Brest - Briançon (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 4)

Les Albatros s’offrent une cinquième manche 

On remet le couvert. Moins de 24 heures après une débauche d’énergie importante, les joueurs retournent au charbon. Le banc brestois se raccourci un peu plus avec l’absence de Vladimir Holik, blessé en toute fin de match la veille. Déjà forcé de ne jouer qu’à trois lignes, Sébastien Oprandi n’a d’autre choix de lancer le jeune Gaëtan Cannizzo dans le grand bain. Il est aligné aux côtés de l’excellent Edgars Dikis dont le recrutement en cours de saison s’est avéré plus que judicieux étant donné les blessures que connaît Brest en cette fin de saison.

Briançon dispose d’une profondeur de banc plus importante, ce qui permet à Edo Terglav d’aligner quatre lignes offensives malgré des absences également. Un paramètre important qui peut jouer sur la fatigue en fin de match. Petite déception tout de même sur l’affluence, les gradins sont encore moins remplis qu’hier (732 spectateurs) pour un match pourtant décisif. La hausse des tarifs n’y est sans doute pas étrangère. Cela n’empêche pas les supporters présents de mettre une vraie ambiance de play-offs.

Vaincre ou mourir. Telle est la devise brestoise après l’échec crève-cœur dans le match 3. Briançon, de son côté, compte bien mettre un terme à cette série et s’offrir un repos pour tenter de récupérer l’énergie perdue lors de cette série bien plus accrochée que prévu.

Comme hier, les Diables Rouges démarrent mieux que leur adversaire. À la faveur d’une faute de Bryce Reddick commise au bout de quinze secondes (mais sifflée à 0’45’’), les blancs portent les premières alertes sur la cage de Léo Bertein qui ne donne pas les rebonds recherchés sur des frappes lointaines (1’21’’).

La première tentative bretonne est l’œuvre de Quesnel à 4’30’’. C’est plus tôt que la veille mais cela montre bien que Briançon domine. Mais en sortant peu à peu de leur repli, les Albatros se font plusieurs fois piéger par des pertes de palet au niveau de la ligne bleue offensive, ce qui provoque des contres adverses dangereux. Un 3 contre 2 est ainsi tout proche de profiter à Marc-André Bernier qui tire largement au-dessus (7’02’’).

Petite escarmouche ensuite entre Michal Dian et Jesper Jensen, que le corps arbitral envoie tous les deux au cachot (09’09’’). La situation de quatre contre quatre avait permis la veille aux Albatros d’égaliser. Elle leur permet ce soir d’ouvrir la marque. Vikhael To Landry, très en jambes hier, travaille bien derrière le but de Shane Madolora et parvient à servir Aurélien Gréverend en retrait. Le défenseur défensif reprend de près la passe et loge le disque dans le haut du but (1-0 à 09’59’’). Un premier but très important étant donné que l’équipe ayant ouvert la marque a systématiquement remporté la rencontre jusqu’à présent.

Les Albatros ne ménagent pas leurs efforts. David Hennebert, joueur de devoir par excellence, commet pourtant une faute en voulant bien faire. Sa tentative de « plongeon-poke-check » fait trébucher un Briançonnais (11’25’’). L’infériorité numérique sera gérée de manière exemplaire. Tandis que Bertein ne laisse aucun retour, ses partenaires exercent un pressing constant et parviennent à couper les lignes de passes du jeu de puissance des Diables Rouges.

Le climat se tend en fin de période. Nicolas Motreff est sonné après un choc devant le banc briançonnais par Norbert Abramov qui est sanctionné (15’17’’). Cette première supériorité brestoise ne donne rien. Le tiers se termine en pugilat à la suite d’un tir de Michal Dian après le coup de sifflet de l’arbitre. Le tir est puissant et un Briançonnais se fait mal en le contrant. Quentin Berthon et Damien Raux se frictionnent, l’international français lance même plusieurs coups de poings. Il écope d’un 2’+2’, autant que Berthon. Dian est lui sanctionné d’une méconduite (19’10’’). On reste à cinq contre cinq.

