Slovaquie - Allemagne (Slovakia Cup 2015, Journée 1)

2014 est une année à oublier pour l’équipe de Slovaquie, avant-dernière du tournoi olympique de Sotchi et recalée des play-offs des Mondiaux par la France alors que les ambitions de la Double-Croix étaient bien évidemment plus hautes que ces ratés parfois ridicules. Le coach tchèque Vladimír Vůjtek, qui a résisté à la tempête printanière, est donc en charge de redresser un bilan catastrophique. Les deux premières sorties cette saison, à la Deutschland Cup en novembre puis à l’Arosa Challenge un mois plus tard, se sont soldées par deux déceptions supplémentaires (troisième sur quatre en Allemagne, lanterne rouge en Suisse). Mais on a depuis changé d’année civile et la Slovaquie veut enfin rebondir, à domicile qui plus est, à l’occasion de la Slovakia Cup, organisée à Banská Bystrica. C’est la première fois que la métropole du centre du pays accueille la sélection nationale.

NAGY Ladislav-140512-098Pour son entrée en lice, la Double-Croix affronte l’Allemagne, traditionnel adversaire, avant de croiser le fer avec la Suisse, autre grande habituée, deux jours plus tard. Le contexte est un peu particulier puisque non loin de là, à Vienne, se tient l’Euro Ice Hockey Challenge entre la Slovénie, l'Autriche, l’Italie et… la Slovaquie ! Fait inédit, deux équipes slovaques vont évoluer le même soir. Les suiveurs sont un peu déboussolés et pour simplifier la compréhension, la fédération a décidé de nommer « sélection olympique » l’équipe B présente en Autriche, dirigée par Vladimír Országh (second adjoint de Vůjtek) et composée d’éléments de moins de 25 ans, notamment de récents « bronzés » aux Mondiaux juniors.

La « vraie » équipe de Slovaquie, elle, se présente avec un effectif plus éclectique dans lequel, pour une fois, les joueurs de KHL (et donc de Slovan Bratislava) sont moins représentés que d’ordinaire. Ils sont sept, donc cinq du club de la capitale, à figurer dans le groupe, contre huit joueurs évoluant dans le championnat tchèque.

On note par ailleurs l’arrivée de deux néophytes, le défenseur Christián Jaroš et l’attaquant Peter Cehlárik, qui viennent de soulever dans la semaine le trophée de la Ligue des Champions avec Luleå. Le capitanat est attribué à l’expérimenté Dominik Graňák, double titulaire de la Coupe Gagarine, qui se refait une santé en LNA avec Fribourg-Gottéron. Autres anciens sur la feuille de match : le gardien Ján Lašák et l’ailier Ladislav Nagy, derniers vestiges du titre mondial 2002.

Nagy, rare (unique ?) satisfaction de Slovan cette saison, conclut dans l’axe une remontée lancée à trois contre deux avec Marek Viedenský et Adam Jánošík ; les hymnes sont juste terminés et la Slovaquie prend déjà les commandes (1-0, 00’29). Ce départ en fanfare lance les locaux sur les bons rails. La troisième ligne Dravecký-Lušňák-Miklík poursuit le mouvement et oppresse Danny Aus den Birken, qui contient mieux les assauts. Le duo Nagy-Réway en rajoute une couche et Bernhard Ebner offre le premier jeu de puissance. On joue depuis à peine quatre minutes et l’Allemagne a le réveil difficile.

Aucun réel danger n’est à signaler cependant sur le power-play slovaque. Le jeu est délié et peu interrompu. Pour autant, les situations dangereuses se font attendre. Le premier tir allemand, à mettre à l’actif de Gerrit Fauser, intervient seulement à la onzième minute et Lašák bloque sans souci. Les Blancs ont la mainmise sur la partie mais hormis l’occasion de Tomáš Surový, dans la même position que Nagy sur l’ouverture du score (12’55), la partie s’installe sur un faux-rythme et même les Slovaques s’endorment quelque peu ; Jaroš provoque la première supériorité numérique des hommes de Pat Cortina (13’43), pas plus inspirés cependant qu’à forces égales.

