De vieux lions contre des gamins

La formule de l'Euro Hockey Tour a changé et il n'y a plus de tournoi en février, simplement deux confrontations parallèles entre les rivaux nordiques d'une part, slaves d'autre part.

POPOV Alexander-130504-327La Russie, sans pause de la KHL comme en novembre, a convoqué une équipe "espoir" avec moins de 23 ans de moyenne d'âge. Le seul vétéran est Aleksandr Popov, mais que Znarok n'avait pas encore testé. Les deux seuls champions du monde du printemps dernier sont Andrei Loktionov - qui s'était blessé à sa première présence et rentre de six mois de convalescence - et Yegor Yakovlev, défenseur de troisième ligne promu capitaine pour un week-end. Pour le reste, beaucoup de débutants qui représentent l'avenir. Les Russes parlent en effet des championnats du monde 2016 à domicile, bien plus que de ceux de 2015... en République Tchèque.

C'est évidemment tout le contraire pour les Tchèques, dont l'échéance cruciale est dans trois mois. Ils devront y démontrer qu'ils n'ont pas perdu le contact avec l'élite du hockey sur glace, ce qui semble de plus en plus le cas. Eux ont évidemment mobilisé leurs stars pour cette "répétition générale" du Mondial. Une répétition un peu faussée par la composition de l'adversaire...

La présence la plus surprenante est celle de Martin Rucinsky, plus vieux sélectionné de l'histoire tchèque à 43 ans et 10 mois. Il va falloir que ce jeunot de Jagr (43 ans la semaine prochaine) continue quelques années encore pour le battre ! Rucinsky tourne à un point par match en Extraliga, total jamais atteint dans les six saisons précédentes. Pour retrouver une telle moyenne, il faut remonter à l'époque où il évoluait en NHL, en 2006, date de sa dernière apparition en équipe nationale. Le vieux lion est encore capable d'aider une équipe tchèque en plein doute, qui a perdu ses six rencontres cette saison. Il figure en première ligne aux côtés de Dominik Simon, né en 1994, trois ans après les débuts de Rucinsky en équipe nationale en 1991 ! Il faut certes absolument réussir ces Mondiaux 2015 de Prague, mais c'est un aveu coupable du manque de relève...

SALAK Alexander-140509-474Le match commence parfaitement pour les Tchèques, par un but de Petr Koukal. Le champion du monde 2010 reçoit une bonne passe de Vondrka et bat le gardien débutant Aleksandr Sharychenkov après moins de trois minutes (1-0).

Pour autant, les Russes se défendent bien. Ils utilisent leur jeunesse en patinant beaucoup, en mettant la pression sur l'adversaire et en cherchant des contre-attaques rapides. Loktionov en particulier se présente en un contre un face à Alexander Salak, qui remporte ce duel. Slepyshev montre aussi sa classe technique par de belles feintes.

En deuxième période, Anton Glinkin s'échappe à son tour face à la cage tchèque, lui aussi sans succès. Et c'est alors que les Tchèques tuent le match par deux nouveaux buts. Le jeune Dominik Simon tire sous la barre, servi par... le recordman de Rucinsky ! Puis Michal Vondrka provoque une ola dans la patinoire avec le 3-0, sur passe de Kempný.

Les Tchèques préservent leur avance jusqu'au bout : même si c'est contre des gamins, ils attendaient tellement une victoire qu'ils la savourent vraiment !

Commentaires d'après-match :

Radek Smolenak (capitaine de la République Tchèque) : "Je joue comme ça, cela m'énergise. Les adversaires se concentrent sur moi et les autres joueurs ont plus de paix. Aller à la cage, jouer physique, c'est mon rôle. Je suis gros, je fais cent kilos. Dominik Simon ne pourrait pas faire ça. Le hockey change, il n'existe plus que pour les buts. Quelqu'un doit faire les choses qui ne sont pas populaires et qui font mal."

Martin Rucinsky (attaquant de la République Tchèque) : "En enfilant le maillot de l'équipe nationale, différentes idées nous viennent. Personnellement, cela m'a rappelé des temps merveilleux. Et la génération avec laquelle j'ai remporté les Jeux olympiques et trois championnats du monde. Ma mission est d'aider autant que possible. Salak est la raison de notre victoire, il a tout arrêté. Le match n'était pas aussi simple qu'il n'y paraît. Ce n'est pas un hasard si on dit que 3-0 est le pire score à gérer."

 

République Tchèque - Russie 3-0 (1-0, 2-0, 0-0)
Jeudi 5 février 2015 à 18h30 à la KV Arena de Karlovy Vary. 5985 spectateurs.
Arbitrage de Mikael Sjöqvist et Tobias Björk (SUE) assistés de Miroslav Lhotsky et Libor Suchanek (TCH).
Pénalités : République Tchèque 31' (0', 2', 4'+5'+20') ; Russie 29' (0', 2', 2'+5'+20').
Tirs : République Tchèque 25 (10, 11, 4) ; Russie 20 (5, 5, 10).

Évolution du score :
1-0 à 02'55" : Koukal assisté de Vondrka et Gulas
2-0 à 32'27" : Simon assisté de Rucinsky
3-0 à 34'50" : Vondrka assisté de Kempny


République Tchèque

Attaquants :
Martin Ručinský (+1) - Vladimír Sobotka (+1) - Dominik Simon (+1)
Radek Smoleňák (C) - Jiří Novotný - Martin Adamský
Martin Zaťovič - Tomáš Zohorna - Lukáš Radil (2')
Michal Vondrka (+2) - Petr Koukal (+2) - Milan Gulaš (+2)

Défenseurs :
Jan Kolář (+1) - Ondrej Nemec (+1)
Rostislav Klesla (5'+20') - Jakub Nakládal
Petr Čáslava - Petr Zámorský (4')
Michal Kempny (+2) - Martin Ševc (+2)

Gardien :
Alexander Salák

Remplaçant : Simon Hrubec (G). En réserve : Jan Kovář (malade), Adam Polasek.

Russie

Attaquants :
Andrei Popov - Andrei Loktionov (A) - Anton Glinkin
Nikita Soshnikov (-1) - Aleksandr Popov (A, -1) - Dmitri Kugryshev (-1)
Anton Slepyshev (-1) - Vladimir Tkachev (-1) - Anton Lazarev (-1)
Evgeni Timkin (-1, 5'+20') - Sergei Andronov (-1, 2') - Ivan Fishenko (-1)
Pavel Kraskovsky

Défenseurs :
Dmitri Vishnevsky - Bogdan Kiselevich
Igor Ozhiganov - Egor Yakovlev (C)
Mikhaïl Grigoriev (-2) - Dinar Khafizulin (-2)
Vladislav Gavrikov (-1) - Pavel Koledov (-1)
Dennis Barantsev

Gardien :
Aleksandr Sharychenkov

Remplaçant : Ilya Sorokin (G).