Ce n’est pourtant pas la dernière pénalité du tiers, Viktor Szelig est pris par la patrouille pour un accrocher à dix secondes de la sonnerie.

Cela offre à Brest 1’49’’ de supériorité numérique pour démarrer la deuxième période. Ce laps de temps est mis à profit par To Landry qui marque en deux temps après un somptueux arrêt couché de Madolora qui ne peut rien sur le rebond (2-0 à 21’04’’). L’ex-Lyonnais est assisté par son compère Breault.

On retrouve ce duo peu après avec une action menée à une vitesse impressionnante. To Landry remonte une bonne partie de la patinoire puis effectue un grand pont sur un adversaire et parvient à trouver Breault au centre pour une reprise instantanée. Cette fois Madolora effectue l’arrêt sans lâcher de rebond (23’01’’). Les Albatros sont bien plus dynamiques et rapides que les Diables Rouges dans ce début de période. Vikhael To Landry notamment est omniprésent et donne l’impression de flotter au-dessus de la glace.

Les Briançonnais n’abdiquent pas pour autant. Bénéficiant d’une pénalité différée, ils évoluent temporairement à six contre cinq et même six contre quatre puisqu’un Brestois se retrouve à terre temporairement blessé et à terre devant le but de Bertein. Les arbitres laissent pourtant le jeu se dérouler. Une frappe déviée finit par transpercer la muraille formée à Dunkerque. Le but est crédité au jeune Loïc Farnier (2-1 à 28’33’’).

Un but qui pousse Brest dans une mauvaise passe où ils subissent le jeu. De plus les Albatros jouent parfois avec le feu à l’image de Dian qui en fait parfois un peu trop avec ses dribbles proches de provoquer des revirements extrêmement dangereux (33’). Mais cela peut être également un signe de l’absence de panique dans les rangs bretons. Cette confiance apparente n’empêche pas Bernier d’être tout proche de marquer en vrai renard après une situation confuse dans l’enclave (34’20’’).

Très en vue en fin de saison, le troisième bloc Avenel-Avenel-Romand continue de fournir un gros effort à chacune de ses présences. Ces joueurs donnent tout et cela se voit à leur sortie de glace où ils sont quasi systématiquement exténués.

Les gris-gris parfois imprudents de Michal Dian, évoqués précédemment, vont payer. Après un festival de petits-ponts et autres dribbles sur ses adversaires, il parvient à adresser un tir vers Madolora qui est dévié par Graham Avenel venu faire écran (3-1 à 38’41’’).

Un but extrêmement important inscrit à un moment clé où Briançon tentait d’égaliser et juste avant la deuxième pause. Les Diables Rouges tentent de réagir dès la reprise. Ca chauffe et ça cafouille autour de Bertein (40’10’’ et 42’40’’) mais le gardien brestois répond encore et toujours présent.

C’est donc un grand coup sur le casque que le champion en titre prend après une récupération de Benjamin Breault qui décale à droite pour Jérémie Romand. L’ex-Caennais, meilleur pointeur brestois dans ces play-offs, décoche un tir pleine lucarne qui mystifie Madolora (4-1 à 45’48’’).

Malgré plusieurs tentatives, les Briançonnais semblent à court de solution offensive. La faute à une rigueur défensive impressionnante des locaux qui n’offrent la plupart du temps que des tirs en angle fermé aux visiteurs (52’15’’, 53’17’’). L’ultime espoir vient avec une pénalité de Dikis (54’16’’) qui ne donne rien. Le jeu de puissance briançonnais a les opportunités de revenir à deux buts mais il pêche clairement dans la finition.

