Épinal - Rouen (Ligue Magnus, quarts de finale, match 3)

Aux frontières du réel

Terrasser l'ogre rouennais sur ses terres, à l'Ile-Lacroix (et en play-offs de surcroît), est plus qu'une performance de choix. C'est un véritable exploit. Une prouesse accomplie samedi par des Spinaliens combatifs à souhait, qui ont su faire front devant leur solide portier. Un gardien s'étant longtemps érigé en muraille infranchissable devant le filet. Un Hočevar au sommet de son art, qui aura non seulement écœuré les Thinel, Desrosiers et autres Charland, mais aussi grandement contribué à insinuer le doute dans les esprits normands.

HOCEVAR ROUEN2Jusqu'alors invaincus (en championnat) cette saison à la maison, les Dragons ont donc subi le pire des affronts, au lendemain d'un succès (3-0) en appelant logiquement un second. Mais c'était sans compter sur ce diable d'Hočevar (auteur de 43 arrêts), dont le brio aura particulièrement inspiré des Gamyo totalement décomplexés. Et animés d'un état d'esprit plus guerrier que jamais.

Il faut dire que les boys du Boz' n'ont rien lâché, pliant sans jamais craquer (même après le deuxième but rouennais, que l'on a cru "assassin"... à seulement deux minutes de la fin du temps réglementaire !), égalisant dans les tous derniers instants (sur un slap de Beron) avant de forcer la décision en prolongation. Ken Ograjenšek, superbement décalé par Ján Plch, a joué les buteurs libérateurs pour jeter l'effroi dans les travées de l'Ile-Lacroix...

GROULX EpinalLes Gamyo (et tout particulièrement leurs internationaux slovènes) ont donc fait sensation en bord de Seine. Mais peuvent-ils récidiver face à des Rouennais bien décidés à calmer les ardeurs de Poissompré ? Seule certitude, une nouvelle victoire constituerait encore un monumental exploit.

Les Normands, lancés dans l'opération reconquête d'un titre perdu l'an passé, n'ont jamais perdu deux matchs d'affilée depuis la reprise en main d'Ari Salo (datée du 6 novembre dernier) et l'arrivée de l'expérimenté Danny Groulx, qui a fait le plus grand bien à une défense rouennaise ayant longtemps manqué de stabilité...

Réputé pour sa capacité de réaction et sa propension à remporter les matchs qu'il faut impérativement gagner, le plus titré des clubs français de ces vingt-cinq dernières années joue très gros à Poissompré. Mais s'il n'a rien d'une invincible armada, ce Rouen-là dispose d'une grande profondeur de banc, d'une multitude de talents et de nombreux attaquants capables de marquer à tout moment. Autant de buteurs patentés (Thinel, Guénette, Charland et Desrosiers) ou de "gratteurs" impénitents (tels Maxime Lacroix) n'ayant toujours pas scoré dans cette série. Contrairement à Patrick Coulombe, défenseur offensif hautement productif... et ô combien virevoltant !

Autant dire qu'avec de telles individualités, la moindre inattention, le moindre relâchement peut se payer comptant. Et ça, les Spinaliens le savent pertinemment, eux qui restèrent bien regroupés lors des deux premières confrontations en veillant à ne pas laisser trop d'espaces aux Dragons. Aussi repartent-ils au combat animés des mêmes intentions, seulement inquiétés par cette rapide remontée d'un Jonathan Janil parvenu à passer toute la défense en revue (00'17"). La seule frayeur d'une entame bien négociée par des Gamyo diminués (l'absence d'Hordelalay, touché par un palet en plein visage samedi, s'ajoute à celles de Kuralt et Leonelli), mais toujours prompts à contre-attaquer. C'est qu'il y a des ouvertures à l'avant. Autant de brèches dans lesquelles Petrák et Baazzi s'engouffrent... sans parvenir à cadrer (01'39") ! Pas plus de réussite pour Grégory Beron, bénéficiaire d'un puck égaré par Wes Cunningham à la bleue, qui déclenchera un gros slap lui-aussi non cadré (02'24").

