Valenciennes - Nantes II (Division 3, 8e de finale, match aller)

Pour leur troisième participation de suite aux huitièmes de finale, les Diables Rouges de Valenciennes ont hérité d’un adversaire de choix, avec une équipe de Nantes arrivée en tête d’une poule A si disputée qu’il fallut attendre la dernière journée pour en connaître le classement final. Il faudra donc aux hommes d’Anthony Wagret, qui regrette de n’avoir pas affronté de concurrents de haut vol ces derniers temps, deux prestations de qualité pour enfin atteindre les quarts de finale. Et notamment sur le plan défensif, sous les yeux d’un arrière « historique » du VAFC, Rudy Mater.

Pris de vitesse, les Valenciennois concèdent les premières situations chaudes et leur portier doit vite s’employer face à la troisième ligne adverse. Pour contourner le dispositif prudent des Corsaires, les Diables Rouges s’en remettent à leurs arrières. En force, David Selin oblige Léonard à concéder un rebond, imité par Janos, dont la montée est ponctuée d’un essai vers la lucarne, protégée par la mitaine, Anthony Guerra occasionnant à ras glace un rebond non exploité par ses attaquants.

Le jeu va d’un camp à l’autre, Hugo Beuchey à droite ripostant à un débordement de Matej aux dépens de Creno. Les Nantais paraissent dans de meilleures dispositions, comme en atteste une relance nordiste manquée. À la récupération, Guillaume Boda arme un lancer que deux partenaires, oubliés devant la cage, ne peuvent reprendre.

Passé un deux-contre-un gâché par les locaux, Rémi Lageard subit la première faute de la rencontre. Court instant en avantage numérique car Beuchey fait parler sa vitesse pour initier une échappée annihilée par une faute du même Lageard. Sur l’engagement, Valenciennes est pris à revers par la vitesse d’exécution des joueurs des bords de l’Erdre : mise en jeu remportée à droite, lancer à la bleue, et deux joueurs encore laissés seuls sur le rebond très près de la cage. Trop près ? Si le courroux local est patent, le but, crédité à Guillaume Reveillon, est bien validé (0-1 à 12'29"). Et les Nantais de faire à nouveau preuve de spontanéité à peine douze secondes plus tard, par un lancer sans contrôle de Paul Delnatte dans la lucarne droite (0-2 à 12'41").

En voyant Beuchey manquer le palet dans une position idéale, Valigloö commence à craindre le pire… Ses protégés sortent enfin de l’ornière sous la houlette des Slovaques : Janos, défenseur très offensif, la paire Matej-Cvejn, celui-ci également très porté sur l’attaque, avant que le Canadien Clancy ne se casse les dents face à son compatriote Léonard. La deuxième faute de Lageard en zone offensive ne coupe pas leur élan, d’autant que les punitions consécutives de Savin et Blum rééquilibrent puis inversent les forces.

Avec deux hommes de plus, les Hennuyers savent l’instant important. Lukas Cvejn fait comme souvent sentir sa présence aux abords d’une cage frôlée par le caoutchouc. Lukas Janos prend le relais de son baroudeur d’équipier, d’un lancer puissant écarté en catastrophe par Léonard. Positionné en attaquant sur le jeu de puissance, David Selin suit le palet face à la cage ouverte, au moment où retentit le premier coup de sirène (1-2 à 19'59").

Voire après, comme l’avancent en vain les Nantais… à qui il reste une pénalité à tuer, face à la force de frappe de Janos. Martin Léonard s’interpose, tout comme face à Harmegnies, à l’affût d’un rare raté de la défense. Car la tempête règne dans la zone nantaise. Marek Matej se démène derrière le but pour attendre son coach Anthony Wagret, surgi au moment opportun (2-2 à 23'09").

Nicolas Payen, lancé par son capitaine Savin, obtient une pénalité ouvrant la voie à l’artilleur Paul Delnatte sur le jeu de puissance, mais son gardien est encore inquiété en contre-attaque. Un raté de Reveillon aurait pu profiter à Janos, dont le tir est détourné au-dessus de la cage par Martin Léonard, vigilant. Ce dernier est ensuite défié en duel par Matej, lancé par Clancy et à la recherche d’un trou entre les bottes de l’ancien Rennais (29'05").

Sans Ludovic Mathieu, puni à son tour, Valenciennes réagit en contre-attaque. Brayden Clancy, sur la gauche, fait lever une partie de l’assistance, trompée par l’illusion optique d’une trajectoire de palet terminée dans le filet latéral de la cage. Après un deux-contre-un offert au duo Matej-Wagret, Nicolas Blum commence à perdre patience. Si Nantes termine la séquence de supériorité numérique avec son premier trio, où les efforts de Nicolas Payen restent vains, les nouveaux assauts valenciennois ne sont pas pour rassurer « le barbu », comme le qualifient certaines voix depuis les travées. Les principales armes, Matej, Wagret et Cvejn, prennent la cage d’assaut, sans réussite.

Le faire-trébucher de Beuchey n’est pas exploité car Matej n’a d’autre solution que de lancer dans un angle plutôt fermé, puis Wagret, s’il dribble Payen sur la droite, voit Léonard lui fermer la porte. Symbole de cette impuissance, Anthony Guerra est coupable d’une obstruction en tentant de se faire une place devant la cage des représentants de la Loire-Atlantique. Dont le jeu de puissance fait enfin la différence ; le lancer à la bleue de Paul Delnatte est détourné sur le chemin de la cage, prenant Milan Glevanak à revers, et Kévin Savin suit (2-3 à 38'51").