L’apathie allemande se poursuit jusqu’à la première pause et l’erreur d’arbitrage dont est victime Daniel Pietta en fin de période n’arrange rien à l’affaire ; alors que le joueur de Krefeld est sanctionné de quatre minutes pour crosse haute sur Lukáš Kozák (qui sort le nez en sang), le ralenti montre que c’est en fait Surový qui donne involontairement le coup à son coéquipier alors que les trois gaillards sont à la lutte ans le coin droit slovaque (18’55).

Les Noirs et Jaunes contiennent sans trop difficulté les attaques peu saignantes des Slovaques au cours des quatre minutes d’infériorité. Réway, sur la gauche, sert Juraj Mikuš posté devant la cage mais celui-ci manque de synchronisation dans sa reprise (21’09). Ce sera tout pour cette fois. La rencontre repart sur le même format que le premier tiers-temps, à savoir que les Aigles sont dominés en vitesse par leur hôte et se montrent incapables de conserver le palet en zone d’attaque.

Une incroyable fébrilité qui sera on-ne-peut-mieux sanctionnée quelques minutes plus tard. Michael Vandas presse Daryl Boyle dans sa relance et le défenseur allemand est contraint de mettre en retrait pour Alexander Sulzer d’une passe molle mal contenue par celui-ci ; Libor Hudáček n’a presque pas besoin de forcer son talent pour chiper la rondelle et marquer d’un joli revers au poteau gauche (27’18). Le vice-champion du Monde 2012 se rappelle au bon souvenir de Banská Bystrica sous les couleurs duquel il a évolué quelques matches cette saison, prêté par Slovan aux Béliers en guise de coup de pied aux fesses.

Les esprits s’échauffent lorsque Lašák est assailli par trois attaquants alors qu’il tente de mettre le gant sur le palet ; Viedenský et Justin Krueger en viennent aux mains et filent tous les deux en prison (27’51). Le jeu à quatre contre quatre profite davantage aux visiteurs qui augmentent progressivement leur présence en zone d’attaque, s’exposant au contre. Ainsi, Michel Miklík s’échappe en zone neutre mais ne cadre pas sa frappe (29’43).

Le regain de forme allemand est de nouveau stoppé par une faute (Sebastian Uvira, 32’31) et c’est au tour de la deuxième ligne Tybor-Haščák-Sýkora de pilonner en règle les filets allemands. Birken a du pain sur la planche mais résiste bien. La pression diminue au retour du banni et l’Allemagne relance la machine. La volonté offensive semble recouvrée, les Slovaques sont peu à peu débordés physiquement et Michal Sersen accroche dans sa zone (36’09). La Mannschaft n’en profite pas longtemps, puisque Yannic Seidenberg est à son tour puni de deux minutes (36’52).

Sur le court power-play slovaque qui s’ensuit, Nagy s’inflitre dans l’enclave mais manque de précision. Le rebond est récupéré par Hudáček, qui passe à Sersen, lequel vient de reprendre sa place sur la glace après son tour en prison ; le défenseur de Slovan envoie un missile sur la « bleue » qui traverse toute la défense allemande avant de terminer dans le dos du portier de Cologne (3-0, 38’41). Le capitaine Kai Hospelt, discret jusqu’ici, est esseulé entre les deux cercles mais ne parvient pas à réduire un score déjà lourd, la faute à Lašák (39’21).

La messe est définitivement dite lorsque, en tout début du troisième acte, Marcel Haščák reprend avec succès, en haut du cercle droit, la frappe de Ján Sýkora qui avait repiqué au centre après avoir relayé la relance côté droit (4-0, 41’35). Sans envie pendant deux périodes, les Allemands montrent enfin le visage qu’on leur connait, et tentent de sauver l’honneur. Ils y parviennent par l’entremise de Krueger qui, profitant un manque de replacement de la défense locale après un tir dévié de Pietta sur la « bleue », se retrouve seul dans le slot et trompe sans mal Lašák, qui ne pourra donc s’enorgueillir d’un blanchissage. La fin de partie ne verra pas plus d’actions dangereuses, en dépit d’un ultime jeu de puissance allemand (Sersen, 57’56).

Solides en défense et efficaces en attaque, les Slovaques ont offert à leur public une prestation sérieuse mais sans panache, et le bon résultat du soir est surtout à mettre sur le compte de la contre-performance d’une pâle équipe d’Allemagne qui est déjà pratiquement évincée de la course à la victoire finale.

