Brest - Caen (Ligue Magnus, 24e journée)

Naufrage total.

Malheur aux vaincus. Dans ce match de la peur entre mal classés joué devant une patinoire comble, une défaite ferait beaucoup de mal. Brest entame ce match en position de dernier de Ligue Magnus puisque Caen a remporté son match en retard face à Chamonix dans la semaine.


Jouant avec l’énergie du désespoir, les deux formations ont engrangé plusieurs victoires récemment. Différence notable néanmoins, les Drakkars sont capables de le faire loin de leurs bases tandis que les Albatros ne sont pas efficaces en migration.

Un tir puissant de Michal Dian dans le casque de Dupont et une belle combinaison Breault-N.Motreff pour ouvrir les hostilités (1’). L’enjeu semble crisper les Brestois qui ont du mal à se lâcher. Une dimension physique fait son apparition avec quelques solides boîtes échangées des deux côtés (4’).

Très vite un gros problème, qui aurait pu être anticipé, apparaît dans le jeu breton. Habitués à recevoir des équipes décidées à faire le jeu et à les malmener, les Albatros ont un système de jeu qui a fait ses preuves. Basé sur la vitesse pour prendre à revers leur adversaire, le jeu brestois a fait des ravages face à des équipes offensives. Luciano Basile et ses Rapaces en ont d’ailleurs bien retenu la leçon en étudiant minutieusement la vidéo du match aller pour préparer le match retour soldé par une victoire 4-0.

Cependant, de manière pourtant prévisible, les Caennais ne sont pas venus pour ouvrir le jeu. Au contraire, ils cadenassent à tous les niveaux grâce à un bon patinage et au pressing. Dès lors, le système de jeu brestois apparaît inopérant. Les longues transmissions n’ont en effet que peu de chances de traverser une zone neutre complètement verrouillée. Les Albatros ne s’adaptent pas du tout et collent à la lettre à leur système habituel inadapté en ces circonstances.

Le jeu caennais, bien que peu spectaculaire, est efficace et c’est bien ce qui compte. Profitant d’une défense adverse peu pressante, le cousin de l’ex-NHLer Michael Peca, Dorian, centre du revers à Thierry Poudrier qui conclu à contre-pied (0-1 à 8’02’’). Un but qui fait très mal aux Bretons qui vont frôler la correctionnelle à plusieurs reprises. Le tir de Roberto Gliga tape le poteau (12’49’’) tandis que Jean-Christophe Gauthier et Peca loupent l’immanquable sur un tir repoussé par Bertein qui offrait une cage grande ouverte (16’20’’).

Un but de différence à la fin du premier tiers, mais les Drakkars ont dominé au nombre de tirs 18 à 5 ! Pénalisés sans conséquence dans le premier tiers, les Albatros vont à leur tour bénéficier de supériorités numériques dans la deuxième période (1’56’’, 5’33’’, 18’50’’) sans parvenir à déjouer la vigilance de leur ancien portier Dupont. La seule pénalité locale écopée sera fatale puisqu’elle permet à Poudrier de slalomer un peu trop facilement en zone adverse avant de loger le palet sous la barre (0-2 à 28’25’’).

Brest pousse dans la deuxième moitié de la période mais l’ensemble demeure très maladroit. La situation au nombre de tirs s’est complètement inversée (20 à 8 en faveur des locaux ) mais le manque d’adresse face au but rend difficilement crédible un éventuel retour. Pourtant un but peut totalement relancer la machine.

Ce but ne viendra pas malgré un poteau de Edgars Dikis qui sauve Dupont (47’35’’), des changements de lignes et un jeu brestois moins porté sur les longues transmissions. Charlie Doyle porte même l’estocade à 0-3 d’un tir de loin en début de période (43’34’’) devant un public consterné. Les occasions stériles se succèdent et Gauthier profite de la sortie précoce de Léo Bertein pour planter le quatrième clou dans le cercueil brestois (0-4 à 56’20’’). À la sirène finale, les Albatros sortent penauds après un tour d’honneur effectué devant des gradins à moitié désertés.