OGRAJENSEK Ken1Peinant à installer leur jeu, les Normands se montrent étonnamment peu dangereux, gênés par l'organisation de Spinaliens enchaînant les récupérations pour rapidement se projeter vers l'avant. Et sur l'une de ces montées, Ján Plch déborde côté droit et adresse une longue passe en profondeur, directement dans la palette d'un Ken Ograjenšek n'ayant plus qu'à dévier l'offrande au fond des filets (1-0 à 03'45").

Un vent de folie souffle sur Poissompré, que cette petite étincelle aura suffi à embraser. Un coup de chaud rapidement refroidi. Michal Petrák, en zone neutre, rate son intervention au profit d'un Daultan Léveillé ne se faisant pas prier pour s'échapper. Le centre ontarien (ancien choix de première ronde des Thrashers d'Atlanta en 2008), véritable fusée sur patins, s'en va adroitement loger la rondelle sous la barre d'Hočevar (1-1 à 04'13").

Les Dragons n'ont pas laissé le doute s'installer, profitant d'une petite erreur pour aussitôt égaliser. Et il valait mieux pour eux car ces Gamyo, lorsqu'ils sont en confiance, s'avèrent diablement difficiles à manœuvrer. Une tentative d'Ouimet, directement dans la palette de Manavian, permet pourtant au sculptural barbu de lancer Thinel sur le côté droit. Le capitaine rouennais échappe au retour désespéré de son homologue spinalien pour repiquer vers la cage, histoire de dribbler le gardien. Sans trouver autre chose qu'une jambière sur son chemin (05'20")...

Une action rappelant que Rouen peut être menaçant à tout moment. Et surtout en supériorité. Alors imaginez lorsque celle-ci est doublée. Petrák, sanctionné d'un faire trébucher (06'16"), voit du banc des pénalités Charland décocher un lancer générant un rebond aérien qu'Hočevar finit par dévier dans le filet de protection (07'02"). Un réflexe assimilé à un retard de jeu par les "zébrés" de la soirée, ce qui double l'avantage numérique des Dragons. Mais après avoir repoussé de la botte droite le one-timer de Charland (07'21"), Hočevar voit la reprise de Coulombe, bien décalé à la pointe (par ce même Charland) filer entre ses jambières (1-2 à 07'39").

COULOMBELes Gamyo, qui avaient su tenir en respect le powerplay rouennais samedi, ont donc fini par craquer. Et pour ne rien arranger, il leur reste une grosse minute à subir en infériorité. Mais la mitaine d'Hočevar ne tremble pas sur la tentative de Guénette (revenu se positionner entre les cercles, 08'05") et joue de la crosse pour détourner la puissante reprise de Janil (09'02").

Autant d'interventions permettant de tuer cette seconde pénalité, restée inexploitée par des Dragons prenant lentement mais sûrement l'ascendant dans cette partie. Une impression confirmée par deux shoots lointains (et relativement peu appuyés) de Koudys (10e), facilement repoussés par un gardien spinalien ne faisant que retarder l'échéance.

Une relance interceptée par Guénette se transforme en rampe de lancement pour Thinel, qui entre en zone et forcer le passage entre Ouimet et Slovák. Le technicien québécois parvient habilement à se jouer du Slovaque, d'un grand pont suivi d'un petit revers placé hors de portée de l'homme masqué (1-3 à 11'19").

Tout est sous contrôle...

Les hommes d'Ari Salo, dominateurs, ont maintenant le match en main. Ils monopolisent la rondelle et ne laissent que des miettes aux Spinaliens. Il s'en est pourtant fallu de peu que Valier, à l'issue d'un trois-contre-deux, ne relance ses coéquipiers, d'un tir excentré difficilement repoussé (13'51"). Mais Petrák, en se voyant punir d'une obstruction (14'50"), va permettre aux visiteurs de capitaliser. Hočevar détourne la reprise de Coulombe (15'00"), puis le tir en pivot de Guénette (15'10") avant de rester pantois. Marc-André Thinel, bien servi dans le slot, expédie la rondelle sous la barre transversale, d'une frappe à la précision chirurgicale (1-4 à 15'19").

