Dijon - Rouen (Ligue Magnus, 18e journée)

L'ambiance est chaude ce soir à Trimolet où les Archiducs sont prêts à en découdre vocalement avec les supporters rouennais venus en nombre. Il faudra donner de la voix. Sur la glace, c'est physiquement qu'il faudra s'engager des deux côtés.

Le jeu s'établit rapidement en zone dijonnaise, et Salmivirta est sanctionné dès les premières secondes pour un retard de jeu. Les Ducs ont la bonne habitude d'exceller en infériorité, mais les visiteurs mettent la pression, sans être récompensés pour autant. Les ex-Rouennais ont à cœur de se montrer, mais hormis cette infériorité bien négociée, Dijon semble maladroit. Rouen, en face, est affûté, et pas aidé par l'arbitre qui refuse un but aux Dragons pour cause de présence en zone du gardien. Logique, mais sans doute douloureux après le but déjà refusé en finale de Coupe de la Ligue.

BRIANDmathieu20141004169Salmivirta, et c'est inhabituel à Trimolet, a du mal à briller en début de match. Il remet les siens en infériorité à la défaveur d'une crosse haute. Mais les locaux tiennent et c'est à Rouen d'être sanctionné. Les Ducs vont devoir profiter impérativement de chaque avantage dans ce match. L'enjeu n'a pas échappé aux jaune et bleu, et la passe de Gauthier est aussi superbe que le but de Briand qui en découle (1-0, 9'57").

La deuxième supériorité dijonnaise, dans la foulée, n'est malheureusement pas aussi prolifique, et Rouen revient fort à la charge. Dijon déploie pour autant une énergie suffisante pour contenir des Normands jusque-là séduisants. Comme dans tout match serré, les échauffourées ne sont jamais loin, mais force est de constater que l'arbitre tient son match. La nouvelle supériorité dijonnaise ne peut augmenter l'avantage local, et l'indécision n'est pas sans ajouter du piment à ce match qui s'achemine vers sa première pause.

En début de deuxième tiers, Dijon mène d'un petit but. C'est vraisemblablement insuffisant pour Dame-Malka qui, avec son énergie coutumière, crucifie littéralement Lhenry de la bleue (2-0, 21'21"). Les supporters locaux exultent, et l'espoir renaît : les Ducs en ont peut-être enfin fini avec leurs difficultés offensives.

La défense rouennaise, en parallèle, est aux abonnés absents. Dijon rentre chez l'adversaire comme dans du beurre, et Lhenry est forcé de multiplier les arrêts. Les pénalité rouennaise semble alors tomber au plus mauvais moment, mais c'est en fait Dijon qui voit le danger porté devant son gardien. Les Ducs doivent se reprendre de ce petit écart d'attitude, et ne pas perdre le contrôle du match. Rappelons la rébellion rouennaise du match aller, où les Dragons avaient été submergés de pénalités avant de faire rappeler qui ils étaient.

Dijon ne peut pourtant dominer seul les vingt minutes de ce tiers, et l'équilibre revient, avec même un très léger avantage pour Rouen qui bute néanmoins sur Buysse. Cela étant, les locaux butent de la même manière sur Lhenry pendant leur supériorité. Desrosiers a l'opportunité de réduire la marque, à la sortie de prison de Manavian, mais c'est Rech, sur le contre, qui déprime les Dragons, fort bien servi il faut le reconnaître par Gascon (3-0, 33'39").

C'en est trop pour Rouen, qui riposte par Lacroix (3-1, 36'15"). On ne saurait en vouloir aux Dragons au regard du jeu proposé ce soir. Même en difficulté, les Rouennais restent des dangers de tous les instants, et n'est-ce pas comme ça qu'on les aime ? Cette fois, Dijon souffre. Dijon plie. Bergin chipe toutefois joliment un palet pour offrir un contre aux siens, mais Kevorkian est malheureux au moment de shooter. Le second tiers touche à sa fin, il est temps. Dijon, en dépit du but encaissé, a augmenté son avance.

