Coupe de France : les réactions d'après-match

 

Antonin Manavian (défenseur de Rouen) : « Ça fait du bien. On a mieux démarré le match que contre Grenoble, en finale de coupe de la Ligue. On l'a moins bien fini, aussi... On a joué les premières 40 minutes à fond. Le score l'a prouvé. On s'est un peu laissé aller dans la dernière période. On s'est fait un peu peur. Amiens a mis plus d'intensité sur la fin. On devait bien jouer pendant 60 minutes. On a très bien joué pendant 40 minutes. On a quand même la médaille. Ce qui compte, c'est la victoire. Peu importe la manière ».
 
François-Pierre Guénette (attaquant et capitaine de Rouen) : « On est sorti avec beaucoup de volonté. On était un peu resté sur notre fin après Méribel et la finale de la Coupe de la Ligue. Au troisième tiers, ils nous ont mis beaucoup de pression. On voulait continuer à proposer le même hockey. Mais on s'est compliqué la vie avec des pénalités, deux ou trois palets perdus. On a commencé à paniquer un peu. C'est normal aussi d'avoir la tête ailleurs quand on mène 5-0. Malgré cela, on a bien géré les 10 dernières minutes. On avait aussi fait la différence lors des deux premières périodes. C'est bon pour la confiance. Il nous reste trois matchs de championnat, un peu de temps pour se préparer pour les play-offs. Vaut mieux sortir d'ici avec le trophée que repartir découragé pour la suite ».
 
Guy Fournier (manager de Rouen) : « On sait qu'on a des qualités offensives. Mais la grosse différence, c'est quand on fait l'effort de concentration et l'effort défensif. C'est ce que l'on su réaliser dans les deux premiers tiers. On a levé un peu le pied au niveau de la concentration dans le troisième. On s'est mis en difficulté. Mais on a tenu jusqu'au bout. Les gars avaient en mémoire qu'on était passé à travers notre début de match en coupe de la Ligue. Ils avaient à cœur de répondre présents d'entrée. La fin de match ? Pour mon système nerveux, cela aurait été mieux de rester à 5-0... Mais Amiens a marqué un beau but sur le power-play. Après, il y a un but un peu « scrumble ». On fait une erreur sur le troisième. On les a remis dans le match. C'est toujours agréable de gagner. On ne va pas faire la fine bouche. C'était une belle finale. Les joueurs la méritent. Mais la coupe de France, ce n'est pas l'objectif ultime. C'est une étape importante ».
 
Maxime Lacroix (attaquant de Rouen) : « On savait qu'Amiens était motivé. Mais on a attaqué fort. On a joué simplement. On a mis le palet au fond, fait travailler leurs défenseurs pour les forcer à prendre des prisons. Marquer en début de match nous a fait du bien. Après, on a trop reculé. Ça a joué contre nous. On a un peu paniqué, je n'ai pas aimé. C'était chaud, Amiens a bien travaillé pour revenir, mais avec notre avance, on était en sécurité. On est contents de notre début de match, moins de la fin. On voulait rester concentrés, continuer l'échec avant, les obliger à commettre des erreurs. Mais on y est moins parvenus. On a été aussi assez intelligents pour calmer le jeu en fin de match. Dès fois, ce n'est pas facile de gérer une avance de cinq buts. On donne du temps, de l'espace et c'est là que les bons joueurs sont dangereux. Amiens ne s'est pas découragé. Il faut les féliciter pour ça. C'était certain qu'ils n'allaient pas abandonner. Ils ont joué simple, ils ont marqué sur des rebonds et en avantage numérique. On a manqué de confiance et de concentration ».
 
Julien Desrosiers (attaquant de Rouen, désigné meilleur joueur de la finale) : « On s'était dit qu'il était important de prendre un bon départ, de commencer fort, de provoquer quelques pénalités en début de match. On a profité de nos occasions et on a pris les devants assez rapidement. Amiens a changé sa façon de jouer en fin de match. Ils ont pressé à deux. On n'était pas vraiment prêts à ça. Ils en ont profité. On a fini par réagir, heureusement. J'ai joué beaucoup de finales de coupe de France, mais ce n'est que la deuxième que je gagne. J'essaye du coup de savourer ce moment. On avait plus l'expérience de ce genre de rendez-vous qu'eux. Ça a joué. En début de match, ils ont peut-être eu un peu mal à gérer leurs émotions. Ils prennent des pénalités et on ne demandait pas mieux. On a fait notre match, c'est juste dommage que l'on ait eu une période un peu creuse au troisième tiers ».
 
