Épinal - Strasbourg (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 2)

L'Étoile noire reprend des couleurs

Bien partis dans cette série, les Gamyo espèrent faire coup double à Poissompré, histoire d'asseoir leur suprématie sur ce derby. Mais l'Étoile noire, battue la veille (2-4), ne l'entend pas de cette oreille... surtout qu'une nouvelle défaite en terre vosgienne la forcerait, dès vendredi, à devoir jouer sa survie !

PoPEROFF BERONur ne pas en arriver à une telle extrémité, les hommes de Daniel Bourdages doivent donc impérativement l'emporter. La vérité d'un soir n'étant pas forcément celle du lendemain, il fallait donc s'attendre à retrouver des Alsaciens beaucoup plus guerriers pour cette deuxième manche aux allures de revanche.

Un virage à bien négocier pour les Spinaliens, attendus au tournant après leurs débuts réussis dans cette série, qui laissent à penser que le mode "mode play-offs" a bien été enclenché après de longues semaines d'errance et d'irrégularité.

Reste à confirmer, contre un adversaire très accrocheur et fermement décidé à ne pas se laisser submerger. Des Strasbourgeois rentrant bien dans la partie (contrairement à mardi) et s'employant à neutraliser un jeu spinalien n'ayant rien de flamboyant. Les trois premiers lancers vosgiens de la soirée (tous expédiés par Maxime Moisand) s'avèrent trop excentrés (00'25" et 03'34") ou trop lointain (03'48") pour surprendre un Vladimír Hiadlovský pouvant compter sur le soutien sans faille de ses coéquipiers. Parmi lesquels Jake Goldberg, défenseur offensif rapide et très entreprenant, qui jaillit au bon moment devant Aziz Baazzi (l'empêchant ainsi de trouver Leonelli, totalement démarqué à l'opposé, 01'10").

Chaque duel, chaque rondelle est âprement disputé dans ce derby virant rapidement au bras de fer. Mais en faisant trébucher Vincent Kara derrière la cage, Matt Bruneteau (04'32") offre aux Gamyo une première véritable occasion de briser ce statu quo. Sans que le powerplay spinalien, tout juste bon à faire tourner le palet, n'arrive à ses fins. Bien en place devant leur gardien, les visiteurs tuent donc sans véritablement trembler cette première pénalité et se montrent dangereux dans la foulée.

HIADLOVSKY PO 2L'obstination d'Élie Marcos dans son duel sans merci (avec Ouimet) pour la conquête du puck permettant au capitaine strasbourgeois de ressortir le puck sur Pardavý, puis Danford. L'action débouche sur une tentative de Bruneteau bien captée par Hočevar, mais qui aura incontestablement gagné à être déviée (05'22"). Signe d'une certaine tension dans cette partie, Slovák enverra même valdinguer Trudeau juste après le coup de sifflet... sans qu'il n'écope de pénalité.

Rarement plus dangereux que lorsqu'ils parviennent à accélérer le jeu, les Gamyo profitent de l'allant offensif retrouvé de Strasbourgeois bien moins attentistes que la veille pour contre-attaquer. Deux rapides montées latérales de Grégory Beron manquent ainsi de profiter à Michal Petrák (qui ne parvient pas à réceptionner un centre trop fuyant, 07'46") et à Ján Plch (qui aura raté son contrôle, 08'07"). Le dernier nommé, pris dans son élan, entre ensuite en collision avec un portier en rajoutant très légèrement...

Heureusement pour Strasbourg, Hiadlovský retrouve rapidement ses esprits, ce qui lui permet d'enrayer l'avancée d'un Leonelli parti le contourner, mais ne parvenant pas à lever suffisamment son palet (08'15"). Et que dire de cette ouverture lançant Peter Valier vers un duel singulier illicitement enrayé par Vladimír Hiadlovský, venu le faucher (08'37"). Une sortie quelque peu "musclée" valant, à son auteur, deux minutes de pénalité !