RIOPELLe fatalisme a gagné Poissompré, où l'on a pourtant connu plus d'un renversement de situation ces dernières années. L'affaire paraît même si mal engagée que beaucoup s'accordent à penser que le match est d'ores et déjà plié. Et comment ne pas le penser au vu du déroulement de ce premier tiers-temps, très favorable aux Dragons, qui paraissent hors d'atteinte. Et peuvent aborder sereinement la suite des événements.

Mais s'ils peuvent voir venir, les Seino-marins doivent rester méfiants. Nicola Riopel, assez peu sollicité jusque-là, doit sortir une belle mitaine sur une reprise lointaine de Gašper Sušanj (18'30"), signe que le danger est loin d'être totalement écarté.

Au retour des vestiaires, les Dragons reprennent rapidement possession du palet, sitôt l'engagement remporté par Maxime Lacroix. Mais Julien Desrosiers, en voulant renverser à l'opposé, sur Francis Charland, voit sa passe transversale coupée par Vojtěch Kloz. Le solide arrière tchèque lance aussitôt Valier, qui tente de se frayer un chemin mais se retrouve déséquilibré (20'17"). Le coupable, Patrick Coulombe, est alors envoyé au cachot, ce qui permet au jeu de puissance spinalien de s'installer. L'occasion, pour Grégory Beron, de faire parler son puissant lancer frappé (21'05") et pour Gašper Sušanj (chargé de remplacer Hordelalay sur la deuxième unité du powerplay) d'adresser une grosse frappe bien détournée du bouclier (21'49").

Pas de quoi toutefois déstabiliser les Dragons, qui gardent le contrôle des opérations. Les Gamyo tentent pourtant de se révolter (à l'image de cette grosse charge de Beron sur Cunningham, 24'30") et de se montrer plus agressifs sur le porteur du palet, mais rien n'y fait. Pas même cette pénalité sanctionnant un faire trébucher de Jonathan Janil sur Peter Valier (25'36"), qui ne débouche sur rien de concret. La passe en profondeur de Sušanj pour Valier étant parfaitement anticipée par Manavian (26'28"). Le même qui, dans la foulée, se verra lancé côté gauche (par Janil) pour expédier un gros lancer directement dans la mitaine d'Hočevar (28'35").

JANIL EpinalSolides dans les duels, les Normands se trouvent facilement et combinent bien. Thinel, côté droit, sert un Guénette arrivant lancé, qui reprend de volée (29'23"). Mais le gardien slovène d'Épinal est sur tous les lancers, aidant grandement ses coéquipiers à ne pas sombrer.

Les Gamyo, en difficulté, sont loin de démériter, mais ils s'avèrent incapables d'exploiter la moindre supériorité. La pénalité d'Antonin Manavian (pour une charge à la crosse peu évidente, 30'04") est presque aussitôt "annulée" par un accrocher de Ken Ograjenšek (30'40"). Une faute d'autant plus préjudiciable qu'elle occasionne de chaudes situations devant la cage d'Hočevar, qui voit la tentative de Coulombe rebondir sous son bras (pour filer à côté, 30'50") et l'essai de Desrosiers heurter son montant droit (31'11").

S'il ne ménage pas sa peine aux quatre coins du glaçon, Dan Koudys est sans conteste le plus méconnu des onze joueurs nés et formés au Canada figurant dans les rangs normands. L'ailier de poche va pourtant se faire connaître de Poissompré en subissant l'un des plus gros chocs de la soirée (32'04"). Une rencontre rapprochée avec l'imposant Vojtěch Kloz (qui lui rend vingt centimètres et trente bons kilos) vaut, au défenseur tchèque, deux minutes de pénalité... et toute l'inimitié d'un Wes Cunningham venu le provoquer ! Les esprits commencent à s'échauffer, sans que les choses ne viennent à s'envenimer. Cette réaction épidermique vaut également deux minutes d'infamie au rugueux défenseur canadien...

