Mondial Junior 2015 : premier bilan avant les quarts

Avant les quarts de finale qui se dérouleront cette nuit, faisons le point de ce premier tour avec plusieurs confirmations et quelques surprises.

Groupe A

Flag of Canada.svg1. Canada

La victoire de Sotchi aux Jeux olympiques a enclenché une mission de reconquête du Canada. Champions du monde pour la dernière fois en 2009, sans médaille les deux éditions précédentes, les juniors ont parfaitement négocié la phase de groupe de ce Mondial U20 à domicile. Les Canadiens ont d'ailleurs bouclé cette première étape avec une victoire lors de la finale électrique du groupe face aux États-Unis (5-3). Quatre victoires, 21 buts marqués pour 4 encaissés, la troupe de Benoît Groulx n'a, pour le moment, pas failli à sa tâche. 

Avec une Coupe Memorial en poche et déjà présent devant les filets canadiens l'année passée, Zachary Fucale semblait s'établir comme le numéro 1 jusqu'à ce que Groulx titularise Eric Comrie, auteur d'un blanchissage contre l'Allemagne, face aux USA. Le sélectionneur, passé par Brest, Viry et Rouen, était très attaché à donner une chance au gardien de Tri-City en Ligue de l'Ouest. Mais les 25 arrêts et les deux buts de Larkin encaissés à 1'52" d'intervalle en toute fin de match face aux Américains seront-ils suffisants ? Benoît Groulx demeurait évasif quant au sujet du titulaire, rappelant que rien n'est déterminé et que chaque décision, réfléchie, se fait au jour le jour. Finalement, c'est bel et bien Fucale, espoir du Canadien de Montréal, qui aura à charge les filets face au Danemark.

Équipe Canada Junior, comme on la nomme au Québec, demeure impressionnante. La défense est difficilement perméable autour des Josh Morrissey, Darnell Nurse et Shea Theodore. L'équipe a profité de la moitié des jeux de puissance et n'a encaissé qu'un seul but en infériorité numérique. Ottawa peut se réjouir d'avoir un futur leader avec le capitaine Curtis Lazar, polyvalent, efficace et excellent aux engagements avec 75% de réussite. Deuxième joueur le plus jeune de l'effectif, le surdoué Connor McDavid, auréolé déjà de tous les superlatifs, a obtenu un point par match. Enfin, la première ligne est encensée avec Anthony Duclair - Max Domi - Sam Reinhart. Reinhart est en tête du classement des meilleurs marqueurs avec 8 points, bien aidé par l'excellente vision du jeu du petit maître à jouer Domi, qui a hérité de son père Tie - 3500 minutes de pénalité en carrière NHL - d'un certain goût à provoquer le banc adverse, ce qu'il n'a eu de cesse de faire face aux États-Unis. 

Voilà les jeunes Canadiens prêts à batailler pour remporter l'or chez eux, objectif qu'ils n'ont pu atteindre en 2010 et 2012.

Flag of the United States (Pantone).svg2. États-Unis

À la défaveur d'une dernière défaite contre le Canada, les États-Unis ont finalement concédé la première place et s'offriront un quart de finale au sommet face à la Russie. Le capitaine Jack Eichel, qui devrait lutter avec McDavid pour le premier rang du prochain repêchage NHL en 2015, a confirmé son talent. Malgré les comparaisons incessantes avec son homologue canadien, malgré le raccourci des médias à faire du Canada - États-Unis un choc McDavid - Eichel. Néanmoins, Eichel, qui comptabilise 3 points, a le plus souvent été muselé par l'arrière garde canadienne Nurse - Theodore. Frustré après ce match, il sera très intéressant de voir sa réaction par la suite, à commencer par le quart contre la Russie.