FAUREraphael20140826064Vingt minutes de jeu restantes, deux buts d'avance pour Dijon. C'est une équation simple qui attend chacun à la reprise. Dijon ne doit pas se faire rattraper, et mieux, augmenter encore son avance, et Rouen doit marquer. La question est plutôt de savoir qui aura la tache la plus facile.

Faure dribble joliment, mais ne peut marquer. Rouen est à l'attaque, les locaux ne se laissent pas dépasser. Une mauvaise relance de Mulle place pourtant ses coéquipiers dans une position difficile, avant que Briand et Gauthier ne reportent le danger devant Lhenry. On ne s'ennuie pas !

Le palet est aussitôt revenu en zone dijonnaise, et dans cette situation, la pénalité de Dame-Malka n'aide pas. Rouen en profite de façon immédiate, d'un petit palet qui file entre les jambes de Buysse (3-2, 45'15"). C'est un peu la panique à Trimolet, et le match manque de dégénérer quand Saint-André - au demeurant auteur d'une belle prestation - reste au sol alors même que Léveillé, seul devant Buysse, n'avait pu tromper "Riton".

Lhenry manque ensuite de très peu le but gag de la soirée, quand le palet qu'il s'apprêtait à dégager sur le côté de sa cage se coince dans ses patins. Même les Dijonnais stressés de la fin de match ne se seraient guère contentés d'une telle farce. Elle aura au moins donné de l'air à Dijon qui relève la tête. La déviation de Guenette intervient comme un coup de massue (3-3, 52'43"). Logique, mais quand même...

Tout est donc à refaire dans les sept minutes restantes. Les visiteurs sont évidemment galvanisés. Un rebond mal placé de Buysse donne des sueurs froides au public, mais c'est la cohue devant le but dijonnais qui permet à Rouen de prendre l'avantage pour la première fois. Dur, très dur (3-4, 54'28").

Dijon ne mérite pas totalement ce sort cruel que l'équipe subit depuis quelques semaines déjà. Le travail hyper sérieux de l'équipe est trop peu récompensé contre les grosses écuries. Toutefois, on devrait peut-être se poser la question de cette avance qui a fondu comme neige au soleil.

Les tribunes rouennaises, qui avaient sombré dans la léthargie, se sont réveillées alors même que les supporters dijonnais continuent tant bien que mal d'assurer le show dans un scénario qu'ils ne connaissent que trop bien.

Buysse n'aura l'occasion de sortir de sa cage que dans les dernières secondes, mais la sentence est déjà prononcée pour les Bourguignons. Rouen peut célébrer.

Réactions d'après-match :

Ilpo Salmivirta (attaquant, DHC) : "On a très bien commencé, et ça s'est très mal fini. Je pense qu'on a été trop passif après le 3-0, et les Rouennais ont commencé d'attaquer tout le temps. C'est dur de perdre un match comme ça, 3-0 et après 3-4. J'ai joué 4 ans à Rouen, j'y ai beaucoup d'amis, les supporters... C'était un match spécial."

 

Dijon - Rouen 3-4 (1-0, 2-1, 0-3)

Samedi 3 janvier 2015 à la patinoire Trimolet. 1081 spectateurs.

Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Charlotte Girard et Clément Goncalves.

Pénalités : Dijon 6' (3x2'), Rouen 10' (5x2').

Évolution du score :

1-0 à 09'57" : Briand assisté de Gauthier et Cacciotti (sup. num.)
2-0 à 21'21" : Dame-Malka assisté de Cacciotti et Gauthier
3-0 à 33'39" : Rech assisté de Gascon et Bergin
3-1 à 36'15" : Lacroix assisté de Desrosiers
3-2 à 45'13" : Janil assisté de Charland et Desrosiers (sup. num.)
3-3 à 52'43" : Guenette assisté de Desrosiers
3-4 à 54'28" : Charland assisté de Léveillé et Manavian