Le jeu, qui se poursuit à cinq contre quatre, voit Danny Groulx décaler Marc-André Thinel au second poteau, qui a la cage grande ouverte mais rate de peu la cible (32'51"). Contrairement à Coulombe, qui voit son slap paré du bouclier (33'16"). Le demi tour de cage effectué par Charland (33'37") ne déjoue pas la vigilance d'un Hočevar parfaitement présent. Ses partenaires, forcés de plus défendre qu'attaquer, sont aussi combatifs qu'inoffensifs durant ce deuxième tiers rythmé par les pénalités. Vincent Kara est à son tour pris par la patrouille (en faisant trébucher Coulombe, 36'12"), sans que cela ne profite aux Rouennais. La faute à ce diable d'Hočevar, solide au poste et avare de rebonds, qui cueille de la mitaine un tir rasant de Coulombe destiné à être dévié (37'48") avant de parfaitement bloquer la frappe excentrée de Lacroix (38'10").

Si Andrej Hočevar frise le plein emploi, NicKLOZ1ola Riopel est lui au chômage technique. Une inactivité toujours délicate à gérer pour les portiers, même si le Québécois sera sollicité sur une grosse frappe de Beron (qu'il parviendra à détourner, 39'28").

Mais le plus dur est à venir pour le gardien seino-marin, exposé par une pénalité de Janil (retard de jeu, 42'56")... et battu sur une déviation de Kloz redirigeant le shoot excentré de Petrák dans le haut du filet (2-4 à 43'36") !

La remontée fantastique

L'espoir renaît. Le match est relancé. Poissompré se remet à y croire... et à chanter ! Après tout, les Gamyo (redevenus très solides défensivement autour de leur formidable paire Kloz-Moisand) n'ont plus que deux buts à remonter.

Tellement et si peu à la fois. Mais c'est bien connu, à cœur vaillant il n'est rien d'impossible. Et ce qui paraissait totalement impensable quelques minutes plus tôt redevient possible, surtout que les Dragons ne font pas preuve d'une grande capacité de réaction. Sauf sur ce débordement de Charland qui aurait pu profiter à Leveillé sans l'intervention salvatrice de Moisand (47'04"). Hočevar s'évertue à garder la porte fermée, laissant ses coéquipiers lancer des assauts que l'arrière-garde rouennaise peine à endiguer.

De véritables vagues oranges déferlent sans discontinuer jusqu'à incursion d'un Kara éliminant un, puis deux adversaires avant de tirer. Riopel, sur le coup, repousse de la jambière gauche... au profit d'un Moisand bien placé au second poteau, qui n'a plus qu'à pousser le palet au fond des filets (3-4 à 53'49") !

moisand chamUne liesse indescriptible envahit alors Poissompré, qui pousse de plus belle ses protégés, sentant le vent tourner sous l'impulsion d'un Maxime Moisand déchaîné. Et le meilleur est à venir pour les supporters spinaliens, soulagés de voir Goulet couper le centre de Thinel à destination de Lampérier (54'24"). Une action défensive d'autant plus décisive qu'elle permet de ne pas casser l'allant renaissant des Gamyo, qui peuvent lâcher les chevaux... et semblent bien partis pour réaliser l'une de ces folles remontées dont les anciens Dauphins avaient le secret !

Il ne fait maintenant plus aucun doute que l'égalisation est à portée de main des Spinaliens, qui exploitent parfaitement des espaces libérés par les incarcérations simultanées de Thinel et Valier (55'24"). Et comme la défense de Rouen est aux abois, ce qui devait arriver... arrive ! Vincent Kara ressort la rondelle sur Maxime Moisand, qui fait mouche, d'un slap aussi lointain que puissant, au ras du montant droit (4-4 à 56'38"). Le tout dans un vacarme assourdissant...

