Dunkerque - Tours (Division 1, 14e journée, match en retard)

Les Coqs de Courbevoie ont réussi l’an dernier à sauver leurs plumes après avoir concédé dix défaites d'affilée en début de saison. Les Corsaires de Dunkerque parviendront-ils à se qualifier pour les playoffs après leurs sept revers initiaux ?

Certes, lors de la soirée inaugurale de septembre, Anglet ne s’était imposé qu’aux tirs au but et Tours avait dû attendre 62 minutes pour empocher les deux points lors du deuxième match. La possibilité pour les hommes de François Rozenthal de croire encore en leurs chances de quart de finale, même restreintes, n’en constitue pas moins un scénario peu envisageable il y a quelques semaines.

Pour éviter que cette rencontre en retard ne coïncide avec la dernière sortie à domicile d’une saison qui restera particulière, le HGD doit d’abord vaincre les Remparts et espérer que ces derniers confirment à l’Elysée leur large succès initial face à Neuilly. Tout en rentrant de la Barre en vainqueur…

Loin de ces calculs, même si l’enjeu est pour eux de bien se placer et éviter un quart de finale face à un lourd venu d’Aquitaine, les Tourangeaux en terminent ce soir avec une longue série de sept déplacements de suite, où ils ont alterné le très bon (à Nice ou à Bâle contre Mulhouse) et le moyen (à Reims notamment). Leur défaite en surtemps à Courbevoie les a paradoxalement qualifiés pour les quarts de finale, une réussite en cette saison du retour au premier plan, au moment où le projet de passage en SASP présenté par Philippe Quinsac a été approuvé.

La tâche des Dunkerquois s’annonce d’autant plus rude qu’ils sont privés de Denis Kadic et de Benjamin Bataille, leurs adversaires devant se passer de Robert Kirner et Mickaël Lamothe.

Premiers à l’attaque, les Tourangeaux sont vite acculés par Toni Kluuskeri et Miroslav Kristin, enfin épargné par ses adducteurs. Une montée de Young et un lancer puissant de Ballet détourné par le bâton de Kubis témoignent de la volonté locale de pousser d’entrée. Avec un peu trop d’enthousiasme car François Moretti, dans son élan, est invité avec Matej Kiska à se calmer sur le bord de la glace. À quatre contre quatre, les visiteurs en profitent pour adresser leur premier lancer par Golden, dans le gant de Martel. De retour sur la glace, Moretti hérite d’une mise au jeu remportée avec Kluuskeri et sert Miroslav Kristin, libre de tout marquage pour catapulter l’offrande au fond des filets (1-0 à 7’08").

Le pressing haut gêne la relance de l’arrière-garde tourangelle, à nouveau mise à mal par la deuxième ligne et qu’un tir de Simon ne peut prendre à revers. Les Remparts tentent bien de réagir, mais, empêtrés dans le marquage, ils commettent également des erreurs de transmission et un hors-jeu de Paillet. Il faut une perte de palet entre Francis Ballet et Mathieu Cyr pour permettre à Alexis Birolini de contrer, l’ancien Amiénois manquant toutefois sa passe vers le centre.

Une mauvaise passe de Kiska vers sa défense remet Filip Kubis sur la sellette, le Slovaque étant puni pour avoir accroché le percutant César Joffre. Le tir de Toni Kluuskeri et les efforts de Miroslav Kristin ne permettent pas à la marque d’évoluer, la faute à une boîte agressive. Le retour à forces égales est bref car Ryan Delorme se rate en position de dernier défenseur et commet la faute sur Loïc Destoop, à l’affût du palet laissé libre (15’08"). La gâchette d’Adam Young ne permet pas à la marque d’évoluer, pas plus que la présence de Kluuskeri au centre, car le Finlandais ne parvient pas à maîtriser la rondelle.