Pas de nature à remonter sa cote de popularité, au plus bas depuis de très longues années à Poissompré (où l'on a pas oublié son "attentat" en 2002 sur Tomáš Myšička), cette intervention sanctionnée ne permet pas non au jeu de puissance vosgien de montrer une quelques dangerosité. Ce qui n'est assurément pas le cas de son alter ego strasbourgeois, appelé sur une crosse haute de Leonelli (11'40"). Un avantage numérique doublé par une charge appuyée de Vojtěch Kloz dans le dos de Sébastien Trudeau (qui vaudra un 2+10 à son instigateur, 11'59"), mais rapidement transformé par Goldberg, Pardavý et compagnie. Élie Marcos, bien placé devant la cage, est à la conclusion d'un "tic tac toe" initié par Jake Goldberg et parfaitement relayé au premier poteau par Sébastien Trudeau (0-1 à 12'12").

MARCOSLes Lorrains se retrouvent menés. Mais pas le temps de tergiverser : il reste une pénalité à tuer. Une mission accomplie, non sans quelques frayeurs comme sur ce one-timer de Pardavý (13'29") ou ce tir non cadré de Peroff (tout près d'être répercuté par Burgert, 13'42"). Et faute d'avoir su enfoncer le clou, les Alsaciens vont se tirer une balle dans le pied. Un relance mal assurée, sous la pression d'Hordelalay, revient directement dans la palette d'Ograjenšek... qui ne tremble pas au moment d'ajuster Hiadlovský, d'un tir croisé à mi-hauteur filant côté bouclier (1-1 à 14'50") !

La fin du premier tiers, réduite à un enchaînement de pénalités (Bougé, pour un soit-disant coup de genou à 16'36", puis Valier, coupable d'une crosse haute sur Peroff à 18'06"), ne verra pas le score évoluer malgré ce rebond "brûlant" que Chipaux sera tout près de glisser au fond de ses propres filets (18'01"). Le jeu de puissance spinalien, toujours aussi inimaginatif, restant tributaire du rendement (très insuffisant) d'un duo Plch-Petrák ne parvenant plus à créer le moindre décalage sur jeu placé.

Il suffira toutefois d'une perte de palet, au retour des vestiaires, pour que les "P-P flingueurs" fassent parler la poudre, comme à leurs plus belles heures. Ján Plch lançant Michal Petrák dans la profondeur. Le Tchèque, d'un tir précis, glissant la rondelle entre les jambières d'Hiadlovský (2-1 à 20'13").

LE BLOND Top scoreurUne nouvelle fois pris à froid, les Strasbourgeois vont ensuite bénéficier des largesses d'un arbitrage loin de faire l'unanimité. Pris de vitesse par Aziz Baazzi (véritable fusée sur patins), Tarik Chipaux fait faute sur le Spinalien... mais tous deux se retrouvent simultanément emprisonnés (22'48"). L'international français en a rajouté aux yeux de Damien Bliek et Nicolas Barbez... qui ne tarderont pas à susciter la colère de Poissompré !

Mais avant d'en arriver-là, les Bas-Rhinois vont tout tenter pour se montrer dangereux à l'image d'un Trudeau faisant parler sa dextérité pour se frayer un chemin dans le camp spinalien. L'ailier canadien, bousculé, finit sa course sur le gardien (24'17"). Pas plus de réussite pour Preston Shupe, servi, lui, trop près du portier par Ján Cibuľa (27'24"). La menace se précise mais Ján Pardavý (qui n'a toujours pas réglé la mire dans cette série) croise beaucoup trop son lancer (29'21"). La riposte de Ján Plch (29'29") est aussitôt suivie d'une accélération permettant à Sébastien Trudeau de libérer Élie Marcos... sans que son capitaine ne trouve l'ouverture (29'47") ! Jake Goldberg, lancé dans une grande chevauchée, voit lui-aussi son incursion stoppée par un Andrej Hočevar ne s'en laissant décidément pas conter (31'21").

