Brest – Angers (Ligue Magnus, 20e journée)

Toujours ça de pris 

Rien n’y fait, les Albatros n’y arrivent pas loin de leur nid. Dernier échec en date, la courte défaite dans le temps réglementaire chez le HCMAG, une équipe en concurrence directe pour les play-off avec les Bretons. Un mauvais résultat qui replonge immédiatement Brest en zone rouge. Il reste néanmoins plusieurs matchs pour réagir.

Le premier s’annonce difficile. Angers et son effectif surarmé se présente à la pointe bretonne mais avec dans ses bagages trois rencontres en autant de jours face à des adversaires de haut niveau en Coupe Continentale. Un facteur qui peut rééquilibrer des débats à priori favorables aux Ducs.

Muets loin de leur maison, les Brestois sont néanmoins en grande forme à domicile avec quatre succès successifs. Preuve à l’appui, Jérémie Romand trouve très vite la cible d’un puissant lancer alors que Robin Gaborit était déjà en prison (1-0 à 0’29’’). Un départ du tonnerre qui va assez vite s’essouffler.

Les jambes sont lourdes. Logique pour les Angevins avec un quatrième match en cinq jours. Mais plus surprenant pour Brest visiblement émoussé du long trajet jusqu’à Morzine et de l’énergie dépensée là-bas. Cela donne un rythme empreinté à la rencontre, bien loin du tonique Brest-Amiens. L’impression laissée est celle d’un match de poule en Coupe de la Ligue devant une faible affluence qui n’a pas le plaisir de voir à l’oeuvre l’ex-NHLer Jean-Sébastien Aubin, laissé au repos après son week-end chargé.

Les Ducs angevins montrent vite qu’ils sont un adversaire plus coriace que les Gothiques il y a une semaine et demie. Alors qu’une prison de Yannick Tifu se termine, une remontée de palet angevine est conclue par Walls par un tir semble-t-il dévié involontairement par Reddick qui trompe Léo Bertein (1-1 à 7’50’’).

Les occasions brestoises sont éparses et bien moins fournies que les multiples assauts des joueurs du Maine et Loire, tous stoppés par Bertein jusqu’à la première pause. Leur domination reprend ensuite de plus belle. Un tir croisé de l’Estonien Lauri Lahesalu, dévié par Julien Albert, percute le poteau extérieur (20’30’’).

Ce même Albert est l’auteur du tir repoussé par Bertein qui profite à Gaborit, premier sur le rebond et à qui la défense brestoise a laissé trop d’espaces (1-2 à 24’29’’). L’indiscipline frappe ensuite les Albatros. Une pénalité de Jonathan Avenel est tuée mais non sans mal (poteau de Gaborit à 26’10’’). Celle concédée par Dian pour un accrocher flagrant ((28’28’’) est fatale à Bertein qui laisse passer la reprise au deuxième poteau de Lahesalu (1-3 à 30’22’’).

Encore sanctionnés (accrocher de Graham Avenel à 32’26’’) les temps sont durs pour les Bretons qui font preuve d’une belle résistance et même d’un bel opportunisme. Contre le cours du jeu, Graham Avenel fraîchement sorti du cachot trompe Alexis Neau côté bouclier (2-3 à 30’22’’).

Cela ne remet pas pour autant les locaux dans le droit chemin puisqu’une quatrième pénalité consécutive est appelée à leur encontre (36’26’’) et sanctionnée par un but similaire au troisième. Même situation de jeu : centre et reprise au deuxième poteau, même buteur : Lahesalu (2-4 à 37’10’’).

Un avantage mérité mais les Bretons sont teigneux et continuent de surprendre. Un beau jeu « à toi à moi » entre Ben Breault et Tim Hartung permet à Brest de revenir à un but juste avant la pause (3-4 à 38’07’’) sur un tir excentré du défenseur reconverti, efficacement, en attaquant.

Sébastien Oprandi chamboule ses lignes à l’amorce du troisième tiers. Un mélange payant puisque Neau est davantage sollicité. Paul Bahain commet un mauvais geste au niveau de la nuque de Breault  sanctionné par deux minutes (44’06’’). Le box-play visiteur écarte le danger mais au complet il ne peut empêcher un cafouillage devant le slot. La rondelle fini par revenir à Breault en renard des surfaces qui égalise dans une ambiance qui s’emballe enfin (4-4 à 46’27’’).

Les excellentes interventions défensives d’Andrej Mrena face à Jonathan Avenel (48’57’’) puis To Landry (51’) empêchent Brest de basculer en tête. La tension grimpe et la dimension physique prend un peu d’ampleur. Quesnel se rend coupable d’un coup de crosse à retardement dans le dos de Lahesalu que Gaborit se charge de punir par une énorme charge qui explose le canadien contre le plexi. Les deux protagonistes vont se calmer en prison avec une méconduite en plus pour le Brestois (52’29’’).

