Rouen - Epinal (Ligue Magnus, quarts de finale, match 2)

Épinal ne se soumet pas !

À l’image de Ken Ograjensek, qui a tiré au but autant qu’hier (trois fois dont deux furent cadrés), mais qui a marqué ce soir le but souverain en mort subite dans l’avant-dernière minute.

À l’image aussi de Pierre-Charles Hordelalay, touché au visage à la mi-match, qui est revenu au troisième tiers équipé d’une grille, les Spinaliens ont fait preuve de réalisme et de bravoure pour jouer à Poissompré avec les cartes de la série en mains, disposant désormais de l’avantage de la glace même si les Rouennais ont beaucoup de matière pour se reprendre d’une fin de match mal gérée à condition de retenir la leçon.

OUIMETmaxime20140916155Épinal a sans doute été moins brillant que la veille, mais a rectifié pour, cette fois, sa performance dans ses jeux spéciaux (circulation plus rapide en supériorité, très agressif en infériorité). L’ICE, qui a beaucoup mieux géré la fin de match que le RHE76, a su trouver dans les regrets d’hier l’énergie de revêtir le bleu de chauffe et ses habits de play-offs. Il faut les féliciter.

La défensive, devant un Hocevar (24 arrêts) dans la lignée de son match d’hier, a été remarquable. Elle a résisté à six jeux de puissances adverses dont 25 secondes en double infériorité pour le trio Ouimet-LeBlond-Kloz ! Elle a contré onze tirs, dont trois dans la seule prolongation. Elle n’a pas succombé à l’émotion que la pénalité pour retard de jeu envers son gardien a engendrée (40e), ni sur celle curieusement pas moins perceptible de Vincent Kara qui avait pourtant percuté Riopel bien après le coup de sifflet des arbitres (52’39).

Les coéquipiers d’Hocevar lui devaient bien cela. Si hier, les Vosgiens se sont un peu résignés, il n’en a rien été ce soir avec une terrible réaction en toute fin de temps réglementaire et en prolongation lorsqu’ils ont eu deux assez rares occasions de tirer les marrons du feu.

BERONgregory20140916424Mais pourquoi donc, le staff rouennais n’a-t-il pas utilisé son temps-mort ? Il en a eu l’occasion, à dix-huit et à douze secondes avant l’égalisation de Béron en fin de l’heure de jeu (2-2 à 59’56). Soit ! Mais alors pourquoi pas non-plus lorsque Danny Groulx a été dirigé vers le cachot en fin de surtemps (67’56) ? Moins d’une minute plus tard, Ken Ograjensek était à la finition, au poteau gauche, d’un zig et zag de passes de gauche à droite entre Kloz et Plch. Il enfilait le but gagnant dans le haut des filets (2-3 à 68’45).

Auparavant, le RHE76 a été dans l’incapacité de mettre à profit sa domination continue des 25 premières minutes. Dans les dix premières, sa meilleure chance a été un contre rondement mené en infériorité. Marc-André Thinel manquait le cadre après une passe excentrée de Guénette (10’00).

Dans les minutes suivantes, les attaquants rouennais n’ont pas toujours joué simplement leurs attaques pour essayer de prendre Andrej Hocevar, souvent dominateur, en défaut. Néanmoins, Léveillé entre ses patins (11’15), Thinel sur un gardien pourtant masqué par Lampérier (13’25), Guénette (14’51), Desrosiers (16’18), Lacroix servi par Coulombe (16’23) et plus tard encore Desrosiers (19’57) ont fait de leur mieux en éprouvant le talentueux gardien slovène qui repoussait tous leurs lancers.

DESROSIERSjulien20140916300Pendant ce temps, les Lorrains obtiennent un breakaway. Pierre-Charles Hordelalay s’est échappé avant d’être illégalement contraint par Thinel de buter sur Riopel (19’20). Quarante secondes après, le capitaine des Normands sortait de prison. Pas pour une remise de peine. Vincent Kara s’étant retourné sur lui-même entre les oreilles pour ouvrir la marque (0-1 à 19’41).

C’est peu de dire qu’Épinal a marqué contre le cours du jeu. Même si Lacroix (29’36), Coulombe d’un tour de cage (32’25) et Desrosiers précis des poignets (38’12) se sont astreints sur un Hocevar en haut du pavé, Rouen a eu des trous d’air dans le vingt médian, dans lesquels se sont engouffrés les joueurs de Philippe Bozon. Vincent Kara en particulier qui, à deux reprises, n’a pas trouvé le cadre et manquait la cassure (27’09 & 32’36).

Les jeux de puissance des hommes du tandem Salo-Fournier n’étaient pas non plus productifs. Les deux premières attaques massives, en première période, et la dernière, au troisième, ont été plutôt bien jouées. Deux autres leur ont procuré une chance chacune. Guénette tirait à côté sur la première (22’21). Andrej Hocevar était décisif de la botte devant Lampérier sur la seconde (41’37). RAS sur celle théoriquement à cheval (40-41e).