Au même âge, sélectionné par Détroit en 2014 au quinzième rang, Dylan Larkin a attiré l'attention en menant l'offensive US avec 7 points dont un surprenant doublé en fin de match face au Canada. L'explosivité de Larkin, qui joue dans son état de naissance à l'Université du Michigan, a forcé l'entraîneur Mark Osiecki à lui attribuer un acolyte de luxe. En effet, Sonny Milano, un autre choix NHL de premier tour 2014, a été propulsé aux côtés de Larkin, Osiecki cassant un duo Eichel - Milano qui semblait évident puisque ces deux-là furent partenaires de ligne pour la majorité de la saison dernière. La démarche est pourtant louable puisque le duo Larkin - Milano a amassé 7 points dont 4 buts lors des deux dernières rencontres face à la Slovaquie et au Canada. Avec l'homme à tout faire Hudson Fasching (ratio de +7), les Américains se sont découvert une première ligne complémentaire et explosive.

Si l'on a gardé le suspense côté canadien quant à la désignation d'un titulaire devant les filets, les Américains ont leur certitude. Thatcher Demko a tout simplement été remarquable jusqu'à maintenant. Le massif portier de Boston College, deuxième choix de Vancouver en 2014, a répondu présent avec des statistiques flatteuses : une moyenne de buts encaissés de 1,31 et 95,5% en moyenne d'arrêts dont 38 sauvetages la nuit du Nouvel An contre le Canada.

Dans l'histoire des Championnats du monde junior, les États-Unis n'ont vaincu le Canada qu'à sept reprises en 42 matches. Mais, depuis le dernier sacre canadien en 2009, le Team USA U20 a remporté l'or deux fois dont une en terre canadienne à Saskatoon. L'histoire va t-elle se répéter ?

Flag of Slovakia.svg3. Slovaquie

Ces dix dernières années, la Slovaquie est devenue régulièrement menacée par la relégation. On craignait d'ailleurs le pire lorsque les jeunes représentants de la double-croix se sont fait démolir par le Canada 8-0 en ouverture. Pourtant, l'objectif de l'entraîneur Ernest Bokroš est atteint. Ses joueurs ont tenu le 0-0 durant 37 minutes face aux Américains et ils ont surtout aligné deux victoires, une face aux champions du monde finlandais (2-1) et une face à l'Allemagne (5-2), un double succès synonyme de qualification pour les quarts de finale pour une deuxième année de suite.

C'est cette capacité à réagir qui a sauvé l'équipe, notamment de la part du gardien Denis Godla. Après une rafale canadienne, beaucoup auraient été fragilisés mentalement. Mais le jeune portier du Slovan Bratislava a tout de même été titularisé par Bokroš le lendemain contre la Finlande. À raison puisque Godla fut l'un des grands artisans de la victoire avec 37 arrêts. Ajoutez 42 sauvetages face aux États-Unis et 32 aux dépens de l'Allemagne, le garçon a clairement démontré de la force de caractère et demeure l'atout numéro 1 de cette équipe qui va se frotter au grand rival tchèque pour un quart très ouvert. 

Pour vaincre le faux-frère, il faudra que Godla continue à multiplier les miracles, que l'équipe demeure solidaire et que l'attaque trouve davantage de créativité. Le petit génie Martin Réway (5 points), autre espoir du Canadien de Montréal, a marqué trois des sept buts de son équipe. Ce quart aura d'ailleurs une saveur très particulière pour Réway. Il est né seulement deux ans après la scission de la Tchécoslovaquie, à Prague d'un père slovaque et d'une mère tchèque, et il a quitté le Québec et Gatineau pour revenir cette saison au Sparta.

Martin Réway a pourtant décidé de défendre les couleurs d'une Slovaquie qui peut envisager d'atteindre le cap des demi-finales, dernier carré qu'elle n'a touché que deux fois dans son histoire dans un Championnat du monde junior : 1999 et 2009.  

