Brest - Briançon (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 3)

Les Diables flirtent avec l’enfer 

Troisième match en quatre jours pour les deux équipes et pas mal d’heures de car dans les jambes (34 pour Brest, 17 pour Briançon). Les effectifs sont émoussés surtout après l’impressionnante et inattendue réponse défensive des Albatros auteurs d’un exploit en s’imposant 1-0 à René-Froger dans le match 2 après avoir perdu 9-5 la veille dans le match 1.

Assurés du maintien, les Brestois disputent des play-offs de luxe face aux champions en titre. Une équipe qui leur réussi particulièrement bien depuis leur retour en Magnus. S’attendant sans doute à une promenade de santé après un match 1 maîtrisé, les Hauts-Alpins ont vécu un véritable calvaire breton le lendemain. La tâche se compliquerait en cas de défaite de leur part ce soir. En face, les Brestois n’ont rien à perdre.

Deux absences importantes à signaler chez les locaux et visiteurs. Le charismatique Jaroslav Prosvic avait effectué son retour au jeu lors du premier match. Il n’est pas aligné ce soir, comme ce fut le cas mercredi. L’offensive briançonnaise doit elle se passer du travailleur Pierre-Antoine Devin. En défense il manque aussi du beau monde : l’international Florian Chakiachvili pour les Diables Rouges et Tim Hartung (deuxième pointeur de Ligue Magnus chez les défenseurs) à Brest.

L’emprise dans ce début de rencontre est incontestablement visiteuse. Briançon fait le jeu et Brest n’obtient un répit qu’avec la pénalité écopée par Lionel Tarantino à 4’27’’. Et encore, ce moment de respiration est relatif puisque Cédric Di Dio Balsamo joue crânement sa chance en infériorité numérique et se procure une belle opportunité du revers stoppée par Léo Bertein (4’40’’).

À vrai dire les Albatros n’adressent pas un seul tir sur la cage de Shane Madolora durant le jeu de puissance (le premier lancer local sera comptabilisé à la… douzième minute). Les Diables Rouges ont plus d’aisance mais pas de réussite. Après la première pénalité bretonne (6’31’’) il ne faut que cinq secondes à Marc-André Bernier pour trouver la mitaine d’un Bertein très bien rentré dans son match (6’36’’).

Briançon pense même avoir ouvert le score sur un cafouillage dans l’enclave peu après. L’arbitre le plus proche de l’action désigne la cage et indique la validation du but ce qui soulève immédiatement la protestation des Brestois. Après un conciliabule arbitral, le but est finalement invalidé. Les Briançonnais ne contestent pas (7’05’’).

La pénalité est tuée tant bien que mal, et les réactions brestoises pointent finalement leur nez en fin de période. La période de rodage brestoise semble passée est le jeu s’équilibre enfin. Les spectateurs peuvent souffler à la pause avec un sympathique spectacle de patinage synchronisé effectué par les Océanes du Sport et Patinage de Brest.

Le hockey reprend ensuite ses droits avec des Albatros qui débutent en supériorité numérique sans succès. Des situations clés qui heureusement pour Briançon ne profitent pas à Brest car Jaka Ankerst (24’12’’) puis Tarantino (29’38’’) sont pénalisés dans les dix premières minutes. De quoi s’en mordre les gants et la crosse pour Brest.

Les Diables, dans ce laps de temps, finissent par ouvrir la marque. Sur un 2 contre 1 bien amené, Norbert Abramov s’infiltre, feinte puis centre au deuxième poteau pour son capitaine Bernier qui fait mouche (0-1 à 28’35’’).

La réponse brestoise sera une véritable tempête déferlante sur un Madolora bombardé et une défense acculée. Graham Avenel s’offre deux grosses opportunités (30’50’’ et 36’) dont une échappée en solitaire. Michal Dian (35’32’’ et 38’56’’) et To-Landry (31’20’’) ne trouvent pas la faille malgré des occasions très franches. Les visiteurs doivent une fière chandelle à leur cerbère qui préserve tant bien que mal le maigre but d’écart jusqu’à la pause.

La dernière période du temps réglementaire démarre sur la même dynamique. Se contentant visiblement de leur seul but d’avance, Briançon est clairement sur la défensive et joue les contres si l’occasion se présente. Profitant d’un Madolora en feu (double arrêt sur To Landry à 45’25’’ puis mitaine sur Jonathan Avenel à 45’39’’), la stratégie fonctionne. Bernier a même l’opportunité d’inscrire le deuxième but des siens sur une passe en profondeur de Raux mais Bertein détourne la tentative avec sa jambière droite (48’47’’).

Le jeu se durcit avec un Lionel Tarantino sonné après une collision avec Alexandre Quesnel (49’26’’). Puis Norbert Abramov et Quentin Berthon s’accrochent réciproquement leurs crosses et laissent leur coéquipier évoluer à quatre contre quatre (50’21’’). Bénéficiant de plus d’espaces, les Albatros souhaitent écarter au maximum le jeu afin d’éparpiller la défensive adverse. Cela est brillamment réussi par Jérémie Romand qui temporise le long de la bande et parvient à attirer des adversaires sur lui avant d’écarter le jeu. Vladimir Holik est à la réception et expédie un lancer frappé dévié involontairement dans son propre but par un Briançonnais (1-1 à 50’40’’). Un troisième but en autant de rencontre pour le vétéran tchèque décidément en pleine réussite ces temps-ci.