Les joueurs d’Indre-et-Loire reprennent le jeu avec de meilleures intentions. Thomas Saint-André et Chris Jones font parler la poudre, Petr Domin travaille en fond de zone sur la troisième ligne et Ryan Delorme fait chauffer Martel de la bleue. Comme une relance de Young échappant à Joffre, le HGD semble hésitant… avant de contrer par Miroslav Kristin, en débordement sur l’aile gauche, d’où il guette l’immixtion au centre de Ryan Heavey et sa reprise en hauteur (2-0 à 23’46").

Le compère Young, incisif sur l’aile gauche, est à l’origine d’une nouvelle faute, un accrocher de Papaux. Si le palet circule bien dans la zone, les rebonds ne sont pas exploités par les Corsaires. Très en vue, César Joffre est le premier sur un disque convoité côté gauche par Domin, dont la crosse heurte le visage du Grenoblois. En double supériorité pour une minute, Young abandonne le palet à Moretti, qui fait vaciller Kubis avant de voir la passe de Kristin lui échapper. Dans son élan, le numéro 15 percute Paillet contre la bande et les forces s’équilibrent. En apparence car les occasions sont encore nordistes : un face-à-face Joffre-Kubis remporté par le second (28’40") et un slalom de Cyr.

Une obstruction de Francis Ballet sur Paillet, remis de la charge précédente, occasionne à Marc-André Martel un surcroît de labeur. Avare de rebonds face à Delorme, le Québécois apparaît plus en danger sur deux essais de Thomas Eischen, le caoutchouc relâché étant fortement convoité. Tours ne profite pas de ces deux minutes complètes passées en supériorité, une première, et plie irrémédiablement en fin de période. De la droite, Clément Thomas adresse une salve que Filip Kubis ne peut que détourner vers Loïc Destoop (3-0 à 36’53"), et une nouvelle faute provoquée par Joffre à la lutte avec Eischen entraîne un quatrième filet. En effet, le tir de Lionel Simon, expédié de la bleue, semble dans les cordes du portier tchèque. Surpris et gêné par la présence de Kluuskeri, l’ancien Rémois voit cependant le palet trouer sa mitaine (4-0 à 39’43").

Comme au deuxième acte, les Remparts reviennent avec détermination et adressent une dizaine de lancers dans les cinq minutes inaugurales de l’ultime période. Pas plus Alexis Birolini que Petr Domin, remuant mais esseulé et imité par Jones de la gauche, ne parviennent à tromper Martel, dont la botte déjoue un autre missile de Birolini. L’indiscipline enraie à nouveau la machine tourangelle lorsque Kirk Golden n’a d’autre recours que d’accrocher Clément Thomas. La présence offensive de Young demeure, sans plus de réussite qu’auparavant et les rôles s’inversent sur une charge avec la crosse de Moretti. En supériorité, les Remparts ne parviennent pas à se montrer plus percutants et passent près de la correctionnelle lorsque Delorme trébuche devant Kristin. La tentative de l’ancien Lyonnais manque de puissance et le public devra attendre plusieurs minutes pour célébrer un cinquième but qui aurait pu venir d’une action à trois Kluuskeri-Joffre-Öhberg. Dans la stupeur, les visiteurs ouvrent enfin leur compteur lorsque Jones dévie l’essai de Golden (4-1 à 50’28").

De retournement de situation il n’y aura cependant pas. Dès l’engagement les Corsaires remettent l’ouvrage sur le métier par une accélération de Mathieu Cyr et Maxime Brachet, suivie d’une passe en retrait vers Joffre. Ce dernier feinte le lancer et remet au centre, sans la finition espérée. Particulièrement inspiré, Toni Kluuskeri clôture la marque aux dépens de Damien Bourguignon, malheureux sur le coup. Le jeune attaquant arrivé de Strasbourg frustre dans un premier temps le centre finlandais en lui chipant le palet devant la cage, mais en est dépossédé rapidement, ce dont profite l’ancien Morzinois pour le loger sous la barre (5-1 à 54’16").

Pour son retour, Miroslav Kristin, limité à neuf matchs, est crédité d’un quatrième point ce soir. Le public, nullement craintif d’une dernière séquence d’infériorité numérique soldée par deux lancers hors cadre de Saint-André et Delorme, peut fêter cette victoire de l’espoir sur les airs du carnaval. Pour qu’il puisse revoir ses protégés, il lui reste à espérer un exploit sur la patinoire basque, doublée d’un vilain tour joué par Jérôme Pourtanel à l’encontre de Bisons bien connus du coach tourangeau.