Flag of Finland.svg4. Finlande

Championne du monde junior en titre, la Finlande termine à une décevante quatrième place. Après avoir vaillamment résisté aux Américains (1-2), les Lionceaux ont ensuite trébuché face à la Slovaquie (1-2), au Canada (1-4) avant d'obtenir un succès laborieux aux dépens de l'Allemagne (2-0). Après un premier tour frustrant, l'explication est vite trouvée : l'inefficacité offensive. Les Finlandais n'ont inscrit que 5 buts pour 133 lancers, soit un pourcentage de réussite aux tirs, catastrophique de 3,76% ! Précisons également qu'ils n'ont pour le moment marqué aucun but en supériorité numérique malgré 32'52" du temps passé en jeu de puissance, le plus élevé dans ce Mondial Junior, un comble !

Autant dire que l'on regrette déjà l'altruisme de Teuvo Teräväinen et l'efficacité de Saku Mäenalanen, deux leaders offensifs qui ont largement contribué à la médaille d'or l'année dernière. Dans ce marasme, seul un joueur a tiré son épingle du jeu : Mikko Rantanen du TPS Turku qui a marqué trois buts. Reste donc au coach Hannu Jortikka de plancher encore sur les bonnes combinaisons. Jortikka furieux à l'issue de la conférence de presse face au Canada parce que... Benoît Groulx n'avait employé que le français pour ses réponses aux journalistes. On serait tenté de dire qu'il y a peut-être plus urgent comme problème à l'heure actuelle...

Sans surprise, aucun souci par contre devant les filets, si ce n'est que Juuse Saros, choix de prédilection de l'ancien sélectionneur Karri Kivi il y a un an mais qui a connu deux revers cette année, est en passe de lâcher son poste de titulaire. Et c'est son suppléant de l'édition précédente, Ville Husso, qui devrait avoir la préférence de Jortikka. Coéquipier de Yohann Auvitu au HIFK, Husso a réalisé 36 arrêts contre les Américains et un blanchissage contre les Allemands.

En quart de finale, la Finlande retrouvera une vieille connaissance, la Suède, qu'elle avait battue l'année dernière en finale à Malmö. Cependant, la tâche s'annonce rude, tant l'inefficacité finlandaise soulève de nombreuses interrogations et tant la "Juniorkronorna" a impressionné jusqu'à maintenant. Mais jouer les grands rivaux suédois a toujours suscité le dépassement chez les Finlandais.

Flag of Germany.svg5. Allemagne

Avec les deux nations nord-américaines intouchables et des Slovaques qui se sont offerts les champions du monde en titre, éviter la dernière place semblait fortement compromis pour la jeune Nationalmannschaft. Pourtant, les jeunes Allemands ont livré une dernière grande bataille face à la Finlande pour échapper à ce dernier rang synonyme de tour de relégation. 

Le gardien Kevin Reich a peut-être pris un but dès la 3e minute mais ses parades, 36 au total, ont frustré des Finlandais déjà en mal de confiance. Insuffisant malheureusement pour valider pour le moment un ticket pour le Mondial Junior à Helsinki l'année prochaine. D'autant plus que l'Allemagne n'a inscrit pour le moment que deux buts dans cette compétition, deux buts marqués par le même homme : Frederik Tiffels. Étant donné le peu de profondeur en attaque, on regrette particulièrement l'absence du grand espoir du hockey allemand : Leon Draisaitl.

En fait, la crise d'Edmonton aura peut-être un impact direct sur le devenir de l'équipe d'Allemagne. Draisaitl était éligible pour la dernière fois en équipe nationale junior mais lorsque son sélectionneur Pat Cortina l'a réclamé, la direction des Oilers a refusé. Sauf que depuis, de l'eau a coulé sous les ponts de la capitale albertaine. L'organisation d'Edmonton a opéré un grand chambardement et Leon Draisaitl ne semble plus faire partie des plans de son équipe NHL cette année. Les Oilers souhaitent en effet le renvoyer très prochainement en WHL, sachant que ses droits en Ligue de l'Ouest devraient changer, de Prince Albert à Kelowna. On peut comprendre la frustration de Pat Cortina face à une équipe d'Edmonton qui avait tout intérêt à le céder pour dix jours d'intense compétition avec un temps de jeu conséquent. Mais brûler des ailes à de jeunes espoirs est devenue une sale habitude ces dernières années à Edmonton, et c'est d'autant plus dommage que Draisaitl pouvait reformer une première ligne qui fonctionnait très bien la saison dernière avec Dominik Kahun et justement Tiffels.

