Rouen - Épinal (Coupe de France, quart de finale)

Rouen, dans le dernier carré, est le seul à pouvoir réaliser le triplé !

Ce qui semblait compliqué il y a un mois, conserver de hautes ambitions dans toutes les compétitions nationales, a été fait par Rouen.

2014-12-09-Rouen-EpinalLes joueurs du tandem Ari Salo – Guy Fournier, ce soir renforcé par leur dernière recrue Danny Groulx (sur la glace à la place de Faure, ménagé, sur le banc), ont eu à cœur de ne pas dilapidé le travail de Rodolphe Garnier, écarté début novembre. Rouen est la seule équipe (avec Gap) à avoir atteint les demi-finales de chaque coupe ! Mieux, le RHE76 est la seule organisation encore en course pour réaliser le triplé tricolore ! Même le champion et CHL'iste, les Diables Rouges de Bernier et Labrecque, même le finaliste européen, l'ASGA de Lefebvre et Aubin, et surtout, même l'ogre grenoblois de Chouinard et Zajkowski ne peuvent en dire autant !

L'enthousiasment Gamyo du début de saison, qui peine à passer la seconde en ce moment, a bien résisté, même sans Kara absent, avec talent dans la dernière passe (Kloz, Kuralt) et dans la finition (Ograjensek et Plch) au premier tiers, bien réagi dans le deuxième, grâce à un fore-check plus haut, une opportunité à cinq contre trois et un magnifique but de Béron, mais a manqué de jus, donc de précision et de lucidité dans le dernier pour espérer mieux que des honneurs.

Les Dragons sont retombés dans leurs travers, quelques erreurs directes dans le premier vingt, une agressivité tiède pendant la première moitié de la période médiane, qui leur a valu de jouer avec le feu. Ils ont aussi confirmé avoir recouvré une terrible efficacité dans leurs unités spéciales (coefficient +125%, digne des grandes marées), et fait la besogne, au charbon, là où ça fait mal, dans la bande et surtout aux rebonds (Koudys, Lampérier, Lacroix, Thinel, Janil).

2014-12-09-Rouen-Epinal2Hocevar et Riopel, les deux gardiens, ont eu du boulot au début du match. Le premier nommé a frustré Francis Charland du plastron (3'17). Le second, lorsque les Normands jouaient en infériorité après une faute offensive de Coulombe, écartait un envoi de Hordelalay qui se présentait devant lui (3'59). Si Antonin Manavian intervenait avec à-propos devant Kuralt (4'38), les coéquipiers du charismatique défenseur rouennais étaient battus dans la bande par Moisand. Ils laissaient Kloz parfaitement relayer la relance du champion d'Italie 2014, pour Ograjensek qui, prenant de la vitesse en zone neutre, pénétrait facilement à gauche du slot. Des poignets, le Slovène mystifiait admirablement Riopel d'un lancer dans le haut des filets, côté mitaine (0-1 à 6'17).

Les joueurs des bords de Seine égalisaient en supériorité par Maxime Lacroix qui déviait un tir de la pointe de Charland (1-1 à 8'50). Puis, ils prenaient les devants, dans un filet ouvert, par Julien Desrosiers se saisissant d'un retour de tir de Janil (2-1 à 12'10). Néanmoins, les Spinaliens parvenaient à égaliser. Anze Kuralt profitait en zone neutre d'un des nombreux jeux approximatifs de Cunningham pour s'échapper sur la gauche, l'ailier fixait Riopel pour mieux délivrer une offrande à Plch à droite, qui ajustait en hauteur dans une cage dégagée (2-2 à 15'42). Enfin, Rouen s'en tirait à bon compte dans le premier tiers à la faveur de son jeu de puissance. Antonin Manavian dans l'axe, exécutait, malgré lui, une passe parfaite sur la gauche reprise par Guénette esseulé (3-2 à 16'37, ci-dessous).

2014-12-09-Rouen-Epinal4Au retour, Philippe Bozon a sans doute changé son plan de match. Dans tous les cas, l'échec-avant des ex-Dauphins se faisait beaucoup plus haut et souvent à trois. Rouen est pressé. Poussé à la faute. Mais résiste. Nicola Riopel retarde l'échéance (26'10) et Hocevar est au diapason sur la seule offensive normande, une passe abandon de Lacroix dans son dos, frappée par Desrosiers (26'56).

Le jeu s'est débridé. Le trio arbitral intervient ou non, mais toujours à contre-emploi. Les équipes sont désorganisées. C'est dans ce contexte que l'ancien Amiénois, Gregory Béron, peut chalouper à gauche et délivrer du cercle, un tir balayé dans la lucarne opposée. Magnifique (3-3 à 28'25).

Le RHE76 n'est pas bien. François-Pierre Guénette maîtrise mal sa crosse qui est trop haute et se rend au cachot pour douze minutes (2'+10'). Puis, Daultan Léveillé dégage directement au-dessus du plexi, ce qui contraint les Rouennais à défendre avec deux hommes de moins pendant une minute et seize secondes. Il reste neuf secondes de vie à la double supériorité spinalienne quand Alain Goulet frappe de la pointe (3-4 à 30'42).    