Tout est donc à refaire pour les visiteurs, désormais poussés dans leurs derniers retranchements. Des Normands (qui n'en mènent plus large) ayant vu leur avance fondre comme neige au soleil face à ces irréductibles spinaliens... qui se sentent pousser des ailes ! Transcendés par l'ambiance surchauffée, ils passent même tout près d'inscrire une cinquième réalisation dans la foulée, sur un revers de Matthieu Le Blond passant de peu à côté (58'31"). Cet élan d'enthousiasme est toutefois douché par une charge très appuyée de Wes Cunningham sur Ján Plch, qui visait très clairement l'épaule déjà meurtrie du vétéran (59'46"). Un "attentat" commis en toute impunité, pour la plus grande colère d'un Ján Plch sortant en se tenant le bras, tout en jetant un regard noir aux référés...

Beron Grégory Playoffs match 5C'est donc privés de leur meilleur compteur en saison régulière que les Gamyo mordent dans cette prolongation, qui aurait pu tourner court si Riopel n'avait pas sorti l'arrêt qu'il fallait devant ce diable d'Ograjenšek (qui était parvenu à s'échapper, 60'40").

L'enjeu, s'il prend logiquement le pas sur le jeu, n'empêche pas les Spinaliens de se montrer dangereux. Contrairement à Rouen, qui tente d'attaquer sans se découvrir, les boys du Boz' serrent les rangs pour mieux contre-attaquer, exploitant parfaitement les espaces à l'image d'un Beron débordant côté gauche sans parvenir à trouver Goulet au second poteau (63'36").

Cette capacité à rapidement se projeter vers l'avant cause bien des soucis aux Dragons, qui concèdent beaucoup de lancers. Certains plus dangereux que d'autres, comme ce slap d'Ograjenšek générant un gros rebond finalement écarté par Cunningham (66'09"). Puis arrive ce que l'on croit être le tournant de la soirée. Une pénalité d'Antonin Manavian provoquée par Grégory Beron (67'09"). Un incroyable scénario rappelant étrangement celui de samedi à l'Ile-Lacroix. Mais l'histoire peut-elle se répéter ?

Il apparaît en tout cas que le box-play rouennais, sous pression, est tenu à bout de bras par un Nicola Riopel bloquant le slap de Grégory Beron (67'45"), puis le one-timer d'Alain Goulet (68'08") avant de résister aux velléités d'Aziz Baazzi (parti attaquer la cage, 68'37"). Le gardien canadien voit même son montant droit le sauver, sur un rebond qu'Ograjenšek aurait pu répercuter au fond des filets. L'ailier slovène avait pourtant une cage ouverte, dans un angle légèrement fermé (69'09")...

HOCEVAR BrestComme dans un rêve !

Poissompré, qui se tenait prêt à exulter, doit encore retenir son souffle. L'heure (ô combien stressante) des pénalties ayant sonné. Un exercice très particulier n'ayant pas souri aux Spinaliens au tour précédent et dans lequel Marc-André Thinel excelle véritablement. Le capitaine rouennais s'élance en premier mais voit son essai détourné du bouclier. Ken Ograjenšek n'est pas plus en verve dans sa tentative d'embarquement du revers, imité par un Francis Charland s'en allant également buter sur l'homme masqué. Hočevar n'a pas mordu dans la feinte du Canadien, qui aurait peut-être mieux de faire de déclencher un tir sec au lieu de dribbler.

C'est ce qu'a fait Grégory Beron, qui ne s'est pas posé de questions en expédiant la rondelle dans la lucarne droite, côté mitaine. Une réussite mettant Julien Desrosiers dans l'obligation de marquer. Mais le Franco-canadien ne pourra venir à bout d'un très solide gardien, rapidement en position papillon pour repousser son revers de la jambière... pour le plus grand bonheur d'une patinoire pleine à craquer ! Qui l'eût cru à la fin du deuxième tiers-temps ?