Sans leur étoile, il ne reste plus aux Allemands qu'à sauver leur peau en élite mondiale face à la Suisse pour une ronde de relégation qui s'annonce serrée avec deux victoires impératives.

Groupe B

Flag of Sweden.svg1. Suède

Malgré trois finales consécutives dont une en or en 2012, les Suédois sont arrivés à Toronto avec une valise pleine de doute. Rikard Grönborg, coach de la Juniorkronorna, a dû faire face à aux absences de l'attaquant André Burakovsky (retenu par les Capitals de Washington) du défenseur Oliver Kylington et du gardien Jonas Johansson (tous deux blessés). Et l'embarrassante gifle face aux États-Unis 10-5 à trois jours du début des hostilités ne laissait présager rien de bon.

Et pourtant, la Suède a remporté son groupe pour la huitième année consécutive, carton plein de quatre victoires comme le Canada. Le bilan est désormais de 32 victoires consécutives en phase de groupes, la dernière défaite remontant à 2006 face aux États-Unis... à domicile à Leksand. En l'absence de Johansson, et Samuel Ward victime de ses performances en préparation, Linus Söderström a finalement été désigné titulaire devant les filets scandinaves. Ce grand portier de l'école de Djurgården a disputé les quatre matches de son équipe, fait rare pour une nation étiquetée favori. Et le quatrième choix des Islanders de New York en 2014 - aucun lien avec Tommy Söderström - a fait des merveilles devant le but avec 94% d'arrêts.

En plus de cette assurance devant la cage, la Suède a affiché beaucoup d'efficacité avec au total 18 buts. L'attaque est particulièrement homogène et le danger peut provenir de n'importe quelle ligne, même de derrière. Autant dire que la Finlande aura beaucoup de mal à tenir la comparaison en quart de finale. Parmi les plus en vue, on peut citer Adrian Kempe, Axel Holmström, Oskar Lindblom, le vaillant capitaine Jacob de la Rose et le défenseur ultra offensif Gustav Forsling. Et puis il y a le phénomène. Que William Nylander ait foulé la glace de Toronto devant de nombreux fans des Maple Leafs, dans une ville qu'il illuminera de son talent dans les années à venir, l'image est symbolique. Malgré la marée de journalistes, canadiens et suédois, malgré les yeux de connaisseurs fans des Leafs, Nylander (7 points) a totalement assumé son rôle de maestro. 

Le système junior suédois affiche encore son éclat cette année. Beaucoup de joueurs se côtoient depuis quelques années et un noyau a joué ensemble au Mondial U18 au printemps dernier. Cette exemplarité permettra-t-elle à la Suède d'atteindre les demi-finales pour la neuvième année consécutive ? 

Flag of the Czech Republic.svg2. République Tchèque

Trois quarts de finale consécutifs en U20 et une finale en U18 constituaient une lueur d'espoir pour la République Tchèque. Lueur d'espoir que l'on croyait désintégrée quand les Tchèques ont subi deux revers d'entrée, 5-2 pour la Suède, 5-2 pour la Suisse. Et il s'en est fallu de peu pour que les Tchèques se laissent avoir par d'infatigables Danois. Heureusement, la catastrophe fut évitée, le capitaine Dominik Kubalík égalisant à 3-3 à trois minutes de la fin et David Pastrnák marquant le but gagnant en prolongation. En dépit du pessimisme de la presse tchèque avant le duel final contre la Russie qui voyait déjà un fiasco venir, ce retournement de situation a finalement créé un déclic psychologique. Un gain improbable aux dépens des Russes, le premier en 15 ans de Mondiaux Juniors, a alors permis à la troupe de Miroslav Prerost de rejoindre de nouveau les quarts de finale.

