Colmar - Toulon (Division 3, huitième de finale retour)

Cinq buts à remonter : sans espoir... en théorie

Les phases finales de Division 3 connaissent cette saison une variante inédite.

En effet, si la formule habituelle a été reconduite, à savoir opposer les quatre premières équipes de chacune des 4 poules, la non-validation des dossiers des rétrogradés Montpellier et Champigny (chacun premier de sa poule respective) a changé la donne puisque les réserves dijonnaises et chambériennes ont été repêchées.

Colmar, écarté la saison dernière, regoûte aux joies des play-offs après une saison sérieuse. Cependant, le match aller de ces 8e de finale, joué à la patinoire de la Garde contre les Boucaniers de Toulon s'est rapidement soldé par un sérieux bouillon et une valise de 7-2 à remonter en Alsace.

Une fois de plus, les Hauts-Rhinois semblent éprouver des difficultés à concourir au niveau supérieur de compétition, mais il leur reste tout de même une revanche à disputer, au moins pour remercier le fidèle public de son soutien tout le long de la saison.

L'objectif de la qualification est certes très haut placé, mais encore jouable : pour ce match retour, Toulon n'est venu qu'avec 12 joueurs de champ, dont seulement quatre défenseurs, quand Colmar peut disposer de presque tout son effectif.

Et d'ailleurs, les Titans démarrent tambour battant, les Varois se contentant d'attendre dans leur moitié de terrain. Arnaud Fuss ouvre les hostilités d'un tir sous la barre (1-0 à 4'09"), puis Mickael Tin exploite le rebond d'un tir sur la barre de Jonathan Boehrer (2-0 à 4'54"). Toulon demande aussitôt un temps mort pour calmer une éventuelle panique des siens. Grand bien lui en prend car la partie devient nettement plus calme, Colmar devenant bien moins précis, comme sur ce break à 3 contre 1 que le premier trio colmarien rate en envoyant sur le gardien visiteur (13'25").

Ce n'est que partie remise puisque Anthnoy Pernot remonte de nouveau puis temporise avant d'envoyer victorieusement à mi-distance (3-0 à 15'47"). Son collègue Baptiste Rahm en fait de même en conclusion d'une habile remontée de Maxime Mathieu (4-0 à 17'04").

Tout devient possible pour les locaux, quoique contrariés sur un tir tendu de la bleue de Josef Drzik que le portier colmarien ne peut que détourner du bout de la mitaine dans son but (4-1 à 18'43"). La fin du tiers est très enjouée puisque le premier trio bute de nouveau sur la plaque du porter varois (19'33") et dans la continuité de l'action, les Boucaniers remontent et croient scorer, avant que l'arbitre n'invalide leur relance, jugée litigieuse.

L'entame de période médiane est un peu plus laborieuse et ne se réveille qu'avec le premier tir (et but) colmarien, de nouveau grâce à la doublette Mathieu pour Rahm (5-1 à 21'57"). Toulon sent le danger arriver, monte et tire de plus en plus sur Boehrer, qui laisse beaucoup de rebonds. Néanmoins, les jeunes Alsaciens continuent de pousser et reviennent à égalité sur la série lorsque Benjamin Leconte reprend rageusement un rebond d'un premier tir de Rahm sur la transversale toulonnaise, (écidément très présente tout au long du match (6-1 à 24'18").

Les Varois jouent alors de façon nettement plus agressive, mais n'arrivent pas à profiter pour autant d'une supériorité, et notamment de ce palet qui flotte à mi-hauteur devant Boehrer couché (27'30"). Colmar attend ses hôtes, reste concentré sur ses sorties et exploite au mieux les contres qui lui sont offerts, comme sur ce nouveau raid de la première triplette qui bute de nouveau sur Xavier Bolomier (29'54"), avant de prendre en main la fin du tiers. Hélas, à 4 contre 4, les visiteurs exploitent un palet qui traîne devant Boehrer, et une jungle de jambes, le palet rentre à une seconde du terme de la période (6-2 à 39'59"). Sur l'engagement, les Titans laissent échapper un « M... » tant ce but conclut mal une période qu'ils ont su globalement tenir.

Il leur reste encore 20 minutes pour espérer marquer deux nouvelles fois, sans encaisser de but supplémentaire... et visiblement sans Anthony Pernot, qui ne semble pas s'être remis d'un coup de palette au visage. Toulon a, pour sa part, perdu un de ses attaquants : Joris Fougera boîte et revient, sans équipement, voir sur le banc ses coéquipiers.

