Brest – Strasbourg (Ligue Magnus, 13e journée)

Le Jedi Breault terrasse l’Étoile Noire 

Toujours bredouilles loin de leur nid, les Albatros restent sur une série positive à domicile après deux succès consécutifs face à Gap et Épinal. L’enjeu de ce soir est simple : poursuivre cette dynamique victorieuse à la maison et se rapprocher à deux points seulement de Strasbourg l’adversaire de ce soir. L’Étoile Noire qui après avoir brillé en début de saison s’éteint peu à peu avec une série en cours de cinq revers successifs.
 
L’affluence peine toujours à dépasser la barre des 1000 cette saison, et pourtant certains spectateurs viennent de loin. Une délégation entière venu du sultanat d’Oman assiste à cette rencontre. Avec humour, certains spectateurs espèrent que des membres de riches familles de l’industrie pétrolière s’y trouvent et que ce match leur donne envie d’investir dans le club. Il est vrai que les récentes opérations marketing proposées (possibilités moyennant rémunération d’assister au discours d’avant-match ou d’accompagner l’équipe en déplacement, match d’exhibition la semaine prochaine) laissent penser que le club a besoin de revenus supplémentaires.
 
Sébastien Oprandi a de nouveau opéré un petit changement sur ses blocs. Nicolas Motreff passe centre sur la première ligne poussant Benjamin Breault sur son aile gauche. Vikhael To Landry reste à droite. Ce trio est aligné face au bloc Pardavy-Marcos-Trudeau qui se procure la première grosse occasion par un lancer de Sébastien Trudeau. Le poteau sauve Léo Bertein (5’30’’). 
 
C’est pourtant la première ligne brestoise qui trouve la faille. Une bonne passe décalée de Tim Hartung perturbe Hiadlovsky qui avait anticipé un tir et commençait déjà à se mettre en position pour le parer. Entre temps, Breault a déjà réceptionné la passe et décoché un tir dans le haut du but que le portier slovaque, pas assez rapide dans son déplacement, ne peut arrêter (1-0 à 8’15’’).
 
Strasbourg ne montre pas un visage franchement rassurant avec des palets perdus bêtement en zone défensive. Notons tout de même une belle action alsacienne qui est proche d’aboutir mais Julien Burgert ne cadre pas sa tentative devant un but pourtant grand ouvert (12’12’’).
 
Cherchant très régulièrement à lancer un attaquant en échappée, Brest aurait pu doubler la marque par Sébastien Delemps qui obtient un pénalty après une faute de Kenneth Peroff (12’35’’). Hiadlovsky arrête le revers de l’ex-Grenoblois. Chaque équipe bénéficie d’une supériorité numérique pour un surnombre adverse, mais ces premiers jeux de puissances sont catastrophiques des deux côtés (palet qui tourne, peu voire aucun tir).
 
On entre donc dans la période tant redoutée par les Bretons qui ont la fâcheuse habitude de s’effondrer dans le tiers médian. La semaine passée en a encore été un bon exemple avec trois buts pris et aucun marqué face aux Ducs de Dijon. Les Albatros l’entament cette fois par le bon bout. Jason Crossman envoie un boulet de la ligne bleue dévié juste devant le nez de Hiadlovsky par To-Landry en embuscade (2-0 à 25’02’’). Le gardien slovaque est furieux et réclame une faute qu’il n’obtiendra pas.
 
La situation empire pour les Alsaciens après une prison de Pierre Bougé, présent dans plusieurs mauvais coups ce soir. Vexé d’avoir pris une sérieuse boîte par Alexandre Quesnel, le Strasbourgeois réplique par un coup de crosse logiquement sanctionné (28’50’’).
 
Le jeu de puissance brestois est installé. Breault dans un angle fermé à droite tente vainement sa chance, Hiadlovsky bloque le tir en papillon, sa jambière gauche collant le poteau. Cependant le palet n’est pas couvert, permettant à Breault d’insister et de faire tomber le gardien strasbourgeois sur les fesses. L’arbitre ne bronche pas dans un premier temps mais il finit par voir le disque qui a complètement franchi la ligne et accorde le but. Ceci déclenche évidemment l’ire de Hiadlovsky qui pensait avoir gelé le palet (3-0 à 29’39’’), ce qui n’était pas le cas.
 
Voilà un deuxième tiers rondement mené pour une fois par les Albatros. Mais leur indiscipline est proche de gâcher leur travail. En l’espace de 2’23’’, ils vont récolter six minutes de pénalité, provoquant deux séquences de 1’29’’ puis 0’19’’ à trois contre cinq. Pour Strasbourg, c’est le moment ou jamais pour revenir dans le match. 
 
Benjamin Danford se charge des tirs de la bleue mais Bertein le dégoûte d’un énorme arrêt de la mitaine (37’19’’). Pierre Bourdages demande un temps mort qui ne fait pas effet. Le jeu de puissance visiteur se casse les dents sur Bertein et sa défensive. C’est donc avec un déficit de trois buts que les Alsaciens rentrent aux vestiaires.
 
Les Albatros s’en sont tirés à bon compte en infériorité numérique jusqu’à présent, mais la quatrième prison successive, attribué à Breault, est celle de trop (41’11’’). Strasbourg réussit ce qui aurait dû être fait en fin de deuxième tiers. Pardavy, bien placé dans l’axe, dévie la tentative ras glace de Danford (3-1 42’’). Prendre une prison et un but à l’entame du tiers, voilà ce qu’il fallait absolument éviter à Brest pour s’épargner d’inutiles frayeurs. 
 
