Statshot - Corrélation temps de jeu meneur/mené et points pris - saison régulière 2014-2015 de Ligue Magnus

Cette saison achevée de Ligue Magnus laissera l'image d'une compétition extrêmement ouverte, où tout fut possible autour d'un suspens haletant à tous les étages.



Nous poursuivons notre travail d'analyse de ce dernier exercice en vous proposant un tableau totalement inédit en France. Celui-ci vise à mettre en avant la corrélation qu'il peut exister entre les tendances des rencontres pour chaque formation (temps de jeu où l'équipe menait au score, et temps de jeu où l'équipe fut menée) et les points pris, que ce soit sur l'ensemble de la saison, ou sa déclinaison domicile / extérieur.

correlation tps de jeu meneur mené et pts pris
Ce tableau est inspiré des travaux d'Armin Biedermann, statisticien EBEL, qui a cherché à analyser les tendances des rencontres sur les résultats finaux dans le championnat autrichien.

Quelques éléments préalables d'explication : les pourcentages meneur / mené sont calculés (dans les trois catégories) à partir du temps où l'équipe a dominé ou a été dominée au score dans chaque rencontre, par rapport au temps de jeu total, prolongations comprises. Par la force des choses, le complément à 100% si l'on additionne les deux pourcentages correspond au temps de neutralisation (égalité). 
Le choix des couleurs est inversé en fonction de la catégorie "meneur" ou "mené". Concrètement le vert foncé correspond à la situation la plus favorable, le rouge à la situation la plus délicate. La situation optimale ne se retrouve jamais (dans ce tableau) pour le temps de jeu meneur, car il est déjà plutôt rare qu'une équipe ait dominé plus de 50% de son temps de jeu.

La logique est la même pour ce qui est des pourcentages de points pris sur ce qu'il était possible d'engranger (52 points pour le général, 26 points pour les rencontres à domicile et pour celles à l'extérieur). Le code couleur reste inchangé.


Comme pour de nombreuses infographies statistiques, la lecture des données peut être variée en fonction de l'intérêt que l'on peut porter aux différentes catégories.
Dans l'immense majorité des cas, la corrélation est prouvée : un fort taux de domination (et/ou un faible taux de soumission) s'est traduit par des résultats positifs, et la réciproque se vérifie également.
Toutefois, on retrouve quelques exceptions (chiffres de soumission plus défavorable que la traduction en points), essentiellement pour les équipes concernées par la partie basse du classement mais pas nécessairement "larguées" (HCMAG, Lyon et surtout Strasbourg). Comment l'expliquer ? En se penchant sur les scenari des rencontres qui peut relever de nombreux exemples de matchs lachés (très fort temps de jeu où l'équipe était menée, ce qui explique le pourcentage dédié) et à l'inverse des victoires plus souvent acquises à l'arraché (sur un but en fin de match ou prolongations).

On peut également prioriser la lecture du tableau pour analyser les parcours à domicile et à l'extérieur d'un club, et les impacts de ses parcours sur le classement général. Bien logiquement la deuxième catégorie (domicile) est pratiquement tout le temps plus favorable à une équipe que la troisième (extérieur). Ce n'est toutefois pas le cas pour Strasbourg, mais les chiffres se tiennent de très près.
Si les trajectoires "domicile / extérieur" sont souvent proches l'une de l'autre pour une équipe (soit positivement pour la majorité des équipes de tête, soit négativement pour celles en difficulté), certaines situations sont toutefois remarquables.

L'exemple le plus parlant est celui des Dragons de Rouen. Avec 100% de victoires à domicile, les Normands ont également mis les formes avec de très forts chiffres de domination (pratiquement 60% de temps de jeu en menant à l'Ile Lacroix, ce qui est rarissime) pour des encablures de temps de jeu où ils furent menés (6,64%).
Or à l'extérieur, les Dragons ont réellement subi, malgré un pourcentage de points pris relativement correct. L'équipe a mené au score moins de 25% du temps loin de ses bases, ce qui lui confère la couleur rouge dans cette catégorie.

Certaines données sont très favorables pour d'autres équipes. On peut citer pour exemple le parcours des Ducs d'Angers à domicile, deuxième équipe la moins menée au score à la maison. Les Bruleurs de Loups de Grenoble ont également fait très fort à Pôle Sud, avec de surcroit le luxe d'un parcours vraiment très satisfaisant à l'extérieur également. Soulignons également l'efficacité en tant qu'hôte pour Briançon, Chamonix, Gap, et dans une moindre mesure l'étonnant parcours des Pingouins du HCMAG à la Skoda Arena, où les hommes de Tommie Hartogs furent difficile à jouer pour les adversaires.

A l'inverse, certains voyants furent désespérement restés au rouge (ou à "l'orange sanguine") pour des équipes principalement en mal de points : les Drakkars de Caen ont beaucoup subi tant à domicile qu'à l'extérieur. Lyon et Brest ont eux eu de lourdes difficultés en déplacement, ce fut d'ailleurs une tendance générale pour les Lions. Ce fut également compliqué pour Rouen comme cela a été vu auparavant, Dijon, Strasbourg ou encore Morzine-Avoriaz-les Gets. Les Diables Rouges de Briançon peuvent pour leur part se satisfaire doublement de leur parcours à la maison, car loin des Hautes-Alpes ce fut une autre histoire.

Reste pour être complet à évoquer les trajectoires d'Amiens et d'Epinal, non cités jusqu'alors du fait des chiffres "moyens" dans les divers catégories. Si les Gothiques ont eu du mal à dominer dans les rencontres (orange), ils ont su en retour ne pas subir (vert clair), et rentabiliser plutôt bien le temps de domination.
L'équipe qui deviendra plus tard vice-championne de France a connu de nombreuses rencontres particulièrement serrées (autour de 50% non representés, correspondant à une égalité au score). Si le Gamyo a su prendre une majorité de points à la maison, ce fut plus compliqué pour "arracher" les matchs à l'extérieur.