Brest - Dijon (Ligue Magnus, 26e journée)

Sauvés !

Enfin ! L’épilogue de cette saison régulière se déroule ce soir sur les différentes glaces de Ligue Magnus. Les enjeux de cette ultime journée ont déjà été présentés ici. Pour Brest il n’y a pas de calcul à avoir, la victoire est impérative tout en espérant une défaite caennaise et lyonnaise. Les Dijonnais ne sont pas non plus à l’abri des play-down et ne vont donc rien lâcher. Ils bénéficient d’un effectif au grand complet pour s’assurer une place en phases finales. Les Albatros sont eux toujours privés de Jaroslav Prosvic, nommé officiellement coach assistant la semaine dernière.

La première victoire à l’extérieur de la saison à Epinal a permis aux Albatros d’entretenir l’espoir après une sortie désastreuse face à Caen. À vrai dire tout autre résultat aurait directement envoyé Brest en play-down. C’est donc un peu en miraculés que les oiseaux bretons arrivent déterminés sur la glace devant une patinoire archi-comble.

Initialement prévu à 20 h 00, le coup d’envoi est d’abord reporté à 20 h 30 puis 21 h 15 et enfin à 21 h 30. La faute à un problème de transport. Le train des Bourguignons a été en effet bloqué sur la ligne Paris-Brest. Pas l’idéal comme préparation. Ceci a pour effet d’avoir un décalage entre cette rencontre et les matchs cruciaux que sont Angers-Lyon et Morzine-Caen. Ce n’est pas une mais trois rencontres que les supporters suivent dans les gradins à l’aide de smartphones.

Les patins encore dans le train, la bande des ex-Brestois Sébastien Gauthier et Martin Gascon encaisse un but sur la première tentative bretonne. Bien placé au deuxième poteau, Michal Dian pousse au fond un palet errant (1-0 à 0’31’’). Une mise en route idéale pour les locaux qui affichent un rythme bien meilleur que face aux Drakkars.

Face au tempo adverse, Dijon est poussé à la faute par l’intermédiaire de Juho Mielonen qui est pris pour un faire trébucher (05’05’’). Le jeu de puissance s’installe et offre quelques beaux mouvements collectifs ponctués notamment par une déviation de Jonathan Avenel sur un lancer de Edgars Dikis (6’).

Revenus au complet, les Ducs se font plus pressants mais se contentent de pénétrer en zone offensive sans vraiment parvenir à cadrer des tirs sur la cage de Bertein. Les Albatros abattent pour l’instant un jeu défensif parfait devant leur but. Le jeu est bien plus ouvert et agréable qu’il y a deux semaines. Les deux équipes (surtout Brest) n’hésitent pas à utiliser de très longues transmissions pour construire leurs actions offensives.

Brest est récompensé de ses efforts collectifs. Sur une passe d’Alexandre Quesnel, Dian  en embuscade encore au second poteau temporise habilement avant d’adresser une passe en retrait qui trouve Vladimir Holik. « Bobby », fidèle au club depuis six saisons, trompe Buysse d’un tir ras glace (2-0 à 14’04’’). Le défenseur tchèque n’est plus aussi souvent buteur qu’il ne l’était en Division 1 mais cette réalisation fait grand bien à son équipe.

Malgré une nouvelle supériorité numérique brestoise (14’59’’), cet avantage de deux buts est conservé jusqu’à la fin de la période où les Dijonnais ont enfin pu adresser plusieurs tirs (Cacciotti et Dame-Malka à 19’) sur un Léo Bertein encore très solide ce soir. À noter une petite friction entre Dame-Malka et Romand au moment de sortir de la glace. Le premier donne un coup de crosse au niveau du ventre de son adversaire, l’ex-Caennais s’effondre. Le corps arbitral attribue un cinglage au Dijonnais et un plongeon pour le Brestois !

