Wasquehal - Valenciennes (Division 3, groupe B)

Battus en ouverture du championnat chez leur voisin, les Lions de Wasquehal ont l’occasion de poursuivre leur série de victoires face aux Diables Rouges de Valenciennes. C’est le premier derby disputé à Serge-Charles depuis le début des années 2000, les clubs ayant navigué entre D2 et D3 sans toutefois se croiser, connaissant chacun des soucis de patinoire.

Rencontre d’autant plus particulière que les deux protagonistes alignent des éléments ayant évolué des dans l’autre camp : formé à Valenciennes, Maxime Boschetti a vu cette saison Sébastien Fronty le rejoindre dans la métropole, où Thomas Fauchart, meilleur attaquant des Diables Rouges des deux saisons passées, et Benjamin Lejeune ont fait leur retour. Côté visiteurs, Anthony Guerra, Jérôme Stachowiak, Thomas Van Desteene et Rémi Lageard ont l’occasion de retrouver une glace sur laquelle ils ont évolué pour certains en Division 2 sous les ordres de Frédéric Nilly.

Les souvenirs sont vite oubliés car la lutte fait rage en tête du classement, où Rouen dispose d’une courte avance sur les formations nordistes. Axel Canaguier est le premier à se mettre en évidence, mais les Valenciennois, auteurs du premier lancer par l’ancien Niçois Benjamin De Gubernatis, entrent bien dans la partie. Leur dispositif est agrémenté d’un pressing haut, gênant les locaux. Benjamin N’Guyen est ainsi l’auteur d’une rare faute devant sa zone, enrayée par des équipiers vigilants, comme leur capitaine Thomas, face aux longues passes de Valenciennois désireux d’arriver rapidement aux abords de la cage gardée par Chardon. Au retour à cinq, c’est au tour des visiteurs de subir la pression. À la suite d’un dégagement interdit concédé par Selin, Turpin de l’entrée de la zone emploie Glevanak, heureux de repousser à la sauvette un essai dévié de Mencik dès la mise au jeu. Sous l’impulsion de Boschetti, un début d’incendie est provoqué par le bris de crosse de Lukas Cvejn, dont les présences sont multipliées par le fait que seuls cinq défenseurs sont équipés chez les Diables.

La mise au jeu remportée par N’Guyen est exploitée par Sébastien Fronty, dont le tir en force transperce une défense qu’il connaît bien et prend à défaut le portier slovaque (1-0 à 07'18"). Un deuxième dégagement interdit s’ensuit pour des Valenciennois désormais acculés. Et quand David Selin essaie de sonner la révolte, la paire d’anciens Dunkerquois Angielczyk-Turpin profite de la brèche pour employer Milan Glevanak, auteur de l’arrêt face au premier, mais Benjamin Lejeune a suivi pour compliquer un peu plus la situation de la formation qu’il décrit dans le programme de la rencontre comme son équipe de cœur (2-0 à 08'14").

Débordés par Canaguier, les Hennuyers concèdent leur première pénalité. Depuis sa zone, l’ancien Limougeaud Lukas Janos croit donner un peu d’air à ses nouvelles couleurs, mais peut-être pas à réduire la marque… Un rebond surprend totalement Fabien Chardon, battu sur sa droite par une trajectoire capricieuse (2-1 à 10'57").

Galvanisés, les Diables, blancs pour l’occasion, retrouvent leur allant du début de match. Selin tente d’imiter, de la zone neutre, son équipier en expédiant le palet vers la mitaine de Chardon, puis un autre ancien Slovaque des Taureaux de Feu de Limoges, Marek Matej, efface Verschaeve et adresse une passe dangereuse vers l’enclave, le palet filant à gauche de la cage. Dans un duel d’anciens Béthunois, Boschetti est envoyé en prison pour avoir fait chuter Stachowiak. Le jeu de puissance, orchestré par Cvejn, ne peut contrarier des Wasquehaliens plutôt épargnés, y compris lorsque Fauchart commet une deuxième faute sur Lageard. Moins heureux, Lukas Janos est gêné par un arbitre, voyant sur la première pénalité son portier plonger pour éviter le deuxième but gag de la soirée face à Fauchart, puis perdant sa crosse devant Mencik, réclamant en vain une pénalité.

