Épinal - Rouen (Ligue Magnus, quarts de finale, match 4)

Au suivant !

En laissant (encore !) filer un succès qui leur tendait les bras, les Dragons se sont mis dans de beaux draps. Ils n'ont maintenant plus le droit à l'erreur, ni au moindre faux pas... sous peine de passer de vie à trépas dans l'ambiance surchauffée de Poissompré !

Vaincre ou GROULX Epinal POmourir. Tel est donc le mot d'ordre côté rouennais, où l'on redoute désormais l'affront d'une élimination à ce stade de la compétition. Un scenario qui ne serait assurément pas pour déplaire aux Gamyo... qu'une troisième victoire d'affilée suffirait à propulser dans le dernier carré !

Rouen se retrouve donc réduit à jouer sa survie dans cette série, sur les terres d'un adversaire ne s'avouant décidément jamais vaincu... même lorsque la situation paraît totalement désespérée (comme ce fut le cas lors des matchs deux et trois) ! Mais force est de constater qu'aucun de ces rebondissements n'aurait pu s'opérer sans un aussi solide portier. Andrej Hočevar est redevenu capable de garder la porte fermée dans les moments clés. N'a-t-il pas su garder sa cage inviolée, la veille, dans cette série de penalties l'ayant opposé à Marc-André Thinel, Francis Charland et Julien Desrosiers ?

Mieux vaut donc ne pas chercher le point faible du jeu spinalien au niveau du gardien. Un constat pas forcément partagé côté rouennais où le tandem Ari Salo - Guy Fournier opte pour la titularisation du très expérimenté Fabrice Lhenry. Le duo canado-finlandais décide également de clouer Fabien Colotti et Raphaël Faure sur le banc au profit de Loup Benoît et Léo Guillemain, remplaçants depuis le début de la série. De petites retouches ne révolutionnant pas vraiment l'alignement normand, contrairement au grand retour d'Anže Kuralt (qui nécessite le repositionnement de Grégory Beron aux côtés de Michal Petrák et Ján Plch).

LHENRY Fab POTactiquement, il ne fallait pas non attendre de gros changements dans le plan de jeu spinalien, avant tout basé sur l'intensité et la récupération du palet. Une stratégie défensive, mais pas attentiste, puisqu'elle se nourrit d'un pressing incessant à un ou deux attaquants. Les Valier, Kara, Rapenne et autres Ograjenšek, qui n'hésitent pas à monter très haut dans leur échec-avant. Un engagement de tous les instants doublé d'une grosse présence en zone neutre. De quoi grandement perturber des Dragons peu inspirés (et surtout très méfiants), qui n'arrivent pas à prendre de vitesse. Déjà qu'ils hésitent à se découvrir... par crainte de se faire contrer !

Se frayer un chemin en zone neutre, dans un secteur parfaitement quadrillé par des Spinaliens diablement bien organisés, n'est donc pas chose aisée. Surtout que l'enjeu tue clairement le jeu côté rouennais. C'est pourtant de Léo Guillemain qu'intervient le premier tir cadré de la soirée. Il termine dans la mitaine d'un Hočevar (01'50") se voyant ensuite sauvé par son montant. Lampérier, ligne de fond, trouve Guénette au premier poteau, qui lève son palet en direction de la lucarne opposée... sans que celui-ci ne fasse trembler les filets (02'51") !

Entre des Gamyo prompts à contre-attaquer (mais s'évertuant essentiellement à neutraliser le jeu rouennais) et des Dragons balbutiant leur hockey, cette partie prend des allures de match fermé. La première pénalité de la soirée (une obstruction de Guénette, 03'14") est donc vue comme une bonne occasion de décanter cette situation. Mais entre excès d'altruisme et manque de spontanéité, le powerplay vosgien cherche la faille sans jamais la trouver.

