Canada - États-Unis (Demi-finale du Mondial U18)

Demi-finale explosive en vue entre les deux voisins et meilleurs ennemis nord-américains.

Un choc d'autant plus spectaculaire qu'il va opposer les deux meilleurs pointeurs du tournoi. L'Américain Auston Matthews compte six buts et douze points. Natif de l'Arizona, Matthews est le favori pour le titre de n°1 de la draft NHL 2016. En deuxième place, le Canadien Matthew Barzal compte lui aussi douze points, dont neuf assistances, et devrait être choisi dans le top-10 en juin prochain. Barzal est le seul Canadien de retour après avoir engrangé le bronze l'an passé.

Dans le tour préliminaire, le Canada n'a pas fait de détail en remportant ses quatre matchs, avec 21 buts marqués pour 11 encaissés. La performance remarquable en quarts de finale - victoire 5-3 face à la Suède, malgré un but contre son camp comique - laisse présager de belles choses.

Les États-Unis se sont fait surprendre d'entrée par la Russie, mais cela n'a pas duré. Ils ont enchaîné avec trois succès, inscrivant au total 30 buts pour 8 encaissés. L'orgie offensive s'est poursuivie en quarts avec un large succès 7-2 face aux Tchèques. Mieux, la moitié de l'effectif est éligible pour la draft seulement en 2016. C'est donc une génération de 17 ans qui domine des générations de 18 ans... Parmi les noms connus, on trouve Matthew Tkachuk, deuxième compteur de l'équipe et fils de l'ancienne star NHL Keith, ainsi que Caleb Jones, petit frère du défenseur des Predators de Nashville qui avait gagné l'or en U18 en 2013.

Un premier tiers sans prise de risque

Le début de partie se révèle plutôt fermé. Les défenses ne laissent guère d'espaces et chaque possesseur du palet est immédiatement sous pression. Sawchenko bloque bien un premier tir de loin initié par un service de Floodstrand, Sarthou s'occupant d'une tentative de Barzal. Les deux portiers ne sont pas trop testés durant les cinq premières minutes, rythmées. Peu à peu, l'attaque américaine se fait plus menaçante, conservant bien le palet dans la zone adverse. Sawchenko commence à être beaucoup plus sollicité, notamment face à des défenseurs américains qui n'hésitent pas à apporter le surnombre.

Il faut attendre la mi-période pour que le Canada pèse sur son adversaire, via la ligne Barzal. Sarthou s'impose à deux reprises à l'issue d'une longue présence. Malheureusement pour les joueurs à la feuille d'érable, le capitaine Mitchell Stephens n'échappe pas à la punition des officiels pour faire trébucher. Matthews et Tkachuk combinent sans réussite et la défense canadienne ne souffre finalement guère durant les deux minutes. De retour à cinq, les Canadiens lancent Barzal à droite pour un arrêt de Sarthou, puis un deux-contre-deux Barzal-Stephens, que le capitaine ne cadre pas.

Le temps fort ne dure pas. Bear est sanctionné sur une belle action de Tkachuk et le jeu de puissance américain obtient une deuxième chance. Les passes manquent de précision et, malgré les efforts de Tkachuk, les États-Unis n'inquiètent pas Sawchenko. À quelques secondes de la pause, Krys reste sur la glace et cache le palet : deux minutes logiques, qui permettront au Canada de commencer le tiers médian à un de plus.

Matthews entame son show

Jeremy Roy entame fort en obtenant une chance énorme devant Sarthou. Tout seul devant le gardien après un gros travail de Barzal, il manque le cadre. Puis, Knott dévie un tir de Wotherspoon et le gardien s'impose. De retour au complet, les Américains s'en remettent à Matthews, qui slalome dans la défense et menace Sawchenko. Les lignes changent et les États-Unis ouvrent la marque. Une mise au jeu gagnée en attaque permet à Keller de récupérer près de la bande. Il conserve le disque, repique au centre et expédie un revers puissant qui piège Sawchenko, masqué (0-1). La vitesse américaine a décidément posé bien des soucis à l'arrière-garde canadienne.