Au deuxième tiers-temps, la première occasion est encore pour les Lions. Étendu sur la glace, Milan Glevanak parvient à se relever rapidement pour écarter le tir de Maxime Boschetti, de la plaque, au-dessus du plexi. Autre similitude avec la première période, les Diables sont piqués au vif et ne tardent pas à riposter par De Gubernatis, qui centre pour Stachowiak, déjoué par le portier métropolitain, dont la mitaine capte un nouvel essai de Selin. Ce dernier fait ensuite obstacle de son corps pour mettre fin à la contre-attaque menée par Axel Canaguier, mais son compère Cvejn est puni pour dureté.

Épargné depuis cinq minutes, Glevanak plonge sur sa droite pour stopper la tentative de Mencik puis tient bon sur un slalom de Thomas Fauchart entre deux de ses défenseurs. La situation s’inverse sur une perte de palet wasquehalienne. Alors qu’une pénalité est appelée à l’encontre de Dubois, le disque demeure en possession des visiteurs et parvient à Marek Matej, parti seul à la cage. Gêné par le retour de N’Guyen, il ne peut égaliser. Partie remise, car le Slovaque, posté derrière le but sur le jeu de puissance, cherche Janos au centre. Sa passe est déviée et parvient à De Gubernatis (2-2 à 27'47").

La jeune troisième ligne hennuyère accentue la pression sur des Lions bien moins en verve et perdant plusieurs palets de suite. C’est pourtant dans cette tourmente qu’ils réagissent, une nouvelle fois par une accélération de Canaguier. Côté droit, le numéro 8 local cherche la passe vers le centre, où Thomas Fauchart profite de l’aubaine pour redonner l’avantage aux siens (3-2 à 29'52"). Fauchart aurait même pu doubler la mise sur une nouvelle passe de Canaguier. À nouveau en danger, Milan Glevanak est désormais contraint de geler le disque, Cvejn envoie une relance directement sur un adversaire, Robin Morvan en l’occurrence, et Mathieu commet une faute. Dont ne profitent pas des Lions exposés à un lancer puissant de Janos.

Valenciennes termine pourtant assez bien le tiers-temps intermédiaire. Alors que l’on croit au dégagement interdit, François Marchal récupère le caoutchouc dans le coin droit, cherche et trouve aux abords de la cage Cvejn, dont la passe ouvre le but à Matej. L’attaquant manque la cage grande ouverte et croit se racheter avec son centre Clancy, moins en vue, forçant Dubois à redoubler de vigilance. Fabien Chardon, avare de rebond face au Canadien, bloque encore le tir du défenseur Guerra. Les hommes d’Anthony Wagret peuvent enrager devant leur manque de réussite, d’autant qu’avant le deuxième coup de sirène Simon Angileczyk leur joue un deuxième mauvais tour. Le numéro 84 lance, prend son rebond face à un Glevanak esseulé, et finalement battu par Lejeune (4-2 à 39'06"), réussite synonyme de quatrième filet trouvé ce soir par un ancien Valenciennois…

Sans leur entraîneur-joueur, resté sur le banc et remplacé sur le premier trio par François Marchal, les Diables trouvent enfin le fond des filets à la reprise. Sur la droite, Rémi Lageard oblige Fabien Chardon à concéder un rebond, qu’il récupère avant de contourner la cage et le glisser du revers dans la cage (4-3 à 41'56"), puis Benjamin De Gubernatis efface le dernier défenseur, Benjamin Louf, pour ajuster le portier côté plaque (4-4 à 44'41").

Les encouragements pour les joueurs de la cité de Watteau redoublent et le jeu devient plus rugueux, ce qui a le don d’énerver les Valenciennois, seuls sanctionnés au cours du dernier vingt, à quatre reprises. Milan Glevanak tient bon, à la renverse aux devants de François Piquet, un sacrifice de Janos, claudiquant pour regagner le banc suite à un tir de N’Guyen, l’épargnant ensuite. Cvejn en prison, Benjamin N’Guyen se démène pour tromper Glevanak, encore là pour contrecarrer ses plans.

Le dégagement hors-limites de Lageard sera de trop pour des Diables vindicatifs car s’estimant lésés d’une faute préalable non sifflée à l’encontre des hommes de Frédéric Nilly. En double supériorité, Wasquehal combine un peu plus, jusqu’à un lancer non cadré de Jakub Mencik, et une tentative en angle de Fauchart face à des bottes solides. C’est après le retour d’un quatrième élément que les Diables lâchent, un lancer de Grégory Dubois étant repoussé dans un temps par le gant de Glevanak, mais Axel Canaguier a bien suivi (5-4 à 52'44").

