Les équipes-types des play-offs de Ligue Magnus

Le record de présence des Français dans les équipes-types des play-offs de Ligue Magnus a été battu ! Jusqu'ici, ils n'avaient jamais été plus de cinq dans les deux lignes, cette année ils sont six et raflent donc la moitié des places disponibles.

Pour retrouver trace d'une coloration bleu-blanc-rouge, il faut remonter au titre des Gothiques d'Amiens à la dernière saison du Super 16, il y a onze ans. Hockey Archives n'élisait pas encore de deuxième équipe-type, et on recensait alors cinq joueurs français sur six.

BUYSSEhenricorentin20141004073C'est une preuve que les tricolores ont été à la fête dans ces play-offs 2015, qui ont récompensé deux finalistes jouant à quatre lignes, avec des rôles mieux répartis. Autre caractéristique parallèle : on n'a jamais autant mis en avant des joueurs peu habitués à la lumière.

Avec plus de 93% d'arrêts et les meilleures statistiques des gardiens ayant passé au moins un tour, Henri-Corentin Buysse mérite la première place des gardiens de ces play-offs. Les Dijonnais lui doivent leur qualification en demi-finale, et sans doute aussi leur place en play-offs tout court, car ils ont bien failli ne pas s'y qualifier.

Moins réguliers, les finalistes sont tous deux passés par de sacrés trous d'air... Il faut quand même leur reconnaître qu'ils reviennent de loin. Clément Fouquerel était en vacances avec Chamonix - éliminé par Dijon et Buysse - et prêt à vivre les joies des couches d'un jeune papa, quand il a été appelé en joker médical par Gap, soudain privé de son portier Charles Lavigne pour les play-offs. Il a tellement bien réussi sa "pige" dans cet environnement nouveau, et avec une forte pression, qu'il a décroché la Coupe Magnus... et un contrat de deux ans avec sa nouvelle équipe !

Andrej Hocevar, quant à lui, a connu deux mois désastreux de mi-novembre à mi-janvier, mais ce portier doté d’une grande réactivité n’a toutefois jamais cédé au découragement. Il s’est accroché, traversant cette mauvaise passe en perfectionnant ses fondamentaux et en redoublant d’efforts aux entraînements. Et comme le travail finit toujours par payer, ses prestations ont fini par s’améliorer, l’aidant à reprendre confiance en ses possibilités. Il est difficile de départager ces deux gardiens. Hocevar a été décisif pour éliminer deux favoris, Rouen et Angers, et a sans doute plus influé dans la qualification en finale des siens.

Il a cependant aussi bénéficié de la meilleure association défensive jamais vue à Épinal, la paire Kloz-Moisand, aussi solide que complémentaire, tout en étant peu pénalisée. Propres dans ses interventions, rarement pris à défaut et toujours précis dans sa première passe, Maxime Moisand a tout d’une parfaite rampe de lancement pour ses avants. Son gabarit quelconque tranche avec l’imposante carrure de Vojtech Kloz (1,90 m pour 109 kg), un gros morceau difficile à bouger sur jeu placé, qui utilise son physique à bon escient et excelle dans l’art de protéger son palet. Un grand gabarit plus mobile qu’il n’y paraît, capable de rapidement remonter la rondelle, de relancer très proprement et d’apporter offensivement, dans un style bien différent de Moisand, véritable blueliner doté d’un slap précis et potentiellement puissant.

TRABICHETteddy20141202457Mais dans le registre du défenseur de slot, un homme a fait plus fort que lui en play-offs : Teddy Trabichet a oeuvré avec plus d'efficacité devant la cage en supériorité numérique, toujours à l’affût d’un rebond ou d’une éventuelle déviation. Il a aussi parfaitement incarné la combativité de son équipe en infériorité. Le capitaine de Gap - une équipe besogneuse et collective qui lui ressemble - aura marqué de son empreinte cette finale et mérité un titre de MVP de la finale, remis pour une fois à un joueur de l'ombre.

Le petit gabarit de Chad Langlais n'est pas du genre à rester dans l'ombre : son talent technique est indéniable et sa vitesse sort du lot dans une défense relativement lente. Mais la star naturelle des lignes a aussi mis son équipe en danger par des risques pris en zone défensive qui ont parfois produit des revirements.

Les choix sont plus cornéliens en attaque car les deux finalistes ont utilisé quatre lignes qui ont chacune contribué à leur manière. D'autant qu'il faut y adjoindre Anthony Rech, déplacé à l'aile gauche en séries pour favoriser la montée en première ligne de Briand et le passage à droite de Gascon. Un changement qui a transformé cette ligne : Rech (comme Gascon qui était alors son centre) avait peiné à assumer ses responsabilités au cours de la saison, mais était en feu en play-offs où il a éclairé le jeu de Dijon.

Pour la régularité, on lui préfèrera Bostjan Golicic, toujours aussi précieux et décisif, surtout en finale. L'an passé, il était suspendu au septième match, mais cette fois, rien n'a pu le priver de vivre le sacre de l'intérieur... et de sa place sur la première ligne-type. Et c'est encore un "homme de Basile" qui a conservé le titre en changeant d'équipe, comme Trabichet, son entraîneur et les hommes de devoir de la quatrième ligne, Rohat et Frecon.

Comme l'an passé, le jeu en infériorité numérique a été une clé de la victoire de l'équipe championne entraînée par Luciano Basile, et ces deux-là en étaient des éléments essentiels. La vitesse de Sébastien Rohat a été un atout dans une finale rythmée. Il a remporté la majorité des mises au jeu, il a été discipliné et efficace avec un but important au septième match. Autant de raisons qui en font notre second centre, un coup de projecteur qu'il n'aura jamais eu.

PLCHjan20140916350Le premier centre est en revanche un pur profil offensif : meilleur pointeur français du dernier championnat du côté de Morzine, Grégory Béron n'a pourtant totalisé que huit petits points en saison régulière... L’attaquant né et formé à Amiens, ballotté de ligne en ligne, a longtemps semblé ne pas trouver sa place au sein du contingent spinalien. Devenu centre sur le tard au milieu des deux ailiers slovènes, il a retrouvé l’intégralité de ses moyens - dont son lancer fulgurant - et toute son efficacité en play-offs, où il a été intenable. Il a notamment marqué, par deux fois, le tir au but gagnant face à Rouen.

À l'aile droite, comment ne pas saluer la fidélité de Jan Plch, toujours aussi précieux pour garder le puck. Le Slovaque est devenu un buteur plus opportuniste que flamboyant, qui ne cesse de faire admirer sa longévité, sa science du jeu et du placement. À quarante ans passés, il finit meilleur pointeur des play-offs, et pourtant, il aura peu pesé sur la finale. On lui préfèrera donc Karel Richter, buteur important sur les trois derniers matches de la finale, là où il ne fallait pas trembler. Ce type n’est pas un artiste mais il va au charbon là ou ça fait mal et le fait efficacement. Il a su élever son niveau de jeu à des moments clés. La page complète de la Ligue Magnus.

Première équipe-type : Henri-Corentin Buysse (Dijon) ; Teddy Trabichet (Gap) - Maxime Moisand (Épinal) ; Bostjan Golicic (Gap) - Grégory Béron (Épinal) - Karel Richter (Gap).

Deuxième équipe-type : Andrej Hocevar (Épinal) ; Vojtech Kloz (Épinal) - Chad Langlais (Gap) ; Anthony Rech (Dijon) - Sébastien Rohat (Gap) - Jan Plch (Épinal).