Dijon - Gap (Ligue Magnus, 22e journée)

Ce match de Dijon contre Gap, après l'éclaircie strasbourgeoise, s'annonce difficile. Les Rapaces sont en grande forme. Pourtant, si l'on tient compte du sérieux avec lequel Dijon a joué ses matchs contre les "gros" jusqu'alors, la victoire ne serait-elle pas enfin au bout de la crosse ?

Le premier shoot, en tout cas, est gapençais, mais très vite suivi d'un tir de Roussel, puis de Gascon sur le rebond. Personne ne lâche rien dans les premières secondes, où les deux équipes n'ont même pas pris le temps de se jauger. La première supériorité est dijonnaise, et de bien meilleure facture que contre Caen la semaine passée, bien que stérile. Dijon en profite néanmoins pour conserver l'avantage du palet, même si on travaille dur en face. Signe du sérieux de la prestation, la défense locale ne concède que peu de shoots sur Buysse, qui n'a aucun mal à arrêter les palets qui lui parviennent. Dijon ne relâche pas ses efforts en infériorité, et offre un minimum de solutions aux Hauts-Alpins, même à 3 contre 5. Les Ducs se payent même le luxe d'un contre avant qu'un surnombre gapençais ne mette les équipes à égalité numérique.

SALMIVIRTAilpo20141004198Dans ce début de partie convaincant de Dijonnais convalescents, on ne manquera pas de noter la belle énergie de Rech, appliqué à provoque sa chance et celle de ses coéquipiers. Si Gap résiste, entre autres grâce à son cerbère, on sent que le premier but dijonnais est tout proche. Et pourtant... quelques secondes d'errements défensifs, deux Dijonnais qui se gênent, un Gapençais malin qui s'empare de la relance ratée, et c'est un premier but contre le cours du jeu pour Golicic (0-1, 18'07"). Dommage, il faut bien le dire, pourtant cela ne suffit pas à gâcher la bonne impression globale de ce premier tiers.

Si Dijon avait, globalement, pris le premiers tiers à son compte, Gap met la pression dès le retour des vestiaires. Buysse est beaucoup sollicité, sans que les shoots ne soient très dangereux jusque-là, heureusement. Il convient pourtant de ne pas les laisser le devenir.

Rech persiste à mettre les siens sur le chemin de l'attaque, mais les locaux peinent à reprendre durablement le contrôle du palet. Quelques secondes de répit dans le pressing gapençais suffiraient pourtant probablement. En attendant, une seule solution : plier, mais ne surtout pas rompre. Le public a deux ou trois fois l'occasion de retenir son souffle quand Dijon se retrouve en infériorité. Une faute de Gap vient mettre tout le monde d'accord, puis offre une supériorité à Dijon, courte mais suffisante. Le missile de Salmivirta est dévié, ne laissant aucune chance à Lavigne (1-1, 30'04").

Il n'en faut pas plus aux Bourguignons pour relever la tête. Le moment haut-alpin est provisoirement passé, et ce n'est pas Kevorkian sur une troisième ligne métamorphosée par l'arrivée de Guttierrez qui dira le contraire. Dans ce match très enlevé, il n'y a pas une minute d'ennui. Et pas une seconde de repos pour les deux gardiens ! Lavigne n'est d'ailleurs pas malheureux de pouvoir compter sur ses coéquipiers sur une sortie pour le moins hasardeuse. Faute bien volontiers pardonnée, compte tenu de la multiplication de ses arrêts jusque dans les dernières secondes du tiers, quand Salmivirta centre pour Gutierrez. Le chrono arrive au bout, et la satisfaction demeure de mise.

BOURREAUalexandre20141101036La reprise se fait sur le même train d'enfer que le deuxième tiers, mais sans cette fois qu'une équipe n'impose sa domination à l'autre. Bien malin celui qui saura prédire l'issue de ce match ! La seule certitude, c'est que le chrono défile à vitesse grand V. Dijon s'est peut-être offert un soupçon plus de shoots dangereux que ses adversaires d'un soir. C'est pourtant à Buysse que l'on doit l'arrêt de la soirée, à se jeter sur le palet dans son style bien à lui.