2014-12-09-Rouen-Epinal5Les Dragons, qui viennent de se tirer une balle dans le pied, vont immédiatement réagir à la douleur. Ils obtiennent un power-play sur lequel Andrej Hocevar détourne un tir frappé à mi-distance de Charland excentré (32'36). Mais le gardien ne sera pas aussi solide pour contrarier Dan Koudys courageux et pugnace au rebond d'un lancer de Thinel (4-4 à 33'47). Les locaux sont toujours en avantage numérique parce qu'Alain Goulet a été réprimandé d'un cinglage sur la jambe de Koudys lors du but égalisateur. Antonin Manavian, décidément inspiré, s'est démarqué à gauche, à mi-distance, mais n'ajuste pas la mire (35'35). Finalement, le Gamyo peut souffler lorsque son défenseur revient sur la banquise (35'47). Pas longtemps car Wes Cunningham de la bleue trouve le poteau (36'45). La troisième ligne locale pousse mais Dan Koudys ne peut conclure un moment fort (37'35).

Depuis la pénalité de François-Pierre Guénette, les noirs-et-jaunes jouent avec uniquement deux joueurs de centre : Lacroix et Léveillé. Le premier nommé ne se prive pas d'un temps de glace allongé et s'en donne à cœur joie. Marc-André Thinel, de près, d'un petit mouvement des poignets fait passer la rondelle du revers derrière Hocevar sur un rebond d'un tir de l'ex-Steeler (5-4 à 38'31). Juste avant la seconde pause, Daultan Léveillé, l'autre surchargé, se fait remarquer lorsque Charland le sollicite pour une échappée qui ne sera pas fructueuse (38'59). Puis, à deux-contre-presque-zéro, Marc-André Thinel fait adroitement fructifier, toujours du revers, une passe de Lacroix (6-4 à 39'34). Coup doublement dur pour Épinal car Jan Plch écope alors de dix minutes de cachot.

2014-12-09-Rouen-Epinal3Dans la dernière période, l'ICE essaiera d'aller à la cage, mais privé de son buteur (10 filets, 2e total en ligue Magnus et meilleur total spinalien), ce sera trop poussivement. Derrière, les Rouennais sont bien regroupés. Ils se projettent devant sans partir à l'abordage. La défensive des Lorrains est sur la brèche mais s'en sort grâce au talent de Ouimet - entrave sur Koudys (42') - ou l'implication de Petrak - plongeon sur la glace sur un jeu entre Thinel et Groulx (57'05) - mais surtout au dévouement de Charpentier qui a bloqué dans le haut du corp un tir frappé fort de Manavian (51'08). Le jeune arrière, sans doute en manque de respiration, ne reprendra pas la partie.

Même si une chance, non cadrée, de Michal Petrak pouvait le faire espérer (55'45), le Gamyo n'a pas réussi à réduire l'écart dans le dernier acte. Malgré tout, Philippe Bozon a appelé son temps-mort et a remplacé son gardien par un attaquant supplémentaire (57'43). Sur la seconde prise de « risque maximale » (cage vide), Julien Desrosiers a récupéré la rondelle, la conduisait en zone offensive et l'offrait dans l'axe, sans opposition, à Maxime Lacroix, l'homme du match (7-2 à 59'54).

Étoiles du match : Maxime Lacroix *** (Rouen), Marc-André Thinel ** (Rouen) Julien Desrosiers * (Rouen)

 

Rouen – Épinal 7-4 (3-2, 3-2, 1-0)
Mardi 9 décembre 2014 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2046 spectateurs.
Arbitres : M. Damien Bliek assisté de MM. Aurélien Smeeckaert et Thomas Caillot.
Pénalités : Rouen 18' (2', 6'+10', 0') ; Épinal 22' (8', 4'+10', 0')
Supériorités : Rouen 3/6, Epinal 1/4
Chances : Rouen 6 (2, 5, 0) ; Épinal 4 (1, 2, 1)

Évolution du score :
0-1 à 06'17" : Ograjensek assisté de Kloz et Moisand
1-1 à 08'50" : Lacroix assisté de Charland et Coulombe (sup.num.)
2-1 à 12'10" : Desrosiers assisté de Janil et Lacroix
2-2 à 15'42" : Plch assisté de Kuralt et Petrak
3-2 à 16'37" : Guénette assisté de Manavian et Lampérier (sup.num.)
3-3 à 28'25" : Béron
3-4 à 30'42" : Goulet assisté de Petrak (double sup.num.)
4-4 à 33'47" : Koudys assisté de Thinel et Groulx (sup.num.)
5-4 à 38'31" : Thinel assisté de Lacroix et Groulx
6-4 à 39'34" : Thinel assisté de Lacroix et Lampérier
7-4 à 59'54" : Lacroix assisté de Desrosiers (cage vide)
 

Rouen

Gardien : Nicolas Riopel.

Arrières : Danny Groulx – Antonin Manavian ; Patrick Coulombe – Jonathan Janil ; Léo Guillemain – Wes Cunningham.

Attaquants : Loïc Lampérier – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel (C) ; Julien Desrosiers (A) – Maxime Lacroix – Francis Charland ; Loup Benoit – Daultan Léveillé – Dan Koudys.

Remplaçants : Fabrice Lhenry, Raphaël Faure, Aurélien Dorey, Antoine Mony, Alexandre Lubin et Johan Saint-André.

Épinal

Gardien : Andrej Hocevar (sorti de 57'43 à 59'34 et de 59'42 et 59'54)

Arrières : Vojtek Kloz – Maxime Moisand ; Maxime Ouimet (C) – Alain Goulet ; Martin Charpentier – Gaspr Susanj ; Aziz Baazzi.

Attaquants : Peter Valier – Michal Petrak – Jan Plch (A) ; Anze Kuralt – Gregory Béron – Ken Ograjensek ; Anthony Rapenne – Yannick Offret (A) – Maxime Martin ; Pierre-Charles Hordelalay – Matthieu Leblond – Nicolas Leonelli.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G) et Nathan Ganz. Absents : Vincent Kara (convenance personnelle) et Peter Slovak (?).