Ari Salo (entraîneur de Rouen) : « On a fait deux premiers tiers vraiment bons. On s'est un peu relâché à la fin, mais c'est humain quand on mène 5-0. L'essentiel, c'est le titre. Bien sûr, j'étais inquiet. Ça peut aller très vite au hockey. Mais marquer 5 buts en un tiers, ça reste compliqué. Je dois dire bravo à Amiens pour cette attitude. Ils n'ont rien lâché. Mais on mérite notre victoire. Maintenant, il y a encore une saison régulière à finir avec des rencontres importantes. Il peut se passer encore beaucoup de choses. On va fêter un peu cette coupe de France et préparer notre match contre Angers. Ça efface un peu la défaite de Méribel où on n'avait pas été assez combattif en début de match ». 
 
Kevin Dusseau (défenseur d'Amiens) : « On a pris trop de pénalités en début de match. On a encaissé tout de suite deux buts en power-play. On a eu des difficultés à rentrer dans la partie. On a fait une belle remontée au troisième tiers, mais c'était trop tard. Il aurait fallu se réveiller et montrer un autre visage plus tôt. Pendant la dernière pause, on s'est dit qu'on ne devait avoir aucun regret. Qu'il fallait tout donner jusqu'à la fin. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer dans une finale. On l'a bien vu. On a marqué trois fois assez rapidement. Après, on a eu une supériorité numérique. Si on marque, on est en bonne posture pour revenir à 5-5. Maintenant, il faut se servir de ça pour avancer, pour grandir. On a une équipe qui est jeune. La saison n'est pas finie. Il reste les play-offs ».
 
Olivier Duclos (entraîneur adjoint d'Amiens) : « On n'arrive pas trop à expliquer notre mauvaise entame de match. On avait travaillé là-dessus. On avait insisté sur le fait qu'il fallait rentrer dedans tout de suite, dès les premières minutes. Malheureusement, c'est là où on perd. Les joueurs étaient sûrement un peu impressionnés, un peu fébriles. On a la plus jeune équipe du championnat avec 22 ans de moyenne d'âge. Pour nous, quoi qu'il arrive, la saison est déjà pratiquement réussie. On va essayer de passer un tour en play-offs de Magnus. Mais on n'était plus allé en finale depuis longtemps. Cette année, on a tout reconstruit de A à Z avec 70 % de nouveaux joueurs. Être là, c'est déjà une réussite. Avant le dernier tiers, on a dit au groupe qu'il fallait se libérer. Et que si on marquait un but, on pourrait peut-être en mettre un deuxième, puis un troisième, un quatrième. Ça a failli arriver. On leur a pratiquement fait comprendre que le match était perdu. Qu'il fallait juste se faire plaisir et jouer pour les supporters. On y a cru. La clé, c'est ce power-play à 5-3. On a deux ou trois énormes occasions, un shoot avec des rebonds. Si le palet est au fond, ça change tout. Il reste 5-6 minutes à jouer derrière. Mitch O'Keefe nous permet de rester dans la partie en fin de premier tiers. On estime quand même qu'il prend deux mauvais buts en lucarne dans le deuxième. Mais depuis le début de l'année, il nous aide énormément. Il a des hauts et des bas, comme tous les gardiens. Mais c'est une bonne recrue. J'espère qu'il va nous aider pour les play-offs ».
 
Éric Ropert (directeur général de la Fédération française de hockey sur glace) : « On est content de cette finale. Le contexte était compliqué : Rouen- Amiens à Marseille, c'est forcément un challenge de remplir une salle. La patinoire n'était pas pleine, mais on a eu une très belle ambiance. Tout ça doit aider le développement du hockey à Marseille, où il y a un vrai potentiel. On était venu la saison dernière avec l'équipe de France pour affronter l'Italie et la Russie. Cette année, c'était la coupe de France. On a fait une campagne de publicité dans le métro, sur les bus. Le club de Marseille se développe bien aussi. Samedi, il y avait plus de 2 000 personnes à leur match. On y a amené nos invités. Cette ville a aussi un très bel outil aussi avec cette patinoire de 5 000 places. C'est la plus grande en France. C'est un sport qui peut plaire aux Marseillais, aux gens du Sud. Pour nous, les prochains événements, ce sont les  France - Danemark de début avril à Courchevel et Megève. On aura ensuite le championnat du monde féminin seniors à Rouen du 12 au 19 avril. Puis le dernier week-end d'avril, on recevra la Suisse à Grenoble et à Lyon. On continue de travailler fortement avec sur la Ligue Magnus. On a un projet marketing qui se met en place. On a un accord avec tous les clubs : on va charter les maillots, les patinoires, les glaces. Le rond central va être mis à la disposition de la Fédération pour chercher des partenaires nationaux. Le projet va dériver aussi sur la billeterie. On espère que la Ligue Magnus et l'ensemble du hockey français bénéficieront des mondiaux de 2017 ».