Une parodie d'arbitrage...

Philippe Bozon, qui effectue son retour sur le banc spinalien (après avoir purgé ses deux matchs de suspension héritées de ses démêlées répétés avec les "zébrés"), prend alors un temps mort, sans se douter qu'il restera sans effet. Ses troupes se retrouvent bientôt ensevelies sous une avalanche de pénalités, à commencer par celle récoltée par Martin Charpentier. Jordy Anglés, l'attaquant franco-espagnol, s'effondre après avoir pris la crosse du jeune défenseur spinalien, qui ne l'at toutefois pas laissé traîner de manière intentionnelle (32'35"). Puis c'est Maxime Ouimet (accompagné d'Élie Marcos) qui s'en va cirer le banc des pénalités (33'44") avant que Gašper Sušanj ne se voit lui-aussi puni, pour une charge jugée inappropriée sur Tarik Chipaux (35'09").

GOLDBERG Jakob 1S'ensuivent de longues minutes passées à défendre en infériorité, à être sur le qui-vive pour ne laisser trop d'opportunités. Mais ce qui devait arriver arriva, sur une remise de Trudeau vers Goldberg à la pointe. Le talentueux défenseur américain, esseulé dans le haut de l'enclave, a tout le temps d'ajuster un lancer surprenant Hočevar, visiblement masqué (2-2 à 35'51"). Une grande première à Poissompré pour cet attaquant-né, reconverti à l'arrière durant son passage à l'université (sur le campus de Brown, à Providence, où un certain Dan Brooks officia comme assistant-coach durant de longues années), qui marque enfin sur le glaçon spinalien après avoir fait deux poteaux lors des trois premières confrontations...

Arrive ensuite, l'action la plus litigieuse de la soirée. Vincent Kara, aux prises avec Ken Peroff derrière la cage strasbourgeoise, se fait visiblement accrocher par le défenseur canadien. Mais contre toute attente, c'est l'ailier français qui est sanctionné (38'06"). À l'étonnement succèdent rapidement l'incompréhension puis l'indignation. Une frustration exacerbée par la réussite d'un Preston Shupe parvenant à s'emparer d'un rebond... alors qu'il restait seulement sept petits centièmes à jouer ! Un but opportuniste, consécutif à ultime lancer de Ben Danford, qui aura envoyé dans le trafic dans les tous derniers instants du deuxième tiers-temps (2-3 à 39'59")...

Il n'en fallait pas davantage pour que les référés, déjà loin de faire l'unanimité, subissent les foudres de Poissompré et regagnent les vestiaires sous un flot d'amabilités.

PLCH PO 2Mais ce sentiment d'injustice va progressivement s'atténuer, sans pour autant totalement s'effacer. Le suspens finit par être relancé. Non pas sur cette tentative de Maxime Ouimet (qui fait poteau sortant, 40'40"), mais plutôt sur ce slap très excentré aussi rasant que puissant. Une frappe expédiée par Grégory Beron, en supériorité, suite à une pénalité compensatoire infligée à Ján Pardavý (3-3 à 43'19")...

... et un raté cher payé !

De buteur salvateur, Beron se mue rapidement en prisonnier, sanctionné d'un faire trébucher (44'14"), sans que le powerplay alsacien ne puisse en profiter. Bruneteau, en s'engouffrant dans une brèche devant la cage, s'est pourtant montré menaçant du revers (46'03"). Mais il faudra encore patientier pour assister au vrai tournant de la soirée. Pierre Bougé, aux prises avec Vincent Kara, se fait logiquement pénaliser pour avoir fait trébucher l'ancien Chamois (49'01").

