Carré final de Division 3 - Les réactions

Tristant Lohou (défenseur de Châlons) :

« La déception est là car nous n’avons pas été ridicules ce week-end. On a forcé le jeu mais l’équipe a aussi connu des passages à vide qui ont coûté cher : la deuxième partie du match face à Marseille, la troisième période contre Rouen. Pour cette première à ce niveau, l’expérience a été bonne pour tout le monde. Chacun a fait honneur au maillot, malgré la fatigue d’un effectif qui a tout donné cette année. L’événement a peut-être crispé les joueurs.


En début de saison, nous étions cinq à l’entraînement. L’effectif ne s’est consolidé qu’en septembre et ne partait pas forcément sur un objectif précis. L’équipe n’a pas été ridicule, chacun a mouillé le maillot, c’est la plus belle preuve d’amour pour le club. On espère surfer sur cette vague, rencontrer les joueurs et mieux se préparer. Cette saison a été une réussite, un peu inattendue. Pour la prochaine, l’équipe aura plus de temps pour la préparation, dès la mi-août. Je serai entraîneur-joueur. Certains nous quitteront pour des raisons professionnelles ou familiales, on fera le point mais conserver le même noyau serait intéressant. La Division 2 paraît envisageable à l’avenir, tant au niveau des structures que de l’aspect sportif. »
 

 

 

 


Ari Salo (entraîneur de Rouen) :

« Quelque part on a été trop jeune, on a fait trop d’erreurs. Les petits détails font la différence. L’équilibre défensif nous a fait défaut. Contre Châlons nous avons terminé plus fort physiquement, afin de gagner ce match. Mais il nous manque encore la concentration et l’expérience, sans lesquels nous sommes incapables de jouer soixante minutes. Il faudra trouver les ressources pour revenir plus fort. »
 

 


Roman Novotný (attaquant de Marseille)

« L’objectif était de monter en D2, on l’a fait. Pour l’instant [NDLR : dimanche soir] je suis un peu déçu car on était vraiment proche d’être champion. C’est le sport, on a perdu juste un match, mais ce n’est pas grave, dans quelques jours le sentiment sera différent et je serai vraiment content. La saison a été dure… Notre équipe est physique, on s’est entraîné dur toute la saison, mais comme dans les matchs précédents, des erreurs individuelles se sont répétées contre Châlons, qui a mené 4-3, puis nous avons travaillé en équipe pour chercher la victoire. Notre force, c’est de ne rien lâcher jusqu’au bout. On savait que Rouen était très fort et on a voulu attaquer avec de l’intensité physique, ce qui les a un peu surpris. On a marqué et été tranquille, je pense que c’est notre meilleur match de la saison. C’est difficile de jouer trois matchs en autant de jours. On était fatigué contre Wasquehal et cela se joue sur des petits détails. Ils ont été plus forts techniquement. Il n’y a rien de grave, c’est le sport, ils sont champions et nous deuxièmes. Ce sont les deux meilleures équipes qui se sont retrouvées au dernier match. »

Le déroulement de la saison
« En première phase, il y a de grandes différences entre les matchs. Si on joue un derby contre Toulon, il y a beaucoup de monde et cela motive, mais quand on arrive à Chambéry ou Clermont il y a peu de monde en tribunes. Le problème de la poule est qu’il y avait deux équipes vraiment fortes, nous et Montpellier, ainsi que Toulon. Gagner largement contre Valence ou Clermont n’est pas à notre avantage car les autres poules sont plus serrées ; par exemple Wasquehal, Rouen et Valenciennes ont pu être mieux préparés pour les play-offs. Mais nous n’avons rien lâché, sommes restés concentrés pour monter.
La Division 3 est différente car si vous êtes en Division 1 ou 2 les conditions changent. À Marseille on joue pour le plaisir et on ne se bat pas pour le meilleur contrat ou le plus d’argent. À Tours c’était vraiment une équipe professionnelle, à Nantes on avait un beau projet pour monter. Ici, on a gagné avec le plaisir car jouer pour le plaisir est vraiment différent et j’aime cela.
Dans ma carrière j’ai eu de la chance, c’était ma cinquième finale aujourd’hui. J’ai déjà gagné quatre médailles d’or, donc je ne sais pas si cela procure plus d’émotions. C’est la première fois que je suis capitaine d’une équipe et j’en suis vraiment fier. »

L’échec du club l’an dernier
« L’année dernière fut un moment vraiment dégueulasse. Comme on dit en République Tchèque, si vous faites quelque chose de mal, il en reste quand même du positif pour l’avenir. On a perdu contre Dijon, puis on a commencé la nouvelle saison avec Luc Tardif qui a monté notre niveau très haut. On a travaillé comme des chiens et cela a payé. »

La place du hockey à Marseille
« Marseille est une très grande ville, où il y a juste l’OM et rien après. On ne peut pas les concurrencer mais derrière il y a de la place pour le hockey, le volley, le rugby… J’espère que nous serons le deuxième sport à Marseille parce qu’il y a un grand potentiel et de superbes conditions pour faire quelque chose de vraiment bon. La Coupe de France a apporté un beau spectacle à Marseille, j’espère que l’on va continuer comme cela car il y avait déjà de l’affluence en Division 3. »

 


Frédéric Nilly, entraîneur de Wasquehal :

