Neuilly-sur-Marne - Nice (Division 1, 20e journée)

Nice est deuxième du championnat de division 2 et s'affiche parmi les favoris, mais il reste encore quelques démons à vaincre avant d'aborder les play-offs avec sérénité. L'un d'eux, c'est la petite glace de Neuilly-sur-Marne, sur laquelle les Aigles se sont fait voler dans les plumes depuis trois ans : quatre défaites avec 6,75 buts encaissés de moyenne ! Leur dernière victoire ici remonte à 2003...

Pour compliquer leur affaire, les Niçois se présentent sans leur meilleur buteur Karri Koivu : le petit Finlandais s'est tordu la cheville à l'entraînement et a donc été exempté de ce déplacement.

nice-raikkonenD'entrée, Neuilly-sur-Marne confirme ces précédents en faisant parler leur physique : Zachary Vit vient de derrière la cage en protégeant son palet et décale d'une main Luka Basic au poteau opposé (1-0, 00'25"). Les Bisons gagnent tous les duels dans les bandes et monopolisent la rondelle avec un bon "cycling".

La troisième ligne locale est particulièrement en évidence à ce jeu, grâce à Arthur Cuzin qui utilise parfaitement son gabarit dans ses séquences offensives installées : il envoie le palet à la cage, Lukas Pek prend la suite et fait le tour du but sur son revers, puis Julius Sinkovic hérite du palet à l'opposé et enchaîne avec un tir en angle (2-0, 11'39").

Ce premier tiers-temps sans appel se termine avec deux buts d'écart. Aurélien Macon donne une charge dans le dos, dont Hugo Vinatier essaie de se venger par une échauffourée qui tient plus de la lutte gréco-romaine que du noble art. Le capitaine niçois écope ainsi au total de 2'+2'+2'+10'. Cédric Cheylan prendra sa place en deuxième période, tandis que Stan Sutor change une nouvelle fois ses lignes remaniées par l'absence de Koivu.

Rien n'y fait. Jérémy Fritsch lance de la ligne bleue et Lukas Pek prend le rebond à l'aile droite (3-0, 22'25"). Les Niçois sont-ils capables de réagir ? Même en supériorité numérique, ils sont défaillants de la construction, subissant les interceptions logiques de Niskakangas et de Cuzin.

Il faut attendre plus de vingt-huit minutes pour la première véritable occasion des visiteurs, la faute à un palet perdu par Karvonen en zone neutre : à 2 contre 1, Samuel Aquin effectue une passe levée par-dessus Dubuc à destination de Martin Slovak, mais le gardien Tomas Pek fait l'arrêt de la botte. On ne donne plus cher des chances de Nice après deux pénalités de Rehak, qui ajoute même une méconduite après une dureté en zone offensive, affaiblissant encore l'aignement.

nice-sedlacekTout semble pourtant relancé quand Tomas Pek rate son arrêt de la mitaine sur un tir d'Andrej Brejka dans le cercle droit (3-1, 34'04"). Nice semble reprendre un peu de poil de la bête en infériorité... mais encaisse le quatrième but à cinq contre cinq entre deux pénalités de Varga : tir de Lukas Pek, arrêt de la botte et rebond de Sinkovic (4-1, 37'28").

Le troisième tiers-temps commence comme les deux précédents : par un but de Neuilly-sur-Marne, en l'occurrence un rebond de Pek (5-1, 40'42"). Le lancer à ras glace de Zachary Vit à mi-distance (6-1, 42'51") est franchement la faute du gardien Vojtech Sedlacek, que son entraîneur remplace alors par Kévin Fouassier.

Avec Dana en prison pour cinglage, le lancer de la ligne bleue de Milan Varga passe sous la botte gauche de Tomas Pek, masqué (6-2, 48'45"). Requinqués par un temps mort, les Niçois dominent pour la première fois une équipe de Neuilly qui n'arrive plus à sortir de la zone. Les Bisons se sont relâchés dans le positionnement et dans l'application, et les Aigles inscrivent un but d'école, une passe de Samuel Aquin au second poteau pour Martin Slovak en lucarne (6-3, 50'06").

Ce but réveille cependant Neuilly-sur-Marne qui repart aussitôt à l'attaque et retrouve son jeu. Le tir sur engagement d'Arttu Niskakangas passe sous la barre et scelle la victoire (7-3, 52'39"). Un avantage numérique de Nice est interrompu par une crosse haute de Rehak en zone offensive, et deux secondes après la fin de cette pénalité, Arthur Cuzin enfonce le clou (8-3, 55'40"). Ce n'est pas fini : Basic commet un cinglage. Sur ce dernier powerplay azuréen, Tomas Pek a un réflexe de la jambière face à Rehak mais, en se relevant pour se déplacer face à Raikkonen, le Finlandais à mi-distance lui envoie le palet entre les bottes (8-4, 56'35").