Les erreurs inutiles, le manque de cohésion et de simplicité ont finalement forcé toute l'équipe à se remettre en question. Même devant la cage, Prerost, qui avoue avoir passé de nombreuses nuits blanches, a changé son fusil d'épaule, la page Vítek Vanecek semblant avoir été tournée. Véritable coup de poker du coach pour sauver son tournoi, Miroslav Svoboda a fait ses débuts dans un Championnat du monde Junior à l'occasion du dernier match du groupe en n'allouant qu'un but à la Russie. Il est donc fort probable qu'il garde les filets face à la Slovaquie.
  
Un quart de finale contre le rival que devront négocier les Tchèques avec leurs nouvelles résolutions. Si Svoboda s'avère solide au sein d'une équipe appliquée, si le talentueux espoir de Boston David Pastrnák (7 points) parvient à transcender ses coéquipiers, alors la République Tchèque rejoindrait une demi-finale qui se refuse à elle depuis une décennie.  

Flag of Russia.svg3. Russie

Rodée grâce à d'excellentes performances lors de la traditionnelle Super Série Subway de novembre face aux stars des Ligues Canadiennes, la Russie de Valeri Bragin a laissé sur sa faim à l'issue de ce premier tour. Alors que la Sbornaïa junior s'est imposée de justesse en ouverture contre le Danemark en fusillade, sa large victoire aux dépens des Suisses (7-0) et la courte défaite devant la Suède (2-3) ont plongé cette équipe dans une sorte de suffisance avant le duel perdu contre les Tchèques (1-4). Un véritable non-match de la Russie, endormie et éclipsée par l'enthousiasme de la Tchéquie.  

Revenu derrière le banc de la section U20 dans l'espoir qu'il réédite le sacre de Buffalo en 2011, Valeri Bragin n'a pas tardé à faire une mise au point, précisant que "l'équipe était trop détendue quand il y a peu d'enjeu" et il espère que la motivation agira comme moteur. La moteur va devoir ronfler car l'opposition sera terrible avec une équipe des États-Unis surmotivée et qui pourra compter sur de nombreux supporteurs. 

À quel gardien Bragin offrira-t-il sa confiance ? Ilya Sorokin a sauvé son équipe du naufrage face aux Danois aux tirs au but mais il a cédé contre la Suède. Igor Shestyorkin a blanchi la Suisse mais il s'est perdu contre la République Tchèque. L'énergie observée contre la Suède - le meilleur match des Russes malgré la défaite - et l'effort collectif seront primordiaux. La locomotive Buchnevich - Barbashyov - Leshenko (12 points à eux trois) va devoir tirer tout un groupe dans le même sens. 

Cette Russie, moins rutilante que les années précédentes, tiendra-t-elle le choc face à la tornade américaine ? 

Flag of Denmark.svg4. Danemark

La place en finale obtenue au "World Challenge A", tournoi préparatoire de ce Mondial Junior, était un indice révélateur. Néanmoins, la performance du Danemark demeure remarquable. Échapper à la phase de relégation est une chose. Mais que cette équipe pousse la Russie aux tirs au but et la République Tchèque à la prolongation, c'est autre chose. Au final, le Danemark est parvenu à rentrer dans l'histoire face à la Suisse : cette victoire était la première dans un Championnat du monde Junior élite après 16 matches sans succès, les Danois étant relégués en 2008 et 2012. L'exploit est doublé de la première qualification pour les quarts de finale.