Attention toutefois pour les locaux à maintenir le sérieux défensif, car c'est une belle occasion qui vient d'être offerte à Valchar sur une relance douteuse. L'arbitre siffle une pénalité contre Dijon dans la foulée, qui pour une fois voit son penalty kill impuissant. Arrossamena, sur un caviar de Ritz, loge le palet sous la traversale de Buysse de la plus belle des manières (1-2, 49'22").

Dans la foulée, Gascon, pas dans son meilleur soir, parvient néanmoins à offrir une belle passe à Rech, mais Lavigne reste intratable sur le tir plein axe du transfuge rouennais. Buysse s'illustre à son tour. Ce match est un sacré match de gardiens ! Et si le public regarde le chrono qui défile avec un peu d'inquiétude maintenant, il a au moins l'immense satisfaction de voir son équipe ne pas se résigner, bien au contraire. Dans ces conditions, l'effroyable manque de chance qui voit Mahier tomber au moment où il relance fait mal. Parce que Valchar récupère le palet et augmente l'avance des siens (1-3, 56'14"). Si le mauvais sort s'y met...

La prestation arbitrale, jusqu'alors cohérente, tourne à l'incompréhensible. Les sifflets jaillissent des tribunes. L'agacement aidant, Guttierrez appuie trop sa charge. Et si son exclusion est logique, il convient de se demander si le geste ne trouve pas sa source dans un interventionnisme inutile. Probablement la plus grosse note d'amertume de ce pourtant beau match, qui voit les Rapaces l'emporter, mais le public dijonnais fier des siens.

Réactions d'après-match :

Anthony Rech (attaquant, DHC) : "Je pense qu'on a rivalisé avec Gap tout le long du match, on a vraiment compétitionné dans tous les domaines, que ce soit les batailles contre la bande, ou en défense. On a été plutôt solides même si en début de deuxième période on a donné beaucoup de chances. On a réussi à se rattraper. Après, je pense qu'il nous manque encore un peu d'efficacité, puisqu'on a les occasions pour marquer, notamment notre ligne au premier tiers. Le gardien a fait une grosse partie aussi mais je pense qu'on doit travailler ça, mettre du monde devant la cage pour voiler le travail du gardien et le rendre plus difficile."

Aram Kevorkian (attaquant, DHC) : "C'était un bon match sur l'ensemble, mais voilà, on perd. On prend des pénalités qui font mal, qui nous coûtent cher, qui sont dures. On n'arrive pas à marquer. On a de bonnes occasions, de bonnes actions qu'on ne met pas au fond. Je pense que c'est un bon match, ça se joue sur une erreur malchanceuse sur la ligne bleue, sur le premier but. Après sur le deuxième but à 4 contre 5, c'est pas évident. Puis le troisième but ... un peu bizarre à la fin. C'est pas tant le troisième but qui nous met dedans, mais les pénalités nous coûtent cher dans le troisième tiers. C'est un bon match qu'on a livré, maintenant, c'est perdu, c'est perdu."


Dijon - Gap 1-3 (0-1, 1-0, 0-2).
Mardi 20 janvier à 20h00 à la patinoire Trimolet. 789 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Alexandre Bourreau assistés de Pierre Dehaen et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Dijon 41' (8x2', 1x5'+20') ; Gap 10' (2x5').
Tirs : Dijon 32 (16, 8, 8) ; Gap 40 (12, 15, 13).

Évolution du score :
0-1 à 18'07" : Golicic
1-1 à 30'04" : Salmivirta assisté de Mielonen et Cacciotti (sup.num)
1-2 à 49'22" : Arrossamena assisté de Ritz (sup. num.)
1-3 à 56'14" : Valchar