Crowder rejoint Gaborit sur le banc des prisons (53’26’’) mais le 4 contre 3 est très mal géré par les noirs (un tir seulement) qui avaient pourtant eu un temps mort pour le préparer. La fin de match est crispante pour le public avec le point du match nul en temps réglementaire qui devient de plus en plus inespéré tant les occasions sont nombreuses sur le but de Bertein. La maladresse adverse et le talent de leur portier offre un point tombé du ciel pour Brest qui a bien failli tout perdre dans les dernières minutes du dernier tiers.

Suite à une énième pénalité locale concédée peu avant le gong par Crossman (59’54’’), les Albatros entament la période supplémentaire à trois. Léo Bertein tient le fort de la cité du Ponant tout au long de la prolongation. Sa cage est assiégée par des Ducs qui se procurent des occasions énormes mais qui n’aboutissent pas… Jusqu’à douze secondes de la séance des tirs au but où Busto perce enfin la muraille d’une déviation ras glace après un lancer de Tifu (4-5 à 69’48’’).

Angers repart de manière logique avec les deux points mais se fut laborieux alors qu’ils semblaient avoir les choses en mains. Malgré un calendrier chargé ils ont fait forte impression ce soir et sans un grand Bertein et davantage de précision la messe aurait été dite plus tôt.

C’est donc un bon point de pris pour Brest qui ne s’en tire pas trop mal au vu de la domination adverse. La ténacité a permis de s’accrocher et de revenir malgré un deuxième tiers-temps une nouvelle fois très difficile et marquée par une grande indiscipline. Angers a su capitaliser sur ses jeux de puissance et le retour brestois paraissait compromis. Caen et Morzine l’ayant emporté dans le même temps, les Albatros s’en tirent à bon compte face à une grosse écurie qui n’était sans doute pas à son maximum après son week-end européen.



Brest – Angers  4-5 a.p (1-1, 2-3, 1-0, 0-1)
Mardi 13 décembre 2014 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 752 spectateurs
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Jérémie Rauline et Charlotte Girard.
Pénalités : Brest 22' (0’, 8’, 4’+10’, 0’), Angers 10' (4’, 0’, 6‘, 0‘).
Tirs : Brest  31 (7, 9, 11, 4’), Angers 46 (13, 15, 11, 7)

Évolution du score :
1-0 à 00’29’’ : Romand assisté de Hartung et Dian (Sup. num)
1-1 à 07’50’’ : Walls assisté de Busto et Crowder (Inf. num)
1-2 à 24’29’’ ; Gaborit assisté de Albert et Busto
1-3 à 30’22’’ : Lahesalu assisté de Walls et Campbell (Sup. num)
2-3 à 34’40’’ : G. Avenel assisté de Hartung et J. Avenel
2-4 à 37’10’’ : Lahesalu assisté de Walls et Campbell (Sup. num)
3-4 à 38’07’’ : Hartung assisté de Breault et Crossman
4-4 à 46’27’’ : Breault assisté de J. Avenel et Reddick
4-5 à 69’48’’ : Busto assisté de Tifu et Crowder

Brest

Gardien : Léo Bertein.

Défenseurs : Aurélien Gréverend (A) – David Hennebert (C) ; Vladimir Holik – Bryce Reddick ; Jason Crossman – Edgars Dikis ; Gaëtan Cannizzo.

Attaquants : Jonathan Avenel – Graham Avenel – Jérémie Romand [puis Berthon à 40’] ; Alexandre Quesnel (A) [puis Dian à 40’] – Tim Hartung (A) [puis Quesnel à 40’] – Michal Dian [puis Romand à 40’] ; Quentin Berthon [puis Hartung à 40’] – Benjamin Breault – Vikhael To Landry ; Dimitri Motreff (une présence).

Remplaçants : Arnaud Goetz (G). Absents : Jaroslav Prosvic (fracture du scaphoïde), Nicolas Motreff, Sébastien Delemps.

Angers

Gardien : Alexis Neau.

Défenseurs : Lauri Lahesalu – Sébastien Bisaillon ; Paul Bahain – Michael Busto (A) ; Andrej Mrena – Florent Aubé.

Attaquants : Julien Albert (C) – Brian Henderson (A) – Robin Gaborit ; Guillaume Lefebvre – Yannick Tifu – Braden Walls ; Johan Skinnars – Cody Campbell – Tim Crowder ; Maxime Griet – [Walls] – Dimitri Thillet.

Remplaçants : Jean Sébastien Aubin (G), Damien Sanchez, Sébastien Valade, Lucas Latreuille. Absents : Gary Leveque, Alexis Crosnier.