COULOMBEpatrick20141004050Heureusement, le chevalier blanc passait par là. En fin de deuxième acte, après un débordement sur la gauche, Patrick Coulombe repiquait au premier poteau et, de près, envoyait la rondelle au-dessus de l’épaule d’Hocevar qui s’inclinait pour la première fois de la partie sur le 21e tir cadré rouennais (1-1 à 38’45).

L’égalisation obtenue, les coéquipiers de Marc-André Thinel étaient plus prudents dans le troisième tiers. Néanmoins nous verrons Ken Ograjensek inquiéter Riopel (45’00) et Hocevar briller devant Lampérier (41’37) et Léveillé (46’58).

Puis les Dragons avaient fait, pensait-on, le plus dur – Ils n’avaient pas fait preuve de temps faible en défense – Ils (Janil-Lacroix-Coulombe) avaient tenu trente secondes en double infériorité (11e) et réagit offensivement à leurs passages à vide – lorsqu’ils prenaient enfin les devants.

À moins de trois minutes de la troisième sirène, Wesley Cunningham marquait son premier but de la saison. Plein axe, le volcan rouennais des tâches laborieuses, frustré de pointages, frappait fort de la bleue et trompait Hocevar à mi-hauteur sur la gauche, avant d’exprimer pleinement sa joie (2-1 à 57’44).

CUNNINGHAMwes201408241613Dans les trente dernières secondes, Philippe Bozon, prenait son temps-mort et, malgré une remise en jeu en zone neutre près de sa ligne bleue, en pleine confiance dans son joueur de centre, Michal Petrak, il remplaçait tout de même son gardien par un attaquant supplémentaire et laissait sa cage vide. De l’autre côté, Cunningham était préféré à Janil. Le buteur de la soirée était surpris par un attaquant qui franchissait la ligne bleue et écopait d’une prison. À six contre quatre, Grégory Béron frappait de la ligne bleue et trompait Riopel masqué, à droite, à mi-hauteur, quatre secondes avant le terme de la rencontre (2-2 à 59'56).

Dans la prolongation, les sept premières minutes ont été à l’avantage des Seino-Marins qui ont eu deux belles positions dans le slot. Notamment la seconde de Julien Desrosiers qui avait évité le geste défensif désespéré d’un arrière Vosgien, avant de voir son lancer dévoyé par un dernier réflexe de l’épaule droite d’Hocevar (64’11). Ensuite, Nicola Riopel fut au diapason d’Hocevar, avec un poke-check salvateur devant Petrak (67’23). Enfin Danny Groulx était envoyé en prison (67’56). À quatre contre trois, « Rio », formidable devant Plch (68’22), retardait l’échéance. Jusqu’au coup de grâce de Ken Ograjensek (2-3 à 68'45).

Etoiles du Match : Ken Ograjensek *** (Épinal), Gregory Béron ** (Épinal), Andrej Hocevar * (Épinal).

 

Rouen – Épinal : 2-3 (0-1, 1-0, 1-1, 0-1)
Samedi 29 février à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs.
Arbitres : MM. Jimmy Bergamelli et Laurent Garbay assisté de MM. Yann Furet et Matthieu Loos.
Pénalités : Rouen 12' (6', 2', 2', 2') ; Épinal 12' (4', 4', 4', 0').
Supériorités : Rouen 0/6, Épinal 3/6.
Tirs : Rouen 26 (14, 7, 5, 0) ; Épinal 19 (5, 2, 7, 5)
Chances : Rouen 16 (7, 4, 2, 3) ; Épinal 6 (1, 2, 1, 2)

Évolution du score :
0-1 à 19'41" : Kara assisté de Béron et Plch (sup.num.)
1-1 à 38'45" : Coulombe assisté de Lacroix
2-1 à 57'44" : Cunningham assisté de Coulombe et Léveillé
2-2 à 59'56" : Béron assisté de Petrak et Ograjensek (sup.num)
2-3 à 68'45" : Ograjensek assisté de Plch et Kloz (sup.num.)

Rouen

Gardien : Nicolas Riopel (16 arrêts)

Arrières : Danny Groulx – Antonin Manavian ; Patrick Coulombe – Jonathan Janil ; Raphaël Faure – Wesley Cunningham.

Attaquants : Loïc Lampérier – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel (C) ; Julien Desrosiers (A) – Maxime Lacroix – Francis Charland ; Fabien Colotti – Daultan Léveillé – Dan Koudys.

Remplaçants: Fabrice Lhenry (G), Loup Benoit, Johan Saint-André, Alexandre Lubin, Léo Guillemain et Aurélien Dorey.

Épinal

Gardien : Andrej Hocevar, sorti de 59'30 à 59'56 (24 arrêts)

Arrières : Vojtek Kloz – Maxime Moisand ; Gaspr Susanj – Alain Goulet ; Maxime Ouimet (C) – Peter Slovak.

Attaquants : Ken Ograjensek  – Michal Petrak – Jan Plch (A) ; Vincent Kara – Matthieu Leblond – Peter Valier ; Pierre-Charles Hordelalay – Aziz Baazzi – Gregory Béron.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Martin Charpentier, Anthony Rapenne et Yannick Offret (A). Absents: Anze Kuralt (oreille interne) et Nicolas Leonelli (coup à la tête).