C'est encore jouable des deux côtés, mais les physiques des deux effectifs sont très émoussés. Aussi le début de cette troisième période est-il mou. Les protagonistes cherchent avant tout à sortir le plus proprement possible le palet de leur zone. Le capitaine Rahm réveille la patinoire d'un tir à mi-distance, toujours sur un excellent service en retrait de Mathieu (7-2 à 48'22"). Puis Toulon bénéficie d'une double supériorité, sans toutefois pouvoir inquiéter Boehrer car ses coéquipiers se jettent sur tout palet qui l'approche.

On se dirige vers une fin de la partie à égalité quand Anthony Pernot refait son apparition avec une grille devant son casque. Sur sa première remontée de glace, il prolonge pour Boehrer, qui lance rageusement et délivre alors les siens, et la patinoire, dans un brouhaha indescriptible et plutôt inédite pour le public colmarien (8-2 à 55'57"). Les quatre ultimes minutes sont intenses tant les Titans s'arc-boutent dans leur zone face à des Varois visiblement fatigués et hébétés par leur dernière réalisation. La sirène finale concrétise un rêve devenu réalité : ils l'ont fait, le public peut célébrer leurs Titans colmariens, auteurs d'une prestation pour le moins... titanesque.

Rarement la (toujours jolie) patinoire colmarienne aura vécu un match aussi haletant et des moments aussi intenses de joies. C'est la deuxième fois seulement que les jeunes Haut-Rhinois passent le premier tour de play-offs, mais c'est bien la première fois qu'ils le font en remontant un handicap de 5 buts. Avec beaucoup de détermination, de concentration, de solidarité et aussi de discipline (fait plutôt rare pour les Titans), ils ont progressivement approché leur qualification pour enfin la tenir et ne plus la lâcher.

Attention, maintenant, l'écueil qui se présente devant eux est encore plus imposant : il est toujours situé en Méditérannée, mais évolue dans une grosse patinoire, est ambitieux, s'appelle Marseille et a déjà causé beaucoup de soucis aux Alsaciens il y a trois ans à ce stade des qualifications (victoire 11-5 à Colmar puis défaite 8-4 à Marseille, avant de se faire copieusement étriller par la réserve strasbourgeoise au tour suivant). Colmar ne sera pas favori et partira donc sans trop de pression pour essayer de décrocher un résultat.

Toulon, de son côté, paie sans doute le prix d'un banc pas assez fourni sur ce match. Hormis une grosse période intermédiaire, les Varois ont bien trop subi le jeu pour être percutants et inquiéter durablement Boehrer, et ce malgré les nombreux rebonds offerts par le jeune portier. Cinq buts d'avance, c'était jouable, à condition de porter un peu plus le danger en zone adverse.

 

Colmar - Toulon 8-2 (4-1, 2-1, 2-0)
Samedi 14 mars 2014 à 18h à la patinoire de Colmar. 450 spectateurs.
Arbitrage de MM. Bergeron et Zaegel.
Pénalités : Colmar 12' (2', 4', 6') ; Toulon 8' (2', 4', 2').
Tirs : Colmar 31 (15, 10, 6) ; Toulon 35 (8, 16, 9).

Évolution du score:
1-0 à 04'09" : Fuss assisté de Koenig et Gaillard
2-0 à 04'54" : Tin assisté de Jo. Boehrer
3-0 à 15'47" : Pernot assisté de Jé. Boehrer
4-0 à 17'04" : Rahm assisté de Mathieu et Heintz
4-1 à 18'43" : Drzik
5-1 à 21'57" : Rahm assisté de Mathieu
6-1 à 24'18" : Leconte
6-2 à 39'59" : Anais assisté de Couraud et Petrulak
7-2 à 48'22" : Rahm assisté de Mathieu
8-2 à 55'57" : Boehrer assisté de Kouznetsov et Pernot


Colmar

Gardien : Jérémy Boehrer.

Défenseurs : Victor Morand – Mickaël Tin ; Eloi Lenner – Gilles Heintz ; Benoît Salvin – Sébastien Muller.

Attaquants : Genia Kouznetsov - Anthnoy Pernot – Jonathan Boehrer ; Benjamin Leconte – Baptiste Rahm (C) - Maxime Mathieu ; Joan Koenig – Arnaud Fuss (ou Vincent Besserer) – Antoine Gaillard.

Remplaçant : Étienne Grandperrin (G).

Toulon

Gardien : Xavier Bolomier.

Défenseurs : Josef Drzik – Steven Drachovsky ; Jergus Petrulak – Maxime Lei (C).

Attaquants : Benoit Couraud – Alexandre Ruster – Jauffrey Kazazian ; Miroslav Krivochtchekov – Joris Fougera – Gregory Tocque ; Alexandre Vidal - [Fougera] – Emmanuel Anais.