Une égalisation qui chamboule les plans des Hauts-Alpins qui étaient bien décidés à répondre par un blanchissage à celui subit au match deux. Changement stratégique donc, les Diables Rouges se portent à nouveau vers l’avant. Ian McDonald est tout proche de marquer après un excellent travail de Jesper Jensen mais Léo Bertein leur vole la vedette d’un arrêt glissé (53’).

Coup dur ensuite pour les Albatros qui perdent Validimir Holik sur blessure après une lutte le long de la bande qui se termine par une mauvaise chute (55’20’’).

Bernier est exemplaire dans une équipe malgré tout très méfiante comme en témoigne l’important appui défensif opéré par leurs joueurs de centre. Le capitaine s’offre un tour de cage (56’45’’) et un bon tir (59’07’’). Ce sont pourtant les Albatros qui s’offrent les occasions les plus dangereuses et sont à  quelques centimètres d’emporter la mise avant la fin du temps réglementaire. Graham Avenel a le but de la victoire au bout de sa crosse mais son tir est trop croisé et frôle le montant droit de Madolora (57’35’’). Le gardien visiteur sauve à nouveau la mise avec deux arrêts importants dans les cinq dernières secondes (59’55’’ et 59’59’’) et permet à son équipe d’atteindre les prolongations.

Le nouvel exploit brestois est tout à fait possible lorsque Cory Pritz commet un faire trébucher flagrant (63’07’’). Sébastien Oprandi pose immédiatement sont temps mort afin de préparer au mieux ce quatre contre trois à venir qui peut faire plier la rencontre. C’était sans compter sur Shane Madolora qui enfile à nouveau son costume de héros pour sortir une à une les occasions à la pelle des Bretons (64’13’’ et 65’07’’).

Requinqués par cette pénalité tuée, les Briançonnais sont de nouveau en scelle et vont finir par s’extirper de ce traquenard d’extrême justesse. Qui d’autre que leur capitaine et « oueur de franchise » pour y parvenir ? Avec un instinct du buteur, Marc-André Bernier fonce vers le but malgré un marquage d’homme à homme, juste à temps pour dévier dans le haut du but en pleine course le centre qui lui était adressé (1-2, 67’05’’).

Énorme soulagement pour le champion en titre qui frôle la catastrophe. Les scènes de joie sont d’ailleurs brèves car la série n’est pas terminée. Ce match trois se joue à peu de choses. Deux gardiens auteurs de prestations de haute volée lors des temps fort adverses (en début de match notamment pour Briançon, fin du deuxième et troisième tiers pour Brest) et des situations de supériorité numérique qui n’ont pas souri aux Albatros alors qu’elles auraient pu leur permettre d’inscrire le petit but supplémentaire pour l’emporter.

Les Diables Rouges ont flirté avec l’enfer. Le but en mort subite de Bernier leur permet de demeurer au purgatoire pour l’instant. S’il reste encore des forces physiques et morales aux Albatros (qui se sont beaucoup dépensés), la route vers les quarts sera difficile pour le champion en titre face à une équipe qui joue à merveille son rôle de grain de sable.


Brest – Briançon 1-2 après prolongation (0-0, 0-1, 1-0, 0-1)
Vendredi 20 février 2015 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 982 spectateurs
Arbitrage de Alexandre Hauchart et Jérémie Douchy assistés de Charles-Edouard Salmon et Benjamin Gremion.
Pénalités : Brest 6' (2’, 2’, 2’, 0’), Briançon 12' (4’, 4’, 2‘, 2’).
Tirs : Brest 37 (6, 13, 12, 6), Briançon 34 (13, 8, 11, 2)
 
Évolution du score :
0-1 à 28’35’’ : Bernier assisté de Abramov et Raux
1-1 à 50’40’’ : Holik assisté de Reddick et Romand
1-2 à 67’05’’ : Bernier assisté de Igier et Labrecque
 
Brest

Gardien : Léo Bertein.

Défenseurs : Jason Crossman – Edgars Dikis ; Vladimir Holik – Bryce Reddick ; Aurélien Gréverend (A) – David Hennebert (C) ; Nicolas Motreff (à partir de 55’20’’).

Attaquants : Benjamin Breault (Dian fin du T2 jusqu’au début T3) – Nicolas Motreff (Breault fin du T2 jusqu’au début T3) – Vikhael To Landry ; Alexandre Quesnel (A) – Quentin Berthon – Michal Dian ; Jonathan Avenel – Graham Avenel – Jérémie Romand.

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Gaëtan Cannizzo, Sébastien Delemps, Dimitri Motreff. Absents : Jaroslav Prosvic (fracture du scaphoïde), Tim Hartung.

Briançon

Gardiens : Shane Madolora.

Défenseurs : Kevin Igier – Cory Pritz ; Andreas Frisk – Gasper Cerkovnik ; Viktor Szelig – Cédric Custosse.

Attaquants : Jimmy Jensen – Dave Labrecque (A) – Ian McDonald ; Norbert Abramov – Damien Raux (A) – Marc-André Bernier (C) ; Michal Jeslinek – Jaka Ankerst – Lionel Tarantino ; Cédric Di Dio Balsamo – Lionel Tarantino – Thibault Farina ; Guilaume Michelon.

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Vincent Colomer, Loïc Farnier. Absents : Florian Chakiachvili, Pierre-Antoine Devin, Benjamin Villiot.