âge légal de 21 ans, Darling est tombé dans l'alcoolisme, cherchant à compenser son anxiété en société. Après avoir franchi la ligne rouge des règles d'équipes à plusieurs reprises, Darling se fait virer de l'université du Maine en 2010. Peu convaincant au camp des Coyotes, il n'est pas conservé et se retrouve en semi-pro, à Las Vegas (SPHL), puis à Louisiana, puis à Mississipi (SPHL), continuant à boire. Pire, à l'été 2011, il se fait virer par son entraîneur de toujours dans un camp de gardiens... Darling est au plus bas et prend conscience, enfin, de ses problèmes.
Il réagit, se remet au travail, arrête l'alcool. Brian Daccord, son coach de gardien, le reprend l'été suivant et Darling retrouve une place en ECHL, à Wheeling. Daccord le recommande à Nashville, qui lui offre un contrat à deux volets ECHL-AHL. Darling monte d'un cran la saison dernière lorsque Pekka Rinne est victime d'une infection. Il brille en AHL (gardien du mois de décembre 2013) et Chicago le signe cet été. Une blessure de Raanta plus tard, Darling débute en NHL. Il compte aujourd'hui 3 apparitions dans la grande ligue (1.98 but encaissé, 93,3% d'arrêts) et pourrait bien prendre la place de Raanta derrière Corey Crawford... Une belle rédemption !
L'histoire complète par Ken Campbell (The Hockey News)

"Welcome to the NHL !"

Premier choix de Vancouver en 2013, Bo Horvat est encore un junior. L'attaquant de 19 ans n'est donc pas éligible à l'AHL. Pour lui, c'est soit un retour aux London Knights, soit une place chez les Vancouver Canucks. Horvat débute en NHL le 4 octobre, puis se blesse. De retour, il marque son premier but NHL le 20 novembre contre Anaheim. Après son 9e match, Horvat va savoir : s'il dispute un dixième match, son contrat NHL est automatiquement lancé.
Willie Desjardins l'interpelle alors dans le vestiaire :
-Es-tu le joueur qui ne s'est pas présenté sur la glace et n'a pas suivi le jeu, ou le joueur qui a attaqué la cage et marqué ?
Horvat répond : "Je suis le joueur qui a attaqué la cage et marqué."
-Alors bienvenue dans la NHL.
La vidéo via le site des Vancouver Canucks

Une journée inoubliable

Terminons ces anecdotes du mois par la belle histoire du gardien Ryan Lowe, sans doute le premier joueur à avoir évolué en Australie à s'être assis sur un banc NHL. A 31 ans, Lowe a pris sa retraite après trois saisons semi-pro pour San Jose State et une saison à Sydney, en Australie. Mais lorsque Troy Grosenick se blesse à l'entrainement, les Sharks de San Jose n'ont plus le temps d'appeler un de leurs espoirs, évoluant à Worcester, Masschussets, autant dire à l'autre bout du pays. Contacté par le staff, Lowe n'hésite pas un instant et roule 350 miles depuis Orange County (l'antre des Ducks) et participe à l'entrainement avec un contrat d'un jour, puis s'asseoit sur le banc le 27 novembre face à Calgary, assistant à la défaite de Niemi et des Sharks.
Ironie de l'histoire, la page Facebook de Ryan Lowe transpire de son amour pour... les Kings de Los Angeles.
L'histoire complète, par Curtis Pashelka, du San Jose Mercury News.

Nicolas Leborgne (@Belizarius_) et Adrien Rocher (@Alveio)