Le coach Oprandi doit bouillir sur le banc en voyant Aurélien Gréverend prendre deux minutes dans la foulée (43’31’’). Cette fois ses protégés tiennent bon et le corps arbitral équilibre enfin les débats en attribuant deux pénalités mineures aux Strasbourgeois (46’33 et 47’29’’). Les Albatros peuvent se mettre à l’abri avec ce cinq contre trois de 1’04’’ mais la séquence est mal gérée.
 
De manière ironique, le sort alsacien est scellé par une séquence réunissant les mêmes acteurs qui avaient un temps relancé le suspense. En effet la prison de Breault avait permis à Pardavy de marquer. Et bien cette fois c’est une perte de palet de la légende slovaque qui offre une échappée au néo-ailier gauche canadien, qui s’offre un coup du chapeau d’un tir entre les jambières de Hiadlovsky (4-1 52’33’’).
 
Cette fois les carottes sont cuites et les joueurs de l’Étoile Noire sont groggys. Le match tourne à la fessée après un débordement de Michal Dian sur l’aile droite qui parvient à ajuster une passe-centre déviée dans le but par Ben Breault encore une fois (5-1 à 54’10’’). Un quadruplé, voilà longtemps qu’on n’avait pas vu cela au Rïnkla.
 
Complètement relâchés, les Albatros encaissent en toute fin de match deux buts anecdotiques par Danford et Shupe visiblement vexés de la tournure des évènements. De quoi atténuer une note salée qu’ils méritaient largement. L’Étoile Noire strasbourgeoise est l’équipe ayant de loin le moins fait bonne impression cette saison au Rïnkla Stadium. Rarement on aura vu un adversaire être autant maîtrisé pendant aussi longtemps par des Albatros plus habitués à subir le jeu d’ordinaire.
 
La modification du premier bloc brestois s’est avérée efficace puisque Breault n’a nullement été perturbé par sa position d’ailier. Notons aussi une nouvelle fois le match solide de Michal Dian, très en forme ces temps-ci, et de Léo Bertein qui semble avoir glané la place de numéro 1. Le défenseur Tim Hartung a également été omniprésent sur cette rencontre, étant parfois utilisé durant l’intégralité des supériorités numériques aussi bien en position de défenseur que de centre ! 
 
Brest ressort de la zone rouge après ce troisième succès consécutifs à domicile. Il s’agira maintenant de les transposer à l’extérieur et la prohaine opportunité de le faire sera face à ces mêmes Strasbourgeois. Mais attention ce seront cette fois des Alsaciens piqués au vif et n’ayant pas le long trajet dans les patins qu’il faudra vaincre. Un succès serait précieux car il ramènerait les Bretons à hauteur des pensionnaires de l’Iceberg.
 
 
Brest – Strasbourg 5-3 (1-0, 2-0, 2-3)
Vendredi 5 décembre 2014 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 980 spectateurs
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Charles-Édouard Salmon et Charlotte Girard.
Pénalités : Brest 12' (2’, 6’, 4’), Strasbourg 10' (2’, 4’, 4‘).
Tirs : Brest 41 (12, 10, 19), Strasbourg 38 (11, 16, 11)
 
Évolution du score :
1-0 à 08’15’’ : Breault assisté de Hartung et To-Landry
2-0 à 25’02’’ : To Landry assisté de Crossman et Breault
3-0 à 29’39’’ : Breault assisté de Dian et Hartung (sup. num)
3-1 à 42’00’’ : Pardavy assisté de Danford et Marcos (sup. num)
4-1 à 52’32’’ : Breault
5-1 à 54’10’’ : Breault assisté de Dian et Motreff
5-2 à 58’24’’ : Danford assisté de Burgert et Bourgaut
5-3 à 59’53’’ : Shupe assisté de Michel et Bouge
 
Brest
 
Gardien : Léo Bertein.
 
Défenseurs : Jason Crossman – Tim Hartung ; Vladimir Holik – Bryce Reddick ; Aurélien Gréverend (A) – Gaëtan Cannizzo.
 
Attaquants : Benjamin Breault – Nicolas Motreff – Vikhael To Landry ; Alexandre Quesnel (A) – Jaroslav Prosvic (C) – Michal Dian ; Jonathan Avenel – Graham Avenel – Jérémie Romand ; Sébastien Delemps ; Quentin Berthon.
 
Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Dimitri Motreff, Sacha Grimshaw. Absent : David Hennebert (genou).
 
Strasbourg
 
Gardien : Vladimir Hiadlovsky.
 
Défenseurs : Matthew Bruneteau – Benjamin Danford ; Pierrick Hoehe – Jakob Goldberg ; Pierre Bouge – Kenneth Peroff.
 
Attaquants : Jan Pardavy (A) – Elie Marcos (C) – Sébastien Trudeau ; Jan Cibula (A) – Tarik Chipaux – Valentin Michel ; Peter Bourgaut – Julien Baeumlin (alternance avec Shupe) – Julien Burgert ; Anthony Goncalves – Preston Shupe – Mathieu Thomas.
 
Remplaçant : Gilles Beck (G). Absent : David Striz.