On ne pouvait douter du talent de la première ligne confectionnée par Olaf Eller. Mais celle-ci a littéralement transcendé toute l'équipe qui aura fait preuve d'une énergie folle. Fils du sélectionneur et frère du "Montréalais" Lars, le bosseur Mads Eller s'est parfaitement acclimaté à un trio de choc avec les deux superstars offensives Nikolaj Ehlers, fils de la première grande star du hockey danois Heinz Ehlers, et Oliver Bjorkstrand, deux joueurs capables des séquences les plus folles. 

Mais cette performance historique aurait été impossible sans un gardien de bonne facture. Et c'est George Sørensen, à qui l'on aurait pu prédire toute la misère du monde, formé et évoluant à Herning, qui a épaté la galerie : Sørensen a affiché la quarantaine d'arrêts face à la Russie, la République Tchèque et la Suisse.

Les Danois sont sur un nuage. Mais le plus dur reste à venir avec le plus grand défi, déjà, de leur carrière : résister au Canada à domicile.

Flag of Switzerland (Pantone).svg5. Suisse

La Suisse a connu une grosse désillusion dans ce Mondial U20. Bataillant pour les quarts de finale, la campagne de la Nati junior a été parfaitement lancée quand elle a pris le meilleur sur la République Tchèque dès le premier match 5 à 2. L'entrée en compétition était parfaite et la star de l'équipe Kevin Fiala annonçait que son équipe n'avait rien à envier à la Russie. Sauf que, le lendemain, la jeune troupe à la croix blanche s'est fait démolir par la Russie (0-7).

Les Helvètes ont ensuite perdu un match déterminant contre le Danemark (3-4) avant de déposer logiquement les armes face à la Suède (1-5). Dépendante des autres résultats, la Suisse fut finalement condamnée à la phase de relégation au détriment des Tchèques, qui finirent leur premier tour en battant la Russie.

Les garçons de John Fust auront fait preuve d'un gros manque d'inefficacité devant le but, malgré le fait d'avoir dominé certaines rencontres, et d'une grande indiscipline, la Suisse ayant écopé d'un total de 73 minutes de pénalité. Trop pour prétendre à une place en quart quand on sait que le meilleur élève, les USA, n'a pris que 26 minutes. D'ailleurs, une pénalité de match a sanctionné le défenseur et capitaine Yannick Rathgeb, auteur d'une violente charge sur Anton Blidh, qui sera suspendu deux rencontres. L'absence de ce pilier évoluant en OHL tombe mal au moment où la Suisse devra assurer sa place pour l'année prochaine.

Malgré tout, les jeunes Suisses partent favoris face à l'Allemagne, avec notamment un effectif plus riche et une attaque bien plus menaçante, menée par le duo Kevin Fiala / Timo Meier. Malgré l'opposition physique que fourniront les Allemands, la Suisse devrait en toute logique les dominer. Mais il faudra marquer et également garder son sang froid.

Ces 19 dernières années, il n'y a eu que cinq joutes entre les deux équipes lors des Mondiaux Juniors, toutes remportées par la Suisse. Il faudrait alors aux Allemands de gagner au moins leurs deux premiers matchs de l'histoire face au voisin du sud. Rien que ça.


Tour de relégation (au meilleur des deux matches)

Suisse - Allemagne

Quarts de finale

États-Unis - Russie
Suède - Finlande
République Tchèque - Slovaquie
Canada - Danemark

Meilleurs marqueurs

1. Sam Reinhart (CAN) 8 pts
2. Dylan Larkin (USA) 7 pts
3. Max Domi (CAN) 7 pts
4. Oskar Lindblom (SUE) 7 pts
5. William Nylander (SUE) 7 pts

Meilleurs buteurs

1. Dylan Larkin (USA) 5
2. Oliver Bjorkstrand (DAN) 4
   Max Domi (CAN) 4

Meilleurs gardiens

1. Zachary Fucale (CAN) 97,5% / 0.50 (2 matches joués)
2. Ville Husso (FIN) 96,8% / 0.96 (2 matches joués)
3. Thatcher Demko (USA) 95,5% / 1.31 (3 matches joués)