Opération parfaite pour les Drakkars qui sortent de la zone rouge avec ces deux précieux points obtenus. Ils ont réalisé le match qu’on attendait d’eux en verrouillant et en gênant au maximum leur adversaire. Derrière, Dupont a fait le travail et obtient un jeu blanc mérité face à ses anciens partenaires. La guerre tactique a été emportée haut la main par les visiteurs avec un système de jeu adéquat à ce type de rencontre.

Du côté brestois, forcément, c’est la soupe à la grimace. Les Albatros sont complètement passés à côté de leur rencontre. Après avoir été blanchie à Gap, avec de nombreuses absences, l’offensive brestoise a été muette trois périodes de plus malgré les retours de trois blessés. Les occasions n’ont pourtant pas manqué tout comme les situations de supériorités numériques. Dommage pour eux de produire un des pires match de l’année dans une rencontre aussi importante.

Même si cette défaite n’est pas synonyme de play-down, elle met tout de même clairement les Albatros sur cette voie. Et cela semble des plus logique puisqu’ils ont a perdu l’intégralité des matchs en championnat face aux trois équipes se trouvant devant eux au classement (Lyon, Caen, Morzine). Les exploits face à de grosses équipes ont permis d’espérer et surtout d’entrevoir un tout autre visage que celui vu ce soir. Cela donne au final un sentiment de frustration puisqu’elles montrent que les Albatros ont les capacités de demeurer en Ligue Magnus mais qu’ils ne parviennent pas à les exploiter et surtout les adapter dans les matchs aussi cruciaux que celui de ce soir.


Brest – Caen 0-4 (0-1, 0-1, 0-2)
Samedi 31 janvier 2015 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1380 spectateurs
Arbitrage de Damien Bliek et Alexandre Bourreau assisté de Charles-Edouard Salmon et Jérémie Douchy.
Pénalités : Brest 16' (4’+10’, 2’, 0’), Caen 8' (0’, 6’, 2‘).
Tirs : Brest 43 (5, 20, 18), Caen 36 (18, 8, 10)

Évolution du score :
0-1 à 08’02’’ : Poudrier assisté de Peca et Barlock
0-2 à 28’25’’ : Poudrier assisté de Peca et Barlock (sup. numérique)
0-3 à 43’34’’ : Doyle assisté de Pain
0-4 à 56’20’’ : Gauthier assisté de Arnaud et Carr (cage vide)

Brest

Gardien : Léo Bertein (sorti de 55’17’’ à 56’20’’).

Défenseurs : Aurélien Gréverend (A) – David Hennebert (C) ; Jason Crossman – Edgars Dikis ; Vladimir Holik – Bryce Reddick ; Gaëtan Cannizzo (en fin de match).

Attaquants : Jonathan Avenel (N. Motreff à 46’) – Graham Avenel – Jérémie Romand (Berthon à 46’) ; Alexandre Quesnel – Tim Hartung (A) – Michal Dian (Romand à 46’) ; Nicolas Motreff (rotation avec Quentin Berthon) (Dian à 52’) – Benjamin Breault – Vikhael To Landry ; Dimitri Motreff (en fin de match).

Remplaçant : Arnaud Goetz (G), Sébastien Delemps. Absent : Jaroslav Prosvic (fracture du scaphoïde).

Caen

Gardien : Michael Dupont.

Défenseurs : Vadim Gyesbreghs – Nicolas Deshaies (A) ; Tim Carr – Ryan Barlock ; Charlie Doyle – Vsevolod Tolstushko ; Martin Ropert (rotation à 7 défenseurs).

Attaquants : Brice Chauvel (C) – Roberto Gliga – Mathias Arnaud ; Jean-Christophe Gauthier – Thierry Poudrier (A) – Dorian Peca ; Fabien Metais – Erwan Pain – Sébastien Palis ; Yohann Robert – (alternance) – Hugo Damy.

Remplaçants : Quentin Kello (G), Damien Grendka. Absents : Thibault Geffroy (suspendu), Jean Yves Barnes.