Nicolas Roy parvient à échapper à la défense américaine pour lancer la révolte. Son tir de près ne surprend pas Sarthou, patient. Toutefois, l'essentiel du jeu se passe dans le camp canadien, à l'image d'un débordement de Kunin, bien plus rapide que la défense.

À mi-période, Howden vole un palet dans le coin et met la pression sur Sarthou : une bonne situation canadienne ponctuée par un tir de Sideroff. Mitchell Stephens enchaîne avec un bon débordement sur l'aile droite, sans réussite. Le capitaine reçoit peu après une passe longue pour une échappée, mais il ne parvient pas à lancer à la cage, à cause du bon retour de la défense. Dans la continuité, Knott récupère et est mis au sol par Fitzgerald, qui offre donc un jeu de puissance au Canada. Vingt secondes plus tard, Sideroff égalise en perçant l'axe, après que Wotherspoon eut fixé la défense sur l'aile (1-1).

Vexés, les États-Unis partent à l'abordage et McAvoy teste Sawchenko. Puis, White attaque sur la droite et pousse Sideroff au cinglage. Le jeu de puissance permet à Matthews d'offrir sa vision du jeu hors norme. Roslovic, bien servi, rate le cadre. Nicolas Roy et Parker Wotherspoon effectuent un gros travail défensif sur cette séquence.

À deux minutes de la fin, Floodstrand et Matthews combinent sur la droite. Matthews lance avec écran. Le tir est contré et tout le monde perd le palet de vue, sauf... Matthews bien sûr, qui s'empare du disque et le pousse au fond (1-2).

Un bol d'air pour les États-Unis, sauf que McAvoy écrase un adversaire contre la bande et laisse son camp à quatre pour finir le tiers. Sarthou sauve de justesse à bout portant devant le revers de Knott. Le Canada accélère le jeu : une longue relance de Sawchenko surprend les États-Unis en plein changement de lignes et le surnombre n'échappe pas aux officiels. Barzal trouve Knott à l'opposée et Sarthou se déplace rapidement. Pas mieux pour Mitchell Stephens de près, sur un rebond de Jérémy Roy. Le tiers se termine sur cet avantage américain, mais il restera trente secondes de double supériorité numérique canadienne.

Colin White assome le Canada

L'équipe spéciale s'installe tout de suite. Wotherspoon et Bear allument de la bleue. Stephens manque le cadre. Et les États-Unis s'en sortent... Matthews relance son camp en attaquant la cage à deux reprises après une conduite de palet fluide. La présence américaine en zone canadienne ne s'interrompt pas dans la continuité. Wotherspoon finit par récupérer, mais son dégagement est contré alors que ses équipiers sont déjà partis à l'assaut. Les Blancs sautent sur l'occasion et le jeu de passe est parfait. Roslovic pour Tkachuk pour Matthews près de la cage (1-3). Le speaker annonce à peine le but que les Américains enfoncent le clou. Nouvelle interception à la bleue américaine et Jones fonce en attaque, sert White pour un tir en hauteur parfait (1-4). Evan Cormier remplace Zach Sawchenko dans les cages canadiennes.

Le match a donc complètement basculé : l'échec du jeu de puissance canadien, avec près d'une minute trente de double supériorité, est suivi de deux buts encaissés. Le tournant du match est déjà évident, alors qu'il reste encore un bon quart d'heure à jouer.

Dans ces cas là, le capitaine doit donner l'exemple. Mitchell Stephens prend les choses en main et réduit rapidement la marque, servi dans le dos de la défense pendant un changement de ligne approximatif. Son revers puissant en hauteur échappe à Sarthou (2-4). Relance ? pas vraiment.