« Face à Rouen, à la perte de la rencontre s’est ajoutée la blessure de notre capitaine, mais j’avais sensibilisé les joueurs, après le match face à Valenciennes, sur la particularité du carré final, ce qui a fait écho chez certains. Mon travail consistait vendredi soir à booster les joueurs et notamment Albin Terrenoire qui avait pris la bonne décision, celle de faire la passe à un autre défenseur. La nuit, un défenseur d’Ottawa fait d’ailleurs une action similaire contre Montréal. Sur ce premier match, comme durant tout le week-end, l’efficacité devant le gardien adverse nous a manqué. On a beaucoup lancé et on peut tuer le match en première période mais je ne dispose pas d’un tueur devant. Globalement notre performance n’était pas mauvaise, mais Rouen a bien joué, avec de la qualité, et nous a gênés.
Contre Châlons nous avons été efficaces… pendant deux minutes. J’avais demandé d’être hyper agressif, mais on prend une pénalité qui fait mal. On a essayé de s’adapter à leur première ligne, la meilleure des trois jours. La rencontre contre Marseille constitue le meilleur match de la saison. Elle ne fut pas parfaite car on doit marquer plus. Leur gardien a réalisé son meilleur match, même si on pêche encore devant et que l’on doit avoir un plus gros avantage à l’issue du premier tiers-temps. Je m’énerve car j’estime que Benjamin N’Guyen devait bénéficier d’un tir de pénalité. Après leur but, les Marseillais nous ont posé plus de difficultés, grâce à la possession du palet, mais l’équipe dominé dans l’ensemble, avec sérénité. Les deuxièmes périodes étaient parfois accompagnées d’un passage à vide ; sur ce dernier match on n’a pas relâché, même si Marseille a essayé de réagir avec ses individualités. »

La profondeur de l’effectif
« Je pense que la présence de trios complémentaires nous a permis de gagner. Samedi soir j’ai observé les statistiques en défense, jeu de puissance, etc. Nous avons quasiment toujours mené au score. Quand cela tourne mal vendredi et samedi, on ne sombre pas. Le deuxième jour on finit à quatre défenseurs tout en continuant à jouer à trois blocs d’attaque, en intégrant Kiffer. En fin de saison régulière et même en huitièmes face à Orléans je préparais cela. Notre système de forechecking était parfait pour contrer Marseille, le match s’est déroulé comme prévu, à part quant au nombre de buts… Tactiquement ce match était assez simple à préparer, les rushs devaient leur être interdits. »

La préparation du carré final
« Pour préparer ce carré final, je me suis renseigné par des coups de fil car sans vidéo on ne connaissait que des individualités. Le premier match opposant Châlons et Marseille, cela a permis de se faire une idée, d’autant que les matchs étaient filmés. Au niveau physique, on a mis un coup de boost, après avoir pensé à ce carré final toute l’année. On a rajouté une séance de patinage en fin de saison / début des playoffs, et travaillé la récupération. La petite différence fait que les gars n’ont pas lâché un palet à l’adversaire. La saison a été marquée par quelques moments compliqués, comme les semaines sans match ou les blessures de François Piquet et Alexis Thomas. Tous les matchs contre Valenciennes l’ont été, de même que l’après-match vendredi soir. »

La gestion de l’effectif
« Tout a été fait pour traiter les joueurs de la meilleure manière. Certains sont venus alors qu’ils avaient l’habitude de jouer à un niveau plus élevé. Grégory Dubois a été notre meilleur défenseur cette saison et lors du carré final, très concerné, j’espère qu’il fera la transition en Division 2. Il a pris la parole au deuxième tiers-temps face à Châlons, s’est livré pour appuyer les joueurs, c’est un vrai leader charismatique qui avait à cœur d’aller chercher le titre. Benjamin N’Guyen était dans le bon sens depuis le début des play-offs. Ils pouvaient faire chacun la différence à leur niveau.
Cela restera un très bon souvenir. À part jouer le maintien je n’ai rien gagné, même si la première année à Wasquehal reste un excellent souvenir avec le maintien en Division 2. C’est ma première vraie victoire, même si ce n’est qu’un titre de troisième division, qui couronne le travail de plusieurs saisons. Mais je le prends avec beaucoup de recul, je suis content surtout pour les joueurs. Ils se sont investis, se sont responsabilisés, les leaders Boschetti et Thomas ont joué le jeu, comme Dubois et N’Guyen. J’ai voulu manager en responsabilisant tout le monde, pas à l’ancienne. On a échangé, parlé, on s’est réuni avec les trois capitaines pour ajuster le jeu de puissance, la stratégie... »
 
La signification du titre pour le club
« C’est toujours la victoire des joueurs, ce sont eux qui sont sur la glace, souffrent, s’entraînent et font de la route. Mais on a pu ressentir sur les trois jours que c’est la victoire de tout un club. Guy Decock a repris le club depuis peu, il fallait valider le nouveau projet, depuis le mineur, et partir sur des seniors sans acheter des étrangers. Avec une enveloppe en début de saison, soit on visait un renfort devant et un autre derrière, augmentant les chances de monter, soit on ne les prenait pas pour donner plus de confort aux joueurs (déplacements, repas…). Le confort a été recherché. C’est une victoire de ne pas avoir de salarié, ni de conflits dans le vestiaire. Tous les bénévoles méritent d’être félicités pour l’organisation du carré final [NDLR : mise en avant par Monsieur Guy Durand, représentant de la FFHG], comme ce fut le cas lors de la Lions’ Cup, du Hockey Show. Cela constitue une émulation pour les joueurs, pour leur confiance et montre aux visiteurs qu’il se passe quelque chose dans cette patinoire. S’y ajoute un Président omniprésent qui donne le meilleur de lui-même dans l’organisation du carré final comme il le fait pour un championnat du monde d’athlétisme. »

Les contours de la future équipe
« La priorité sera de conserver tout l’effectif, de l’agrémenter de renforts dans un nombre dépendant des éventuels arrêts. J’espère que les anciens resteront pour la transition. Un troisième entraînement supplémentaire sera demandé. Les déplacements seront quant à eux plus longs, à nous de nous adapter. »