À l’issue d’une rencontre intense les Brestois poussent Briançon vers une cinquième manche. Puisant dans des ressources physiques inespérées, les Albatros ont offert un effort impressionnant après pourtant quatre rencontre disputées en cinq jours. Et ceci en tournant à une ligne de moins que l’adversaire et avec un banc raccourci par des blessures de joueurs clés.

Impossible de passer sous silence la prestation une nouvelle fois extrêmement solide de Léo Bertein qui enchaîne les matchs dantesques après un match 1 loupé par l’ensemble de l’équipe. Les trois blocs donnent tout à chaque présence et c’est cette obstination qui fait mal à des briançonnais à cours de solution face à cette constante prise à la gorge. Ils peuvent même s’estimer heureux, car sans un but salvateur de Bernier la veille, ils ont frôlé des vacances anticipées dès ce soir.

Ne sachant pas si ce match était le dernier disputé cette saison au Rïnkla Stadium, l’après match est marqué par un discours émouvant de David Hennebert, capitaine par intérim, qui annonce sa retraite à la fin de saison. Il sort sous une haie d’honneur et une standing ovation bien méritée de la patinoire après cinq saisons de très bons et très loyaux services. Le point d’orgue du passage de l’Amiénois en Bretagne restera sans doute sa prestation grandiose en finale de Division 1 en 2013 face à Lyon.

Les Albatros se rendront donc une nouvelle fois à René Froger. Une manche décisive qu’ils aborderont le cœur léger après deux matchs énormes devant leur public. Ils n’auront aucune pression, l’objectif ayant été déjà largement atteint. Tout le contraire du champion en titre qui a déjà laissé beaucoup de forces dès le premier tour.



Brest – Briançon 4-1 (1-0, 2-1, 1-0)
Samedi 21 février 2015 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 732 spectateurs
Arbitrage de Alexandre Hauchart et Benjamin Gremion assistés de Charles-Edouard Salmon et Jérémie Douchy.
Pénalités : Brest 24' (10’+10’, 2’, 2’), Briançon 12' (10’, 0’, 2‘).
Tirs : Brest 28 (5, 10, 13), Briançon 33 (11, 9, 13)
 
Évolution du score :
1-0 à 09’59’’ : Greverend assisté de To Landry et Quesnel
2-0 à 21’04’’ : To Landry assisté de Breault et J. Avenel
2-1 à 28’33’’ : Loïc Farnier (joueur supplémentaire)
3-1 à 38’41’’ : G. Avenel assisté de Dian et Quesnel
4-1 à 45’48’’ : Romand assisté de Breault et Motreff
 
Brest

Gardien : Léo Bertein.

Défenseurs : Jason Crossman – Bryce Reddick ; Gaëtan Cannizzo – Edgars Dikis ; Aurélien Gréverend (A) – David Hennebert (C).

Attaquants : Alexandre Quesnel (A) – Quentin Berthon – Michal Dian ; Benjamin Breault – Nicolas Motreff – Vikhael To Landry ; Jonathan Avenel – Graham Avenel – Jérémie Romand ; Sébastien Delemps (à partir de 20’).

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Dimitri Motreff. Absents : Jaroslav Prosvic (fracture du scaphoïde), Tim Hartung, Vladimir Holik.
 
Briançon

Gardiens : Shane Madolora.

Défenseurs : Kevin Igier – Cory Pritz ; Gasper Cerkovnik – Andreas Frisk ; Viktor Szelig – Cédric Custosse.

Attaquants : Jimmy Jensen – Dave Labrecque (A) – Ian McDonald ; Norbert Abramov – Damien Raux (A) – Marc-André Bernier (C) ; Michal Jeslinek – Jaka Ankerst – Lionel Tarantino ; Cédric Di Dio Balsamo – Lionel Tarantino – Thibault Farina ; Guilaume Michelon ; Loïc Farnier.

Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Vincent Colomer. Absents : Florian Chakiachvili, Pierre-Antoine Devin, Benjamin Villiot.