Désignés joueurs du match : Michal Sersen (Slovaquie) et Danny Aus den Birken (Allemagne)

Réactions d’après-match (www.hokejportal.net)

Vladimír Vůjtek (entraîneur de la Slovaquie) : « On peut être satisfaits aujourd’hui du jeu, du mouvement et de la responsabilité avec lesquels les joueurs ont disputé le match. On a peut-être un peu baissé de régime entre la 45e et la 50e minutes, mais tout est ensuite rentré dans l’ordre. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas inscrit quatre buts, tout le monde a bien joué, dans la cage, en défense comme en attaque. On n’a pas laissé les Allemands se créer d’occasions. »

Pat Cortina (entraîneur de l’Allemagne) : « Je félicite l’équipe locale qui a été aujourd’hui clairement meilleure. Elle a bien mieux patiné que nous, elle a plus joué en combinaisons. Le premier but l’a beaucoup aidée. Nous avons dans notre groupe de jeunes joueurs pour lesquels ce genre de match sert de bonne expérience. »

Ladislav Nagy (attaquant de la Slovaquie) : « On a eu un très bon début de match, on marque sur notre premier tir. C’est dommage d’avoir encaissé un but en troisième période, on aurait pu conserver le blanchissage pour Ján Lašák. Il était nécessaire aujourd’hui de faire attention aux blessures car les Allemands jouent un peu de façon insidieuse. (…) C’est un plaisir de jouer avec Martin Réway, c’est un hockeyeur talentueux, exceptionnel dans les passes. (…) Les Allemands ont joué à cinq à l’arrière et comme à Banská Bystrica la patinoire est moins large, c’était difficile de bien combiner. »

 

Slovaquie – Allemagne 4-1 (1-0, 2-0, 1-1)
Jeudi 5 février 2015 à 17h00 à Banská Bystrica. 2720 spectateurs.
Arbitrage de Vladimír Baluška et Juraj Kubuš assistés de Martin Korba et Roman Výleta (tous SVK).<br">Tirs : Slovaquie 29 (11, 11, 7) ; Allemagne 23 (2, 9, 12)
Pénalités : Slovaquie 8' (2', 4', 2') ; Allemagne 12'(6', 6', 0')

Evolution du score
1-0 à 00'29" : Nagy assisté de Jánošík et Viedenský
2-0 à 27'18" : Hudáček
3-0 à 38'41" : Sersen assisté de Hudáček et Nagy (sup. num.)
4-0 à 41'35" : Haščák assisté de Sýkora et Mikuš
4-1 à 47'09" : Krueger assisté de Seidenberg et Pföderl
 

Slovaquie

Attaquants
Ladislav Nagy (A, +1) – Marek Viedenský (2', +1) – Martin Réway (+1)
Radoslav Tybor (+1) – Marcel Haščák (+1) – Ján Sýkora (+1)
Vladimír Dravecký (-1) – Patrik Lušňák (-1) – Michel Miklík (-1)
Libor Hudáček (+1) – Tomáš Surový (A, +1) – Michael Vandas (+1)
Peter Cehlárik

Défenseurs
Adam Jánošík (+1) – Michal Sersen (2'+2', +1)
Juraj Mikuš (+1) – Marek Ďaloga
Dominik Graňák (C, +1) – Peter Čerešňák (-1)
Lukáš Kozák – Christián Jaroš (2', +1)

Gardien
Ján Lašák 

Remplaçant : Július Hudáček (G)

Allemagne

Attaquants
Matthias Plachta (-1) – Kai Hospelt (C, -1) – Yasin Ehliz (-1)
Mirko Höfflin (-1) – Daniel Pietta (2'+2') – Yannic Siedenberg (A, 2', -1)
Nicolas Krämmer – Gerrit Fauser (-1) – Marius Möchel
Marcel Ohmann – Alexander Weiss – Sebastian Uvira (2')
Leonhard Pföderl

Défenseurs
Alexander Sulzer (A, -2) – Daryl Boyle (-2)
Justin Krueger (2', +1) – Jens Baxmann
Benedikt Kohl (-1) – Moritz Müller
Bernhard Ebner (2') – Bjorn Krupp

Gardien :
Danny aus den Birken

Remplaçant : Timo Pielmeier (G)