Il ne manque désormais plus qu'une victoire aux Gamyo pour signer un exploit retentissant. Éliminer purement et simplement le "grand" Rouen. Incroyable... mais vrai !

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin)

Maxime Moisand (défenseur d'Épinal) : "Ce n'est pas fait. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. On a montré du caractère et le public a été extraordinaire. Il faut se servir de ça car je ne suis pas sûr que Rouen soit très bien en ce moment dans son vestiaire. Il faudra donner la même énergie demain que ce soir au troisième tiers-temps. Après quarante minutes, on savait que l'on ne jouait pas notre meilleur hockey et que l'on était capable de faire mieux que ça. Dès que l'on arrive à mettre de l'intensité, ce n'est plus pareil. On sait ce que l'on doit faire et toute la saison on a eu du mal à le faire et on ne l'a fait qu'avec parcimonie. Rouen pensait peut-être que cela était fini à 4-1 et a pris une grosse claque. Il faut s'attendre à une grosse bataille car Rouen est au pied du mur."

Guy Fournier (manager général de Rouen) : "Un match de hockey, c'est soixante minutes. On a joué deux très bons premiers tiers-temps en ayant le contrôle du match et on s'est mis en difficulté tout seuls en reculant. La foule s'est enflammée et Épinal a repris le momentum. On s'est mis dans le pétrin. Les joueurs, ce sont des êtres humains et c'est compliqué. Ce sont les play-offs. Maintenant, on est dos au mur."

 

Épinal - Rouen 5-4 après tirs aux buts (1-4, 0-0, 3-0, 0-0, 1-0)
Mardi 3 mars à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek et Laurent Garbay, assistés de Yann Furet et Thomas Caillot.
Pénalités : Épinal 14' (6', 6', 2', 0') ; Rouen 14' (0', 8', 4', 2')
Tirs : Épinal 36 (8, 4, 17, 7) ; Rouen 42 (19, 15, 6, 2)

Évolution du score :
1-0 à 03'45" : Ograjensek assisté de Plch et Petrak
1-1 à 04'13" : Leveillé assisté de Faure
1-2 à 07'39" : Coulombe assisté de Charland et Guénette (double sup. num.)
1-3 à 11'19" : Thinel
1-4 à 15'19" : Thinel assisté de Groulx (sup. num.)
2-4 à 43'36" : Kloz assisté de Petrak et Beron (sup. num.)
3-4 à 53'49" : Moisand assisté de Kara et Petrak
4-4 à 56'38" : Moisand assisté de Kloz et Kara

Tirs aux buts : Épinal : Ograjensek raté), Beron (réussi) ; Rouen : Thinel (raté), Charland (raté), Desrosiers (raté)

Épinal

Attaquants :
Vincent Kara - Matthieu Le Blond - Peter Valier
Ken Ograjenšek - Michal Petrák - Ján Plch (A)
Yannick Offret (A) - Aziz Baazzi [ou Beron] - Grégory Beron [ou Baazzi]
Anthony Rapenne - [Petrák ou Le Blond] -Martin Charpentier Yannick Offret (A)

Défenseurs :
Vojtěch Kloz - Maxime Moisand
Maxime Ouimet (C) - Peter Slovák
Gašper Sušanj - Alain Goulet

Gardien :
Andrej Hočevar

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Nathan Ganz. Absents : Anže Kuralt (reprise), Nicolas Leonelli (coup à la tête), Pierre-Charles Hordelalay (visage).

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier - François-Pierre Guénette (A) - Marc-André Thinel (C)
Julien Desrosiers (A) - Maxime Lacroix - Francis Charland
Fabien Colotti - Daultan Leveillé - Dan Koudys

Défenseurs :
Patrick Coulombe - Jonathan Janil
Danny Groulx - Antonin Manavian
Raphaël Faure - Wes Cunningham

Gardien :
Nicolas Riopel

Remplaçants : Fabrice Lhenry (G), Loup Benoît, Léo Guillemain, Johan Saint-André, Aurélien Dorey.