KLOZ Rouen POLes défenses prenant le pas sur les attaques, ce round d'observation va donc se poursuivre. Et dans ces conditions, les occasions ne sont pas légion. Fabrice Lhenry, en sortant derrière sa cage pour contrôler un palet envoyé en fond de zone, commet pourtant une erreur très inhabituelle. Le vétéran, après avoir stoppé la course du puck (pour le laisser à la disposition de son défenseur), reprend position devant son filet... sans se soucier d'une rondelle que Ján Plch parvient à récupérer ! Mais l'homme aux dix-sept mondiaux seniors (de 1996 à 2013) se rattrape en fermant tout angle de lancer (07'28")...

Profitant d'une étreinte légèrement desserrée, Marc-André Thinel réussit à s'échapper sur le côté droit. Un déboulé lui permettant de repiquer vers la cage, sur son revers, sans tromper la vigilance d'un Hočevar couvrant parfaitement sa ligne de but (08'42"). Mais dans la continuité de cette action, François-Pierre Guénette goûte à la médecine d'Alain Goulet, qui n'aura pas manqué de lui asséner une grosse charge dans le dos. Un excès d'engagement valant deux minutes de pénalité... et quelques gouttes de sang versées ! Le centre québécois, durement secoué, a été touché au niveau de l'arcade sourcilière...

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, il s'agit là d'une excellente opportunité pour le redoutable powerplay rouennais. Mais face à un bloc aussi bien regroupé, les Charland, Coulombe et autres Desrosiers ne peuvent qu'armer de lointains lancers que ni Lacroix, ni Janil ne parviendront à dévier convenablement. Pire encore, une passe mal assurée de Coulombe à la bleue profite à Kara, qui file côté droit pour expédier un lourd lancer paré du bouclier (09'26"). Danny Groulx, bien servi en retrait par son capitaine, s'essaie d'un lancer balayé dévié dans le trafic... et tout près de prendre Andrej Hočevar à contre-pied (10'02") !

En nTHINEL MA POe laissant aucune marge de manœuvre au jeu de puissance normand, les hommes de Philippe Bozon confirment leurs excellentes dispositions. Il faut dire qu'aucun Gamyo ne néglige l'aspect défensif du jeu, source d'innombrables récupérations à l'image de cette tentative non cadrée de Léo Guillemain générant un deux-contre-un. Ján Plch, lancé côté gauche, remise dans l'axe sur Grégory Beron, qui reprend de volée. Un slap puissant (comme bien souvent avec ce véritable bombardier) encore une fois détourné du bouclier par l'ex-international français (11'53"). Alain Goulet se montre, lui, suffisamment bien placé pour couper une passe Marc-André Thinel destinée à un Loïc Lampérier parvenu à se faire oublier dans la zone de vérité (12'23").

Si tous les Spinaliens travaillent d'arrache-pied et patinent à l'unisson, il est en un qui peine tout particulièrement à retrouver la bonne carburation. Et pour cause : Anže Kuralt n'a pas joué depuis plus d'un mois. Un manque de rythme que toute sa meilleure volonté ne peut pallier comme en témoigne ses nombreuses remises imprécises ou légèrement téléphonées. L'une d'entre elles se transforme même en revirement profitable à ce diable de Thinel, qui se fait la belle... sans pour autant remporter son duel singulier ! Hočevar, bien sur ses appuis, détourne le revers tenté par le capitaine rouennais (13'07")...

Tout n'est toutefois pas perdu pour les Seino-marins, qui voient Vojtěch Kloz se faire sanctionner pour une obstruction commise sur cette action (13'10"). Mais là encore, les Dragons ne sauront exploiter ce powerplay, tournant et retournant le problème sans même réussir à déclencher le moindre tir cadré ! Nombre de tentatives ont été bloquées par des Spinaliens enclins à se sacrifier pour écarter le danger.

MOISAND PO RouenEt sur l'un de ces palets dégagés, Fabrice Lhenry a bien failli se trouer en beauté. Le doyen des portiers français en activité y est allé d'une sortie "kamikaze" pour se rattraper d'une première relance à la crosse totalement ratée (13'22")...