Commentaires d'après-match

Francis Ballet (défenseur de Dunkerque) : "L’ambition était de rester dans le système mis en place par François Rozenthal, de l’appliquer du début à la fin. Sur les derniers matchs, on prenait pas mal de buts. L’objectif premier était donc d’entrer dans le système défensif et d'attendre les erreurs de Tours. On jouait à cinq, en limitant les écarts entre les lignes et les erreurs de transmission. On avait pris beaucoup de buts sur les erreurs, les contre-attaques, tout ce que nous avons limité ce soir. Le match résume notre équipe, par un travail de chaque ligne, même si la première ne marque pas autant que samedi. Anglet dispose d’excellents buteurs, devant leur public cela sera difficile après un long voyage. Nous ne sommes pas vraiment maîtres de notre destin mais nous souhaitons n’avoir aucun regret au 28 février."

Jérôme Pourtanel (entraîneur de Tours) : "Je ne sais pas si cette défaite est imputable à la fatigue. Nous avons joué plus défensif et, vu la qualité de la glace ce soir, en attendant et en contrant. L’équipe n’était pas en confiance, a manqué d’agressivité et laissé des espaces. On a essayé de réorganiser cela à l’abord du troisième tiers pour mettre plus de pression. Le premier but est symptomatique de notre manque d’agressivité. Kubis était nerveux et j’ai des petites déceptions sur certains joueurs. Mais il n’y a pas mort d’homme, nous avons notre destin entre les mains. Il faudra jouer à 200% contre Neuilly, pour finir sixième et éviter les deux gros. Sur cette série de sept déplacements on fait quand même de bons résultats. Il nous manque un gros défenseur qui reviendra samedi, j’espère un regain de forme avec une grosse culture de travail ; même si nous n’avons pas de gros joueurs, on reste une équipe de travailleurs."


Dunkerque – Tours 5-1 (1-0, 3-0, 1-1).
Mardi 14 février 2015 à 19h30 à la patinoire Michel Raffoux. 411 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Jérémy Kahli et Cédric Turbert.
Pénalités : Dunkerque 10' (2’, 4’, 4’), Tours 14' (6’, 6’, 2’).
Tirs : Dunkerque 43 (15, 15, 13), Tours 37 (6, 11, 20).

Évolution du score :
1-0 à 07’08" : Kristin assisté de Kluuskeri et Moretti
2-0 à 23’46" : Heavey assisté de Kristin
3-0 à 36’53" : Destoop assisté de Thomas et Kristin
4-0 à 39’43" : Kluuskeri assisté de Simon et Young (sup. num.)
4-1 à 50’28" : Jones assisté de Golden et Saint-André
5-1 à 54’16" : Kluuskeri assisté de Kristin


Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Kai Öhberg - Francis Ballet ; Ryan Heavey - Adam Young ; Lionel Simon.

Attaquants : César Joffre - Mathieu Cyr (C) - Maxime Brachet ; Miroslav Kristin - Toni Kluuskeri - François Moretti ; Clément Thomas - Loïc Destoop - Brendan Martial.

Remplaçants : Niels-Erik Ravn (G), Victor Théry. Absents : Denis Kadic (genou), Benjamin Bataille (genou).

Tours

Gardien : Filip Kubis.

Défenseurs : Kirk Golden - Alexis Birolini (A) ; Ryan Delorme - Thomas Eischen ; Amaury Hamard.

Attaquants : Thomas Saint-André – George Lovatsis - Chris Jones ; Matej Kiska (A) - Mans Papaux - Ville Vepsäläinen ; Petr Domin - Geoffrey Paillet (C) - Damien Bourguignon.

Remplaçants : Thomas Picot (G), Yoann Coubret, Gatien Bardet. Absents : Robert Kirner  (genou), Mickaël Lamothe (obligations professionnelles).