Au cours d’une fin de match tendue, Valenciennes ne disposera que d’une occasion de recoller à la marque, par Marek Matej, mais le palet sera sauvé sur la ligne par des défenseurs wasquehaliens désireux de ne plus se faire rejoindre. Cette courte victoire, la plus difficile de la saison, permet aux joueurs de la Métropole de reprendre la première place. Frustrés, les Valenciennois trouveront sans doute dans cette défaite plusieurs motifs de satisfaction, à commencer par une détermination et un engagement constants, afin d’assurer une nouvelle présence en play-offs.

Commentaires d’après-match

Frédéric Nilly (entraîneur de Wasquehal) : "On retient avant tout la victoire. Si l’on veut aller loin, il faudra plus de métier. Au dernier tiers-temps, l’équipe n’est pas, contrairement au match aller, tombée dans le piège de l’agressivité adverse et a su se contenir. Plusieurs pénalités ont fatigué les Diables Rouges et entraîné le but victorieux. Le gardien de Valenciennes a été très présent. Mais à la fin du deuxième tiers-temps, le match doit être plié : nous avons raté des occasions limpides mais marqué des buts de raccroc. Sur les deux contre un, on doit marquer plus souvent et ne pas laisser revenir une équipe ayant moins d’opportunités de marquer. C’est frustrant, mais il faut trouver les espaces, faire circuler les palets. Sans solutions franches, plutôt que de lancer on tente une passe et on prend un contre. Il faut souligner le fait d’avoir réussi à empocher la victoire après les deux buts concédés tout en évitant les pénalités."

Anthony Wagret (entraineur-joueur de Valenciennes) : "On savait que l’on n’avait pas le droit de baisser la garde face à Wasquehal. On l’a fait deux fois pendant cinq minutes, ce qui nous a coûté le match. Wasquehal comme nous a eu de bonnes occasions, cela a tourné à leur avantage. Je pense que l’intensité était là, de même que l’envie. Les pénalités concédées sont parfois bêtes, mais surtout provoquées par l’intensité mise dans les duels et je préfère avoir des joueurs qui se battent que les voir évoluer à deux à l’heure. Sans arrêt de jeu dans les dernières minutes, je n’ai pas pu prendre de temps-mort et sortir Milan Glevanak."


Wasquehal – Valenciennes 5-4 (2-1, 2-1, 1-2)
Samedi 6 décembre 2014 à 18h45 à la patinoire Serge-Charles. 300 spectateurs.
Arbitrage de Quentin Candelier et Alexandre Hauchart.
Pénalités : Wasquehal 8' (6’, 2’, 0’), Valenciennes 16' (4’, 4’, 8’).
Tirs : Wasquehal 42 (12, 15, 15), Valenciennes 29 (9, 11, 9).

Évolution du score :
1-0 à 07'18" : Fronty assisté de N’Guyen
2-0 à 08'14" : Lejeune
2-1 à 10'57" : Janos (inf. num.)
2-2 à 27'47" : De Gubernatis assisté de Matej (sup. num.)
3-2 à 29'52" : Fauchart assisté de Canaguier
4-2 à 39'06" : Lejeune assisté de Turpin
4-3 à 41'56" : Lageard assisté de De Gubernatis
4-4 à 44'41" : De Gubernatis assisté de Van Desteene
5-4 à 52'44" : Canaguier assisté de Dubois (sup. num.)


Wasquehal

Gardien : Fabien Chardon.

Défenseurs : Grégory Dubois - Sébastien Fronty ; Thibault Verschaeve - Jakub Mencik ; Alexis Thomas (C) - Benjamin Louf ; Albin Terrenoire à 52'44".

Attaquants : Axel Canaguier - Benjamin N’Guyen - Thomas Fauchart (A) ; Benjamin Lejeune – Benjamin Turpin - Simon Angielczyk ; François Piquet - Maxime Boschetti (A) - Robin Morvan.

Remplaçants : Jean-Christophe Rohart (G), Valentin Vienne, Nicolas Hamoudi, Anthony Kiffer.

Valenciennes

Gardien : Milan Glevanak

Défenseurs : David Selin - Lukas Cvejn ; Anthony Guerra - Lukas Janos ; Ludovic Mathieu.

Attaquants : Anthony Wagret (puis François Marchal à 40'00") - Brayden Clancy - Marek Matej ; Jérôme Stachowiak (C) -  Rémi Lageard (A) - Benjamin De Gubernatis ; François Marchal (puis Vincent Grenier à 40'00") - Allan Harmegnies - Thomas Van Desteene.

Remplaçant : Romain Drouin (G). Absents : Louis Camurat et Emmanuel Morage (blessés).