Loin de transpirer la sérénité, Lhenry dégage une impression de fébrilité. Pourtant, ce gardien au CV long comme le bras est sur tous les lancers. De ce gros slap aussi lointain qu'excentré déclenché par Moisand (15'07") à ce tir de Petrák immédiatement consécutif à l'engagement (15'13"). Mais force est de constater que ce véritable monument du hockey français n'est pas toujours aidé par ses coéquipiers. On pense notamment à Léo Guillemain, loin d'assurer la meilleure des gardes rapprochées. N'a-t-il pas manqué d'offrir un but à Beron en laissant échapper le palet sur l'une de ses temporisations (17'17") ?

Fermement décidés à ne rien laisser passer, les Gamyo sont apparus très solides défensivement durant ce premier tiers-temps. Visiblement, les efforts consentis la veille ne pèsent aucunement sur le rendement d'individualités œuvrant au service du collectif. Un investissement sans faille limitant grandement les possibilités d'un ensemble rouennais très emprunté, que l'on a connu plus vindicatif. Et surtout beaucoup plus inspiré, à l'image d'un Julien Desrosiers n'ayant pas la moindre influence sur le jeu.

HOCEVAR PO RouenIl faut dire qu'aucune once de liberté n'est accordée au dernier récipiendaire du trophée Ramsay (récompensant le meilleur compteur de la saison régulière), qui peine à surnager dans le marasme rouennais. La situation, très compliquée, n'est pourtant désespérée pour les troupes d'Ari Salo et Guy Fournier. Mais face à des Spinaliens aussi déterminés, les Dragons, sous pression, éprouvent les pires difficultés à sortir proprement le palet. Ils sont même rendus totalement inoffensifs au retour des vestiaires. Vincent Kara, suite à un raté de Peter Valier, passe même tout près d'ouvrir le score, d'un tir rasant le montant (20'14"). Kuralt, après avoir récupéré le puck derrière la cage, pivote au premier poteau sans surprendre Lhenry (21'04").

Ne manquant pas une occasion de lancer (même de loin), les Lorrains se montrent aussi solides derrière que présents à l'avant. Il ne leur manque en fait qu'un but pour que tout soit véritablement parfait. Hočevar veillant au grain en stoppant, d'une belle mitaine, le lourd slap de Groulx (24'29"). Mais voilà, Ograjenšek, pourtant bien placé devant la cage, voit le défenseur rouennais soulever sa crosse pour l'empêcher d'exploiter le caviar d'un Kuralt (25'20") s'essaie, ensuite, d'un puissant frappé court (que Lhenry capte difficilement en deux temps, 26'01").

La menace, qui se précise, s'amplifie avec cette pénalité infligée à Julien Desrosiers (sanctionné d'une crosse haute sur Kuralt, 27'53") sur laquelle Fabrice Lhenry doit rapidement s'employer. Un tir de Petrák dévié par Kloz générant un premier rebond (28'04"), puis un second sur une nouvelle tentative du centre tchèque (28'32") avant qu'une passe en retrait mal dosée (alors que le palet était ressorti) ne manque de profiter à Daultan Leveillé. Mais l'ailier canadien, surpris de se retrouver si bien servi, n'en fera rien. Un raté lourd de conséquence puisque la rondelle, sitôt récupérée, revient en zone offensive, où Vojtěch Kloz dégaine son lancer. Un tir non cadré, qui rebondit contre la bande pour revenir sur un Petrák se montrant suffisamment opportuniste pour glisser le palet dans un trou de souris, au premier poteau (1-0 à 29'04").

Une "mise à mort" retardée

PETRAK PO RouenPoissompré, qui n'attendait que ça pour exulter, laisse exploser sa joie. Un bonheur tout près d'être renouvelé sur un contre mené côté droit par un Peter Valier déchaîné (comme souvent lorsqu'il affronte ses ex-coéquipiers rouennais). L'ailier venu de Dijon à l'intersaison temporise parfaitement pour décaler Yannick Offret au second poteau. On croit au but mais Lhenry, très réactif, repousse de la jambière (29'38").