Le scénario du deuxième tiers-temps, dominé aux tirs par les Nordistes, semble se reproduire à la reprise. Avec la même impuissance : Anthony Wagret efface deux adversaires et voit la rondelle lui échapper, Lukas Janos contourne la défense et sert Stachowiak au centre, mais ce dernier, face au but ouvert, est gêné par le sacrifice d’un défenseur. Toutefois, cette apparence est trompeuse car les Corsaires paraissent en mesure de se détacher. David Selin écarte un palet chaud juste devant sa ligne, puis, privés de Janos, en geôle pour obstruction, ils subissent la pression de Savin et Beuchey, auteur d’un lancer du poignet et d’une percée sur la droite.

Une échauffourée prive notamment les rouges d’un autre défenseur, Anthony Guerra. Comme en début de match, le jeu à quatre contre quatre tourne à l’avantage de Nantes, sur un but gag. Le tir à la ligne bleue de Julien Creno est dévié dans les airs et lobe Milan Glevanak, pris à contre-pied (2-4 à 51'02").

Valenciennes digère mal ce coup du sort et perd plusieurs palets face au pressing. Son portier slovaque doit encore s’employer devant Martin Serra, du gant, et Le Meitour, sur engagement, avant de voir Nicolas Payen manquer une grosse occasion sur une offrande de Savin, expédiée au-dessus du but.

Les affaires des Diables Rouges sont au plus bas quand, après deux tirs de Harmegnies, de la neutre, et Cvejn, Anthony Wagret quémande un temps-mort (55'36"). Vingt secondes plus tard, un cinglage de Delnatte leur permet de retrouver le chemin de la cage bien gardée par Martin Léonard. Celui-ci oppose ainsi la botte au tir sur réception de Cvejn et fait front devant Lukas Janos, arrivé de derrière pour reprendre la passe de Matej. Par deux fois décalé sur la gauche du but, Brayden Clancy croit réduire l’écart mais Léonard s’interpose la première fois, puis son but est refusé car Marek Matej commet une faute entre-temps (58'48").

C’est donc fort de deux unités d’avance que les Corsaires reprennent la direction de la Loire-Atlantique, à l’issue d’une rencontre bien débutée et au cours de laquelle ils ont su résister à une deuxième période de Valenciennois frustrés.

Désignés meilleurs joueurs de la rencontre : Martin Le Meitour pour Nantes et Marek Matej pour Valenciennes.

Commentaires d’après-match :

Nicolas Payen (attaquant de Nantes) : "Nous avons surtout maîtrisé le score. Défensivement on a fait le boulot, et notre gardien a fait une bonne partie même si cela fait mal de prendre un but à la sirène. La première ligne aurait dû faire une plus grande différence car on tourne bien habituellement. Valenciennes a aussi poussé, avec de bons joueurs étrangers, et nous avons eu du mal à imposer notre jeu. Sur l’ensemble de la saison, je suis un peu surpris par nos résultats car notre équipe n’a pas un long vécu et au niveau du coaching nous laissons tout le monde jouer. La saison est jusqu’à aujourd’hui satisfaisante, d’autant que nous avons perdu des matchs que l’on aurait du gagner."


Valenciennes – Nantes II 2-4 (1-2, 1-1, 0-1).
Samedi 28 février 2015 à 18h40 à Valigloö. 978 spectateurs.
Pénalités : Valenciennes 32' (4’, 6’, 12’+10’), Nantes II 18' (6', 2’, 8’).
Lancers : Valenciennes 44 (13, 17, 14), Nantes II 32 (11, 8, 13).

Évolution du score :
0-1 à 12'29" : Reveillon assisté de Blum et Le Meitour
0-2 à 12'41" : Delnatte assisté de Devismes et Le Meitour
1-2 à 19'59" : Selin assisté de Matej et Janos (double sup. num.)
2-2 à 23'09" : Wagret assisté de Clancy et Matej
2-3 à 38'51" : Savin assisté de Beuchey (sup. num.)
2-4 à 51'02" : N. Boda assisté de Creno


Valenciennes

Gardien : Milan Glevanak.

Défenseurs : David Selin - Anthony Guerra ; Louis Camurat - Lukas Cvejn (A) ; Lukas Janos - Ludovic Mathieu.

Attaquants : Anthony Wagret - Brayden Clancy - Marek Matej ; François Marchal - Rémi Lageard (A) - Benjamin De Gubernatis ; Allan Harmegnies - Jérôme Stachowiak (C) - Vincent Grenier.

Remplaçant : Romain Drouin (G).

Nantes II

Gardien : Martin Léonard.

Défenseurs : Romain Honoré - Guillaume Reveillon (A) ; Julien Creno - Nicolas Blum ; Thélio Hossin – Paul Delnatte.

Attaquants : Nicolas Payen - Hugo Beuchey - Kévin Savin (C) ; Dorian Devismes - Martin Serra (A) - Martin Le Meitour ; Geoffrey Ragot - Guillaume Boda - Nicolas Boda.

Remplaçant : Olivier Darrieux (G).