La moyenne de buts encaissés par Nice dans cette patinoire grimpe à 7, puisque Neuilly-sur-Marne en a marqué huit ce soir, tous à cinq contre cinq. Le signe d'une domination dans tous les duels, y compris aux mises au jeu, qui a éteint l'adversaire. Les Bisons se placent bien dans la lutte encore incertaine pour les play-offs. Il était d'autant plus important de prendre des points maintenant qu'ils seront exempts la semaine prochaine. Frank Spinozzi a décrété une vraie coupure et une semaine de vacances.

SpinozziCommentaires d'après-match

Frank Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne, photo) : "On a battu Bordeaux plus tôt. On a pris un point à Anglet où on aurait mérité de gagner. Le match de ce soir est sans équivoque. On a démontré qu'on peut jouer contre le haut du tableau. C'est pour ça que je suis aussi exigeant et frustré parfois, parce que je suis persuadé que cette équipe peut aller loin. Cela peut paraître prétentieux à notre place, mais on a les moyens d'être champions. On est gros, on a des joueurs qui peuvent patiner, qui peuvent bloquer des lancers. Il faut juste que tous les joueurs jouent pour l'équipe et pas pour leurs stats personnelles. Arthur Cuzin a fait un énorme match, c'est rare de voir un joueur autant changer la physionomie d'un bloc. Pek et Sinkovic se sentaient coupables de ne pas produire offensivement, et du coup ils délaissaient la défensive. Joueur défensif, Arthur leur a amené de l'énergie et du travail. Zachary Vit est notre meilleur avant depuis quatre semaines, sa ligne fait un énorme boulot contre les meilleurs blocs adverses. Il reste la ligne de Vinatier qui doit se prendre en main et se regarder dans le miroir. Certains individus ne veulent pas accomplir les choses demandées en powerplay. Si notre désavantage numérique fonctionne, c'est parce que les joueurs se sacrifient pour leurs potes. Si l'attitude est bonne, le reste ira."

Stan Sutor (entraîneur de Nice) : "On avait pourtant mis en garde les joueurs sur les premières minutes. On prend un but après vingt secones, on n'est pas du tout concentré. On n'a existé à aucun moment. Je suis étonné de cette prestation, car habituellement on maîtrise le match. Ce soir, on n'a rien fait à tous les niveaux. Je n'ai pas vu un de nos joueurs donner un mise en échec, même quand on en prenait. On ne peut pas gagner un match comme ça. Les lignes ont été déstabilisées par l'absence de Koivu, mais ce n'est pas une excuse. On a des joueurs rapides alors que Neuilly a de gros gabarits. On souffre sur les petites glaces, on avait déjà pris 8 buts à Anglet."

 

Neuilly-sur-Marne - Nice 8-4 (2-0, 2-1, 4-3)
Samedi 17 janvier 2015 à la patinoire de Neuilly-sur-Marne. 318 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Jérémy Kahli et Joffrey Yssembourg.
Pénalités : Neuilly-sur-Marne 14' (4', 4', 6'), Nantes 42' (8'+10', 10'+10', 4').
Tirs : Neuilly-sur-Marne 47 (14, 16, 4+13), Nantes 28 (8, 11, 9).

Évolution du score :
1-0 à 00'25" : Basic assisté de Vit
2-0 à 11'39" : Sinkovic assisté de L. Pek et Cuzin
3-0 à 22'25" : L. Pek assisté de Fritsch et Sinkovich
3-1 à 34'14" : Brejka
4-1 à 37'28" : Sinkovic assisté de L. Pek et Colotti
5-1 à 40'42" : L. Pek assisté de Sinkovich et Cuzin
6-1 à 42'51" : Vit assisté de Slupski et Guimbard
6-2 à 48'45" : Varga assisté de Kubus et Rehak (sup. num.)
6-3 à 50'06" : Slovak assisté d'Aquin et Kubus
7-3 à 52'39" : Niskakangas assisté de Basic
8-3 à 55'40" : Cuzin assisté de Sinkovic et L. Pek
8-4 à 56'35" : Raikkonen assisté de Rehak et Visnak (sup. num.)


Neuilly-sur-Marne

Gardien : Tomas Pek.

Défenseurs : Joonas Karvonen - Alan Dana ; Jozef Wagenhoffer (A) - Maxime Dubuc (C) ; Jérémy Fritsch - Rémi Colotti.

Attaquants : Arttu Niskavangas - Zachary Vit - Luka Basic ; Martin Tomasek - Hugo Vinatier - Loïc Sadoun ; Julius Sinkovic - Arthur Cuzin - Lukas Pek ; Marc Slupski - [X] - Kevin Guimbard.

Remplaçants : Rémi Husson (G), Benjamin Turlure.

Nice

Gardien : Vojtech Sedlacek puis Kevin Fouassier à 42'51".

Défenseurs : Bohdan Visnak - Joni Raikkonen ; Alexis Besson - Milan Varga ; Andrej Brejka - Stanislas Aubert.

Attaquants : Aurélien Macon (C) - Yoanne Lacheny - Samuel Aquin [puis Fleury à 20'] ; César Fleury [puis Aquin à 20'] - Vladimir Kubus - Martin Slovak ; Stefan Klimek - Martin Vojsovic - Adam Rehak ; Cédric Cheylan.

Remplaçants : Nathan Saint-James, Mathieu Deruelle, Clément Londios.