Au lieu d'enfoncer le clou, les Gamyo se voient pénalisés. Anže Kuralt, au pressing, laisse traîner sa crosse pour déséquilibrer Léo Guillemain (30'05"). Un mauvais moment à passer, pense-t-on, mais une passe renversée mal assurée de Guénette (destinée à Coulombe) débouche sur une interception permettant à Le Blond de s'échapper. Le Grenoblois, parfaitement mis sur orbite, s'en va défier Lhenry... d'un revers trop peu appuyé (31'42") ! Quoi d'étonnant de la part d'un attaquant défensif très combatif, pour qui la finition des actions n'est pas la première des qualités...

Un deuxième but spinalien n'aurait pourtant été volé au vu de la physionomie d'une partie à sens unique. La domination des Gamyo, qui ne relâchent pas la pression et mettent toujours autant de cœur à l'ouvrage, finit par devenir sans partage. Autant dire que les Dragons, privés de solutions, frisent plus d'une fois la correctionnelle. Comme sur une énième approximation d'un Guillemain laissant encore échapper un palet près de sa cage. Une "boulette" dont manque de profiter Beron, qui voit sa tentative repoussée par Lhenry à bout portant (33'44").

Malmenés par la vitesse de patinage et la rapidité d'exécution des locaux, les Normands, incapables de se montrer menaçants (voire carrément inexistants par moments), subissent de plus en plus dangereusement. Dépassés quand le jeu tend à s'accélérer, ils vont même se faire piéger sur un contre rondement mené. Mais Lhenry, en repoussant le revers de Valier, est encore là pour rattraper les faiblesses de ses coéquipiers (34'19")... qui deviennent excessivement rugueux. Kara puis Valier se font successivement rudoyer dans la zone de vérité... avec l'emprisonnement de Groulx pour seule finalité (34'26") ! Antonin Manavian, qui n'a pas non plus fait dans la dentelle sur cette action, a échappé à l'incarcération...

KURALT 1Pouvant s'estimer heureux de ne pas être plus lourdement menés, les Dragons parviennent à tuer cette pénalité en ne concédant qu'une seule véritable occasion (Beron, décalé par Plch, expédiant son tir à mi-hauteur dans la mitaine de Lhenry, 35'30"). Mais s'ils tiennent sur jeu placé, les visiteurs laissent, à forces égales, de grosses brèches dans lesquelles les Gamyo ne manquent pas de s'engouffrer. Aussi Yannick Offret, monté côté gauche, va-t-il trouver Kuralt, qui arrive lancé dans l'enclave. L'ailier slovène, qui n'a rien perdu de sa dexterité, effectue un contrôle orienté du revers pour éliminer son défenseur et s'ouvrir le chemin des filets. Lhenry est battu... mais la rondelle, pourtant parfaitement levée, s'en va frapper le montant gauche (37'33") !

Les boys du Boz', qui n'ont pu concrétiser leur indéniable supériorité durant cet acte médian bien maîtrisé, vont-ils regretter ces occasions manquées ? Cette question, beaucoup se la posent à Poissompré, craignant que leurs protégés aient laissé passer leur chance d'envoyer définitivement les Dragons par le fond. Des doutes que Matthieu Le Blond, parvenu à s'infiltrer, passera tout près de lever. Son revers glissant de peu à côté (40'27")...

Un suspens préservé

Le besoin de marquer, qui commence à se faire urgent côté rouennais, pousse les Normands à se montrer plus entreprenants. Sans grand succès dans un premier temps malgré les slaps de Coulombe (41'02") et Thinel (42'40") impeccablement détournés par Hočevar. Mais avec l'énergie du désespoir, les hommes d'Ari Salo vont finir par réussir à passer la seconde. La mitaine du gardien spinalien est sur la trajectoire d'un one timer de Groulx (44'03"), suivi d'une incursion d'un Coulombe cherchant l'exploit individuel en misant sur sa vivacité et sa grande technicité (44'21"). Antonin Manavian, servi en haut de l'enclave, voit lui sa frappe heurter la barre (47'57"). Le salut rouennais vient finalement d'un palet mal dégagé, que Danny Groulx remettra sur François-Pierre Guénette. Le Canadien, esseulé dans le slot, s'essaie d'un revers à mi-hauteur, côté bouclier (1-1 à 48'21").

