Dijon - Caen (Ligue Magnus, 20e journée)

L'avantage, quand deux équipes dos au mur s'affrontent, c'est qu'il n'y a pas de place pour le calcul. L'inconvénient, c'est qu'il y aura quand même un perdant.

CARRtim20140920430Les Ducs, régulièrement auteurs de matchs sérieux contre les grosses équipes, mais incapables de l'emporter, viennent de perdre deux points précieux au profit d'un promu lyonnais moins clinquant qu'on l'aurait cru. Contre des Drakkars pour le moment derniers, il est impératif de redresser la barre.

Tolvanen a, pour l'occasion, modifié ses lignes en montant Briand sur le premier bloc à la place de Salmivirta. L'entame de match est équilibrée. Dijon joue vite, la motivation semble là, mais Caen s'offre un ou deux tirs intéressants. Les locaux traitent leur première infériorité numérique avec leur sérieux habituel. Salmivirta, dans la foulée, fait montre de sa régularité dans les belles actions, sans toutefois pouvoir ouvrir le score lui non plus. Un but aurait pourtant été le bienvenu, dans la mesure où Carr se charge d'ouvrir la marque (0-1, 8'10"). Signe des temps difficiles, le camp dijonnais se montre dès lors fébrile. Il faut quelques minutes pendant lesquelles Caen prend le jeu à son compte pour que revienne l'énergie. Mais Dijon n'est pas mort, en témoigne la praline de Dame-Malka qui fonce s'écraser au fond du filet caennais (1-1, 10'54").

La supériorité numérique qui suit n'est guère fertile - une vraie mauvaise habitude cette année. Dijon se voit offir une deuxième chance. C'est un peu mieux si l'on exclut les nombreux coups de sifflets qui hachent le jeu. Une surveillance rapprochée pour une formation caennaise réputée rugueuse ? Quoi qu'il en soit, le dernier shoot dijonnais est manqué par Rech, décidémment pas au niveau auquel on l'attendait en début de saison. Le contre caennais dans la foulée manque d'être mortel, Dijon ne rassure pas vraiment et le tiers s'achève sur une relative domination caennaise.

 

Les deux gardiens sont rapidement sollicités à la reprise. Le temps est à la construction de jeu. Dans cet optique, la pénalité dijonnaise devrait faire les affaires des visiteurs. C'est sans compter sur un powerplay pas plus efficace que celui des locaux. Kevorkian a même l'occasion de faire le break, mais est malheureux sur la finition. Dijon est une nouvelle fois au complet sans avoir encaissé de but. Les Ducs en profitent pour reprendre le jeu à leur compte. Une crosse haute, qui met Gascon au sol, vient interrompre cette bonne séquence. Le powerplay dijonnais qui s'ensuit est plus convaincant que jusqu'alors, entre shoots de la bleue et recherche de déviations. Un travail payant, qui permet à Salmivirta de donner l'avantage aux siens (2-1, 28'08").

Les Ducs ne peuvent pourtant savourer bien longtemps. Caen égalise sur une erreur défensive de Mielonen et Roussel, pourtant généralement solide (2-2, 29'14"). Gascon manque de très peu une jolie déviation, Rech manque lui d'opportunisme et d'attention, et le powerplay manque de propreté sur les entrées en zone. Globalement, on sent Dijon capable, mais la somme de détails à corriger laisse un goût d'inachevé et de frustration. La pénalité est tuée pour Caen, qui assomme Buysse d'un shoot surpuissant. Le casque du cerbère dijonnais en a volé, et le jeu doit s'interrompre un moment. Cet arrêt de jeu profite à Caen et Chauvel qui trompe Buysse sans le moindre scrupule (2-3, 36'25").

Quel électrochoc faut-il aux locaux ? Où est le sérieux défensif ? Pourquoi l'attaque ressent-elle l'irrépressible besoin de se compliquer la tache ? Les questions sont légion en cette fin de deuxième tiers, et l'inquiétude, grande.

 

MAHIERquentin20141004046Dijon, via sa deuxième ligne, travaille dur dès la reprise. Caen n'a que peu l'occasion de s'emparer du palet. La troisième ligne, très en vue avec l'arrivée de Gutierrez dans ses rangs, mériterait bien également de voir son labeur récompensé. Il faut s'armer de patience, et éviter les charges contre la bande et autres douceurs normandes. Les supériorités qui s'enchaînent ne sont d'aucune aide, jusqu'à ce que Mielonen, dévolu aux shoots de la bleue en sus de Dame-Malka depuis quelques matchs, ne ramène le score à égalité (3-3, 47'38").