Quasiment sur l'engagement, un palet envoyé derière la cage canadienne est mal géré. Cormier le contrôle et veut dégager, mais il se fait intercepter dans le coin par Fischer. Greenway reçoit tranquillement le palet devant la cage ouverte (2-5). Cormier n'a pas digéré cette erreur et une minute plus tard, Keller récupère derrière la cage, contourne et trouve White planté dans l'enclave (2-6).

Le Canada plonge et une nouvelle présence offensive pousse Nicolas Roy à la faute. Le jeu de puissance n'obtient qu'une occasion, par Keller. Mais à peine Roy de retour, White complète son triplé en bataillant dans l'enclave, dans un but copie conforme du précédent (2-7).

Le Canada s'écroule et Tyler Benson commet un faire trébucher qui place à nouveau l'attaque explosive des États-Unis en position de force. Cormier sauve un premier tir difficile, et les Américains tombent un peu dans la facilité, avec des passes-abandons un peu approximatives. Leur patinage, largement au dessus du Canada dans ce match, leur permet d'éviter de payer ces errements.

Les rouges sont en retard, patinant après des Américains toujours en mouvement. Dubois se fait ainsi piéger en zone offensive et laisse son camp à quatre. Cela ne donne rien, le score étant déjà acquis. Une ultime faute de Boka clôture la feuille de match.

Large victoire des États-Unis, qui vont donc une nouvelle fois disputer la finale. Leur attaque explosive a su se montrer patiente. Dominateurs, les Américains ont fait basculer la partie défensivement. En tuant un double avantage numérique canadien, ils ont changé l'élan du match et profité de la lenteur de la défense adverse pour creuser l'écart.


Canada - États-Unis 2-7 (0-0, 1-2, 1-5)
Samedi 25 avril 2015, 15h. Arena Zug, Suisse.
Arbitrage de Andreas Harnebring et Petri Lindqvist assistés de Markku Buese et Hannu Sormunen.
Tirs : Canada 18 (4, 11, 3), États-Unis 38 (15, 14, 9)
Pénalités : Canada 12' (4', 2', 6'), États-Unis 10' (2', 6', 2')

Récapitulatif du score
0-1 à 22'25" : C. Keller assisté de J. Bracco et C. Krys
1-1 à 31'49" : D. Sideroff assisté de P. Wotherspoon et N. Roy (sup. num.)
1-2 à 37'58" : A. Matthews assisté de M. Floodstrand
1-3 à 42'23" : A. Matthews assisté de M. Tkachuk et J. Roslovic
1-4 à 42'55" : C. White assisté de C. Jones
2-4 à 44'18" : M. Stephens assisté de B. Howden et E. Bear
2-5 à 44'39" : J. Greenway assisté de C. Fischer
2-6 à 47'09" : C. White assisté de C. Keller et J. Bracco
2-7 à 49'45" : C. White assisté de C. Keller et J. Bracco


Canada

Attaquants
Graham Knott - Matthew Barzal - Mitchell Stephens (C)
Nicolas Roy - Tyler Benson - Deven Sideroff
Pierre-Luc Dubois - Tyler Soy - Nathan Noel
Brett Howden - Jansen Harkins - Glenn Gawdin

Défenseurs
Guillaume Brisebois (A) - Jérémy Roy
Ethan Bear - Parker Wotherspoon
Thomas Chabot - Matt Spencer
Kyle Capobianco

Gardien
Zach Sawchenko puis Evan Cormier à 42'55"
Remplaçants : Anthony Beauvillier (A)

États-Unis

Attaquants
Matthew Tkachuk - Auston Matthews - Jack Roslovic
Jeremy Bracco - Clayton Keller - Colin White
Luke Kunin - Jordan Greenway - Christian Fischer
Brendan Warren - Mike Floodstrand - Tage Thompson
Troy Terry

Défenseurs
Joseph Masonius - Casey Fitzgerald
Caleb Jones - Nick Boka
Chad Krys - Charlie McAvoy Jr

Gardien
Evan Sarthou

Remplaçants : Jake Oettinger (G)
En tribune : Luke Opilka (G), Steven Ruggiero (D)