GUENETTE POTout est à refaire pour les Gamyo, qui ont payé leur incapacité à faire le break dans cette partie, qu'ils auront (par moment) outrageusement dominée. Mais Rouen, en sursis, n'est pas tiré d'affaire. Il s'en faut d'ailleurs de peu pour que Ján Plch ne fasse se relever Poissompré, d'un superbe débordement échouant sur Fabrice Lhenry (51'56"). Le vétéran tricolore signe une intervention aussi décisive que cette parade d'Hočevar sur une reprise (à la Brett Hull) de Guénette (52'08"). Patrick Coulombe combine, pour sa part, avec Julien Desrosiers pour aller titiller le gardien (52'32"), lors d'une supériorité née d'un retard de jeu d'Alain Goulet. Coulombe, devant l'incapacité du powerplay à faire la différence, prend les choses en main, d'un "spin-o-rama" suivi d'une frappe non cadrée (52'51").

Ces actions font néanmoins figure d'exception lors de cette supériorité. Le jeu de puissance rouennais, figé, doit se contenter de lancers que les Gamyo, bien en place, ne manquent de bloquer. Le puck finit ainsi par ressortir, poussant Guénette à faire trébucher Petrák pour tenter de la récupérer (54'10"). Cette faute ramène le danger devant Fabrice Lhenry, ciblé par un gros slap de Grégory Beron débouchant sur un très chaud rebond (54'33"). Il s'agit de la seule véritable opportunité d'un powerplay faisant bien circuler le palet, mais tardant trop à déclencher des lancers (qui terminent systématiquement bloqués, contrés ou déviés à côté du filet).

KOUDYS PO EpinalLes prolongations pointent maintenant à l'horizon. Une fatalité à laquelle refuse de se plier Petrák, instigateur d'un deux-contre-un mettant Coulombe en difficulté. Le défenseur québécois s'embrouille quelque peu sur le centre destiné à Ján Plch... avant d'écarter (tant bien que mal) le danger (58'36") !

Chaque action étant susceptible de faire pencher la balance, la dernière minute de jeu est haletante. Poissompré voit Hočevar détourner une frappe de Thinel déviée par Leveillé (59'20") et Le Blond, lancé côté gauche par Moisand, reprendre en bout de course... dans le plastron du gardien (59'45") ! Francis Charland se dresse sur un slap de Ken Ograjenšek à la bleue, décidé à prolonger l'espérance de vie des Dragons dans cette série (59'58")...

Place, maintenant, au grand frisson des prolongations. Une mort subite qui, en cas de but spinalien, porterait bien son nom. Et tout commence par une accélération de Desrosiers suivie d'un tir croisé repoussé par la crosse d'Hočevar (60'17"). Un déboulé côté droit d'Antonin Manavian manquant de profiter à François-Pierre Guénette (60'49"). Un hors-jeu vosgien (tardivement sifflé) va même sauver les Gamyo d'un contre impulsé par Desrosiers, parvenu à intercepter une mauvaise passe sur l'entrée en zone de Petrák (62'19"). Arrive ensuite ce déboulé de Groulx, qui part pour repiquer vers la cage mais doit finalement se raviser. Maxime Ouimet s'étant parfaitement interposé (62'51"). Le suspens est à son comble. De quel côté la pièce va-t-elle tomber ?

Un final en apothéose

En servant idéalement Maxime Moisand, Ján Plch croit se muer en passeur décisif. Mais la frappe appuyée du Grenoblois (pourtant à bout portant) est trop croisée (63'34"). L'ICE semble avoir laissé passer sa chance, d'autant qu'Aziz Baazzi est puni d'un accrocher (64'56"). Une occasion en or pour Rouen de tuer cette partie. Mais voilà, les Spinaliens font remarquablement bloc devant leur formidable gardien, qui va essuyer sans trembler une véritable averse de lancers. Un feu nourri de slaps en tous genres, entrecoupé de tirs admirablement bloqués par un Ouimet se sacrifiant devant Charland (65'45" et 66'05"). Le capitaine montre l'exemple, lui qui a fait preuve d'une très grande solidité tout au long de la soirée (en jouant parfaitement le "bonhomme" le long des bandes)...