À trop jouer du casque contre les palets, Buysse finit par y laisser le sien, et cette nouvelle interruption de jeu profite une nouvelle fois à Caen. La perte de Dame-Malka pendant dix minutes de méconduite intervient au plus mauvais moment. La décision arbitrale est néanmoins totalement justifiée. La pénalité est certes tuée sans dommages, mais une belle gâchette est perdue. Cela justifiait-il le cadeau d'une passe à l'aveugle, plein centre de la zone dijonnaise, parfaitement exploitée par Chauvel ? On vous laisse y réfléchir. Le but, lui, est incontestable (3-4, 54'02").

Les Drakkars ont toutes les clés en main pour l'emporter, l'envie en plus et un penalty discutable au bout de la crosse. Peut-être y a-t-il une justice, puisque Mathias Arnaud échoue. un simple dégagement interdit met alors le feu aux poudres de tribunes déjà agacée par leur équipe.

Alors que Gascon, très décrié, tente de maintenir son équipe à flot, entre sollicitations de la mitaine de Dupont et travail défensif, Quentin Mahier commet l'irréparable sur un énième geste imprécis (3-5, 58'44"). On voit mal Dijon remonter un retard de deux buts en une minute. Mahier ne mérite pourtant ni plus ni moins les critiques que ses coéquipiers. Dijon est malade, et après cette deuxième défaite d'affilée contre un adversaire prenable, il devient plus qu'urgent de trouver le remède. Une chose est certaine : aucun joueur n'est exempt de tout reproche.

 

Entretien d'après-match avec Jonathan Paredes, coach assistant des Ducs :

Cécile Cretin : Jonathan, peut-on avoir tes impressions sur l'état de l'équipe en ce moment ?

Jonathan Paredes : Par rapport à l'état de l'équipe, au niveau comptable on est dans une mauvaise spirale, c'est sûr. On ne va pas se le cacher. Maintenant il va falloir qu'on reste solidaire et qu'on travaille fort tous ensemble. Je pense qu'il y a de bons joueurs dans cette équipe, il y a de bonnes personnes, je ne vois pas pourquoi on ne s'en sortirait pas. C'est compliqué, quand je prends tous les matchs un par un ; à Lyon on finit 22 tirs à 9 à la fin du premier tiers, on sort à 2-0 parce qu'on paye cash nos erreurs individuelles. Que ce soit avec ou sans le palet, on paye cash à chaque fois. On a certainement le meilleur gardien de France avec nous, et on n'arrive pas à l'aider plus que ça, ça devient problématique. On va se réveiller, il faut qu'on sorte de cette spirale parce que ça devient long. De toute façon il n'y a pas le choix, si on veut avancer il faut se serrer les coudes.

CC : Et sur le match de ce soir plus spécifiquement ?

JP : Je pense que Caen est venu défendre sa dernière place, ils ont joué différemment de nous. Ils ont été meilleurs sur les batailles, que ça soit les engagements ou les combats dans les coins. On prend trois buts de la même manière. On paye nos erreurs cash, pour l'instant on n'a pas ce petit brin de réussite défensive. Riton nous sort encore un arrêt sur un penalty, et nous on est en retard sur les palets. On n'y arrive pas. On a ces deux mètres de retard qui font qu'on ne sort pas avec le palet en premier.

 

Dijon – Caen 3-5 (1-1, 1-2, 1-2)
Mardi 13 janvier 2015 à 20h à la patinoire Trimolet. 652 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de David Courgeon et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Dijon 22' (6x2', 1x10'); Caen 16' (8x2')
Tirs : Dijon 39 (15, 16, 8); Caen 36 (15, 10, 11)

Evolution du score
1-0 à 08'10" : Carr assisté de Poudrier et Peca
1-1 à 10'54" : Dame-Malka assisté de Mulle
2-1 à 28'08" : Salmivirta assisté de Mielonen et Guttierrez (sup. num.)
2-2 à 29'14" : Gliga
2-3 à 36'25" : Chauvel assisté de Arnaud et Gliga
3-3 à 47'38" : Mielonen assisté de Salmivirta (sup. num.)
3-4 à 54'02" : Chauvel assisté de Gliga et Arnaud
3-5 à 58'44" : Gauthier (sans assist)