C'est alors que l'impensable se produit. Après avoir longuement fait circuler le palet, en cherchant la faille sans la trouver, Michal Petrák fait apprécier son manque flagrant de lucidité. Le Tchèque, posté à hauteur de la ligne bleue, y va d'une passe téléphonée se transformant en véritable rampe de lancement. Tarik Chipaux, qui s'attendait forcément à le voir rechercher Ján Plch, interceptant du bout de la crosse pour lancer Valentin Michel dans la profondeur. Une échappée menée à bien par l'ex-Angevin, qui parvient, avec beaucoup de sang froid, à loger la rondelle par-dessus la mitaine du gardien (3-4 à 50'05").

PTRAK PoUne chape de plomb s'abat alors sur Poissompré, laissant les quelques supporters strasbourgeois tout à leur joie. Cette grossière erreur de Petrák, lourde de conséquence, ayant lourdement compromis les chances de Spinaliens se voyant contraints de jeter leurs dernières forces dans la bataille. Un forcing restant vain en dépit d'une forte pression exercée dans la zone de vérité. L'Étoile noire tient bon jusqu'au bout, déterminée à ne pas laisser filer un aussi précieux succès...

L'air de Plombières-les-Bains, haut lieu du thermalisme vosgien (où la délégation bas-rhinoise prit ses quartiers), aura donc fait le plus grand bien aux Alsaciens, portés par une efficacité retrouvée en supériorité, qui n'avaient plus gagné depuis deux ans et demi à Poissompré. Une victoire méritée, qui les remet dos-à-dos avec des Gamyo n'ayant pas fini d'enrager en repensant au déroulement de cette soirée. Entre le manque de discernement des "zébrés" et cet incroyable raté d'un Michal Petrák ayant causé la perte de ses coéquipiers...

 

Épinal - Strasbourg 3-4 (1-1, 1-2, 1-1)
Mercredi 18 février à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Damien Bliek assisté d'Aurélien Smeeckaert et Jérémy Metais.
Pénalités : Épinal 40' (6'+10', 10'+10', 4') ; Strasbourg 16' (6', 4', 6').

Tirs : Épinal 28 (12, 7, 9) ; Strasbourg 24 (7, 10, 7).

Évolution du score :
0-1 à 12'12" : Marcos assisté de Trudeau et Goldberg (double sup. num.)
1-1 à 14'10" : Ograjenšek assisté d'Hordelalay
2-1 à 20'13" : Petrák assisté de Plch
2-2 à 35'51" : Goldberg assisté de Trudeau (sup. num.)
2-3 à 39'59" : Shupe assisté de Danford (sup. num.)
3-3 à 43'19" : Beron assisté de Petrák et Plch (sup. num.)
3-4 à 50'05" : Michel assisté de Chipaux (inf. num.)

Épinal

Attaquants :
Grégory Beron - Michal Petrák - Ján Plch (A)
Vincent Kara - Matthieu Le Blond - Peter Valier
Ken Ograjenšek - Aziz Baazzi - Nicolas Leonelli
Anthony Rapenne - Yannick Offret (A) - Pierre-Charles Hordelalay

Défenseurs :
Vojtěch Kloz - Maxime Moisand
Maxime Ouimet (C) - Peter Slovák
Gašper Sušanj - Alain Goulet
Martin Charpentier

Gardien :
Andrej Hočevar (sorti de sa cage de 58'53" à 59'36", puis de 59'41" à 60'00")

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Maxime Martin. Absents : Anže Kuralt (oreille interne), Nathan Ganz (choix de l'entraîneur).

Strasbourg

Attaquants :
Ján Pardavý (A) - Élie Marcos (C) - Sébastien Trudeau
Ján Cibuľa (A) - Preston Shupe - Julien Burgert
Anthony Gonçalves - Tarik Chipaux - Valentin Michel
Julien Baeumlin - Peter Bourgaut - Jordy Anglés

Défenseurs :
Matt Bruneteau - Ben Danford
David Stříž - Ken Peroff
Pierre Bougé - Jake Goldberg

Gardien :
Vladimír Hiadlovský

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierrick Hoehé.