OUIMET PO RouenImpérial sur les lancers rouennais parvenus à passer entre les mailles du filet, Hočevar détourne successivement les puissantes frappes de Coulombe (65'55" et 66'12"), Charland (66'17"), Thinel (66'48") et consorts sous les viva de Poissompré. Car c'est avec brio que les Gamyo auront tué cette pénalité !

Cette prolongation, incroyablement débridée, atteint des sommets d'intensité. Un air de K-O flotte sur les dernières actions de ce temps additionnel. Une belle ouverture de Ján Plch lance Ken Ograjenšek dans la profondeur, qui parvient à s'immiscer entre la paire Janil-Coulombe... sans venir à bout de Fabrice Lhenry (67'29") ! Et que dire de cet ultime contre, à trois-contre-un, décalant un Goulet cherchant le cinquième trou sans le trouver. Lhenry, encore lui, a gardé ses jambières fermées (69'38")...

Comme hier (mardi), tout va donc se jouer à la "loterie" des penalties. Mais cette fois, c'est Ograjenšek qui s'élance en premier, fixant (en vain) un gardien restant bien sur ses appuis. Julien Desrosiers se déportant sur la gauche, sans plus de succès. Hočevar, très concentré, ayant parfaitement suivi le mouvement. Arrive ensuite le tour de Grégory Beron, qui part sur la gauche et frappe en force... à côté ! L'affaire paraît d'autant plus mal engagée, d'un point de vue spinalien, que Charland feinte sur la droite pour mieux prendre Hočevar à contre-pied (en plaçant son revers dans sa lucarne gauche). Une réussite mettant une folle pression sur les épaules de Vincent Kara... qui ne va pourtant pas trembler en marquant d'un tir rasant filant entre les jambières du portier !

Le suspense est à son comble. À cet instant crucial de la soirée, il faut avoir des nerfs d'acier pour s'y coller. Marc-André Thinel ne va pas fuir ses responsabilités mais le capitaine rouennais ne pourra trouver l'ouverture entre des bottes désespérément fermées. Un échec suivi d'un nouveau raté. Francis Charland tente une nouvelle feinte droite-gauche pour se remettre sur son revers, qui heurte cette fois le bouclier. La tentative de Valier, détournée du bout de la botte, précède un revers de Thinel s'échouant entre les bottes d'Hočevar. 

BERon greg PoC'est finalement Grégory Beron qui assène le coup de grâce. L'ex-Amiénois joue de nouveau les bourreaux, feintant le tir pour glisser la rondelle sous la mitaine de Lhenry... dans une ambiance absolument indescriptible !

Ils l'ont fait !

Impossible n'étant pas spinalien, l'impensable s'est donc produit dans cette série avec l'élimination de Rouen, qui partait pourtant logiquement favori. Mais qui aurait cru les Gamyo capables d'un tel exploit ? Une prouesse d'autant plus remarquable qu'aucune équipe française depuis Reims (en 1999) n'avait sorti les Dragons si tôt dans la compétition (sachant que les Normands avaient échoué à se qualifier pour la poule finale en 2003).

Sensationnel, fabuleux, monumental, exceptionnel... Aucun superlatif n'est donc de trop pour qualifier la prestation de ces irréductibles spinaliens, auteurs d'un match plein du début à la fin. D'une performance de haute volée, couronnée d'un retentissant succès leur ouvrant en grand les portes du dernier carré (deux après ces fameuses demi-finales perdues face aux Ducs d'Angers).

