Division 1 : présentation des quarts de finale

La saison régulière de division 1 s'est achevée samedi soir et a délivré les affiches des quarts de finale des play-offs.

Blanchi 4-0 à Anglet, Dunkerque n'a pas réussi à s'immiscer dans les play-offs. Les Corsaires terminent dixièmes, derrière le Mont-Blanc qui a battu Courbevoie pour l'honneur. Ces deux équipes ont terminé leur saison, tout comme Cholet (onzième).

C'est aussi le cas de Toulouse-Blagnac, qui fait l'ascenseur une troisième année consécutive à l'issue d'une saison noire ponctuée de seulement deux victoires (en septembre-octobre) dont aucune à domicile ! Devant leur public frustré mais fidèle (893 spectateurs samedi soir), les Bélougas ont tout de même tenu à honorer leur capitaine Sébastien Savajol, qui prend sa retraite à 32 ans, l'âge qu'il avait annoncé à La Dépêche il y a quatre ans lors de son retour dans son club formateur : "Je m'accorde jusqu'à 32 ans pour patiner en sachant fort bien que ce sera de plus en plus dur pour avoir un corps parfaitement réceptif".

Pour les huit autres équipes, le moment le plus enivrant de la saison commence.

(Les résultats et classements de division 1)

Bordeaux (1er) - Neuilly-sur-Marne (8e) : la patinoire maudite ?

A priori, c'est l'affiche la plus déséquilibrée. Bordeaux a gagné ses 12 dernières rencontres. Neuilly-sur-Marne, de son côté, a terminé par trois défaites. La meilleure défense du championnat, au sein de laquelle les gardiens Sebastian Ylönen et Mickaël Gasnier affichent quasiment la même moyenne de buts encaissés (1,82 et 1,84), affronte la moins bonne défense des équipes qualifiées, dont le gardien Tomas Pek s'est montré relativement inconstant.

Et si les statistiques des deux adversaires sont identiques en supériorité numérique, elles divergent totalement en infériorité numérique : Bordeaux est la meilleure formation de la ligue en désavantage, alors que Neuilly-sur-Marne est avant-dernier, de peu devant Toulouse-Blagnac.

Oui, mais voilà... Sur les trois défaites bordelaises cette saison en D1, la plus lourde a été concédée... sur la patinoire de Neuilly-sur-Marne (6-2). Ce soir-là, le meilleur penalty killing du championnat avait encaissé cinq buts ! Et ce n'est pas un cas isolé : sur la petite patinoire de Seine-Saint-Denis, les Boxers restent sur sept défaites consécutives. Ils sont souvent pris à la gorge par un pressing agressif et n'ont jamais trouvé la solution. En demi-finale de D1 en 2011, ils avaient été battus deux fois et éliminés par des Nocéens futurs promus en Magnus.

Cette fois, évidemment, les Bordelais ont l'avantage de la glace. À Mériadeck, ils sont invaincus et dominants cette saison. Il n'y aurait pas de raison de céder à la panique. Mais la formule des play-offs D1 est ainsi faite que l'équipe la mieux classée doit d'abord se déplacer. Une défaite sur cette "glace maudite", et le doute pourrait alors naître dans les esprits girondins. Après tout, Neuilly a gagné deux fois à Bordeaux (fin 2010 et fin 2012), l'inverse n'étant pas vrai. Il faudra de la vraie force mentale pour s'imposer : rappelons que les deux précédents champions de division 1 (Brest et Lyon) ont tous deux dû battre les Bisons au passage. Pour atteindre l'objectif affiché de monter, les Boxers savent donc à quoi s'en tenir.

Anglet (2e) - Mulhouse (7e) : le scorpion a survécu au corbeau

Ces deux équipes pouvaient passer pour les deux principales rivales de Bordeaux en début de saison. Une seule a totalement répondu aux attentes... mais l'autre a une bonne excuse !

Anglet a connu une saison réjouissante. L'effectif a été conservé pour l'essentiel avec des renforcements ponctuels : Alexander Olsson, qui a connu la montée en D1 avec Lyon, a parfaitement complété le duo canadien Blain/Labonté qui a maintenu et même amélioré ses performances, puisque Luc-Olivier Blain est devenu meilleur marqueur du championnat. De plus, le capitaine Xavier Daramy a retrouvé son meilleur niveau et mené la deuxième ligne.

Pas étonnant dans ces conditions que l'Hormadi dispose de la meilleure attaque du championnat (Mulhouse étant troisième). L'écart se creuse surtout en supériorité numérique, où Anglet est premier grâce à ce formidable chef d'orchestre qu'est le défenseur offensif Dave Grenier, et Mulhouse seulement septième.