Le deuxième tiers débute donc à quatre contre quatre et ce sont les Ducs qui s’y montrent le plus à l’aise même si rien de bien dangereux n’est créé. Tout le contraire de l’occasion en or de Michal Dian de porter l’estocade à 3-0. Habitué à rester dans le dos de la défense, il se retrouve sur orbite esseulé face au portier adverse grâce à une transmission précise d’un de ses coéquipiers. Il est fréquent de voir le virevoltant Slovaque dans cette position une à deux fois par match. En revanche il est plus rare de voir l’occasion se terminer par un but. Henri-Corentin Buysse ne cède pas et repousse le tir de l’attaquant brestois (23’50’’).

Léo Bertein s’offre ensuite quelques petites frayeurs sur des sorties et relances hasardeuses à la crosse qui tombent deux fois dans l’escarcelle dijonnaise, mais Alexandre Mulle ne parvient pas à en profiter pour marquer son premier but de la saison (25’ et 26’). Peut-être un signe de crispation de la part des Albatros qui semblent jouer un peu plus à reculons. La pénalité de Briand (28’52’’) est l’occasion de repartir de l’avant.

Les coups de sifflets étant pour l’instant plus souvent à l’encontre des visiteurs, il serait de bon ton pour les locaux d’en profiter. Buysse ne laisse rien passer malgré encore une bonne circulation de palet brestoise. Revenus au complet, les Ducs volent dans les plumes des Albatros. Léo Bertein sort l’arrêt du match avec une parade en grand écart à bout portant face à Briand (31’58’’). Le jeune portier démontre une fois de plus qu’il possède des réflexes assez incroyables.

Les Albatros sont dans le dur dans cette fin de deuxième période mais ils n’abdiquent pas au combat pour autant. Berthon n’hésite pas à aller au charbon par exemple et envoie Kevin Bergin à terre malgré la différence de taille et de poids (34’45’’). Ils peuvent s’estimer heureux également de voir un surnombre de leur part échapper au trio arbitral malgré les protestations légitimes des Dijonnais qui n’en finissent plus d’être indisciplinés. Steven Cacciotti commet un gros cinglage (37’17’’) mais une nouvelle fois le jeu de puissance breton est stérile malgré plusieurs occasions.

Les joueurs rentrent aux vestiaires pour une pause bien méritée. Pendant ce laps de temps, le public apprend avec joie la défaite de Caen mais avec stupeur que la rencontre Angers-Lyon est en prolongation. Une victoire des Lions serait catastrophique car elle forcerait les Albatros à l’emporter ce soir par quatre buts d’écart. Le Kop Brestois entame même un chant « Angers ! Angers ! Angers ! » pour tenter d’encourager les autres Ducs à quelques centaines de kilomètres de là.

C’est donc avec un certain stress que le public attend le dénouement de la rencontre au Haras tandis que le dernier tiers reprend au Rïnkla Stadium. La victoire est loin d’être en poche et les Bourguignons le démontrent en alertant Bertein par Cacciotti (41’24’’) et Gascon qui manque de peu de jouer un vilain tour à son ancienne équipe (44’30’’). Brest est recroquevillé et ne procède que par contre-attaque. Les Albatros, jusque là très disciplinés, finissent par commettre une faute (cinglage de To Landry à 45’25’’). Leur seule infériorité numérique du soir est tuée de main de maître avec un Bertein imperturbable.

La domination étant dijonnaise depuis la reprise, c’est donc une certaine surprise de voir Bryce Reddick inscrire le troisième but brestois en pleine lucarne profitant d’un Buysse masqué (3-0 à 47’40’’). Le délire est total dans la patinoire, d’autant plus que le public apprend exactement au même moment la victoire d’Angers aux tirs au but. Une scène digne d’un scénario hollywoodien !

La rencontre se poursuit néanmoins même si le rythme ralentit un peu. Dijon écope de deux nouvelles pénalités (48’02’’ et 51’48’’) tandis que Jarmo Tolvanen pose un temps mort (51‘36’’). Difficile de savoir s’il annonce à ses joueurs qu’ils sont sauvés. Le seul enjeu maintenant est de conserver leur 11e place qu’ils pourraient perdre aux dépens des Brestois si ces derniers inscrivent un quatrième but.