Aux héros d'hier (les Bouchard, Gauthier, Gervais, Girard et autres Cacciotti) succèdent ceux d'aujourd'hui. D'Andrej Hočevar (époustouflant dans cette série) à Maxime Moisand (également très en vue au tour précédent) en passant par Maxime Ouimet (qui s'est dévoué corps et âmes) et Vojtěch Kloz (quelle présence à l'arrière au côté de Moisand, dont il est parfaitement complémentaire !). Sans oublier Grégory Beron, que l'on n'attendait pas à pareille fête après l'impression mitigée laissée durant les six premiers mois de compétition. L'Amiénois s'est montré décisif en arrachant une égalisation inespérée à quatre secondes du terme (lors du match 2), puis en convertissant ses deux penalties. Voilà autant de maillons forts d'un collectif loin de se résumer à ces seules individualités...

OFFREt PO Rouen

Têtes basses, mines déconfites : c'est la soupe à la grimace côté rouennais, où compter six joueurs parmi les dix-sept meilleurs compteurs de la saison régulière n'aura pas empêché les Dragons de faillir offensivement sur l'ensemble de la série (avec des leaders supposés n'ayant pas su élever leur niveau de jeu, ni se montrer décisifs lorsque la situation l'exigeait).

Les Thinel, Desrosiers, Guénette et autres Charland (qui n'auront véritablement pu se dépêtrer d'un bloc s'étant évertué à ne leur laisser aucune liberté) n'ont pas su se hisser à la hauteur de l'évenement, déteignant sur l'ensemble de leurs coéquipiers, apparus étonnements fébriles dans les instants clés. Comme s'ils manquaient d'expérience ou de métier... ce qui est un comble concernant des joueurs habitués aux finales et ayant remporté tant de trophées ces dernières années !

Les Dragons n'auront donc jamais trouvé la bonne carburation dans cette série. Il aura également manqué ce petit supplément d'âme aux Rouennais, ce "fighting spirit" qui aura poussé les Gamyo à surpasser pour bafouer la hiérarchie et renverser l'ordre établi. Et ce n'est peut-être pas fini !

 

Épinal - Rouen 2-1 aux tirs au but (0-0, 1-0, 0-1, 0-0, 1-0)
Mercredi 4 mars à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau et Jérémy Rauline, assistés de Matthieu Loos et Yann Furet.
Pénalités : Épinal 10' (4', 2', 2', 2') ; Rouen 8' (2', 4', 2', 0')
Tirs : Épinal 36 (6, 18, 7,) ; Rouen 29 (3, 6, 12, 8)

Évolution du score :
1-0 à 29'04" : Petrák assisté de Beron et Kara (sup. num.)
1-1 à 48'21" : Guénette assisté de Groulx et Lampérier

Tirs au but :
Épinal : Ograjensek (raté), Beron (raté), Kara (réussi), Valier (raté), Beron (réussi) ; Rouen : Desrosiers (raté), Charland (réussi), Thinel (raté), Charland (raté), Thinel (raté)

Épinal

Attaquants :
Vincent Kara - Matthieu Le Blond - Peter Valier
Grégory Beron - Michal Petrák - Ján Plch (A)
Anže Kuralt - Aziz Baazzi - Ken Ograjenšek
Anthony Rapenne - [Petrák ou Le Blond] - Yannick Offret (A)

Défenseurs :
Gašper Sušanj - Alain Goulet
Vojtěch Kloz - Maxime Moisand
Maxime Ouimet (C) - Martin Charpentier

Gardien :
Andrej Hočevar

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Peter Slovák , Nathan Ganz. Absents : Nicolas Leonelli (commotion), Pierre-Charles Hordelalay (mâchoire), Maxime Martin (grippé).

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier - François-Pierre Guénette (A) - Marc-André Thinel (C)
Julien Desrosiers (A) - Maxime Lacroix - Francis Charland
Loup Benoît - Daultan Leveillé - Dan Koudys
Johan Saint-André

Défenseurs :
Danny Groulx - Antonin Manavian
Patrick Coulombe - Jonathan Janil
Léo Guillemain - Wes Cunningham

Gardien :
Fabrice Lhenry

Remplaçants : Nicola Riopel (G), Fabien Colotti, Raphaël Faure, Alexandre Lubin, Aurélien Dorey.