Mondial féminin Élite : les Américaines (encore) en or

Sans surprise, la finale a proposé un duel nord-américain dont sont ressortis vainqueurs les États-Unis, revanchards après la dernière finale de Sotchi.

Or USAAprès seize championnats du monde féminins sous l'égide de la fédération internationale, l'Amérique du Nord demeure sur une autre planète. Aucune nation n'a jamais privé d'or, mondial ou olympique, les Américaines ou les Canadiennes. Et 2015 n'a pas dérogé à la règle. Avant cette énième finale entre les deux plus grands rivaux du hockey féminins, la Russie et la Finlande ont tenté vainement de faire obstacle en demi-finale.

A l'issue d'un match de gardiennes, entre Maria Sorokina (24 arrêts) et Sara Grahn (23 arrêts), les Russes étaient parvenues à éliminer la Suède. A domicile, la Damkronorna, médaillée - de bronze - pour la dernière fois en 2007, n'a pas été en mesure de se qualifier pour le dernier carré pour la quatrième année consécutive. 

Mais dans le dernier carré, les Russes n'ont pas bien pesé lourd face aux USA. Déjà écrasées 9-2 durant le tour préliminaire, elles ont de nouveau été pulvérisées, cette fois-ci 13-1. C'est à croire que la rapide ouverture du score - 44 secondes - de la Russie a encore plus agacé les filles défendant la bannière étoilée ! Durant la seule première période, Hilary Knight et la capitaine par intérim Brianna Decker ont obtenu 6 points. Le changement de gardienne côté russe aura été inutile même si les États-Unis ont procédé à un véritable bombardement avec 50 lancers au but. 

Les Canadiennes ont décroché un résultat plus modeste face à la Finlande avec une victoire 3-0. La capitaine Marie-Philip Poulin et Natalie Spooner (deux fois) ont inscrit les trois buts alors que Ann-Renée Desbiens a réalisé son deuxième blanchissage... à son deuxième match international ! Néanmoins, malgré la défaite, et comme chez les garcons, la nation suomi n'a rien à envier à personne devant les filets. 

Meeri RäisänenEn dépit de l'absence de la star Noora Räty, Meeri Räisänen a pris la relève avec talent. Cette gardienne de 24 ans exilée en Russie a multiplié les exploits : blanchissage contre la Suisse en quart de finale, 40 arrêts face aux Canadiennes en demi-finale puis 21 sauvetages contre la Russie lors du match pour la troisième place. Elle a donc grandement contribué à cette médaille de bronze de la Finlande qui disputait ce match du podium pour la seizième fois... en seize éditions !

Cerise sur le gâteau, avec un pourcentage d'arrêts de 93%, Meeri Räisänen figure dans l'équipe-étoile des Championnats du monde.

En toute logique, on retrouvait donc le Canada et les États-Unis à la lutte pour l'or mondial, là aussi pour la seizième fois en seize éditions. Les Américaines partaient néanmoins avec la faveur des pronostics. L'équipe entraînée par l'ancien défenseur NHL Ken Klee avait battu les voisines du nord quelques jours avant lors du premier tour (4-2), elles ont marqué 30 buts en 4 matches dont 10 en jeu de puissance et elles ont conservé une unité d'infériorité numérique infaillible. 

Et le match a connu son lot de rebondissements. A tel point que les quatre gardiennes ont participé à cette rencontre, Ann-Renée Desbiens et Geneviève Lacasse pour le Canada, Jessie Vetter et Alex Rigsby pour les États-Unis. La victoire semblait pourtant ne faire aucun doute - ou quasiment - quand les Américaines menaient 5-2 à la 28e minute. Sauf que, cinq minutes plus tard, le Canada égalisait à 5-5 ! Ce sont finalement les réalisations de Brianna Decker et Kendall Coyne qui ont fait la différence dans les dix dernières minutes, le Team USA s'imposant donc 7-5.

Or USA 2Une égalisation concédée dans la dernière minute et une défaite en prolongation, la finale perdue à Sotchi a été vécue comme un vrai traumatisme par les Américaines. Mais, invaincues durant ce Mondial de Malmö, elles s'en sont servies pour se dépasser et remporter leur sixième médaille d'or aux Championnats du monde ces huit dernières années. 

Des Américaines en or et des Japonaises qui ont conservé leur place parmi l'élite mondial.

Auteur d'un surprenant premier tour avec une victoire aux tirs au but contre l'hôte suédois et un succès 2-0 sur l'Allemagne, le Japon a néanmoins été forcé de jouer le tour de relégation face à... l'Allemagne. Deux manches ont finalement suffi aux promues japonaises qui ont toutefois dû batailler en prolongation par deux fois. Les buts gagnants ont été marqués par Haruna Yonemaya et Kanae Oki. Déjà à l'aise lors du tour préliminaire, la gardienne Nana Fujimoto a quant à elle bloqué 49 des 52 tirs allemands sur les deux rencontres.

Les Allemandes descendent donc en Division 1A. Et l'on espère évidemment que leur place sera prise d'ici une vingtaine de jours par la France. Une conquête bleue qui commencera à Rouen dès le 12 avril prochain. En souhaitant qu'elle se prolonge l'an prochain à Kamloops au Canada avec les meilleures joueuses de la planète et que les Bleues imitent les Bleuettes U18, qualifiées pour l'élite mondiale en tout début d'année. 


Équipe-étoile des Championnats du monde :

Brianna Decker (États-Unis) - Hilary Knight (États-Unis) - Natalie Spooner (Canada)
Monique Lamoureux (États-Unis) - Jenni Hiirikoski (Finlande)
Meeri Räisänen (Finlande)

Meilleure joueuse : Hilary Knight (États-Unis)
Meilleure gardienne : Nana Fujimoto (Japon)
Meilleure défenseure : Jenni Hiirikoski (Finlande)
Meilleure attaquante : Hilary Knight (États-Unis)