Dijon presse jusqu’au bout et parvient enfin à déjouer de justesse Bertein pour assurer la 11e place. Mathieu Briand marque de la jambe ou du patin sur un centre de Dame-Malka mais de manière involontaire. Le but est logiquement validé, privant Bertein d’un beau blanchissage (3-1 à 57’46’’). Juste après, le gardien brestois est obligé de s’employer pour stopper de la mitaine un revers de Dame-Malka (58’32’’). On ne pourra pas reprocher aux Ducs de ne pas avoir poussé jusqu’au bout.

La sirène finale retentit suivie de scènes dignes d’une victoire en finale de championnat pour les Albatros. La cage de Léo Bertein est prise d’assaut pour célébrer la première qualification brestoise en play-off en Ligue Magnus (à l’époque Super 16) depuis 2004. Dijon est certes sauvé mais déçu avec cette sixième défaite pas très rassurante à l’approche d’amorcer les phases finales. Ils ont été indisciplinés ce soir et sont tombés sur une équipe brestoise bien en place qui jouait tout simplement sa survie.

L’objectif est donc atteint pour les Albatros : le maintien ! Les play-off sont un gros bonus, la cerise sur le gâteau. Pourtant, à un tir au but près marqué par Yannick Tifu à des centaines kilomètres d’ici, l’issue aurait pu être tout autre. Les Bretons frôlent des play-down qui auraient été très compliqués, peu importe l’adversaire.

Cette saison régulière a été ponctuée de haut et de bas. En perdant contre leurs plus proches concurrents les Brestois se sont considérablement compliqué la tâche. Ils doivent leur salut grâce à des victoires face à des ténors (Gap, Rouen, Amiens, Briançon...) qui ont permis de compenser les échecs face à des adversaires directs.

Après le désastre face à Caen, ils ont su se remobiliser efficacement autour d’un Léo Bertein qui n’en finit plus de monter en puissance. Les voilà propulsés en play-off face au champion en titre briançonnais, rien que ça. Un adversaire qui leur réussit plutôt bien depuis leur retour en Ligue Magnus. La pression étant complètement retombée, les Albatros seront-ils transcendés par l’enjeu pour produire un nouveau miracle ? Réponse dès mardi prochain.



Brest – Dijon 3-1 (2-0, 0-0, 1-1)
Vendredi 13 février 2015 à 21h30 au Rïnkla Stadium. 1412 spectateurs.
Arbitrage de Joris Barcelo assisté de Charles-Édouard Salmon et Pierre Dehaen.
Pénalités : Brest 4' (2’, 0’, 2’), Dijon 14' (6’, 4’, 4’).
Tirs : Brest 41 (18, 15, 8), Dijon 30 (7, 8, 15)

Évolution du score :
1-0 à 00’31’’ : Dian assisté de Quesnel et Berthon
2-0 à 14’04’’ : Holik assisté de Dian et Quesnel
3-0 à 47’40’’ : Reddick assisté de To Landry
3-1 à 57’46’’ : Briand assisté de Dame-Malka et Gascon

Brest

Gardien : Léo Bertein.

Défenseurs : Vladimir Holik – Tim Hartung (A) ; Edgars Dikis – Jason Crossman ; Aurélien Gréverend (A) – Bryce Reddick.

Attaquants : Alexandre Quesnel – Quentin Berthon – Michal Dian ; Benjamin Breault – Nicolas Motreff – Vikhael To Landry ; Jonathan Avenel – Graham Avenel – Jérémie Romand.
 
Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Gaëtan Cannizzo, David Hennebert (C), Sébastien Delemps, Dimitri Motreff. Absent : Jaroslav Prosvic (fracture du scaphoïde).

Dijon

Gardien : Henri-Corentin Buysse

Défenseurs : Olivier Dame-Malka – Adam Sedlak ; Pierre Crinon – Benoit Quessandier ; Thomas Roussel – Juho Mielonen.

Attaquants : Steven Cacciotti (A) – Sébastien Gauthier – Romain Gutierrez ; Aram Kevorkian – Matthieu Briand – Alexandre Mulle ; Ilpo Salmivirta (A) – Martin Gascon (C) – Anthony Rech.

Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Quentin Mahier, Mathis Chiappino, Arthur Montenoise, Bastien Lardière.