On s'attendait à ce que Mulhouse souffre en début de saison à cause des travaux à la patinoire de l'Illberg qui a contraint les Scorpions à un exil forcé à Colmar (et à Bâle en Suisse pour quelques rencontres de gala). Le problème est que lesdits travaux ont été retardés de trois mois par un corbeau coincé dans une gouttière qui a entraîné un dégât des eaux. Les hockeyeurs alsaciens réintègrent enfin leur patinoire cette semaine.

Les hommes de Christer Eriksson restent sur trois défaites, mais leur dernière victoire a été obtenue à Colmar contre... Anglet (3-1). Leur potentiel reste intact, et ils gardent pour eux une homogénéité entre trois lignes équilibrées. Peuvent-ils battre les Basques sur la profondeur ? C'est possible, à condition de les pousser à un troisième match. Ce troisième match où l'Hormadi avait craqué l'an passé contre Neuilly.

Nice (3e) - Tours (6e) : la cheville ouvrière

Les Niçois sont des gens respectueux de la hiérarchie. Ils n'ont remporté leur quart de finale qu'une fois, en 2012, lorsqu'ils l'ont abordé en tête de série après avoir gagné la saison régulière (s'inclinant ensuite en finale contre Mulhouse). Sixièmes depuis deux ans, ils ont ensuite laissé la qualification au mieux classé. Mais ce coup-ci, c'est eux qui sont troisièmes, qui plus est face à un promu, Tours, déjà heureux d'être là.

Ces dernières semaines, Nice a toutefois un souci, la cheville de son buteur finlandais Karri Koivu. On pensait la blessure sans gravité, et après deux semaines d'absence, il a fait son retour fin janvier contre... Tours. La douleur est revenue et il a arrêté. Sans doute perturbés, ses coéquipiers ont commis de nombreuses erreurs, perdu 3-6 (après le 5-6 de l'aller), et noirci le bilan face à une équipe dont ils ne savaient pas encore qu'elle serait leur adversaire en play-offs.

Nice a semblé peiner à trouver de l'efficacité offensive. Aucun joueur n'a dépassé le cap des 10 buts... sauf Koivu. Peut-être que le déclic est venu samedi. Koivu est réapparu discrètement, encore en phase de test avant les séries, mais surtout le jeune à fort potentiel Adam Rehak, joker un peu décevant qui avait remplacé Touchette (recrue retournée au Canada en novembre pour motifs universitaires), a plus que doublé son total en inscrivant quatre buts en un soir. Il reste tout de même le problème du powerplay, le plus faible des qualifiés.

Les Tourangeaux savent avoir une carte à jouer. L'objectif initial, le maintien, a déjà été dépassé. Ils ont aussi obtenu la sixième place qu'ils cherchaient pour éviter les "deux gros". Sans avoir le même potentiel technique que Nice, les hommes de Jérôme Pourtanel peuvent largement gêner cette équipe par leur ténacité. Leur meilleur marqueur est l'inattendu Mans Papaux, qui utilise bien son gros gabarit, mais leur force est collective. Ils ne compteront plus de blessé après le retour de Kirner, ce qui promet une série à suspense. Le duel entre les gardiens tchèques Vojtech Sedlacek et Filip Kubis pourrait être décisif.

Nantes (4e) - Reims (5e) : un bateau corsaire sans capitaine

Série forcément serrée entre Nantes et Reims, qu'un petit point sépare. Leurs deux confrontations se sont soldés en prolongation et aux tirs au but, avec à chaque fois un succès des visiteurs. L'avantage de la glace ne sera donc pas forcément déterminant.

Reims fait même figure de favori après avoir enchaîné sept victoires en un mois. Obligés de purger leurs matches en retard, les Phénix ont connu un calendrier plus soutenu et ont dû jouer deux fois le samedi et le dimanche, avec à chaque fois deux succès au rendez-vous. Un bon entraînement pour les play-offs.

Les Corsaires de Nantes, pour leur part, ont vécu un coup dur il y a trois semaines quand leur capitaine et meilleur marqueur Radek Hovora s'est blessé en fin de match à Nice. Rappelons que, deux semaines plus tôt, l'autre meneur offensif Dominic Perna avait demandé à partir après avoir reçu une offre de série A italienne... L'entraîneur Claude Devèze a dû revoir son système de jeu et faire monter le défenseur offensif Patrik Prokop à l'aile à la place de Hovora. Les Nantais ne s'avouent cependant pas vaincus : même sans leurs deux meilleurs marqeurs, ils ont poussé Bordeaux en prolongation samedi (1-2) et donné rendez-vous pour un éventuel derby atlantique en demi-finale. Mais avant d'y rêver, il faudra déjà s'occuper de cette solide équipe de Reims qui monte en puissance.